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tags | 2010 's, 6, famille, fantastique, maison hantée, psychologique, vengeance
Non, House Hunting n'est pas à proprement parler un "bon film", mais toute la rédaction est pourtant tombée d'accord pour convenir que nous avons largement apprécié sa découverte. Quelque part entre Blair Witch, Shinning et Emprise, House Hunting n'est certainement pas un modèle d'originalité, mais si maladroitement bricolé soit-il, les mésaventures de ces deux familles parviennent largement à nous tenir en haleine jusqu'à son terme. On vous fait visiter...
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tags | 2010 's, 7, classique, gore, horreur, psychologique, remake, serial killer
Alexandre Aja est à la production de ce remake du chef d'oeuvre craspect de William Lustig. Comme décidé à revisiter tous ces classiques des 70's, il confie cette fois la réalisation à Franck Khalfoun, et tente par ce bras armé de retrouver les noirs reflets de l'original. Comme souvent avec les relectures d'oeuvres cultes, la division règne, mais Maniac, quelque soit le résultat, propose une relecture solide de son glauque modèle. Maniac installe une ambiance personnelle et ose proposer une radicalité assumée, loin du simple exutoire gore, qui fait plaisir à voir. 40 ans ont passé, les temps ont changé : l'heure du bilan a sonné...
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tags | 2010 's, 5, dépression, drame, espagne, fantastique, forêt, psychologique, thriller
L'Espagne, chaude et bruyante, cède la place, dans The Path, au silence étouffé de la neige... La petite famille tente de s'octroyer des vacances réparatrices, c'est le doute et la défiance qui vont apparaître... The Path, malgré son climat fantastique omniprésent, tire vers le thriller psychologique, en proposant une autopsie d'un dérèglement aux conséquences qui s’avéreront bien évidemment tragiques. Mais si élégant et travaillé qu'il soit, la réussite et la surprise ne sont pas pour autant de la partie dans le film de Miguel Angel Toledo, The Path nous emmenant sur des sentiers finalement bien balisés... Faisons un bout de chemin autour de The Path...
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tags | 2000 's, 8, comédie, comédie dramatique, drame, famille, psychologique, road-movie
Pour certains, Jarmush est ce cinéaste un peu Arty de Stranger Than Paradise ou Down By Law, pour d'autres il est le papa de Ghost Dog, film plutôt unique dans sa filmographie. Une chose est sûre, Jim Jarmush, aime ses acteurs et ses films décrivent avant tout des personnages plutôt que des histoires à proprement parler. Sensible, drôle et décalé, c'est Bill Murray qui se charge ici à donner vie à un Don Juan en quête de réponses : Road Movie paternel, c'est parti !
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tags | 2010 's, 6, drame, entreprise, harcèlement, psychologique
Forme de hui-clos décrivant jusqu'où l'on peut se soumettre à une autorité reconnue, Compliance s'attache à décrire le lent dérapage d'un incident professionnel vers des extrémités dramatiques. Derrière Compliance, se cache le fait divers d'un homme qui exploite les faiblesses de l'individu, s'appuyant de surcroît sur une réalité professionnelle tout aussi problématique que le fait divers lui-même. Compliance, film étrange entre voyeurisme, dénonciation et mise en garde...
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tags | 1940 's, 8, Alfred Hitchcock, amérique, drame, famille, Joseph Cotten, meurtres, policier, psychologique, thriller
Après le fun et la légèreté de La Cinquième Colonne (malgré son sujet grave à cette période), Hitchcock endosserait presque à son tout ce rôle d'ennemi de l'intérieur, en mettant en péril l'une des valeurs-piliers de la société américaine : la famille. Le péril ne vient plus du coeur du pays, d'un nid d'espions, mais du coeur de la famille. Il n'en est pas moins redoutable, puisque le crime envisagé dans l'Ombre d'Un Doute n'est autre que le meurtre de la fille de sa soeur : le bon tonton Charlie envisage-t'il de tuer sa propre nièce ? En tout cas, Hitchcock s'amuse avec cette hypothèse pour notre plus grand plaisir !
