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Network, Main Basse sur la T.V. (Sidney Lumet, 1976)


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Après 11 ans de loyaux service, un animateur télé en perte d'audience est remercié. Lors de son dernier show, il lâche ses vérités et menace de se suicider en direct. Devant l'audimat suscité par l'animateur, la chaîne décide de le réengager et crée une émission pour "le nouveau prophète" des spectateurs et la nouvelle "poule aux oeufs d'or" du conseil d'administration de la chaîne...

Pamphlet extrêmement violent et critique contre la télévision, Network apparaît aujourd'hui comme une oeuvre prophétique et visionnaire, dont l'inquiétant message s'étend maintenant non seulement à tous les médias, mais aussi à l'ensemble de l'économie. Acide et cynique, il est un film dont la force et la pertinence ne cesse de se bonifier au fil des ans.

En décrivant une télévision prête à tout pour satisfaire aux exigences de rentabilité du groupe qui la détient, Network Main Basse sur la T.V. dénonce un système économique violent et aveugle, mu par la seule notion du profit, dénuée de toute éthique et responsabilité... En décrivant un système économique prêt à tout pour engranger les dollars, Network Main Basse sur la T.V. dénonce une télévision en perte totale d'éthique, soumise à la seule loi de l'Audimat, livrant des programmes toujours plus creux, toujours plus dangereux.... Le cercle est bouclé ! Network Main Basse sur la T.V. dénonce un système devenu fou, prisonnier d'une spirale infernale : plus les programmes se vident de sens et de qualité, plus l'audimat monte (et donc les dollars !)... plus l'audimat monte, plus les programmes se vident de sens...

Formidablement interprété par un quatuor d'acteurs chacun meilleur que l'autre, Sidney Lumet dresse d'une manière très Altmannienne, une impressionnante et terrifiante galerie de portraits : une directrice des programmes sans morale ni limites, un financier aux dents longues étranger à la télévision et voué au chiffre, un animateur à moitié fou et un ancien directeur de programme devenu un vestige du passé. Network Main Basse sur la T.V. dépeint une société dans laquelle les entreprises sont enivrées par l'argent et les téléspectateurs rendus accrocs au sensationnel, il soulève des questions fondamentales avec une rare pertinence et, en 1976, nous invitait déjà à nous arrêter un instant pour nous interroger...

Passionnant de bout en bout, parsemé d'un humour aussi drôle que moqueur, réalisé de main de maître par un Sidney Lumet (une fois de plus) en état de grâce, Network Main Basse sur la T.V. est un coup de poing au cerveau ! Percutant, vivant, intelligent, émouvant et véritablement prophétique, c'est un film brillant que l'on s'approprie sans réserve. Même si ses messages sont parfois un peu trop "démonstratifs", Network est une oeuvre impressionnante dont le coté farce lors de sa sortie, à la limite du grotesque, a aujourd'hui totalement disparu au profit d'une critique qui n'est que trop juste. Le cauchemar est devenu réalité ?

Procurez-vous Network, Main Basse sur la Télévision ou d'autres films de Sidney Lumet ou avec Faye Dunaway, William HoldenRobert Duvall ou Peter Finch

La Légende des 7 Vampires d'Or (Roy Ward Baker, 1974)


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En Chine, au cours de ses conférences sur le vampirisme, Le Professeur Van Helsing est abordé par un homme qui vient lui demander de libérer son village qui vit sous la terreur de 7 vampires. Une expédition se met en place, sous la protection de 7 frères experts en arts martiaux, pour libérer le village du terrible  Kah, derrière lequel se cache en fait le comte Dracula.

Quand la Hammer, studio anglais spécialisé dans le fantastique, rencontre la Shaw Brothers, studio chinpois spécialisé dans les arts martiaux, cela donne une rocambolesque histoire de Dracula qui exerce son règne maléfique sur un petit village isolé grâce à 7 vampires et leur armée de spectres, que Van Helsing viendra combattre, assisté de 7 experts en arts martiaux, d'une riche aventurière et de son fils ! Que du bonheur, donc...

Christopher Lee avait refusé d'incarner de nouveau le mythique comte (après le psychédélique et savoureux Dracula Vit Toujours à Londres qui fut un échec), il est donc ici substitué par un ersatz, ce qui a finalement fort peu d'importance puisqu'il n'intervient que dans deux scènes, en ouverture et en fermeture du film, pour garantir la cohérence de la fusion entre le film d'arts martiaux avec celui du fantastique... Tentative un peu désespérée de retrouver un public en pleine désertion, La Hammer se devait de se renouveler. Toute qualité cinématographique est bien entendu absente des 7 Vampires d'Or, mais là n'est pas l'enjeux de ce film de genre(s) qui se contente de livrer une suite de péripéties, entre aventure, horreur et kung-fu, apte à séduire le spectateur.

