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Le Carrosse d'Or (Jean Renoir, 1953)


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Au XVIIIème siècle, une troupe de la Commedia dell'arte se produit dans une colonie espagnole d'Amérique du Sud. La belle Camilla, la Colombine de la troupe, est  courtisée par trois hommes : le comédien Felipe, le toréador Ramon et même le vice-roi Ferdinand. Lorsque Ferdinand décide de lui offrir le Carrosse d'or, symbole de la Cour qui attire bien des convoitises, il provoque un scandale à la Cour ainsi que la jalousie des deux autre prétendants.

A l'occasion de sa ressortie en salle le 31 octobre (merci Les Acacias), c'est assis derrière Mathieu Amalric que nous avons eu le bonheur de découvrir Le Carrosse d'Or dans une version magnifiquement restaurée et dans sa version anglaise d'origine. Jean Renoir nous livre un film éblouissant, envoûtante ode à la vie, en jouant avec la limite qui sépare la scène de la vraie vie : la comédie et la Cour sont deux théâtres sur lesquels se jouent des pièces fondamentales.

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DEUXIEME FAUTEUIL : Le Carosse d'Or (Jean Renoir, 1953)


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Dans la vraie vie, les Carrosses dansent !

Doorama ouvre ses pages à sa deuxième plume à propos du Carrosse d'Or... Son nom est Pym, petite main cachée de la rédaction, lui aussi à été hypnotisé par la projection de ce Renoir impérial... Alors voici ses morceaux ramenés de la salle de projection... Juste son avis, son éclairage... A mi chemin entre l'expérience et la critique, voici sa chronique du Carrosse d'Or 


Ainsi donc une comédienne s’essaye aux jeux de l’amour dans un théâtre idéal que propose Renoir, celui de la vraie vie et des vrais gens aux têtes romantiques, graves et éternelles. Or le bonheur ne se trouve que sur la scène !

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Apportez-Moi La Tête d'Alfredo Garcia (Sam Peckinpah, 1974)


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Un parrain mexicain promet 1 million de dollars à qui lui rapportera la tête d'Alfredo Garcia, pour avoir mis sa fille enceinte. Benny, simple musicien dans un piano-bar, part à sa recherche accompagné de sa petite amie, et ex d'Alfredo, Elita. Mais rapporter la tête pour toucher la récompense ne sera pas aussi facile qu'il l'imaginait : Alfredo Garcia est mort et enterré, et Benny est loin d'être le seul à vouloir cette tête...

On entend souvent parler de Apportez-Moi La Tête d'Alfredo Garcia comme l'un des meilleurs film (certains disent LE meilleur) de Sam Peckinpah, et bien que nous lui préférions Croix de Fer ou Les Chiens de Paille, il faut bien reconnaître la formidable efficacité de son scénario et sa fascinante noirceur.


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Sur La Route (Walter Salles, 2012)


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 Sal Paradise veut se consacrer à l'écriture. Lorsqu'après le décès de son père il fait la connaissance de Dean Moriarty, l'amitié est immédiate, fusionnelle. Ils décident de partir ensemble sur la route, avec Marylou, l'amie de Dean, pour aller à la rencontre de la vie, de ses expériences, pour embrasser la liberté et la découverte.

Nous n'avons pas lu ce roman phare de toute une génération, ce roman emblématique de la Beat Génération (wiki !) de Jack Kerouac... Nous n'avons pas ressenti sa liberté et sa modernité, nous n'avons pas vibré sur sa quête de toutes sortes d'expériences, ni n'avons ressenti l'arrivée de l'affranchissement du carcan social, à l'arrivée des Beatnicks, que On The Road portait comme un étendard... Mais après l'adaptation de On The Road par Walter Salles, nous avons l'impression d'avoir touché du doigt et compris ce qu'il représentait. Faute de pouvoir juger la qualité de l'adaptation au cinéma de ce roman, nous avons vu une histoire, des personnages, des idées... et le résultat est là !


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Saint-Ange (Pascal Laugier, 2003)


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A la fin des années 50, Anna débute son emploi qui consiste à nettoyer, avec deux autres employées, l'orphelinat Saint-Ange qui vient de fermer. Mais l'orphelinat n'est peut être pas si vide que ça, et Anna, ne vas pas tarder à chercher la vérité, malgré sa grossesse...

