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Unthinkable (No Limit) (2010)


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Unthinkable (No Limit dans nos contrées) laisse une bien curieuse impression après sa vision.

Jusqu'où peut-on aller pour connaitre l'emplacement de 3 bombes nucléaires prêtes à sauter, lorsque l'on tient le bonhomme sous la main ? C'est la question avec laquelle Gregor Jordan" s'amuse à jouer", avec nous, tout au long du film.

Car c'est bien un jeu dont il est question, tant son réalisateur semble prendre plaisir à nous faire passer du "torturer c'est pas bien" et "torturer c'est nécessaire", par de nombreux micro-twist scénaristiques... Et c'est bien là que Unthinkable trouve sa limite !

Si le film se regarde avec intérêt, et constitue un divertissement efficace, il n'hésite pas à pousser le curseur vers le trash par de nombreuses séquences de torture, reposant chaque fois la question de la légitimité de la torture. Chaque scène reposant ainsi ce cas de conscience, alternant les arguments pour et contre la torture.
Hélas on en vient véritablement à douter de l'intention réelle et, sous couvert de jeux avec le spectateur, le message (si tant est qu'il y en ait un...) pourrait bien ne pas être celui espéré...
On se surprend alors à "valider" un discours bien peu sympa.

Unthinkable, si plaisant soit il au premier degré, est très ambigüe, il dépasse (volontairement) les limites du simple jeu et laisse un arrière goût qui, lui, est plutôt déplaisant : celui d'un discours sécuritaire d'une certaine droite.
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L'incroyable Alligator (1980)


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Le bestiaire du film d'invasion peut se satisfaire de n'importe quel animal (Les Rongeurs de l'Apocalypse retraçait une invasion de lapins...), du coup le choix d'un Alligator par son réalisateur Lewis Teague, réussit au moins à imposer sa crédibilité. Ici, un Alligator, devenu gigantesque, arpente les égouts de la ville et en sort quelquefois !

S'il n'y a pas grand chose à reprocher à ce film là (dans son genre, cela s'entend), on lui accordera cependant deux faits d'armes. Tout d'abord on remercie son réalisateur d'avoir osé nous montrer la bêbête bouffer un petit enfant ! Ensuite, et plus sérieusement, il y a Robert Forster. Robert Forster est cet acteur de série B que nous avait ressorti Tarantino pour son Jakie Brown... Et dans l'Incroyable Alligator, croyez le ou non, mais il est absolument impeccable !

Donc, si vous êtes en manque d'invasion d'animaux geants, vous pouvez vous diriger sans risque sur cet alligator là, flirtant avec les limites du nanar, mais sans jamais y tomber. On y retrouvera avec plaisir toute la panoplie des effets speciaux de l'époque (superpositions d'image, maquette d'animal, vrai petit gator dans maquette, etc... que du bonheur !), utilisés ici avec intelligence et modération.
Ah série B, quand tu nous tiens !

30 Minutes Maximum (2011)


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Ambiance cinéma du samedi soir et pizza pour cette très légère comédie américaine. Un livreur de pizza se retrouve obligé de braquer une banque, menacé par deux escrocs qui lui ont posé un gilet explosif. Il entraîne son meilleur pôte dans sa galère.

30 Minutes Maximum est un buddy movie dont la seule ambition (et on l'en remercie !) est d'occuper agréablement 83 minutes. Objectivement dénué de toute envie de réinventer le genre, il se contente d'enchaîner non sans un certain rythme les situations tendues pour les deux compères.

Les seules raisons pour lesquelles 30 Minutes Maximum tient la longueur résident dans sa simplicité, son rythme maitrisé, son humour tout en retenu et la sympathique interprétation de Jesse Eisenberg (Social Network).
Un simple divertissement pour un soir d'ennui, certes, mais réalisé avec soin, et conscient que le spectateur à un cerveau qu'il faut respecter. C'est déjà pas mal.


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Omar m'a Tuer (2011)


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Fait divers "immortalisé" pour ses lettres de sang, l'affaire Raddad avait grandement agité nos médias : une femme riche, un possible complot et un jardinier marocain.

L'acteur-réalisateur Roschdy Zem revient sur ce cas en portant à l'écran toute l'histoire, de l'arrestation à la contre enquête.

Avec une relative objectivité, il met en évidences les incohérences du dossier en revenant sur les points qui fâchent.

Avant même d'être une enquête cinématographique plutôt intelligemment présentée, Omar m'a Tuer est avant tout un portrait tout en subtilité d'un homme qui se dit encore aujourd'hui Innocent.
Sami Bouajila, y est absolument parfait de retenu, de courage et de fragilité.

On suit Omar m'a Tuer avec intérêt et on en ressort en se disant qu'effectivement, la justice est aveugle. Roshdy Zem à réussi son pari !

