Deux reporters de guerre se retrouvent au milieu d'un conflit opposant la Russie à la Géorgie. Ils assistent à un massacre et tente de sortir les images pour avertir le monde.
Les années 90 étaient un le terrain de jeu de Renny Harlin. Aujourd'hui, l'homme de Au revoir à Jamais, 58 Minutes pour Vivre ou Cliffhanger pense que le temps l'a bonifié et se prend pour un cinéaste. Etat de Guerre, si l'on met de coté son scénario banal et manichéen, exaspère tout particulièrement par son style.
Renny Harlin s'aventure dans la cour des grands en tentant autre chose que du blockbuster fun, et ambitionne de nous proposer un film réaliste et dramatique abordant la guerre, la vérité, le grand reportage et les idées du "monde libre"... Seul hic, le tout reste habillé du costume du film d'action, et ici le mariage avec le sujet ne se fait pas, mais alors pas du tout... Effets de ralentis inutiles (voire contre-productifs), plans aériens et musique pompeuse viennent anéantir complètement la veine tentative de construire une histoire forte. Dès que sa guerre devient crédible et dure, le réalisateur s'empresse de poser sa scène d'action ou son moment de bravoure, comme par crainte que le spectateur s'ennuie, et ôte ainsi toute crédibilité à son film.
Ne restera après son visionnage que quelques plans de guerre plutôt réussis, quelques acteurs moyens (dont Val Kilmer et Andy Garcia comme alibis de vente du film) et surtout beaucoup de morale.
La rédaction a particulièrement apprécié la constance dans le réalisme, avec des journalistes qui ont besoin de traductions pour comprendre le géorgien (normal, me direz-vous, faut rester crédible) et la scène du président géorgien (Andy Garcia, qui lui en revanche n'est pas crédible) qui s'adresse en anglais à une foule géorgienne visiblement parfaitement bilingue...
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