Premier film de Pascal Laugier, à qui l'on doit l'inégal mais dérangeant Martyrs et le récent The Secret, Saint-Ange s'inscrit dans cette aspiration du cinéma français à renouer avec le film de genre.


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Expendables 2 : Unité Spéciale (Simon West, 2012)


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 L'équipe de Barney doit mettre la main sur un boitier secret dans un avion qui s'est crashé. Au cours de la mission, ils sont interceptés, le boitier leur est pris et l'un des leurs est tué froidement. Barney et son équipe n'a alors qu'un seul plan : le traquer, le trouver, le tuer ! Il faudra faire vite car le boitier contient des plans d'accès à une réserve de plutonium...

Expendables 2 Unité Spéciale corrige sensiblement le manque d'action de son prédécesseur et se rapproche un peu plus du gros défouloir espéré. Le revival du muscle 80's se met donc une nouvelle fois en branle, nous perdons Mickey Rourke, mais gagnons Van Damme et Chuck Norris au passage... Simon West, 15 ans après l'amusant mais pauvre Les Ailes de L'enfer, réalise un film "Bim, bam boum, pan t'es mort" qui laisse la rédaction dubitative quant à choisir entre "RAS" ou "rien de neuf" !


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Carambolages (Marcel Bluwal, 1963)


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Entre son mariage avec la fille de son supérieur hiérarchique et sa maîtresse enceinte, sa secrétaire, Paul veut absolument gravir les échelons de la société organisatrice de voyages qui l'emploi. Devant les promotions sans cesse repoussées par le Directeur Général, Paul décide d'accélérer de manière radicale le renouvellement des cadres de l'entreprise.

Cette comédie sur l'ambition professionnelle, malgré son indéniable humour, met bien du temps à atteindre sa vitesse de croisière. Le spectateur devra donc s'armer de patience avant de se laisser emporter dans ce jeu de chaises musicales.

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Le Grand Soir (Benoît Delépine, Gustave Kervern, 2012)


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Jean-Pierre pète les plombs et perd son emploi de vendeur de literie. Il se rapproche alors de son frère, du nom de Not, plus vieux punk à chien d'Europe, qui arpente la zone commerciale dans laquelle il travaillait. Ensemble, ils ont un message à faire passer...

Benoît Delépine et Gustave Kervern, les anciens de Groland, ont maintenant un univers bien à eux, caractérisé par une forme de poésie de la laideur, du fond social et un sens du décalage. Après Aaltra, Louise-Michel ou Mammuth, il signent leur 5ème co-réalisation.

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Le Solitaire (The Thief - Michael Mann, 1981)


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Voleur de haut vol, Frank est à deux doigts d'atteindre son idéal de vie, mais avant de se retirer définitivement, il s'engage sur un dernier coup...

Même si nous avons déjà un pied dans les 80's, et que Michael Mann à déjà dans l'oeil ce gout prononcé pour ce qui  fera de lui l'un des réalisateurs le plus emblématiques de l'esthétique de cette décennie, Le Solitaire, pour la rédaction, c'est tout simplement le dernier grand polar des 70's ! Ciselé comme ces "cailloux" que Frank dérobe, Le Solitaire possède déjà en lui tout ce qui fera de Heat un pur chef d'oeuvre, mais aussi, plus récemment, ce qui a inspiré une autre bombe comme Drive ! Autant le dire simplement : Le Solitaire est un grand film.