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tags | 2010 's, 8, drame, Joaquin Phoenix, Paul Thomas Anderson, Philip Seymour Hoffman, psychologique, secte
Doorama est toujours en état de transe avant de découvrir un film de P.T. Anderson. Magnolia, Boogie Night, There Will Be Blood ou Punch Drink Love : prétentieux ou génial, le cinéma de P.T. Anderson parvient toujours à en imposer par l'originalité de ses sujets, sinon leur approche, et par son impressionnant langage cinématographique. The Master nous a pourtant laissé perplexe au sortir de la salle... Une chose semble pourtant acquise : ces films qui vous laissent perplexe à l'issue de leur découverte gagneront (ou pas !) votre coeur, mais en tout cas ils ont déja gagné votre cerveau... Les voies de The Master seraient elles finalement impénétrables ?
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tags | 2010 's, 6, enfants, famille, fantastique, Noomi Rapace, Norvège, parano, Paul Sletaune, psychologique
Ca bouge en provenance du nord de l'Europe... ! Le froid et poétique Morse de Tomas Alfredson revisitait le vampirisme avec un formidable sang neuf, même le décevant Thale surprenait le spectateur par son ambiance atypique... Babycall est norvégien, il a décroché le grand prix à Gérardmer en 2012, et même s'il est loin d'avoir convaincu la rédaction, on ne peut décemment pas lui reprocher sa personnalité et ses ambitions...
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tags | 2010 's, 8, catastrophe, couple, drame, famille, fantastique, fin du monde, Jessica Chastain, Michael Shannon, psychologique
Entre fantastique et drame psychologique, Take Shelter évoque le meilleur de M. Night Shyamalan et nous rappelle immanquablement la nature de Terence Malick ainsi que les frémissements météorologiques de La Dernière Vague de Peter Weir. Imaginaire ou pas, la grande tempête de Take Shelter envahit et entoure le spectateur, imposant un air chargé d'humidité et d'électricité.
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tags | 2010 's, 4, cinéma, drame, france, psychologique, serial killer
Pour sûr, il y a du cinéma dans Dernière Séance. Que ce soit dans ses références au French Cancan de Renoir, dans ce cinéma sursitaire où vit sylvain et qui le maintient en vie, ou bien dans le style et la volonté de son réalisateur de construire une oeuvre soignée. C'est pourtant précisément sur ce style et sur l'ambition de son réalisateur que Dernière Séance laisse perplexe.
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tags | 2010 's, 8, drame, horreur, meurtres, prisonnier, psychologique, serial killer, thriller, Vincent d'Onofrio
Radical... Il est presque difficile d'expliquer comment et pourquoi Jennifer Lynch, ou n'importe quel autre réalisateur, se lance dans un tel thriller dont la violence et la brutalité psychologiques l'emportent largement sur l'horreur graphique, presque absente de Chained malgré les sombres augures son affiche. Ce n'est pas un film d'horreur à la Saw, ni même un énième torture-movie : Chained est un quasi hui-clos, écrasant et effrayant. Préparez vous à "du lourd"...
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tags | 2010 's, 6, ados, drame, famille, horreur, médecine, psychologique
Malgré son titre provocateur et la présence de quelques acteurs sulfureux comme Traci Lords, Malcolm McDowell ou le réalisateur John Waters, Excision cache derrière son apparence de film de genre à tendance extrême une véritable ambition.
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tags | 1990 's, 7, catastrophe, drame, fantastique, jeff bridges, Peter Weir, psychologique
Peter Weir est un cinéaste attaché aux thèmes de la découverte et de l'éveil. Une bonne partie de sa filmographie explore ces thèmes, et en particulier sous l'angle des changements intérieurs de ses personnages (Mosquito Coast, La Dernière Vague, Witness...), Etat Second est un film un peu oublié de sa filmographie qui entre parfaitement dans cette catégorie.
