
Soderberg
n'est peut être le plus grand réalisateur qui soit, mais avouons lui un
indéniable talent et saluons en lui ce réalisateur qui ne cesse
d'expérimenter et se remettre en question.
Ici,
il explore sous la forme d'un film chorale, la propagation et les
effets d'un virus foudroyant à l'échelle mondiale. Victimes, familles, chercheurs, médias,
forces de l'ordre et politiques : rien n'échappe à l'oeil de Soderbergh
dans sa volonté de traiter chaque aspect d'une telle catastrophe.
On
peut diviser le film en deux parties : l'apparition et le début de
l'épidémie, puis la phase de réaction au virus (recherche d'un vaccin).
Si le casting est absolument royal (Damon en tête !) et la première
partie tétanisante d'effroi, réaliste et implacable à souhait, le film
s'essouffle pourtant dans sa seconde partie. La faute sans doute à ce
qui semble être un curieux choix du réalisateur, à savoir que tous ses
acteurs sont rarement mis les uns en face des autres ! En plus de la
frustration de ne pas les voir se donner la réplique, une contradiction
s'installe : celle d'un manque d'humanité au milieu de ce drame humain,
un manque de lien !
Exercice de style et narration réussis pour Soderbergh, mais malgré le brio de sa mise en scène, on n'arrive pas au vertige espéré. Frustrant.
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