Exotique, basique et délicieusement bâtard, on découvre Les 7 Vampires d'Or comme un enfant un film de cow-boys : sans aucune autre exigence que celle de voir dles scènes qui confrontent les gentils cow-boys aux méchants indiens. Faute de peur ou de suspense on s'accroche avec bonheur à un Dracula aux allures de vieux sage chinois (si, si ! ils l'ont fait !), on découvre avec joie les 7 vampires cachés derrière un masque en or qui masque lui même un vague maquillage d'étudiant (fait de boue et de kleenex humectés ?), et on adore son armée de morts-vivants qui sautillent (dansent ?) sur une musique frénétique... Faute de scènes de bataille crédible et convaincante, on se délectera du cabotinage de Peter Cushing et de la merveilleuse plastique de l'organisatrice de l'expédition, Julie Ege, ancienne miss norvège...

Mauvais film fantastique et mauvais film d'arts martiaux, La Légende des 7 Vampires d'Or se révèle pourtant un délicieux cocktail pour tout amoureux du ciné de genre, de la Hammer ou de la Shaw Brothers. Une véritable curiosité qui parvient à dégager dans un même temps le charme surané de la Hammer et la parfum un peu kitch de la Shaw Brothers. Pour la rédaction de Doorama, La Légende des 7 Vampires d'Or était un souvenir d'enfance, le revoir aujourd'hui a été l'occasion de confirmer qu'il est un film certes médiocre, mais unique en son genre et parfaitement jouissif à découvrir. Pour amateurs seulement, mais indispensable !

Procurez-vous La Légende des 7 Vampires d'Or ou d'autres films de Roy Ward Baker ou avec Peter Cushing

Les Dents De La Mer (Jaws, Steven Spielberg, 1975)


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Dans la petite station balnéaire d'Amity, un grand requin blanc commet plusieurs attaques mortelles, semant la panique auprès des estivants et des autorités de la ville qui voient leur saison s'effondrer. Le Shérif de la ville s'attache les services d'un spécialiste des requins et d'un pêcheur expérimenté, Quint, pour repérer et tuer l'animal.

Peu fans de Steven Spielberg, la rédaction de Doorama ne peut que s'incliner respectueusement devant un cinéma comme celui des Dents De La Mer. Avec ce film, on peu effectivement parler du génie de son réalisateur au regard de l'intelligence et de la maîtrise de sa réalisation.

Avec une animal qui existe vraiment, un simple prédateur présent dans nos mers, Spielberg parvient à créer un suspense éprouvant et installe à l'image une peur crédible et réelle pour chaque spectateur. Au beau milieu d'un petit paradis de vacanciers, il invite un prédateur ultime, une parfaite machine à tuer, qui terrorisera finalement bien plus qu'un tueur masqué ou un déséquilibré avec un couteau. Le coup de génie de Spielberg, c'est que le "monstre" de son film existe vraiment pour le spectateur, et il exploite cette idée de la plus belle des manières possible, transformant un simple requin en monstre implacable, calculateur et meurtrier (ce que les requins vivant aujourd'hui reprochent encore à Spielberg, en attendant qu'il vienne nager à quelques mètres de leur nageoires, juste histoire de le lui faire comprendre...).

Loin d'une certaine naïveté qui caractérisera le Spielberg des années 80, Les Dents De La Mer est un petit chef d'oeuvre d'efficacité, sans temps morts ni concessions, dans lequel Spielberg n'hésite pas à malmener le spectateur, ne reculant pas à montrer la mort, allant même jusqu'à l'illustrer abondamment de sang et sacrifier un enfant ! Avec un sens de l'image et de la mise en scène absolument bluffant, Spielberg signe un film de terreur parfait, abordant avec autant de soin sa trame dramatique et ses personnages que ses scènes d'action. Son écriture équilibrée et son timing idéal, sont perçues aujourd'hui comme le coup de départ du "Blockbuster", nous on y voit aussi une étape importante pour une gestion minimaliste et optimisée de la peur à l'image (même si Spielberg devait inventer pour "faire avec" un requin mécanique souvent en panne...) qui enfantera plus tard de Alien.

En plus de pouvoir se voir et revoir sans usure pour sa simple histoire ou son rythme, Les Dents De La Mer est une énorme leçon de cinéma ou chaque plan, chaque cadrage, se charge de sens et place le spectateur en condition pour ce qui va suivre. En 1975, nous avons découvert une manière de faire du cinéma, et près de 40 ans plus tard on s'étonne toujours de son intelligence et de son efficacité (et pour les amateurs, l'édition blu-ray propose le film dans des conditions absolument jamais vues : un régal). Si nous n'étions pas aussi anti-Spielberg, nous aurions mis sans hésiter un 10 au poisson !