Fearless explore donc les profonds changements de Max Klein, sur sa vision et son appréhension de la vie, qui suivent le crash auquel il a miraculeusement survécu. Sorte de deuxième naissance pour son personnage, celui-ci retrouve sa vie, mais décide d'en redéfinir les priorités et les valeurs. Réflexion sur la valeur des choses, Peter Weir ne se contente pas de décrire simplement une renaissance ou la belle histoire d'un homme devenu meilleur. Il trouble et densifie son film en ajoutant à son récit une approche post-traumatique, psychologique, qui lui donne toute son épaisseur.
Etat second propose le portrait d'une homme neuf, devenu meilleur, certes, mais aussi celui d'un homme aux portes de l'obsession, de la folie, qui se bat pour faire cohabiter ses nouvelles aspirations avec sa vie d'avant. La jolie histoire devient alors une quête intérieure, une recherche de sens dans un monde qui s'en éloignerait. Le traitement de Peter Weir apporte une touche d'étrangeté, presque de fantastique, au travers de la sensation d'invulnérabilité de Max qui, tel un super-pouvoir, le rendra différent de ceux qu'il aide. Pour le spectateur, Etat Second revêt deux visages : celui d'un film où le fantastique n'est jamais très loin, en découvrant Max Klein comme un ange qui apporte la vie, mais aussi celui d'un film sur un homme psychologiquement ébranlé, traumatisé, qui chercherait à retrouver inconsciemment de la mort à laquelle il a échappé. Peter Weir, finement, méticuleusement, mêle ces deux aspect opposés et y ajoute une émotion, simple et forte, qui parcourt chaque scène de son film... Etat Second, entre ciel et enfer, devient alors un film émouvant et touchant, bien plus riche qu'il n'y paraît, sur une prise de conscience, sur la vie et sur la mort !
Surprenant à bien des égards, Etat Second emporte délicatement le spectateur vers une introspection légère, il caresse du bout des doigts des thématiques imposantes, et sans entrer dans de longues démonstrations prétentieuse se contente d'en dessiner les vastes contours. Jeff Bridges campe Max Klein de bien belle manière, lui donnant toute l'ambivalence nécessaire pour balayer son vaste chemin.
Etat Second est un "petit film modeste" réalisé avec une grande énergie. Ambitieux dans ses thèmes et modeste dans son message, il suscite habilement la curiosité du spectateur, et soulève une réelle adhésion de sa part à l'étonnant parcours de Max. Aussi divertissant que stimulant, Etat Second se laisse voir avec un grand plaisir. Son sujet aurait pu donner lieu à un océan de mièvrerie béate, Peter Weir a évité cet écueil avec une sensibilité et une intelligence que l'on ne peut que saluer.

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tags | 2000 's, 8, biopic, brad pitt, Casey Affleck, chronique, drame, psychologique, Sam Shepard, western
Encore un western plein-genre traité avec un style atypique, comme nous les aimons à la Rédaction. D'une beauté visuelle irréprochable et inspirée, L'Assassinat de Jesse James par le Lâche Robert Ford (on va écrire AJJ, d'accord ?) est un western psychanalytique et atmosphérique au long cours de plus de 2h30, aussi captivant que fascinant.
Andrew Dominik adopte un rythme lancinant pour nous conter l'histoire de la mort de Jesse James, incarné par un impressionnant et inquiétant Brad Pitt, et entouré d'une bien belle brochette d'acteurs, à commencer par le fragile Casey Affleck (The Killer Inside Me) et l'enorme Sam Shepard (Blackthorn). AJJ déroule une approche sombre d'un Jesse James se sentant cerné et qui s'apprête à préparer sa sortie. Véritable paranoïaque à tendance schizophrène, Jesse James est un homme usé et fatigué par une vie exempte de calme et de sérénité et qui envisage d'y mettre fin, après avoir mis certaines choses en ordre (des accolytes indélicats), quelqu'en soit le moyen : mort incluse.
