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13 assassins (Takashi Miike, 2011)


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Enorme relecture du classique de Eichi Kudo "13 Tueurs" (1963) par un Takashi Miike absolument méconnaissable.
13 assassins déroule magistralement ses 2h20.

La première moitié dénuée de toute action, est dédiée à la l'élaboration d'une mission suicide et au rassemblement de l'équipe qui l’exécutera. La seconde partie (durant plus d'1h !) est une titanesque bataille au cours de laquelle se libère, tel un élastique, toute l'énergie accumulée précédemment.

13 assassins est visuellement splendide et retrouve ce rythme si particulier des Chambara 60's. Quand à Miike, il adopte un style hyper classique, sage (?), que l'on ne lui connaissait pas, sans rien perdre de sa créativité et de son audace.

Là où moult remakes sont de "Grand(s) Attentat(s)", celui de Miike est du Grand Art !
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Rashomon (Akira Kurosawa, 1950)


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Comment faire la fine bouche sur ce qui était à l'époque d'une nouveauté inouïe... Un mari, sa femme et un bandit se partagent 5 rôles : le mari, la femme, le bandit, le coupable et la victime...

C'est au cours de 4 récits divergeant de ce même meurtre que la vérité apparaitra, chaque version laissant apparaître des facettes différentes de l'âme humaine.

Bref du grand, de l'universel dans les mains d'un Kurosawa dont chaque film se bonifie avec chaque vision.

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Fright Night (2011)


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Encore un remake inutile, dénué de tout ce qui faisait le charme de l'original. 

Exit le vampire classieux un peu dandy, au profit d'un Colin Farrell relooké en célibataire branché, frôlant le ridicule... Exit les bon vieux effets spéciaux latex et visuels des 80's au profit d'effets numériques lisses et sans âme... Et surtout exit l'hommage au Genre, qui avouons le sauvait l'original, pour laisser place à une simple histoire d'ado...

Un film exsangue de tout sang neuf qui égrainer difficilement ses 120 minutes.


Crazy, Stupid Love (2011)


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Même si l'ensemble ne nous submerge pas sous l'originalité et la nouveauté... Même si la mièvrerie n'est pas complètement absente, cette romance humoristique sur l'Amour réussi parfaitement à capter toute notre attention et nous faire passer 2 heures des plus agréables, sourire aux lèvres et humeur amoureuse en tête.

C'est sympa et (très) drôle. Idéal pour se détendre sans "consommer" passivement.
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The American (Anton Corbijn, 2010)


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Un tueur à gage veut mettre fin à son activité. Tout le monde ne semble pas partager cette décision...


Visuellement magnifique, The American, sous son rythme lent cache en fait une parano qui envahi chaque plan. Quand un cinéaste maîtrise si bien image, lumière, cadrage et montage, peu de mots sont utilisés pour décrire ce que ressent le personnage et nous faire partager ce qu'il ressent.

La présence animale du George ajoute la touche finale pour qu'on comprenne toute la difficulté d'avancer sa retraite si on veut en profiter vivant, il nous fait toucher du doigt ce que ressent un grand félin acculé qui voit le piège s'avancer sur lui.

Chaque scène, chaque plan nous enferme dans l'esprit du personnage. Anton Corbijn nous avait donné un Control parfaitement réussi, son American frôle le chef d'oeuvre !

Pas de "vous avez vu là ?", ni aucun "Regardez !" n'est imposé au spectateur. On suit The American libre d'en interpréter chaque morceau à sa guise. Libre ? Quelle illusion ! Car en fait The American vous hypnotise rapidement à votre insu pour vous guider exactement où Corbijn le veux.

Ah que c'est beau le cinéma quand on nous parle comme ça !


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Le Sang Des Templiers (Ironclad, 2011)


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Dans l'Angleterre du 13ème siècle, un chevalier Templier avec une poignée d'hommes tentent d'empêcher le Roi Jean de reprendre le pays.

Après Gladiator, la série Rome, puis plus récemment Centurion ou l'Aigle de la Neuvième Légion, on poursuit l'aventure du film en costume, cette fois dans l'Angleterre moyenâgeuse. Malheureusement, la qualité, elle, ne suit pas. 