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La Ballade de l'Impossible - Norwegian Wood (Tran Anh Hung, 2010)


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Il y a quelque chose de magique et envoutant dans cette ballade...

Norvegian Wood nous conte une tragique histoire d'amour dans le Tokyo des 60's, une de ces histoires impossible, non sans rappeler la nonchalance des Amants du Cercle Polaire.

Il vous faudra certes vous abandonner au rythme lent, très lent de Tran Anh Hung pour gouter aux joies de cette promenade, mais le beauté de sa mise en scène et la finesse de ses personnages risquera bien, alors, de vous faire chavirer.

La Ballade de l'Impossible distille son coté tragique avec autant de force et de conviction que l'amour dont il est question. Il est comme figé, tel le souvenir d'une sensation.

Une fois de plus, Tran Anh Hung use de cette sensualité qui caractérise tant son style. Il réussi à nous immerger dans un univers d'une grande poésie, sensible et mélancolique sans verser dans le sentimentalisme.
Une véritable caresse...
 
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Catch 44 (Sans Compromis, Aaron Harvey, 2011)


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 Cette histoire de gangster nous rappelle quelque chose...

Au début surpris (et distrait) par ces 3 bimbos, leurs flingues et le rythme nerveux du montage, l'entreprise parait originale...

Hélas, tous les artifices de réalisation (début par la fin, elipses, réalité partielle, musique punchy tip-top...) s'écroulent bien vite et livrent leur vraie nature : l'originalité creuse de l'ersatz !
L'ombre de Tarantino semble peser sur chaque décision qui a permis à Catch 44 de voir le jour. Chaque séquence transpire et imite le style de Tarantino, jusqu'à l'overdose : la musique tendance surf-rock, les dialogues existentiels (comme seul Quentin sait les écrire), le profil et la présentation de chaque personnage, le casting décalé du M. Willis...
Il serait trop long d'aligner les ressemblances !

Si Tarantino n'avait pas existé, Catch 44 eut été une véritable bombe, mais il n'arrive jamais à exister pas par lui-même. Il se contente de télescoper Pulp Fiction, Reservoir Dogs et Boulevard de la Mort avec un zeste de Guy Ritchie, jusqu'à se vider intégralement de sa propre substance et s’ôter la possibilité même d'être regardé pour ce qu'il est : à savoir une pourtant bien sympathique histoire de gangsters qui se dévorent... !
Ca vous rappelle rien ?

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13 (thirteen, 2011)


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réalise le remake US de son propre film, 13 Tzameti, qui abordait des compétitions clandestines de roulette russe, dont le gagnant comme les parieurs pouvaient sortir riches.

Ce remake, plutôt fidèle, aura au moins le mérite de ne pas avoir recyclé tout son coté obscur dans la machine américaine...
En fait, la dureté du système US (crise, misère endémique, soins ruineux...) lui confèrait même une dimension inquiétante, donnant au thème une inquiétante résonance dans le réel.
Si l'on rajoute au coeur du film les autres "menaces" que constituent la loi et les méchants habituels, alors cette version américaine contiendrait même tout le cynisme, la folie, la parano et l'égoisme de tout notre système économique...

Alors, bien sûr, 13 n'est pas un film parfait... Mais il véhicule cependant une énergie et un malaise qui surprend. Il s'offre par ailleurs un casting plutôt intéressant, parmi lequel notre bon bourrin Statham qui commence sérieusement à nous faire croire en un vrai potentiel d'acteur, et un Rourke moyen mais savoureux !
Relevons aussi l'impressionnant personnage du juge, particulièrement habité par son acteur...

Malgré son sang américain, 13 reste vénéneux (particulièrement pour ceux qui sont étrangers de l'original) et mérite tout à fait d'être considéré comme un film "neuf" et digne d'intérêt.
A doorama, on a joué le jeu, et l'expérience a été mortelle  :-)


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Les Salauds Dorment en Paix (1960)


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 Doorama continue de réviser ses classiques et vous invite à vous intéresser à cette faille temporelle qu'est Les Salauds dorment en Paix.

Une grande entreprise avec quelques casseroles, des suicides dans la société, des appels d'offre truqués, des systèmes opaques, des médias, des malversation... tout cela sur fond de vengeance, mensonge, manipulation et drame. D'une richesse impressionnante, et incroyablement contemporain de notre actualité, le film de Kurosawa est une pure merveille !

Ce grand film noir, sombre et cynique, laisse pantois devant tant de maîtrise et de beauté. Une mise en scène bluffante, un déroulement parfait, un scénario passionnant, un humanisme omniprésent et une véritable étude sociologique :  Les Salauds Dorment en Paix est un véritable joyaux de cinéma, mêlant, dans 2h30 de quasi perfection, tout ce qu'un spectateur peut espérer du 7ème art.