Au milieu de magnifiques paysages, AJJ fait planer l'ombre crépusculaire de la fin : fin d'une époque et aussi fin d'une vie devenue trop dure. Andrew Dominik reconstitue admirablement cette sensation d'une tempête qui approche, d'une fin imminente et inéluctable, et malgré la relative rareté de ses scènes violentes, parvient à créer très vive tension, à donner une impression d'électricité dans l'air qui donnent au film une violence palpable et latente. Il construit un Jesse James craint de tous et à qui rien n'échappe, au courant de tout comme par magie, et en lui conférant ainsi des "pouvoirs" suscitera davantage encore l'admiration jalouse et la frustration du jeune Robert Ford. La relation entre ces deux personnages est par ailleurs une merveille de construction, fine et passionnante.
AJJ se déguste autant pour son étonnant mélange de calme et de violence que par sa subtilité dans la construction de ses personnages. Son rythme lent donne à sa tension dramatique tout le temps nécessaire pour grandir, jusqu'à déborder l'image pour venir envahir le spectateur. Devant une réalisation aussi précise et décidée, le spectateur aurait presque l'impression de voir se dérouler devant ses yeux la Grande Histoire, d'assister en directe à la fin d'un mythe, à la fin de la légende.
Envoûtant, superbe et puissant Andrew Dominik livre un film aussi parfait qu'exigeant. Une miniature des plus fines (pour ses personnages ciselés), qui revêt pourtant les apparence d'une grande fresque. On pourra certes lui reprocher sa longueur excessive, mais la Rédaction y a au contraire vu une illustration nécessaire des effets du Temps sur les mythes, de la même manière que l'Histoire se construit lentement et que chaque détail à son importance . Un oeuvre cinématographique ambitieuse, un film passionnant, sombre et imposant : on applaudit des deux mains devant l'intelligence, la conviction et l'intuition de son réalisateur.

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tags | 1960 's, 8, drame, extreme, japon, Koji Wakamatsu, psychologique, sadisme
Extrême, provocant, violent, sadique et dérangeant, les adjectifs forts ne manquent pas pour qualifier le film de Koji Wakamatsu, frappé d'une interdiction aux moins de 18 ans lors de sa sortie en France en 2007. Son auteur, Koji Wakamatsu, un ancien yakuza à tendance anar dans les années 70, futur producteur de Nagisha Oshima, était alors davantage connu par chez nous pour ses films "Pink" ou politiquement engagés.
Au delà de forme éprouvante, un hui-clos psychologique qui aligne ses scènes d'humiliation et de domination, Quand l'Embryon Part Braconner décortique le relation bourreau-victime en l'illustrant de flashsbacks sur ses relations avec les femmes et avec la maternité. Radical et visuellement somptueux (l'appartement blanc, immaculé, est cependant éclairé des reflets d'eau : univers utérin...), le film de Wakamatsu nous fait remonter aux origines des pulsions et des frustrations de cet homme torturé par ses rapports avec les femmes. Sa victime incarne, au sens de la chair, tous ses refoulements, sur lesquels il pourra enfin exercer le contrôle qu'il ne peut avoir sur ses démons... Sexe et violence ne sont pour Wakamatsu que de simples modes d'expression de l'homme : démonstration !
Intense, traversé de fulgurances visuelles propres à faire comprendre l'enfer intérieur du bourreau comme celui, physique, de sa victime, Quand l'Embryon Part Braconner peut aisément se percevoir comme l'une des sources d'inspirations de cinéastes comme Takashi Miike (Audition, Dead Or Alive, 13 Assassins) ou encore Gaspard Noé (surtout avec son Seul Contre Tous).
S'il est à réserver aux "spectateurs avertis" pour sa dureté visuelle, Quand l'Embryon Part Braconner s'avère tout aussi dérangeant pour son exploration psychologique et la frayeur qu'elle dégage (le bourreau n'a d'autre obsession que d'abaisser sa victime du statut de femme à celui de "chienne"...). On admire ou on rejette en bloc ce type de cinéma, puissant, extrême et jusqu'auboutiste, mais il trouve cependant sa raison d'être dans une courageuse audace qui consiste à explorer nos zones les plus sombres et à tenter de les représenter. Et que le spectateur se rassure : son final puissant rétablira l'équilibre si cher, et nécessaire, au spectateur. Du cinéma brut, fascinant, à ranger dans le rayon où se range Salo ou les 120 journées de Sodome, dont la vision laisse un malaise bien plus fort encore que ses images. "La beauté du laid" disait au autre grand artiste...