Tendu et "viril", impossible de ne pas retrouver un peu de Heat dans Le Solitaire, surtout lorsque l'on découvre la scène ou Frank joue carte sur table autour d'un café, dans un Diner au bord de la route (ha!  cette confrontation mythique Pacino/De Niro...) ; ou bien lorsque Michael Mann s'attaque (déjà) à construire ses personnages par leur vie intime et leurs aspirations personnelles, plutôt que par leur "métier" ou leurs forfaits. Le Solitaire, c'est James Caan (Rollerball, Le Parrain) et la testostérone qu'il dégage n'a d'égal que sa détermination à obtenir une vie rangée ou son professionnalisme. C'est là une des clés des oeuvres de Michael Mann, et ce qui fait souvent la spécificité de son cinéma, il oppose la violence ou l'âpreté apparente de ses personnage avec leur personnalité cachée, et la complète, voire la motive, par le portrait intime d'un homme, ni meilleur, ni plus mauvais qu'un quidam moyen. Il résulte alors dans son cinéma une forme de réalisme et d'émotion qui vient renforcer son sens de l'action et de la tension, permettant ainsi au spectateur de se projeter pleinement dans les mécanismes humains et les enjeux que Mann propose. Le Solitaire, sur ce point est une réussite totale, il est un film intense, touchant et puissant, tant dans son action que dans son personnage, que rien ne peut arrêter une fois lancé, quitte à obtenir une victoire à la Pyrrhus !

Pour sa forme, si l'on sent effectivement cet attrait du réalisateur pour les néons et tout ce qui brille (et qu'il poussera bien plus loin, plus tard dans les 80's), Le Solitaire possède encore la noirceur visuelle des polars 70's. Sa mise en image sobre et cadrée se met déjà en quête d'un esthétisme travaillé (on pense aux nuits de Collatéral) mais rien ne vient évoquer le "clipesque" abusif des 80's que la rédaction à tant de mal à savoir apprécier. Le Solitaire est une réalisation archi-solide et très pure, que même sa toute fin à la limite de la faute de goût visuelle (mais pas scénaristique !) ne parvient pas à entacher.

Souvent (et injustement) oublié, ce polar stylé et stylisé en impose encore aujourd'hui ! Avec tout ce qu'il faut pour balancer le destin de Frank en "pleine gueule" du spectateur, Michael Mann pose avec détermination et grande classe des casses aussi high-tech que physiques et, au delà de l'action, construit un impressionnant portrait de "bon gangster" aussi solide que poignant. Le style de Michael Mann a souvent énervé les critiques, mais il lui permet aussi, selon nous, de faire cette liaison rare entre le polar tendu et le drame. Que ce soit par l'atmosphérique de certains plans "d'ambiance" (Frank et un pêcheur en face d'un coucher de soleil dans Le Solitaire, ou De Niro qui contemple la mer dans son fragile paradis dans Heat) ou bien par l'atmosphérique de ses choix musicaux (l'électronique de Tangerine Dream pour Le Solitaire, les envolées Lisa Gerrard, le groove de Moby, l'émotion d'un Terje Rypdal ou des nappes douces), Michael Mann tempère toujours la violence de ses histoires en l'opposant aux faiblesses ou aux rêves de ses personnages. L'équilibre naît, les récits s'étoffent, les enjeux deviennent cruciaux, les images superbes et le rythme haletant : Michael Mann a ce don de marier dureté et douceur, fiction et vraie vie, il est un réalisateur de la nuance, du contraste et de la rupture de rythmes. Bien avant Heat Michael Mann avait déjà signé un chef d'oeuvre... Un polar prenant, intense et somptueux de très haute volée à redécouvrir de toute urgence.

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Abraham Lincoln, Chasseur de Vampires (Timur Bekmambetov, 2012)


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Avant d'être le président des Etats Unis que l'on connait, Abraham Lincoln est un chasseur de vampires. Il l'est devenu pour venger la mort de sa mère par l'une de ses créatures, mais c'est en pleine guerre de sécession que ses talents de chasseur de vampires devront s'exprimer, puisque les sudistes sont menés par ses ennemis de toujours : des vampires !

Timur Bekmambetov, c'est le réalisateur de Night Watch et de Wanted (avec sa géniale idée des trajectoires-courbes des balles de revolver), ceux d'entre vous qui ont vu ses films savent donc déjà que l'univers de bonhomme est aussi bordélique et fun que peu convaincant. Avec Abraham Lincoln Chasseur de Vampires, Timur Bekmambetov livre une fois de plus un immense "n'importe-quoi", mais aussi un "divertissement" complètement lâché et débridé.