Procurez-vous Les Dents De La Mer ou d'autres films de Steven Spielberg ou avec Roy ScheiderRichard Dreyfussavec Robert Shaw

L'Etrangleur de Boston (Richard Fleischer, 1968)


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A Boston, un tueur en série étrangle et viole des vieilles femmes chez elle. La peur s'empare complètement de la ville lorsqu'il s'attaque aussi aux femmes plus jeunes et que le nombre des victimes augmente alors que la police piétine. La Ville de Boston crée un Bureau de l'Etrangleur pour endiguer la série de crimes.

C'est en regardant L'Etrangleur de Boston que la rédaction de Doorama à pardonné à Richard Fleischer d'avoir pondu Kalidor et malgré d'autres bons films comme 20 000 Lieues Sous La MerLes Vikings et Soleil Vert.

Tiré d'un fait divers réel, L'Etrangleur de Boston est une passionnante réalisation (la meilleure de Fleisher ?) qui propose un film divisé en deux parties très différentes. La première partie installe l'enquête et la paranoïa suscitée par les crimes, notamment  par une impressionnante utilisation du Split-Screen (l'écran divisé en plusieurs images), judicieuse, inventive et riche de sens comme rarement. Sa Seconde partie plus psychologique, denuée de split screens mais pas d'inventivité de mise en scène, basée sur la confrontation entre l'enquêteur, Peter Fonda, et un tueur superbement joué par Tony Curtis.

Derrière la simple enquête policière, méticuleuse et passionnante, Richard Fleischer soulève la question du soin que la société se doit d'apporter à ses éléments malades, puisque la schizophrénie du tueur cache la culpabilité de son auteur dans une double personnalité. Le coupable n'est pas directement l'homme arrêté, mais celui qui se cache en lui, transformant la seconde partie du film en une autre forme d'enquête, psychologique cette fois, et à la chute vertigineuse. L’Étrangleur de Boston prends des allures de thriller atypique, ancré dans la réalité, très documentaire, il dépasse le simple frisson par une réalisation ambitieuse et riche, et le profil de son coupable, bon père de famille renfermant un monstre.

Même si ce thriller accuse légèrement son âge quand au le rythme de l'enquête de sa première partie, il propose encore aujourd'hui une impressionnante ouverture sur la société américaine de la fin des 60's, livrant au spectateur une multitude d'aspects sociaux (climat, minorités, justice, mentalité...) qui enrichissent à merveille son sujet. L’Étrangleur de Boston intéresse, passionne, surprend et convainc totalement le spectateur, il soulève aussi l'interrogation sur la responsabilité de son tueur. Dans cette période de "l'Amérique des assassinats",  L’Étrangleur de Boston fait figure de curiosité, loin du divertissement, sa magnifique réalisation et les questions qu'il aborde le rangent simplement dans la catégorie des grands films. Nous oserons même dire "film moderne" ! Voyez-le, vous comprendrez...

Procurez-vous L'Etrangleur de Boston ou d'autres films de Richard Fleischer ou avec Tony CurtisHenry Fonda ou George Kennedy

Les Biches (Claude Chabrol, 1968)


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Frédérique, une riche et oisive bourgeoise, emmène 'Why', une artiste rencontrée à Paris, dans sa villa de Saint-Tropez. Leur aventure saphique sera troublée par Paul, l'équilibre précaire entre les deux femmes s'en trouvera bouleversé.

Souvent considéré comme le premier "vrai grand film" Chabrolien pour ses thèmes, Les Biches propose une triangulation amoureuse qui prend place dans une bourgeoisie désoeuvrée (pas si lointaine des Liaisons Dangereuses de Vadim...), et dans laquelle le désir et l'ennui conduisent inexorablement vers un drame final.
Construit en 4 actes -Intro, Frédérique, Why, Epilogue- Les Biches décrit l'emprise de la riche Frédérique (Stéphane Audran éblouissante et plus belle que jamais !) sur sa protégée et le dédaigneux mépris que peut exprimer la classe bourgeoise sur celles inférieures. La belle Why (c'est son nom...) se voit offert amour, sécurité et affection, qui lui seront cruellement repris avec l'apparition d'un homme et le revirement affectif de sa protectrice.

Chabrol s'amuse à montrer une classe bourgeoise superficielle et creuse, sans repères ni valeurs, et souligne sa violence et son indifférence envers les classes sociales inférieures. Chabrol dotera même de deux bouffons la reine Audran dans son grand château Tropézien, vide et haut perché au-dessus du village, comme pour souligner davantage encore le fossé qui la sépare des autres classes. Passant d'un jouet à l'autre, la bourgeoisie de Chabrol est cruelle et prédatrice, elle se nourrit des autres sans penser aux conséquences, à la manière d'un chat qui joue avec une souris jusqu'à la tuer, elle satisfait ses envies et pulsions sans empathie pour sa victime.

