On connaît James Wan pour Saw et Death Sentence, deux films efficaces mais chacun largement critiquable. Avec Insidious il s'aventure dans le film de fantôme et de maison hantée, avec l'ambition de nous faire peur, très peur. Au menu : bruits, objets en mouvements, visions, portes qui claquent, apparitions, possession, lumières, etc... le tout mélangé dans un scénario classique du genre. Attendez-vous donc à à l'utilisation de la panoplie complète (et il n'y manque rien) du film d'esprits démoniaques et frappeurs et montez dans le grand huit de de James Wan !
Autant le dire, Insidious n'est pas le grand huit annoncé, mais plutôt un petit train fantôme. Malgré l'ambition, l'objet filmique s'avère au final plutôt médiocre. Il oscille sans cesse entre le déjà-vu (surtout Poltergeist !) et une bonne volonté de tous les instants. L'accumulation des attributs du genre, et la perpétuelle volonté de s'en démarquer, finissent finalement, par leur utilisation effrénée, à irriter davantage qu'à installer la peur. Tout va trop vite, une apparition chassant l'autre, ce qui finit par transformer l'expérience en simple attraction fun, et empêcher tout climat de s'installer.
Insidious s'attache plus à la forme qu'au fond, et même si certaines apparitions sont particulièrement effrayantes et bien gérées, l’accumulation de ces scénettes horrifiques (certaines assez poussives, voire ridicules) ne réussit pas à établir le nouveau standard promis de la Peur. On apprécie la dérive du pur film de maison hantée vers celui du film de possession, mais finalement on se surprend à préférer le minimalisme fauché de Paranormal Activity ! Et on attendant d'avoir de nouveau peur de s'endormir, on reverra La Maison du Diable (Robert Wise, 1963).
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