Balaguero aime les histoires qui font peur, il aime choisir un thème inquiétant et le traficote, l'explore et le presse jusqu'à pouvoir en ressortir ses essences de peur. Nous sommes bien sûr loin du cinéma d'auteur, mais le cinéaste connaît ses classiques, de Hitchcock au pur cinéma de genre...
Malveillance est entièrement conçu pour le spectateur, sans calculs ni prétentions, il ne vise qu'à l'emmener 1h42 durant au coeur d'une histoire dont le seul but est de jouer à se faire peur. Pour réussir son coup, Jaume Balaguero adopte une mise en scène sobre, voire conventionnelle, mais soignée.
Bienvenue donc dans le monde de César, roi du faux semblant, incarnation de l'hypocrisie et de la tromperie. Bienvenue dans la tête d'un homme qui à cause de son incapacité à ressentir le bonheur, développe un machiavélisme sans limites dont le seul but est de gâcher l'insultant bonheur des autres.
Malveillance, même s'il n'évite pas quelques scènes poussives, réussit à installer le malaise et le suspense, il prend même un malin plaisir à dépeindre la cruauté gratuite de son concierge malfaisant, et nous emmène très naturellement dans son univers tordu. Sans jamais toutefois mettre suffisamment mal à l'aise pour réellement effrayer, il construit avec intelligence une inquiétante histoire, de celles propices à faire cauchemarder les enfants. Et c'est cette habile exploitation de ces peurs un peu enfantines qui, transposées dans un univers adulte (et avec un grand sens ludique !), risque bien de vous laisser quelques images dérangeantes après sa vision. Une petite douceur, quoi !