 Passionnant de bout en bout, Kurosawa délivre ici une oeuvre universelle, une véritable leçon de cinéma  !


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Rammbock, Berlin Undead (2011)


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Gentille surprise que cette production allemande...

On connait bien les thèmes des films de morts-vivants, on sait aussi "contagieux" est aujourd'hui devenu synonyme de "mort-vivant", et on à déjà tous vu 28 Jours Plus Tard, et [Rec] (sinon, les amateurs du genre doivent vite réparer ces lacunes...).

Ces deux références sont ici mixées pour proposer l'histoire de quelques berlinois retranchés dans leur immeuble (le coté [Rec]...), alors que la capitale succombe à une mystérieuse épidémie qui transforme le gentil citoyen en créature agressive et hyper-violente.

Rien d'original donc à première vue. Pourtant, malgré des allures de petit budget télé, ce cocktail fonctionne bien, très bien même. Il propose une forme de" survival urbain" intimiste et efficace, réussissant à trouver un véritable point d'équilibre entre le pur film de genre, et une certaine dimension humaine non sans rappeler le  traitement de la série Walking Dead.

Berlin Undead, contre toute attente, s'avère très agréable à suivre et propose une intéressante "variation sur un thème" des 3 références sus-citées. Malgré ses lourds prédécesseurs, il réussit à se faire une personnalité propre, tout à fait honorable (le coté "européen" de la production ?).

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Chien Enragé (Akira Kurosawa, 1949)


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Un policier se fait voler son arme de service, dans le Tokyo des bas fonds, il jettera toute son énergie pour la récupérer.

Chien Enragé, en dépit de ses 60 ans, demeure aujourd'hui aussi nerveux et vif que le chien de son titre. En plus d'être un efficace film noir, avec un merveilleux Toshiro Mifune affuté tel un rasoir, il ne cesse de séduire et captiver par sa beauté et ses personnages.

Social, touchant, poétique et sombre, Chien Enragé montre un Japon post guerre mondiale, en quête de tranquillité retrouvée et de nouvelles valeurs à défendre. Au milieu de celui-ci un flic dégage une énergie folle au cours d'une enquête qui va l'amener, avec le spectateur, à jeter un regard neuf sur ceux qui l'entourent.

Kurosawa émeut par son regard sur ces personnages simples, il éblouit par ses cadrages, il amène une véritable interrogation sur les cicatrices japonaises, il évoque le doute, les blessures, la valeur des choses...

Mais, avant d'être ce si riche et bel objet de cinéma, Chien Enragé est avant tout un film noir, très noir, au rythme haletant et au suspens soutenu. Acoté de lui, certaines productions d'aujourd'hui paraissent bien moins jeunes !

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Hanna (2011)


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Une ado inoffensive est en fait une véritable machine de guerre, élevée depuis son plus jeune pour le devenir.

Hanna se range à coté des Nikita ou même, pourquoi pas, Au revoir à Jamais. Hélas il n'hérite pas du charme du premier, ni de la pêche du second... Hanna souhaite ajouter du sens à son scénario, mais ne propose au final qu'un film tiraillé entre deux genres, sans jamais trouver son équilibre ni son rythme.

On suit la tigresse vers un dénouement attendu, simplement accompagné pour cela par quelques scènes d'action sans grande énergie, et de beaucoup de transitions laborieuses entre elles...

Hanna, malgré sa sincérité, ne parvient pas à susciter d'empathie pour son personnage, son rythme retenu et sa froideur nous engourdissent  bien vite...

On ne retiendra de Hanna que la très belle Cate Blanchett, en inquiétante working-woman, et le très bon thème des Chemical Brothers (à l'écriture de toute la BO).
 

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Captain America : First Avenger (2011)


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Indépendamment des valeurs inhérentes à ce personnage, plutôt incompatible avec le patriotisme à la française, force est de constater que ce Captain América s'en sort finalement plutôt bien...

Pour peu que l'on ait le recul nécessaire pour le laisser dans sa catégorie (un blockbuster de super-héros pour grand ados) Captain America joue non sans un certain talent la carte 40's, rappelant quelquefois l'esprit des Aventuriers de l'Arche Perdue...

Si l'on se concentre sur ce que Captain América doit être, alors on ne peut que saluer sa réussite, tant l'esprit d'aventure, le contexte de guerre mondiale et l'esprit 40's sont présents et sont ici abordé avec soin et non sans une certaine humilité au niveau de la réalisation.

A Doorama, on aurait aimé tirer à boulet rouge sur cet énième guignol en costume, mais l'entreprise est sérieuse et ne propose que ce qu'elle annonçait. Le fameux "cahier des charges" est rempli...


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