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Le Prestige (Christopher Nolan, 2006)


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Deux magiciens se livrent une rivalité sans limite pour exceller dans leur art et supplanter l'autre.

Entre Batman Begins et Dark Knight, Christopher Nolan réalisait cette histoire atypique et originale, entre thriller et fantastique. Explorant la rivalité de deux magiciens dans le Londres du début du siècle, Nolan nous invite à une confrontation hors du commun, dans laquelle illusions, escamotages et manipulations remplacent les armes.

En substituant le tour de magie ultime à l'arme parfaite, Christopher Nolan habille son récit d'un mystère épais et ludique (que l'on sait pourtant par définition artificiel) et construit un suspens efficace en transformant les "secrets" des deux personnages en enjeux fondamentaux, voire vitaux. Christian Bale et Hugh Jackman (quel cabotin ce Jackman...) campent avec conviction les ennemis mortels et donnent toute la crédibilité nécessaire à leurs ambitions obsessionnelles. Leur compétition, au début triviale, évolue vers une intéressante forme de corps à corps (à distance !) pour culminer dans une passionnante mise en image du duel. A la manière des Duellistes, Le Prestige entraîne le spectateur dans un duel au long cours entre deux hommes, une quête aveugle de la victoire pour laquelle ils sont prêt à tout sacrifier.

Thriller original et malin, Le Prestige invite le spectateur à une succession de tours de passe-passe, il brouille habillement les pistes et joue à merveille des faux semblants. Grâce à son habile construction et à sa lente et progressive incursion dans le fantastique, le film de Christopher Nolan captive le spectateur et entretient avec une grande efficacité sa soif de connaître le fin mot -le secret- de chacun des deux saltimbanques.

Doté, comme toujours avec Nolan, d'une réalisation particulièrement soignée, Le Prestige possède l'immense qualité de se densifier tout au long de son déroulement. On pourra certes reprocher au Prestige d'user d'un twist final un peu too much (mais aussi inattendu qu'efficace), tant on aurait aimé que la révélation finale du film, à l'image des tours de magie, ne soit qu'un truc qui nous aurait échappé, mais il confère au Prestige son originalité et sa personnalité atypique, à mi chemin entre réalité et illusion.

Passionnant, hautement divertissant et (faussement) novateur, Le Prestige propose une fort belle et originale confrontation, il cisèle une intrigue ludique et confirme le goût de Christopher Nolan de fuir les sentiers battus. Sans atteindre des sommets de cinéma, le thriller fantastique de Nolan propose un univers très personnel qui a l'immense mérite d'emmener le spectateur dans un paysage qui lui semblera nouveau et inconnu. Le Prestige nous fait avec bonheur son petit tour de magie : du cinéma pas couillon et bien foutu, dont le "truc" suscite une agréable curiosité, et dont le visionnage apporte un excellent moment.

Procurez-vous Le Prestige ou d'autres films de Christopher Nolan ou  avec Christian Bale, Hugh JackmanScarlett JohanssonMichael Caine ou David Bowie

Apartment 143 (Emergo, Carles Torrens, 2012)


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Confronté à des phénomènes paranormaux, un père de famille fait intervenir une équipe de parapsychologues dans son appartement pour tenter d'enrayer les forces qui l'habite.

Les faux documentaires de type "found-footage" (Le Projet Blair Witch, Paranormal Activities) pullulent depuis quelques années et, il faut bien l'avouer, se ressemblent tous, souvent victimes des limites du genre. Apartment 143 n'échappe pas à la règle du genre, mais surnage quand même au dessus d'oeuvres comme Devil Inside ou Apollo 13...

Prenant place au coeur d'une famille affligée par le décès de la mère, son scénario parvient à maintenir l’intérêt du spectateur grâce à un double mystère : les phénomènes, mais aussi leur cause mystérieuse. Toute la panoplie des trucs inhérents au genre est bien évidemment utilisée sans surprise ici, mais Carles Torrens parvient néanmoins à installer une certaine tension. Quelque part entre Paranormal Activities et Poltergeist, Apartment 143 n'étonnera pas le spectateur, mais il se suit jusqu'à son terme sans ennui ni déception majeure.

Une fois de plus, les sommets de peur promis par l'aspect vérité des images vidéo ne débouchent que sur quelques scènes déjà vues et sans surprises, mais l'expérience prendra cependant un peu de consistance grâce à son "enquête familiale" sur la cause des phénomènes. Curieusement, c'est en sortant du fantastique qu'Apartment 143 trouve un véritable intérêt ; c'est en lorgnant vers l'aspect psychologique de la famille, leur histoire, que le film échappe aux pièges du genre et tente tant bien que mal d' "innover".