Drame psychologique, Les Biches rappelle Plein Soleil par la confrontation des classes qu'il décrit, son rythme "méditerranéen", et les motivations du drame (jalousie, envie...), mais opte pour drame plutôt que pour le thriller. Chabrol propose au spectateur une fable sociale, une étude psychologique, et par son approche froide et son style post nouvelle vague (ton déclaratif, observation des moeurs...) impose un univers oppressant, presque pervers et d'une grande cruauté. Même si Les Biches n'est pas aussi sulfureux qu'à son époque (un trio amoureux ? l'homosexualité ?), on sent sa force dans chacune de ses scènes, dans chacun de ses silences. Un peu suranné, son rythme lancinant laisse rapidement apparaître des craquelures dans son beau vernis, et Chabrol, tout doucement, nous force à observer leurs aggravations... jusqu'à leur destruction.

Soutenu par son formidable trio d'acteur, Les Biches distille encore d'anciennes et enivrantes essences. A la rédaction, on aime terriblement les lentes dérives dramatiques, et dans ce domaine Les Biches en propose un fort bel exemple, ciselé par l'oeil d'un très grand réalisateur au seuil de son âge d'or. Les Biches ont vieilli, n'ont plus la grâce d'avant, mais elles restent toujours aussi sauvages et belles et, quelque part, absolument fascinantes, le tout nimbé d'un élégant charme 60's. On aime !

Procurez-vous Les Biches ou d'autres films de Claude Chabrol ou  avec Stéphane Audran ou Jean-Louis Trintignant

Le Prestige (Christopher Nolan, 2006)


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Deux magiciens se livrent une rivalité sans limite pour exceller dans leur art et supplanter l'autre.

Entre Batman Begins et Dark Knight, Christopher Nolan réalisait cette histoire atypique et originale, entre thriller et fantastique. Explorant la rivalité de deux magiciens dans le Londres du début du siècle, Nolan nous invite à une confrontation hors du commun, dans laquelle illusions, escamotages et manipulations remplacent les armes.

En substituant le tour de magie ultime à l'arme parfaite, Christopher Nolan habille son récit d'un mystère épais et ludique (que l'on sait pourtant par définition artificiel) et construit un suspens efficace en transformant les "secrets" des deux personnages en enjeux fondamentaux, voire vitaux. Christian Bale et Hugh Jackman (quel cabotin ce Jackman...) campent avec conviction les ennemis mortels et donnent toute la crédibilité nécessaire à leurs ambitions obsessionnelles. Leur compétition, au début triviale, évolue vers une intéressante forme de corps à corps (à distance !) pour culminer dans une passionnante mise en image du duel. A la manière des Duellistes, Le Prestige entraîne le spectateur dans un duel au long cours entre deux hommes, une quête aveugle de la victoire pour laquelle ils sont prêt à tout sacrifier.

Thriller original et malin, Le Prestige invite le spectateur à une succession de tours de passe-passe, il brouille habillement les pistes et joue à merveille des faux semblants. Grâce à son habile construction et à sa lente et progressive incursion dans le fantastique, le film de Christopher Nolan captive le spectateur et entretient avec une grande efficacité sa soif de connaître le fin mot -le secret- de chacun des deux saltimbanques.

Doté, comme toujours avec Nolan, d'une réalisation particulièrement soignée, Le Prestige possède l'immense qualité de se densifier tout au long de son déroulement. On pourra certes reprocher au Prestige d'user d'un twist final un peu too much (mais aussi inattendu qu'efficace), tant on aurait aimé que la révélation finale du film, à l'image des tours de magie, ne soit qu'un truc qui nous aurait échappé, mais il confère au Prestige son originalité et sa personnalité atypique, à mi chemin entre réalité et illusion.

Passionnant, hautement divertissant et (faussement) novateur, Le Prestige propose une fort belle et originale confrontation, il cisèle une intrigue ludique et confirme le goût de Christopher Nolan de fuir les sentiers battus. Sans atteindre des sommets de cinéma, le thriller fantastique de Nolan propose un univers très personnel qui a l'immense mérite d'emmener le spectateur dans un paysage qui lui semblera nouveau et inconnu. Le Prestige nous fait avec bonheur son petit tour de magie : du cinéma pas couillon et bien foutu, dont le "truc" suscite une agréable curiosité, et dont le visionnage apporte un excellent moment.

Procurez-vous Le Prestige ou d'autres films de Christopher Nolan ou  avec Christian Bale, Hugh JackmanScarlett JohanssonMichael Caine ou David Bowie

Apartment 143 (Emergo, Carles Torrens, 2012)


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Confronté à des phénomènes paranormaux, un père de famille fait intervenir une équipe de parapsychologues dans son appartement pour tenter d'enrayer les forces qui l'habite.

Les faux documentaires de type "found-footage" (Le Projet Blair Witch, Paranormal Activities) pullulent depuis quelques années et, il faut bien l'avouer, se ressemblent tous, souvent victimes des limites du genre. Apartment 143 n'échappe pas à la règle du genre, mais surnage quand même au dessus d'oeuvres comme Devil Inside ou Apollo 13...