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tags | 1970 's, 6, drame, fantastique, poésie, psychologique, rêves, souvenirs
Le réalisateur polonais Wojciech Has, auteur du Manuscrit Trouvé à Saragosse, à reçu le Prix Spécial du Jury à Cannes en 1973 pour son étonnant et atypique film. La Clepsydre est un film exigeant avec le spectateur. Visuellement éblouissant il est dépourvu de trame narrative conventionnelle, et se présente comme une succession de scènes très symboliques et poétiques presque indépendantes les unes des autres.
La Clepsydre a largement divisé la rédaction de Doorama. Si nous sommes unanimes pour saluer l'incroyable forme visuelle (et intellectuelle aussi) du film, nous sommes davantage partagé quand à son impact : fascination pour certains, ennuis pour d'autres ! La Clepsydre est construit sans notion d'espace, ni de temps. Son personnage erre d'une pièce à l'autre, chaque pièce évoquant un souvenir qu'il faudra décrypter pour le spectateur. Ses dialogues, souvent simples fragments d'idées, sans début ni fin, n'aideront pas non plus le spectateur à y voir plus clair. La Clepsydre est conçu comme un rêve, il semble incohérent, décousu, sans suite logique apparente... Une minute semble durer une heure, un an une minute... Ses décors troublent davantage encore notre perception... Wojciech Has nous immerge dans l'esprit de Jozef, l'expérience est difficile mais bel et bien maîtrisée et réussie.
La Clepsydre possède la temporalité et l'étrangeté de l'univers de David Lynch, il respire la poésie, la vie et l’exubérance de Fellini, et son incroyable esthétique picturale ne trouve de comparaison que dans les oeuvres que Peter Greenaway (de formation Beaux-Arts, comme Wojciech Has) les plus chargées et graphiques, comme Prospero's Book ou Le Cuisinier, le Voleur, sa Femme et son Amant ! Des pièces remplies de toiles d'araignées, de feuilles mortes et d'objets hétéroclites, de lierre dans les murs, une végétation omniprésente dans des intérieurs qui semblent être des extérieurs, des villages au sous sol d'un bâtiment, des jardins d'hiver habités d'hommes historiques, des soldats noirs armés de baïonnettes, des éléphants et un contrôleur de trains aveugle en guise de guide pour le voyage intérieur de Josef... Voilà l'incroyable univers proposé par la Clepsydre !
L'impressionnant voyage intérieur de Josef, hyper symbolique, sans temps ni espace, risque de laisser nombre de spectateurs sur le bord de la route, mais si on accepte de s'abandonner à l'univers de Wojciech Has, La Clepsydre frôle alors le chef d'oeuvre absolu. Puissante errance onirique, fascinante, aux images surchargées et au déroulement irréel, La Clepsydre est un film rare et unique. Mais malgré sa force et sa fulgurance, son rythme et sa structure n'ont cependant pas réussi à nous maintenir captif de son univers (trop) exigeant sur l'ensemble de sa longueur. Une oeuvre difficile, à réserver à un public averti et préparé.

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tags | 1960 's, 7, amour, Claude Chabrol, drame, france, homosexualité, Jean-Louis Trintignant, psychologique, société, Stéphane Audran
Souvent considéré comme le premier "vrai grand film" Chabrolien pour ses thèmes, Les Biches propose une triangulation amoureuse qui prend place dans une bourgeoisie désoeuvrée (pas si lointaine des Liaisons Dangereuses de Vadim...), et dans laquelle le désir et l'ennui conduisent inexorablement vers un drame final.
