Jusqu'où peut-on aller pour connaitre l'emplacement de 3 bombes nucléaires prêtes à sauter, lorsque l'on tient le bonhomme sous la main ? C'est la question avec laquelle Gregor Jordan" s'amuse à jouer", avec nous, tout au long du film.
Car c'est bien un jeu dont il est question, tant son réalisateur semble prendre plaisir à nous faire passer du "torturer c'est pas bien" et "torturer c'est nécessaire", par de nombreux micro-twist scénaristiques... Et c'est bien là que Unthinkable trouve sa limite !
Si le film se regarde avec intérêt, et constitue un divertissement efficace, il n'hésite pas à pousser le curseur vers le trash par de nombreuses séquences de torture, reposant chaque fois la question de la légitimité de la torture. Chaque scène reposant ainsi ce cas de conscience, alternant les arguments pour et contre la torture.
Hélas on en vient véritablement à douter de l'intention réelle et, sous couvert de jeux avec le spectateur, le message (si tant est qu'il y en ait un...) pourrait bien ne pas être celui espéré...
On se surprend alors à "valider" un discours bien peu sympa.
Unthinkable, si plaisant soit il au premier degré, est très ambigüe, il dépasse (volontairement) les limites du simple jeu et laisse un arrière goût qui, lui, est plutôt déplaisant : celui d'un discours sécuritaire d'une certaine droite.

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