Même si le Sang des Templiers s'avère distrayant et regardable, il faudra cependant beaucoup d'efforts pour s'attacher aux personnages (James Purefoy pourtant génial en Marc Antoine dans Rome, incarne ici le rôle bien peu charismatique du templier) et espérer assister à de bon moment de cinéma. Le film se contente de ponctuer son histoire de scènes d'action (plutôt gores), en bâclant complètement ses personnages. 

A force d'à peu près de réalisation, de pauvreté scénaristique, et de psychologie approximative, le film s'éloigne de l'épopée sauvage pour se rapprocher du simple "film de bagarre en costume" pour ados. Seule une avalanche de coups d'épées qui explosent, découpent et écrasent têtes et membres, empêche le film d'être réellement destiné aux enfants.

Si distrayant soit il, ce Sang des Templiers est raté et séduira davantage les gros consommateurs de divertissement que les vrais amateurs de cinéma.
 
 


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Stake Land ( Jim Mickle, 2011)


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Dans un pays complètement désorganisé par à une épidémie et livré à lui-même, les vampires règnent dorénavant, obligeant les humains à s'organiser pour survivre. "Mister" s'est fait une spécialité d'exterminer ces créatures. Un jour il sauve un adolescent d'une attaque, et le prenant sous sa protection, ils traversent le pays vers le nord afin d'atteindre une zone épargnée du chaos. Le voyage s'avère parsemé de multiples dangers.

Excellente surprise que ce Stake Land, mélangeant habilement les thèmes. Pour faire simple, il est ici question d'une société quasi post-apocalyptique, infestée de vampires agissant comme des morts-vivants. Stake Land est un agréable cocktail composé d'un tiers de La Route (pour planter le décors et l'ambiance), un tiers de The Walking Dead (pour la survie de ces personnages) et d'un dernier tiers d'hommage à Georges Romero (les citations sont nombreuses, tant visuelles que thématiques).

En dépit de son budget modeste, la mise en image de cette société en ruine est tout à fait convaincante, exploitant habilement des groupes humains qui ont réinvestit des coins de nature ou des petits hameaux, plutôt que des grandes villes qui auraient dues êtres vidées à coup de couteux effets spéciaux. Cela confère à Stake Land un coté survival, et le minimalisme des décors sert à merveille la régression du système et de ses habitants. Déjà vu, certes, mais parfaitement exécuté car à aucun moment le film fait cheap ou perd sa crédibilité visuelle. Et même si les créatures sentent un peu le maquillage et les vêtements artificiellement lacérés, rien ne vient cependant décrédibiliser l'ensemble.

Décor posé, pour peupler ce périple, le réalisateur (Jim Mickle, auteur du médiocre Mulberry Street en 2006) joue la carte du mystérieux héros solitaire au passé trouble, et c'est tant mieux ! Tant mieux car si son film fonctionne, ce n'est certainement pas grâce à la profondeur de ses personnages... Le réalisateur réussit donc à ne pas s'enliser dans une construction hasardeuse des persos, et se focalise sur l'action et l'ambiance. Et même si le scénario s'encombre parfois de maladresses (dont une vraie faute de gout vers la fin...), les péripéties rencontrées lors de la traversée du pays (attaques de créatures, groupuscules d'illuminés, menaces cannibales...) sont menées avec efficacité et Jim Mickle, n'oubliant jamais qu'il n'a pas des moyens illimités, opte pour des choix de réalisation basiques, mais efficaces, qui s'avèrent souvent judicieux.

Stake Land aurait pu être un nanard fauché et sans âme, mais son humilité et son énergie le rendent au final réussi au delà de toute espérance. Un petit plaisir simple, bourré d'images terrifiantes et qui repose des blockbusters bruyants et aseptisés.
 


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The New Daughter (Instinct de Survie, 2010)


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 Après un divorce, un homme s'installe avec ses deux enfants dans a nouvelle maison. Rapidement, il observe des changements dans le comportement de sa fille, celle ci laisse apparaître un caractère plus dure et ne cesse de jouer autour de la vieille butte funéraire qui trône dans un coin du jardin.