Construit en 4 actes -Intro, Frédérique, Why, Epilogue- Les Biches décrit l'emprise de la riche Frédérique (Stéphane Audran éblouissante et plus belle que jamais !) sur sa protégée et le dédaigneux mépris que peut exprimer la classe bourgeoise sur celles inférieures. La belle Why (c'est son nom...) se voit offert amour, sécurité et affection, qui lui seront cruellement repris avec l'apparition d'un homme et le revirement affectif de sa protectrice.
Chabrol s'amuse à montrer une classe bourgeoise superficielle et creuse, sans repères ni valeurs, et souligne sa violence et son indifférence envers les classes sociales inférieures. Chabrol dotera même de deux bouffons la reine Audran dans son grand château Tropézien, vide et haut perché au-dessus du village, comme pour souligner davantage encore le fossé qui la sépare des autres classes. Passant d'un jouet à l'autre, la bourgeoisie de Chabrol est cruelle et prédatrice, elle se nourrit des autres sans penser aux conséquences, à la manière d'un chat qui joue avec une souris jusqu'à la tuer, elle satisfait ses envies et pulsions sans empathie pour sa victime.
Drame psychologique, Les Biches rappelle Plein Soleil par la confrontation des classes qu'il décrit, son rythme "méditerranéen", et les motivations du drame (jalousie, envie...), mais opte pour drame plutôt que pour le thriller. Chabrol propose au spectateur une fable sociale, une étude psychologique, et par son approche froide et son style post nouvelle vague (ton déclaratif, observation des moeurs...) impose un univers oppressant, presque pervers et d'une grande cruauté. Même si Les Biches n'est pas aussi sulfureux qu'à son époque (un trio amoureux ? l'homosexualité ?), on sent sa force dans chacune de ses scènes, dans chacun de ses silences. Un peu suranné, son rythme lancinant laisse rapidement apparaître des craquelures dans son beau vernis, et Chabrol, tout doucement, nous force à observer leurs aggravations... jusqu'à leur destruction.
Soutenu par son formidable trio d'acteur, Les Biches distille encore d'anciennes et enivrantes essences. A la rédaction, on aime terriblement les lentes dérives dramatiques, et dans ce domaine Les Biches en propose un fort bel exemple, ciselé par l'oeil d'un très grand réalisateur au seuil de son âge d'or. Les Biches ont vieilli, n'ont plus la grâce d'avant, mais elles restent toujours aussi sauvages et belles et, quelque part, absolument fascinantes, le tout nimbé d'un élégant charme 60's. On aime !
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tags | 1990 's, 8, chronique, comédie dramatique, danemark, dogme, drame, famille, psychologique
Festen est un enfant du Dogme 95 (une sorte de charte de réalisation des films, élaborée par Lars Von Triers et Thomas Vinterberg, destinée à fuir l'artificiel et se rapprocher d'une certaine essence cinématographique : voir wiki), et figure comme l'une de ses plus belles réussites.
Cette fête de famille est bien loin de la douce quiétude des Gens De Dublin, sa chaleur initiale cède bien vite le pas aux effusions et à la violence émotionnelle. La divulgation d'un lourd secret familial, va faire exploser la famille unie, va exposer la nature de chacun et révéler des souffrances des années retenues : la fête de Festen n'est pas un anniversaire, mais plutôt un accouchement... et dans la douleur ! Comme le Dogme qui l'encadre, Festen est une destruction des apparences et du factice, une attaque en règle du déni de réalité. Ses premières images laissent immédiatement apparaître les imperfections du verni familial, le spectateur est vite sceptique quand à la belle unité familiale et c'est presque sans surprise qu'il assistera à ce qu'il pressentait : "il y a quelque chose de pourri dans le Royaume du Danemark".