Prenant place au coeur d'une famille affligée par le décès de la mère, son scénario parvient à maintenir l’intérêt du spectateur grâce à un double mystère : les phénomènes, mais aussi leur cause mystérieuse. Toute la panoplie des trucs inhérents au genre est bien évidemment utilisée sans surprise ici, mais Carles Torrens parvient néanmoins à installer une certaine tension. Quelque part entre Paranormal Activities et Poltergeist, Apartment 143 n'étonnera pas le spectateur, mais il se suit jusqu'à son terme sans ennui ni déception majeure.

Une fois de plus, les sommets de peur promis par l'aspect vérité des images vidéo ne débouchent que sur quelques scènes déjà vues et sans surprises, mais l'expérience prendra cependant un peu de consistance grâce à son "enquête familiale" sur la cause des phénomènes. Curieusement, c'est en sortant du fantastique qu'Apartment 143 trouve un véritable intérêt ; c'est en lorgnant vers l'aspect psychologique de la famille, leur histoire, que le film échappe aux pièges du genre et tente tant bien que mal d' "innover".

Enième exercice du genre, Apartment 143, comme beaucoup de ses confrères récents, ne fonctionnera que sur les spectateurs les moins habitués à jouer à se faire peur avec du faux-vrai. Archi usé dans sa structure mème, Apartment 143 n'est pourtant ni raté ni mauvais, son ouverture en dehors du fantastique ouvre d'ailleurs quelques pistes intéressantes pour de futurs projets. A quand un found-footage dénué de fantastique et ancré dans la vraie vie ? En attendant un tel projet, Apartment 143 remplit honorablement ses 78 minutes mais ne laissera de traces que chez les inconditionnels du genre ou ceux qui le découvre.

Procurez-vous Apartment 143 ou d'autres films de Carles Torrens

Hamburger Film Sandwich (Kentucky Fried Movie, John Landis, 1977)


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Film à sketches proposant : des bandes annonces (dont, Catholic High School Girls in Trouble), des émissions détournées, des fausses pub et de courtes histoires humoristiques.

Une référence ! Seconde réalisation de par John Landis après Schlock, (et 4 ans avant son chef d'oeuvre Le Loup Garou De Londres !) Hamburger Film Sandwich est aussi la naissance cinématographique des ZAZ (Zucker- Abrahams-Zucker, auteurs des Y'a t'il un Pilote dans l'Avion, Hot Shots et autres Y'a t'il... ).

Accumulation effrénée d'humour délirant, débridé, débile, parodique, incontrôlé (proposant le meilleur comme le pire, le très drôle comme le pitoyable...), Hamburger Film Sandwich établit un style comique qui a influencé toute une génération de comiques et marqué les 80s. Les Nuls lui rendaient régulièrement hommage (notamment en diffusant la série des ZA,Z Nacked Gun, dans leur Nuit La Plus Nulle ou en reprenant la Carioca, qui ouvre Hamburger, dans le film dans La Cité De La Peur), les Inconnus venaient y voler certains de leurs meilleurs gags (le chercheur de danger à Barbès qui crie "rentrez chez vous les noirs et les bougnouls"...).

Si aujourd'hui l'humour de Hamburger Film Sandwich semble souvent bien fatiqué, toute la rédaction de Doorama se prosterne devant cet état d'esprit, d'une liberté folle, qui ne se refusait absolument rien (et nous disons bien rien : gros seins et godemichets offerts !). A la recherche permanente du délire le plus total, l'humour des ZAZ et de Landis est à la fois potache, référentiel, visionnaire, imprévisible, vulgaire, fin, visuel (au premier plan, et souvent en arrière plan, aussi, par ses "détails" tueurs), et explore toutes les dimensions comiques du premier jusqu'au septième degré... Là réside la force de cet humour : ses auteurs ne reculent devant rien, ils donnent ainsi à Hamburger Film Sandwich la capacité de faire rire (immanquablement, ne serait-ce qu'une seule fois dans le film) absolument chaque spectateur.

Souvent loin de toute finesse, ce délire foutraque (et certes fatiguant) recèle des trésors d'humour et d'inventivité. En véritables explorateurs des domaines du possible pour donner vie à un gag (si "con" et absurde soit-il), les ZAZ ont créé un courant comique surpuissant et irrévérencieux qui vécut son age d'or sur une courte décennie. Daté et usé, Hamburger Film Sandwich (qui donna une suite -le chant du cygne- Amazon Women On The Moon en 1988, rebaptisé Cheeseburger Film Sandwich en France) possède néanmoins l'immense qualité de pouvoir être vu et revu jusqu'à l'usure, tant il recèle de gags que ses degrés et couches d'humour superposées masquent lors d'une vision unique.