Cette énième histoire de possession, ne réussit pas à sortir du lot : exposition des rapports père/fille difficile, premiers signes de surnaturel, installation du mal découverte de la vérité, puis dénouement. Même si le film réussira peut être à inquiéter  les moins habitués du cinéma de genre, ou bien les parents qui se projetteront dans la situation du personnage de Kevin Costner, tout cela est très convenu et absolument dénué de toute originalité. Cette fois ci, il faudra juste remplacer la traditionnel fantôme par une vieille civilisation qui veut ôter une petite fille à sa famille, mais ce détail mis à part tout sera "comme d'habitude"...

On appréciera cependant l'effort du réalisateur pour installer avec soin les relations tendues entre un père (notre Kevin Costner, plutôt convaincant avec un peu de bouteille) et sa fille, mais dommage que le poids de l'Amérique ne nous rende ces valeurs familiales trop lourdes ! Au final : encore un film où la motivation du personnage est la protection de la sacro-sainte famille.

Quand à l'élément fantastique, cette peuplade ancestrale vivant parmi nous depuis toujours réclamera pas mal d'efforts de notre part pour tenter d'y croire le temps du film... Seule la première apparition de la créature (dans le premier quart d'heure, lorsque la fillette est à sa fenêtre...) est savamment dosée. Discrète et efficace, montrant la créature en intégralité sans réellement la montrer, on se disait "ça commence bien"... Hélas les promesses ne seront pas tenu, et le film de décollera plus de sa lourde trame linéaire.


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Two Eyes Staring (2010)


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Une famille s'installe dans la vieille demeure familiale, en Belgique. La jeune fille, Lisa, voit le fantôme d'une petite fille, fantôme qui va lui faire des révélations sur sa maman.

Le cinéma néerlandais n'est pas des plus courant sur nos écrans, et s'il peut s'avérer d'une grande qualité lorsqu'il s'agit de drames (les premiers longs de Paul Verhoeven), les réussites dans le domaine du cinéma de genre ont posé un vrai problème à la rédaction de doorama pour vous sortir une ou deux références... Comme ça, de mémoire : rien !
Et après la vision de Two Eyes Staring, notre culture restera identique. Cette petite fille qui voit un fantôme ne nous laissera aucun souvenir, si ce n'est sa ressemblance lointaine avec Deux Soeurs (par son approche psychologique) et quelques réminiscences des spectres asiatiques à la The Ring

Two Eyes Staring, porte fièrement ses origines européennes, et l'on sent bien que nous sommes moins bien rompus au genre "Fantôme" que les américains (anglais et espagnols mis à part, bien sûr...). L'histoire prend difficilement de l'ampleur, la drame et la tension s'échafaudent péniblement, et les molles apparitions de la petite fille morte, sensées faire avancer le film, ne réussissent pas à lui insuffler le rythme nécessaire pour installer la peur. On subit donc ce méchant petit fantôme à coup de clichés usés (silhouette fixe, yeux baissés cheveux sur le visage...) jusqu'à un twist final assez banal, bien qu'inattendu.
  
C'est mou, sans ambition ni rythme. Ces deux yeux qui fixent réussissent à peine à garder les vôtres ouverts.


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Pour Elle (Fred Cavayé, 2008)


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Julien, Lisa et leur fils forment une famille heureuse et sans problème. Un jour, la police fait irruption au domicile conjugal et Lisa est emprisonnée pour meurtre. Julien, persuadé de son innocence, commence à mettre en place un plan pour la faire évader.

A Bout Portant, le second film de Fred Cavayé, s'amusait à torturer un citoyen ordinaire en faisant peser sur lui toute l'injustice du monde. Pour Elle, son premier film, s'appuyait déjà sur ce ressort dramatique en amputant littéralement une famille épanouie de la maman. Vincent Lindon et Diane Kruger incarnent à merveille ce couple brisé, laissant apparaître à chacune de leurs rencontres l'humanité et le désespoir de leur personnage. 