Enième exercice du genre, Apartment 143, comme beaucoup de ses confrères récents, ne fonctionnera que sur les spectateurs les moins habitués à jouer à se faire peur avec du faux-vrai. Archi usé dans sa structure mème, Apartment 143 n'est pourtant ni raté ni mauvais, son ouverture en dehors du fantastique ouvre d'ailleurs quelques pistes intéressantes pour de futurs projets. A quand un found-footage dénué de fantastique et ancré dans la vraie vie ? En attendant un tel projet, Apartment 143 remplit honorablement ses 78 minutes mais ne laissera de traces que chez les inconditionnels du genre ou ceux qui le découvre.

Procurez-vous Apartment 143 ou d'autres films de Carles Torrens

Hamburger Film Sandwich (Kentucky Fried Movie, John Landis, 1977)


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Film à sketches proposant : des bandes annonces (dont, Catholic High School Girls in Trouble), des émissions détournées, des fausses pub et de courtes histoires humoristiques.

Une référence ! Seconde réalisation de par John Landis après Schlock, (et 4 ans avant son chef d'oeuvre Le Loup Garou De Londres !) Hamburger Film Sandwich est aussi la naissance cinématographique des ZAZ (Zucker- Abrahams-Zucker, auteurs des Y'a t'il un Pilote dans l'Avion, Hot Shots et autres Y'a t'il... ).

Accumulation effrénée d'humour délirant, débridé, débile, parodique, incontrôlé (proposant le meilleur comme le pire, le très drôle comme le pitoyable...), Hamburger Film Sandwich établit un style comique qui a influencé toute une génération de comiques et marqué les 80s. Les Nuls lui rendaient régulièrement hommage (notamment en diffusant la série des ZA,Z Nacked Gun, dans leur Nuit La Plus Nulle ou en reprenant la Carioca, qui ouvre Hamburger, dans le film dans La Cité De La Peur), les Inconnus venaient y voler certains de leurs meilleurs gags (le chercheur de danger à Barbès qui crie "rentrez chez vous les noirs et les bougnouls"...).

Si aujourd'hui l'humour de Hamburger Film Sandwich semble souvent bien fatiqué, toute la rédaction de Doorama se prosterne devant cet état d'esprit, d'une liberté folle, qui ne se refusait absolument rien (et nous disons bien rien : gros seins et godemichets offerts !). A la recherche permanente du délire le plus total, l'humour des ZAZ et de Landis est à la fois potache, référentiel, visionnaire, imprévisible, vulgaire, fin, visuel (au premier plan, et souvent en arrière plan, aussi, par ses "détails" tueurs), et explore toutes les dimensions comiques du premier jusqu'au septième degré... Là réside la force de cet humour : ses auteurs ne reculent devant rien, ils donnent ainsi à Hamburger Film Sandwich la capacité de faire rire (immanquablement, ne serait-ce qu'une seule fois dans le film) absolument chaque spectateur.

Souvent loin de toute finesse, ce délire foutraque (et certes fatiguant) recèle des trésors d'humour et d'inventivité. En véritables explorateurs des domaines du possible pour donner vie à un gag (si "con" et absurde soit-il), les ZAZ ont créé un courant comique surpuissant et irrévérencieux qui vécut son age d'or sur une courte décennie. Daté et usé, Hamburger Film Sandwich (qui donna une suite -le chant du cygne- Amazon Women On The Moon en 1988, rebaptisé Cheeseburger Film Sandwich en France) possède néanmoins l'immense qualité de pouvoir être vu et revu jusqu'à l'usure, tant il recèle de gags que ses degrés et couches d'humour superposées masquent lors d'une vision unique.

Hamburger Film Sandwich a tout du film "bas de gamme" et jetable, cependant nous pensons et assumons, ici à la rédaction de Doorama, qu'il est à considérer comme un jalon de l'évolution de l'humour au cinéma. Même si la qualité cinématographique n'est pas au rendez-vous et qu'il annonce une certaine forme d'humour télévisuelle (voire industrielle), il demeure un film culte, de ces films qui ne ressemblent à aucun autre (tout au moins lors de leur sortie en salle) et créent la nouveauté, la surprise et instaurent de nouveaux standards. Nous en sommes persuadés : il y avait du génie là dedans !

Une inoubliable curiosité à découvrir (ne serait-ce que pour remettre certaines pendules à l'heure...), aujourd'hui simple témoin de son temps, à laquelle toute la rédaction décerne un généreux 8, tel un Oscar d'honneur...

