Après un premier film visuellement splendide (Duellistes), Ridley Scott renouvelle la performance en signant avec Alien ce qui fait maintenant partie des chefs d'oeuvres du cinéma de SF. Aujourd'hui encore Alien fascine par la force de son univers visuel (la biomécanique imaginée par H.R. Giger) et par sa conception même.
Proposant un univers de SF à la fois sobre, sale et fonctionnel (très différents de ce qu'on voyait alors sur les écrans), Alien mélange le film d'horreur à la science-fiction pour créer au final un oppressant huis-clos au suspense redoutablement efficace. C'est cette peur, méticuleusement élaborée par Ridley Scott (avec son scénariste Dan O'Bannon), qui confère à Alien son impressionnante efficacité : une implacable chasse à l'homme dans un lieu fermé, un survival claustrophobique !
Des décors hallucinants, une créature aussi redoutable que mystérieuse (tout l'art de Scott est d'entretenir l'imagination du spectateur en montrant le moins possible de sa créature), un androïde inquiétant, une femme en héros principale (Sigourney Weaver), une tension crescendo, une confrontation finale dantesque (mais en mode mineur, comme "au ralenti") : Alien s'est rapidement imposé comme un modèle du genre, une réussite artistique majeure et un succès critique et publique sans faille, le propulsant presque immédiatement parmi les chefs-d'oeuvre du genre.
De très légères rides apparaissent aujourd'hui sur ce bel objet de Cinéma longtemps immaculé, mais l'intelligence de sa conception et de ses choix (réalisation, esthétiques, artistiques et scénaristiques...) ne cessent de rappeler que Alien est une réussite totale et rare. Celle d'un réalisateur qui ne semble jamais se contenter des codes établis par d'autres et de celles que même les plus hermétiques au genre se doivent de découvrir. Scott a revisité l'univers d'Alien, mais avec bien moins de réussite toutefois, en réalisant Prometheus, plus de 30 ans après.




