Si cette histoire de femme sauvage séquestrée paraît peu attirante, voire ridicule, The Woman offre en fait un tout autre contenu, puisque son pitch cède bien vite le pas à une histoire de tyrannie familiale particulièrement brutale et efficace.
Long à démarrer, maladroitement rythmé (en particulier par la pire illustration musicale qu'on ait vu depuis très, mais alors très longtemps) et moyennement mis en image, The Woman voit cependant sa vision récompensée. Le dynamitage de la famille américaine type au profit du père de famille tyrannique, véritable petit dieu despotique chez lui, est particulièrement bien exploité et convaincant (même si les ficelles sont plus qu'apparentes...). The Woman dégage alors un effarant climat de perversion et de malaise, au point d'en estomper sa sauvageonne.
The Woman nous fait gentiment déraper vers un climax efficace, et décidé à aller jusqu'au bout de sa démarche, il ne fera que peu de concessions. Il propose alors des éléments horrifiques comme on aimerait en voir plus souvent, sans pour autant se vautrer dans le gore visuel "facile". Une fois passé son début laborieux et en faisant abstraction son illustration musicale (véritable torture qui abime le film), The Woman balance un bien vénéneux poison : pervers et malsain il s'attaque à la famille et nos chères petites têtes blondes sans jamais reculer ou hésiter.
Même si ca ne se fait pas, on fera donc le tri dans le film de Lucky Mckee. Nous bouderons sa sauvageonne (finalement simple faire valoir des autres éléments du film) pour ne retenir que sa famille broyée par un "petit homme ordinaire" et surtout la détermination avec laquelle McKee traite cette partie. Courageux et téméraire, il livre un résultat horrifique parfaitement savoureux pour les amateurs qui, bien qu'inégal, possède une venimosité et une radicalité à la Wolf Creek ou Eden Lake...




