Inspiré du fait divers qui éclaboussa la police de Los Angeles, Oren Moverman exploite un scénario travaillé par James Elroy pour mettre en image le chemin de croix d'un flic corrompu.
Rampart, c'est un peu The Shield traité à la Bad lieutnant. Entièrement centré sur le personnage de Woody Harrelson (complètement bluffant dans son interprétation de flic en sursis !), le film dresse " un portrait attachant d'un beau salopard" en pleine "shit storm". Si le personnage est effectivement un ripoux, le spectateur est avant tout confronté à l'impression de son potentiel de violence et de nuisance plutôt qu'à la mise en image de ses actes. Le portrait ainsi dressé s'en trouve plus fin, plus subtil, mais ça ne sera pas suffisant !
Réalisé de la plus belle des manières qu'il soit, avec une esthétique particulièrement réussie (même si certains effets de caméra et certaines scènes interrogent, et que certains plans semblent là juste "pour faire joli"), Rampart ne réussit pas à s'emparer du spectateur. Son traitement en multitudes de petites scènettes, n'arrive pas à trouver son rythme et l'intensité dramatique du scénario peine à s'installer.
Rampart devient alors bien long, et son choix de ne pas tout raconter, de garder certaines zones d'ombres sur ses personnages, se paie bien vite en terme d'intérêt et de force. Sa narration erratique et confuse déstabilise, et la sensation de ratage se confirme avec une utilisation tout aussi confuse des personnages secondaires (pourtant un fort beau casting, Robin Wright en tête).
Woody Harrelson est grandiose, le sujet passionnant, la réalisation soignée et esthétique, et pourtant Rampart échoue à nous intéresser. Peut être victime d'avoir voulu trop bien faire, Rampart tombe dans l'obscur et ne livre au final qu'une succession de pièces hétéroclites, de qualité variable (du très bon au franchement moyen), une sorte de belle mécanique, fine et complexe, mais hélas non fonctionnelle, livrée sans aucun mode d'emploi pour le faire fonctionner. Dommage.