Son pitch crétin et rigolo donne le ton : un président américain tueur de vampires ! Tout est alors possible dés lors que l'on a accepté cette idée saugrenue, et c'est le signal pour Timur Bekmambetov de laisser libre court à sa créativité, et même si on peut en disccuter, le moins que l'on puisse dire est qu'il n'en manque pas ! Seuls comptent le divertissement à tout pris et le plaisir du spectateur pour son réalisateur. Tous les coups sont donc permis : scène de baston à la hache entre le président et un vampire, en plein jour, au beau milieu de centaines de chevaux sauvages emballés, ou bien encore interminable course d'un train sur un pont en feu qui s'écroule, nos héros livrant bien entendu bataille au beau milieu de cet enfer de feu ! Timur Bekmambetov veut vous en donner pour votre argent, et pour ce faire, voit les choses en grand. Complètement libre, exubérant et entièrement décomplexé Abraham Lincoln Chasseur de Vampires vise le fun et le voyant à tout prix et, il faut bien le reconnaître, atteint brillament, mais partiellement, son objectif.

Hélas ! Si l'ambition est là, si le délire visuel est bien présent, tout ça ne fonctionne pas aussi bien que ça le devrait. On abuse de l'hyper-chorégraphie au ralenti lors des acrobatiques et aériens combat du président à la hache, on force artificiellement le rythme des péripéties et du film avant de sombrer dans une longue partie molle du film et on est tellement pressé d'en mettre plein la vue au spectateur qu'on se plante dans son montage au point d'intégrer une scène entière (pas un simple faux raccord) au mauvais endroit ! Là on vous explique : le président s'est battu, il à l'oeil bien amoché, il guérit, s'entraîne, puis la scène suivante se retrouve de nouveau la gueule amochée comme au premier jour, lors de l'ancêtre du diaporama Powerpoint... On sent bien toute l'énergie et la bonne volonté de son réalisateur, mais le résultat est bien trop brouillon à l'écran pour en oublier toutes ses audaces et maladresses. Du "grand n'importe-quoi" au service du pur divertissement, pourquoi pas, le spectateur est capable d'accepter le concept, mais les limites sont ici largement franchies : le "grand n'importe-quoi" maîtrisé cède sous son propre poids et le "n'importe-quoi" l'emporte sur le grand !

Quand à son contexte historique (avec son sympathique détournement de la guerre de sécession en combat entre nordistes-humains-abolitionnistes et sudistes-vampires-esclavagistes), il accouche principalement d'une reconstitution numérique assez moche et peu crédible. Ce qui nous conduit à penser une fois de plus que le mélange historique-fantastique-numérique est un formidable terreau où la  médiocres aime à s'installer :  Sherlock Holmes : Jeu d'ombres, La Ligue Des Gentlemen Extraordinaires nous le rappellent douloureusement. Si on ne tient compte que de son idée de base, Abraham Lincoln Chasseur de Vampires trouve donc grâce à nos yeux pour sa créativité débridée et sa grande liberté, on peut difficilement lui ôter ça ! En revanche le résultat final est des plus indigeste...  Le blockbuster barré qui nous transforme le noble président barbu en super-héros expert du maniement de la hache et des arts martiaux ne réussit pas, malgré son énergie, à nous faire oublier ses lourdes faiblesses... Derrière toute son énergie se cache un vide abyssal que le prétexte du "pur divertissement" à bien du mal à masquer. Timur Bekmambetov à certainement plein de choses à offrir au cinéma, mais il faut le cadrer le garçon, sinon, il part en vrille... En faisant abstraction de toute considération qualitative, Abraham Lincoln Chasseur de Vampires saura peut être séduire le plus jeune public en quête de baston, les autres n'auront droit qu'à 105 longues minutes de divertissement plus fatigantes que stimulantes. A consommer en cas d'urgence, cerveau et sens critique en veille prolongée  ;-)

Procurez-vous Abraham Lincoln, Chasseur de Vampires ou d'autres films de Timur Bekmambetov ou avec Benjamin Walker ou Rufus Sewell

Doorama : nos ciné-amis...