Hamburger Film Sandwich a tout du film "bas de gamme" et jetable, cependant nous pensons et assumons, ici à la rédaction de Doorama, qu'il est à considérer comme un jalon de l'évolution de l'humour au cinéma. Même si la qualité cinématographique n'est pas au rendez-vous et qu'il annonce une certaine forme d'humour télévisuelle (voire industrielle), il demeure un film culte, de ces films qui ne ressemblent à aucun autre (tout au moins lors de leur sortie en salle) et créent la nouveauté, la surprise et instaurent de nouveaux standards. Nous en sommes persuadés : il y avait du génie là dedans !

Une inoubliable curiosité à découvrir (ne serait-ce que pour remettre certaines pendules à l'heure...), aujourd'hui simple témoin de son temps, à laquelle toute la rédaction décerne un généreux 8, tel un Oscar d'honneur...

Procurez-vous Hamburger Film Sandwich ou d'autres films de John Landis ou des ZAZ

Kaïro (Kiyoshi Kurosawa, 2001)


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A Tokyo, une vague de désespoir pousse des jeunes à lâcher prise dans leur vie et les mène au suicide. Il semble qu'un site internet relie ces disparitions ; l'entourage des disparus se penche sur cette piste pour comprendre l'origine du phénomène...

La première partie du film de Kiyoshi Kurosawa ne suffit pas à identifier à quelle type d'histoire le spectateur est confronté. Une Histoire de fantômes ? Un film sur un virus ? Une critique de la société nippone ? Kaïro se situe admirablement au milieu de ces thèmes, occultant les explications et les causes pour se concentrer sur la construction de son impressionnant climat de terreur diffus.

Poétique, trouble, mélancolique et désespéré, Kaïro nous montre une société japonaise effroyablement vide, dépeuplée de ses habitants, de sa frénésie et de sa vie. L'isolement précède la disparition de ses membres, il transforme les vivants en fantômes,   en êtres vides, seuls et retranchés. Le renfermement dépeint par Kaïro est un virus qui ronge la société, l'internet qui semble le véhiculer est un facteur d'éloignement et d'isolement qui dilue les êtres, liquéfie les âmes jusqu'à laisser derrière elles une simple tâche sombre, telle une flaque d'huile sous une voiture à l'arrêt.

Au travers d'une forme sublime, servie par des plans d'une grande beauté esthétiques, Kaïro dépeuple ses images, fait disparaître toute trace de vie pour la fondre dans ses parties obscures. La force de Kaïro ne se cache pas dans son scénario, dont le fin mot reste difficile à identifier précisément (épidémie, fantômes, virus, suicides, fin du monde, critique de la société nippone ?), mais dans sa peinture d'un monde déshumanisé et insoutenablement vide, puissamment illustrée par des plans inquiétants et une bande son oppressante. S'il commence comme Ring en décrivant les effets d'un phénomène qui se propage, Kaïro s'attache rapidement à trouver des moyens de lui résister, jusqu'à aborder et identifier le Mal qui sévit par ce qu'il ôte plutôt que par ce qu'il est : une peur par soustraction, une peur dont le paroxysme est le néant. Kaïro impose son étouffant climat et sa noirceur (son désespoir ?) par la lente désincarnation de ses personnages et la disparition progressive de toute vie.

Film fantastique atypique et fascinant (dans sa forme comme dans son déroulement), Kaïro véhicule aussi une critique de la société et de sa course effrénée vers une communication omniprésente qui passe par un éloignement physique des individus. Au travers de son fantastique Kaïro aborde bel et bien un travers de notre société, c'est peut être pour cela que sa peur fonctionne aussi bien. En revanche, si la mort lente de Kaïro fait admirablement son travail de sape sur le spectateur, sa dernière partie "apocalyptique" desserre un peu la tension installée pour s'ouvrir vers une interprétation plus large, moins proche, et de ce fait moins effrayante. Qu'importe ce changement de mode final, le film de Kiyoshi Kurosawa est une superbe réussite qui laisse chez le spectateur un malaise et une réflexion que peu de films fantastiques laissent.

Abandonnez-vous à son rythme, effacez vous derrière sa stimulante proposition et profitez de cette belle leçon de peur et de cinéma. Et si une tache sombre subsiste après son visionnage sur votre canapé, alors inquiétez-vous et sortez vite retrouver des "vrais gens" que vous pouvez toucher !

Procurez-vous Kaïro ou d'autres films de Kiyoshi Kurosawa 

La Cabane Dans les Bois (Drew Goddard, 2012)


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5 jeunes organisent un week-end dans une cabane perdue dans les bois. Ils vont réveiller des forces malveillantes, mais l'horreur qui les attend n'est elle vraiment que le fruit de leur curiosité ? Ou bien sont-ils l'objet d'une force plus grande encore ?