L'image saturée et les cadrages tremblants du Dogme, ses scènes "inutiles" au premier abord, peuvent irriter le spectateur, mais sa fonction première de revenir à l'essentiel, au vrai, donne une force et une puissante rare à Festen. Puisque tout doit être "vrai" aux yeux du Dogme, le spectateur qui acceptera sa forme technique et narrative, se retrouve immergé au plus proche des personnages, comme faisant lui même partie de cette fratrie. La douloureuse accusation de Christian contre son père résonne alors pour le spectateur comme un choc d'une violence rare. Festen frappe fort ! La famille dans laquelle Vinterberg vous intègre vous blessera aussi profondément qu'elle vous choquera. Racisme (terrible scène de la chanson), bêtise, auto-satisfaction, mensonges, vérités refoulées, complicité passive, inceste : Festen par la force de son histoire vous fait toucher ce que chacun exècre dans la "vraie vie", et par son procédé cinématographique rend l'expérience encore plus dérangeante, voire insupportable, en augmentant au maximum la proximité avec ces "réjouissances".
Festen est un blessure infectée qui laisse échapper son pus. Sa violence psychologique et l'hystérie dans laquelle elle s'exprime ébranle le spectateur, l'obligeant à assister en direct à un drame qu'il préférerait sans doute, comme les membres de la famille, ne pas voir en face. C'est même véritablement à un combat, entre un fils et son père, que Vinterberg nous invite. Festen révèle des souffrances immenses, irréparables, les partage avec vous d'une manière particulièrement percutante, puis vous affuble du rôle de chirurgien pour effectuer une amputation douloureuse mais inévitable. Brut et intense, parcouru parfois de quelques traits d'humour grotesques, Festen est une expérience de cinéma forte, pure et très stimulante (proche de l’extrême et de l'expérimental pour certains).
Le Dogme a fait son temps (et c'est tant mieux), il laisse derrière lui quelques perles, dont Festen fait partie, ou bien encore Les Idiots de Von Trier. Que l'on aime ou non ce cinéma "épidermique" (à l'image des réactions qu'il inspire), le Dogme 95 aura au moins permis de soulever une intéressante réflexion sur "l'objet film" et favorisé un langage cinématographique dont nous sommes, ici à la rédaction, particulièrement fans.
Festen vous emportera (loin !), vous ennuiera ou vous irritera, mais il ne vous laissera certainement pas indifférent.

| Procurez-vous Festen ou d'autres films de Thomas Vinterberg |
tags | 10, 1980 's, drame, fantastique, frère, horreur, médecine, psychologique
A notre sens le Cronenberg le plus abouti, à l'image comme pour ses thèmes, Faux Semblants laisse à chacune de ses visions la rédaction de doorama complètement KO. Bien que Crash et History Of Violence soient aussi de ses plus grande réussites, Faux Semblants les surpasse, peut être grâce à la gigantesque performance de Jeremy Irons.
Faux Semblants est un film avec Jeremy irons et Jeremy Irons ! Aucune autre description de peut mieux décrire son incroyable performance à incarner les deux frères et leur donner cette identité distincte, sans aucun artifice. A sa seule présence sur l'écran, le spectateur sait instantanément s'il s'agit de Bev ou de Ely ! L'ébouriffante et parfaite mise en scène de Cronenberg achève le tour de force en mettant deux Jeremy Irons dans un même plan, en travelling, et se donnant la réplique... Aujourd'hui encore les effets spéciaux de Faux Semblants restent invisibles : une performance hallucinante qui renforce incroyablement la force de cette histoire de séparation impossible, quasi shakespearienne ! Il faut se rappeler que nous sommes en 1988, le numérique "balbutie" encore, le résultat de Faux Semblant est alors révolutionnnaire.
L'autre performance de Faux Semblants, c'est son approche psychologique de la relation des deux frères qui vivent comme dans un seul corps. En mélangeant la relation des jumeaux et la symbolique des frères siamois, Cronenberg signe là son avancée la plus profonde dans "l'intérieur" de ses personnages. Il parvient à traiter dans un même temps un seul esprit pour deux corps, mais aussi deux esprit dans un seul corps tant les deux sont indissociables ! Il mélange les approches du corps et de l'esprit (et de fait étend aussi son sujet à la schizophrénie...) puis lui greffe un élément extérieur (un virus ?) qui viendra détruire la l'unité des deux êtres, des deux cellules, des deux esprits. Histoire d'amour à plusieurs dimensions (Bev et Claire, interprétée par une Geneviève Bujold, mais aussi entre les deux frères) et puissant drame psychologique et horrifique (on pensear même au cannibalisme !), Faux Semblants absorbe le spectateur et le fascine autant techniquement, qu'artistiquement et émotionnellement. L'effroi généré sera d'autant plus fort que le contexte médical dans lequel il prend forme est glacial, dépouillé, et que le temps du film la médecine prend des allures bien inquiétantes.