Pour Elle focalise son scénario impeccablement écrit (si bien que Paul Haggis en a donné sa vision avec Les 3 Derniers Jours, avec Russel Crow dans le rôle de masculin) sur cet homme prêt à tout risquer pour celle qu'il aime, et l'on y croit ! Flirtant du coté du thriller à l'américaine et du film noir, il garde cependant une personnalité française qui facilite la projection du spectateur dans cette situation infernale. C'est sans doute cette attention à décrire le désespoir de ses personnages, avec l'injustice comme moteur, qui confère à Pour Elle toute sa force. 

Fred Cavayé réussit à alterner tension dramatique et scènes d'action dans un quasi sans faute, gardant comme seul fil de conduite la force de son histoire et l'énergie de son personnage masculin. Il capte l'attention du spectateur et nous rappelle que le cinéma français est capable, lui aussi, de proposer un cinéma de genre qui allie intelligence, divertissement et efficacité.


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Butcher 2 (2011)


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Victor Crowley hante les marais de Louisiane et massacre tout ce qui lui tombe sous la hache... Marybeth, qui a vu toute sa famille se faire exterminer par le tueur, décide de retourner dans le marais avec la ferme intention de le tuer définitivement. Pour cela, elle va s'adjoidre les services du révérend Zombie, un sorcier local...

Adam Green s'est (peut être) amusé à reproduire les slashers des années 80's. Butcher 2 s'adonne au massacre d'un tueur vengeur, à l'image de Vendredi 13 et de la horde de sous-produit qui hantaient alors nos écrans. L'unique intérêt de ce slasher réside, bien sur, dans l'originalité de chaque meurtre, exagérément gore et gorgé d'humour. Têtes explosées, colonnes vertébrales arrachées, couple en pleine fornication dérangé par le tueur : si il est vrai que les amateurs de gore se réjouiront des litres de sang et de latex présents à l'écran, les autres ne pourront que constater l'immense nullité des scènes de transition.

Butcher 2 se consomme comme un porno, on peut (il faut ?) accélérer entre chaque scène si l'on veut profiter du morceau de bravoure et ne pas affronter l'inexistence du scénario et la pauvreté des dialogues. Un hommage au genre. (volontairement ou involontairement raté ?).


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Etat de Guerre (5 Days of War, 2011)


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Deux reporters de guerre se retrouvent au milieu d'un conflit opposant la Russie à la Géorgie. Ils assistent à un massacre et tente de sortir les images pour avertir le monde.

Les années 90 étaient un le terrain de jeu de Renny Harlin. Aujourd'hui, l'homme de Au revoir à Jamais, 58 Minutes pour Vivre ou Cliffhanger pense que le temps l'a bonifié et se prend pour un cinéaste. Etat de Guerre, si l'on met de coté son scénario banal et manichéen, exaspère tout particulièrement par son style.
Renny Harlin s'aventure dans la cour des grands en tentant autre chose que du blockbuster fun, et ambitionne de nous proposer un film réaliste et dramatique abordant la guerre, la vérité, le grand reportage et les idées du "monde libre"... Seul hic, le tout reste habillé du costume du film d'action, et ici le mariage avec le sujet ne se fait pas, mais alors pas du tout... Effets de ralentis inutiles (voire contre-productifs), plans aériens et musique pompeuse viennent anéantir complètement la veine tentative de construire une histoire forte. Dès que sa guerre devient crédible et dure, le réalisateur s'empresse de poser sa scène d'action ou son moment de bravoure, comme par crainte que le spectateur s'ennuie, et ôte ainsi toute crédibilité à son film.

Ne restera après son visionnage que quelques plans de guerre plutôt réussis, quelques acteurs moyens (dont Val Kilmer et Andy Garcia comme alibis de vente du film) et surtout beaucoup de morale. 

La rédaction a particulièrement apprécié la constance dans le réalisme, avec des journalistes qui ont besoin de traductions pour comprendre le géorgien (normal, me direz-vous, faut rester crédible) et la scène du président géorgien (Andy Garcia, qui lui en revanche n'est pas crédible) qui s'adresse en anglais à une foule géorgienne visiblement parfaitement bilingue...


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