A Bout Portant, le second film de Fred Cavayé, s'amusait à torturer un citoyen ordinaire en faisant peser sur lui toute l'injustice du monde. Pour Elle, son premier film, s'appuyait déjà sur ce ressort dramatique en amputant littéralement une famille épanouie de la maman. Vincent Lindon et Diane Kruger incarnent à merveille ce couple brisé, laissant apparaître à chacune de leurs rencontres l'humanité et le désespoir de leur personnage.
Pour Elle focalise son scénario impeccablement écrit (si bien que Paul Haggis en a donné sa vision avec Les 3 Derniers Jours, avec Russel Crow dans le rôle de masculin) sur cet homme prêt à tout risquer pour celle qu'il aime, et l'on y croit ! Flirtant du coté du thriller à l'américaine et du film noir, il garde cependant une personnalité française qui facilite la projection du spectateur dans cette situation infernale. C'est sans doute cette attention à décrire le désespoir de ses personnages, avec l'injustice comme moteur, qui confère à Pour Elle toute sa force.
Fred Cavayé réussit à alterner tension dramatique et scènes d'action dans un quasi sans faute, gardant comme seul fil de conduite la force de son histoire et l'énergie de son personnage masculin. Il capte l'attention du spectateur et nous rappelle que le cinéma français est capable, lui aussi, de proposer un cinéma de genre qui allie intelligence, divertissement et efficacité.
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