Produit pas Joss Whedon (The Avengers, il faudra donc dorénavant s'intéresser au sens du cinéma de ce monsieur...), La Cabane Dans Les Bois se propose de réinventer le slasher et le moins que nous puissions dire est que la tentative tient toutes ses promesses. Le film de Drew Goddard (scénariste de séries comme Lost et de Cloverfield) est un plaisir de cinéphile, aussi malin que jouissif, qui joue avec délice avec les codes du cinéma d'horreur.

Une cabane, des jeunes un peu cons, une cave, des esprits qui se réveillent... La base de cette pépite est un hommage évident à Evil Dead, mais La Cabane Dans Les Bois y greffe une dimension d'horreur orchestrée par une autre main, de manipulation de la "réalité", particulièrement réjouissante. Ainsi doté d'un outils d'analyse distanciée du Genre, il propose une amusante grille de lecture des films d'horreur (et du coup de l'industrie qui les fait naître !), ce qui lui permet d'atteindre un second degré assez plaisant qui le rapproche d'un "manuel du bon film d'horreur". Très vite on est accroché par l'organisation qui se cache derrière le massacre annoncé des 5 jeunes, très vite le slasher banal et ordinaire se double d'un mystère extraordinaire et d'une véritable raison d'être. La Cabane Dans Les Bois s'amuse à innover là où ne l'attend pas (Lovecraft ?), il détourne les codes usuels en conservant l'esprit potache du Genre et le hisse jusqu'à une véritable impression de jamais vu (d'accord, nous exagérons un peu, mais le résultat est tellement atypique...).

Dissection dans son premier acte du slasher lambda, exposition de la manipulation dans son second acte (avec une intéressante lecture du rôle du ciné d'horreur...) et gigantesque pétage de plombs scénaristique (tout fan en avait rêvé...) dans son exutoire final, La Cabane Dans Les Bois marque des points sur tout les tableaux grâce à un méticuleux décorticage du Genre, et joue avec les capacités des ressorts qu'il contient. Flirtant souvent avec les limites (comme lors de son final, dantesque et loufoque...), Drew Goddard parvient néanmoins à garder le cap et rester fidèle à l'esprit qu'il s'est donné. Derrière son idée initiale se cache une déclaration d'amour au Genre, Fantastique et Horreur, et son réalisateur, à aucun moment, ne tentera d'imposer au spectateur sa vision personnelle du Genre. La Cabane Dans Les Bois évite avec soin de sombrer dans le prétentieux, elle respecte sagement et modestement les limites de son territoire de divertissement, ce qui lui permet d'acquérir ainsi l'adhésion totale du spectateur à son amusante proposition.

La Cabane Dans Les Bois n'atteindra peut-être jamais le statut de chef d'oeuvre du genre ou de film culte, mais son ingéniosité, son humour discret (logé dans son scénario plutôt que dans l'image) et surtout sa volonté inspirée de proposer de neuf en font une grande réussite du genre. A la manière de Chronicle qui explorait avec énergie un matériau connu, La Cabane Dans Les Bois déploie une créativité sincère pour  changer la donne, il propose un scénario biscornu et un peu fou, plein de surprises et de clins-d'oeil, qui lui permet de donner forme à un vrai objet de cinéma.

Réservé avant tout aux amateurs de ciné de genre, La Cabane Dans Les Bois est un éfouloir ciselé et pensé, qui regorge de surprises et de plaisirs simples. Malicieux, ludique, créatif, construit avec amour (si, si !), il constitue un excellent moment de cinéma de genre et de divertissement, dont chaque détail est exécuté avec un indéniable savoir-faire et une formidable énergie. La rédaction de Doorama ne peut qu'applaudir devant un tel état d'esprit (même si nous ne sommes pas dupes de son coté roublard...). Même si son charme risque de se dissiper presque totalement lors d'une seconde vision, l'effet est bien là : une bonne claque qui réveille, avec comme récompense l'odeur des croissants et du café chaud ! Une excellente surprise : foncez !    


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The Avengers (Joss Whedon, 2012)


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Loki projette d'asservir la planète Terre en s'emparant du Tesseract. Face à la menace , le Shield réunit Iron Man, Captain America, Thor, Hulk, Hawkeye et Black Widow pour l'arrêter. Mais avant de combattre l'ennemi, ils doivent d'abord apprendre à travailler ensemble.

Pas plus fan que cela des adaptations des super-héros de la Marvel, et échaudée par un Thor plus ridicule que convaincant, la rédaction de Doorama s'est penchée, curieuse mais méfiante, sur ce cocktail aux allures de blockbuster crétin pour ados... Et encore aujourd'hui, toute la rédaction de Doorama courre dans toutes les direction en mimant les postures de ces héros !