Film d'horreur psychologique ultime, histoire d'amour contrariée tragique ou drame familial aussi puissant que troublant et dérangeant, Faux Semblant est tout cela. Aussi sobre dans son traitement que vertigineux dans sa force, il est à nos yeux un film parfait : effrayant et très (très) émouvant. Un peu à l'image de ses personnages, Faux Semblants est un film qu'il est difficile de décortiquer, tant ses composants sont intimement entremêles, jusqu'à paraître, à nos yeux en tout cas, comme une entité monocellulaire... indissociable... parfaite... Un lent dérèglement dépeint avec méthode et finesse, jusqu'à son abyssal final.
Du grand art, un immense Cronenberg qui se bonifierait presque avec les années...

| Procurez-vous Faux Semblants ou d'autres films de David Cronenberg ou avec Jeremy Irons |
tags | 2000 's, 6, enquête, hong-kong, Johnnie To, policier, psychologique, thriller
La vague du polar Hong Kong s'est maintenant retirée depuis longtemps, emportant avec elle nombre de projets creux, puérils ou inutilement démonstratifs, mais elle nous a heureusement laissé Johnnie To, dont le filmographie éclipse avantageusement celle d'un John Woo surestimé, usé et fini depuis longtemps.
Il faut comprendre que derrière Mad Detective ne se cache pas un héros téméraire et bondissant, par "détective fou", il faudra bien envisager la folie sous son aspect médical, et c'est là tout l'intérêt du film : la poursuite d'une enquête rationnelle et "ordinaire" au travers de sa progression irrationnelle.
Mad Detective impose son originalité en déplaçant ses enjeux habituels de la résolution d'une affaire vers la méthode utilisée pour y parvenir. La réalisation soignée de Johnnie To & Wai Ka-Fai (souvent compères ces deux là...) s'appliquera à donner alors tout son intérêt à Mad Detective, par une très judicieuse mise en image de l'univers de folie du détective Bun (personnage et acteur par ailleurs vraiment excellent !). Brouillages des pistes et multiplication des hypothèses deviennent alors un véritable jeu avec le spectateur, fort bien étayées et représentées grâce à la pertinente "deuxième réalité" de l'inspecteur Bun. Mad Detective livrera même quelques jolis moments comme un repas à quatre, qui est en fait un "3 + 1 imaginaire".
Si l'enquête de Mad Détective ne restera pas forcément dans les mémoires pour son rythme ou son énigme, son déroulement en circuit fermé (des policiers enquête sur un policier disparu) participe pourtant formidablement à créer la tension du film tout en illustrant l'enfermement des personnages dans leur univers respectif (rationnel contre irrationnel). Mad Detective, trop concentré qu'il est sur sa mise en scène, réellement passionnante et réussie, voit son scénario passer au second plan devant le brillant exercice de réalisation : là est peut être la plus grande faiblesse du film.
Mad Detective n'est pas la meilleure oeuvre de Johnnie To (nous lui préférons l'hypnotique mais hétérogène P.T.U. ou le bouillonnant Breaking News), mais elle rentre dans la veine la plus originale et qualitative des productions Hong Kong. Mad Detective parvient délicieusement à réunir le thriller asiatique avec une mise en scène inventive et une réelle ambition artistique. Il peut donc, à ce titre, être une excellente occasion de s'ouvrir au cinéma de Hong-kong, en découvrant un film abouti de l'un de ce ses meilleurs réalisateurs (Johnnie To).
Une très agréable curiosité.

| Procurez-vous Mad Detective ou d'autres films de Johnnie To |






