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Un petit mot sur nos amis... Nous vous proposons régulièrement des concours sur nos pages, et c'est en grande partie grâce à nos amis de Cinéfriends. Tout ça pour dire qu'en plus d'être un excellent complément aux "gros sites" du marché, Cinéfriends vous propose de très bonnes Actu-ciné, et vous offre aussi la possibilité de mettre en place de sympathiques petits quizz pour vos amis, vos sites ou simplement pour le plaisir de partager vos connaissances avec d'autres internautes.

Allez jeter un oeil, il y a quelques Quizz Ciné particulièrement amusants pour tester vos connaissances de cinéphile ! Ludique et instructif.

Etat Secont (Fearless - Peter Weir, 1993)


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Rescapé d'un crash d'avion, et appelé "le Bon Samaritain" par les médias pour avoir sauvé plusieurs passagers de la mort, Max Klein ne voit plus du tout la vie de la même manière... La disparition totale de ses peurs, son ouverture aux autres, la distance avec sa famille : Max Klein n'est plus le même...

Peter Weir est un cinéaste attaché aux thèmes de la découverte et de l'éveil. Une bonne partie de sa filmographie explore ces thèmes, et en particulier sous l'angle des changements intérieurs de ses personnages (Mosquito Coast, La Dernière Vague, Witness...), Etat Second est un film un peu oublié de sa filmographie qui entre parfaitement dans cette catégorie.

Fearless explore donc les profonds changements de Max Klein, sur sa vision et son appréhension de la vie, qui suivent le crash auquel il a miraculeusement survécu. Sorte de deuxième naissance pour son personnage, celui-ci retrouve sa vie, mais décide d'en redéfinir les priorités et les valeurs. Réflexion sur la valeur des choses, Peter Weir ne se contente pas de décrire simplement une renaissance ou la belle histoire d'un homme devenu meilleur. Il trouble et densifie son film en ajoutant à son récit une approche post-traumatique, psychologique, qui lui donne toute son épaisseur.

Etat second propose le portrait d'une homme neuf, devenu meilleur, certes, mais aussi celui d'un homme aux portes de l'obsession, de la folie, qui se bat pour faire cohabiter ses nouvelles aspirations avec sa vie d'avant. La jolie histoire devient alors une quête intérieure, une recherche de sens dans un monde qui s'en éloignerait. Le traitement de Peter Weir apporte une touche d'étrangeté, presque de fantastique, au travers de la sensation d'invulnérabilité de Max qui, tel un super-pouvoir, le rendra différent de ceux qu'il aide. Pour le spectateur, Etat Second revêt deux visages : celui d'un film où le fantastique n'est jamais très loin, en découvrant Max Klein comme un ange qui apporte la vie, mais aussi celui d'un film sur un homme psychologiquement ébranlé, traumatisé, qui chercherait à retrouver inconsciemment de la mort à laquelle il a échappé. Peter Weir, finement, méticuleusement, mêle ces deux aspect opposés et y ajoute une émotion, simple et forte, qui parcourt chaque scène de son film... Etat Second, entre ciel et enfer, devient alors un film émouvant et touchant, bien plus riche qu'il n'y paraît, sur une prise de conscience, sur la vie et sur la mort !

Surprenant à bien des égards, Etat Second emporte délicatement le spectateur vers une introspection légère, il caresse du bout des doigts des thématiques imposantes, et sans entrer dans de longues démonstrations prétentieuse se contente d'en dessiner les vastes contours. Jeff Bridges campe Max Klein de bien belle manière, lui donnant toute l'ambivalence nécessaire pour balayer son vaste chemin.

Etat Second est un "petit film modeste" réalisé avec une grande énergie. Ambitieux dans ses thèmes et modeste dans son message, il suscite habilement la curiosité du spectateur, et soulève une réelle adhésion de sa part à l'étonnant parcours de Max. Aussi divertissant que stimulant, Etat Second se laisse voir avec un grand plaisir. Son sujet aurait pu donner lieu à un océan de mièvrerie béate, Peter Weir a évité cet écueil avec une sensibilité et une intelligence que l'on ne peut que saluer.

Procurez-vous Etat Second ou d'autres films de Peter Weir ou avec Jeff BridgesIsabella RosselliniTom Hulce ou John Turturro