Mission accomplie pour ces Avengers ! S'il n'est pas complètement exempt de quelques courts passages un peu crétins, ridicules et/ou puérils, The Avengers propose un divertissement particulièrement efficace, réussi et parfois même intelligent dans sa conception. Sans temps mort, et débarrassé de l'exposition laborieuse de ses super-héros (ce qu'avaient réalisé les précédentes adaptations individuelles de Hulk, Iron Man et Thor), The Avengers s'attarde sur la mise en route difficile de son équipe, avant de trouver enfin l'unité gagnante. Le film de Joss Whedon s'amuse donc avec bonheur a multiplier dans sa première partie les confrontations entre "gentils"... Et mine de rien, ça adoucit le coté hyper manichéen inhérent aux super-héros et gomme de cette histoire ses aspects trop enfantins.

Rythmé et jouissif, plutôt bien fouttu dans son ensemble, The Avengers parvient à s'imposer sans peine comme l'un des meilleurs Marvel à ce jour. Pour peu que l'on accepte les règles de ce type d'histoire, Joss Whedon nous remet en tête nos souvenirs d'enfance et parvient à nous faire délicieusement régresser vers un  état où la forme prime davantage que le fond. Direct, décomplexé et 100% ludique The Avengers mise tout sur un programme compilatoire et tient brillamment sa promesse de nous faire passer 2h22 de cinéma pop-corn sans nous amputer de quelques neurones.

Blockbuster sans surprise, certes, The Avengers est cependant habité par une fidélité sans faille à ses héros de papiers, et réponds efficacement (et sans prétention !) aux exigences de l'entertainment des studios. Techniquement réussi et parfaitement exécuté, The Avengers forcent l'adhésion en proposant du pur fun sans jamais (ou presque) quitter des yeux ses exigences de qualité ni sa volonté de maintenir à fond son sens du divertissement (ce qui est finalement plutôt rare dans les productions de ce type). The Avengers ne souffre en fait que d'une seule chose : le personnage de Nick Fury, que la calamiteuse et caricaturale interprétation de Samuel L. Jackson fait ressembler à un affreux furoncle au milieu d'un beau visage.
Mis à part ce détail, on s'éclate, c'est pour rire, c'est bien fait et on en redemande !        

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La Disparition d'Alice Creed (J. Blakeson, 2009)


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Deux individus préparent avec minutie un appartement, pour accueillir la personne qu'ils s'apprêtent à kidnapper. C'est Alice Creed qui se retrouve prisonnière des deux hommes, aussi décidés que préparés. Mais quelle est leur véritable but ? Quel lien existe t'il entre la prisonnière et l'un de ses gardiens ? 

La Disparition d'Alice Creed démarre formidablement, proposant au spectateur les préparatifs d'un kidnapping dans un silence aussi redoutable que ce qui semble attendre sa cible. Une fois séquestrée et attachée dans sa pièce, J. Blakeson distille enfin les éléments d'information et dévoile progressivement l'histoire et les profils des 3 personnages.

Abordé comme un hui-clos psychologique, La Disparition d'Alice Creed est un exercice plutôt bien mené qui s'amuse avec le spectateur, en éclairant progressivement un scénario qui ne révélera sa vérité que dans sa toute dernière partie. Multipliant les fausses pistes et les rebondissements, son réalisateur ne cesse de nous faire cogiter sur le "pourquoi" et les issues possibles à la situation de départ.

Parfois très tendu et fort bien maîtrisé (particulièrement dans sa première moitié), La Disparition d'Alice Creed s'essouffle cependant sur sa courte longueur. Son final soigneusement dissimulé, tout le film durant, n'étonnera finalement pas (décevra ?), car le spectateur l'aura préalablement pressentie : après tout, une histoire à 3 personnages ne laisse pas tant de fins possibles que cela :-)

C'est sans doute là la faiblesse du film de J. Blakeson : bien que réussi dans son ensemble, son aspect hui-clos laisse vite apparaître sa mécanique, et à la manière des films lost footage se heurte finalement aux limites qu'il s'est imposé. La Disparition d'Alice Creed explore trop mécaniquement les possibilités qu'offre son matériel (1 lieu, ou presque / 3 personnages) et malgré son rythme et sa forme maîtrisé laisse au final une impression de fausse bonne surprise. Alice Creed fera sans doute parfaitement le bonheur du spectateur occasionnel, mais risque de laisser aux cinéphiles plus gourmands une impression plus mitigée. S'il est un exercice de style parfaitement exécuté, il se heurte cependant aux limites naturelles de l'exploration d'un" territoire de poche".

La Disparition d'Alice Creed est à première vue "bien" (très bien même), mais à mieux y regarder on se dit quand même que l'audace et la nouveauté manquent cruellement à ce sympathique petit thriller. La rédaction de Doorama le recommande (car la qualité et la bonne volonté sont cependant au rendez-vous) mais avec un "mais..." (sauf pour la jolie plastique de Gemma Arterton)...


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