Procurez-vous Hamburger Film Sandwich ou d'autres films de John Landis ou des ZAZ

Kaïro (Kiyoshi Kurosawa, 2001)


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A Tokyo, une vague de désespoir pousse des jeunes à lâcher prise dans leur vie et les mène au suicide. Il semble qu'un site internet relie ces disparitions ; l'entourage des disparus se penche sur cette piste pour comprendre l'origine du phénomène...

La première partie du film de Kiyoshi Kurosawa ne suffit pas à identifier à quelle type d'histoire le spectateur est confronté. Une Histoire de fantômes ? Un film sur un virus ? Une critique de la société nippone ? Kaïro se situe admirablement au milieu de ces thèmes, occultant les explications et les causes pour se concentrer sur la construction de son impressionnant climat de terreur diffus.

Poétique, trouble, mélancolique et désespéré, Kaïro nous montre une société japonaise effroyablement vide, dépeuplée de ses habitants, de sa frénésie et de sa vie. L'isolement précède la disparition de ses membres, il transforme les vivants en fantômes,   en êtres vides, seuls et retranchés. Le renfermement dépeint par Kaïro est un virus qui ronge la société, l'internet qui semble le véhiculer est un facteur d'éloignement et d'isolement qui dilue les êtres, liquéfie les âmes jusqu'à laisser derrière elles une simple tâche sombre, telle une flaque d'huile sous une voiture à l'arrêt.

Au travers d'une forme sublime, servie par des plans d'une grande beauté esthétiques, Kaïro dépeuple ses images, fait disparaître toute trace de vie pour la fondre dans ses parties obscures. La force de Kaïro ne se cache pas dans son scénario, dont le fin mot reste difficile à identifier précisément (épidémie, fantômes, virus, suicides, fin du monde, critique de la société nippone ?), mais dans sa peinture d'un monde déshumanisé et insoutenablement vide, puissamment illustrée par des plans inquiétants et une bande son oppressante. S'il commence comme Ring en décrivant les effets d'un phénomène qui se propage, Kaïro s'attache rapidement à trouver des moyens de lui résister, jusqu'à aborder et identifier le Mal qui sévit par ce qu'il ôte plutôt que par ce qu'il est : une peur par soustraction, une peur dont le paroxysme est le néant. Kaïro impose son étouffant climat et sa noirceur (son désespoir ?) par la lente désincarnation de ses personnages et la disparition progressive de toute vie.

Film fantastique atypique et fascinant (dans sa forme comme dans son déroulement), Kaïro véhicule aussi une critique de la société et de sa course effrénée vers une communication omniprésente qui passe par un éloignement physique des individus. Au travers de son fantastique Kaïro aborde bel et bien un travers de notre société, c'est peut être pour cela que sa peur fonctionne aussi bien. En revanche, si la mort lente de Kaïro fait admirablement son travail de sape sur le spectateur, sa dernière partie "apocalyptique" desserre un peu la tension installée pour s'ouvrir vers une interprétation plus large, moins proche, et de ce fait moins effrayante. Qu'importe ce changement de mode final, le film de Kiyoshi Kurosawa est une superbe réussite qui laisse chez le spectateur un malaise et une réflexion que peu de films fantastiques laissent.

Abandonnez-vous à son rythme, effacez vous derrière sa stimulante proposition et profitez de cette belle leçon de peur et de cinéma. Et si une tache sombre subsiste après son visionnage sur votre canapé, alors inquiétez-vous et sortez vite retrouver des "vrais gens" que vous pouvez toucher !

Procurez-vous Kaïro ou d'autres films de Kiyoshi Kurosawa 

La Cabane Dans les Bois (Drew Goddard, 2012)


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5 jeunes organisent un week-end dans une cabane perdue dans les bois. Ils vont réveiller des forces malveillantes, mais l'horreur qui les attend n'est elle vraiment que le fruit de leur curiosité ? Ou bien sont-ils l'objet d'une force plus grande encore ?

Produit pas Joss Whedon (The Avengers, il faudra donc dorénavant s'intéresser au sens du cinéma de ce monsieur...), La Cabane Dans Les Bois se propose de réinventer le slasher et le moins que nous puissions dire est que la tentative tient toutes ses promesses. Le film de Drew Goddard (scénariste de séries comme Lost et de Cloverfield) est un plaisir de cinéphile, aussi malin que jouissif, qui joue avec délice avec les codes du cinéma d'horreur.

Une cabane, des jeunes un peu cons, une cave, des esprits qui se réveillent... La base de cette pépite est un hommage évident à Evil Dead, mais La Cabane Dans Les Bois y greffe une dimension d'horreur orchestrée par une autre main, de manipulation de la "réalité", particulièrement réjouissante. Ainsi doté d'un outils d'analyse distanciée du Genre, il propose une amusante grille de lecture des films d'horreur (et du coup de l'industrie qui les fait naître !), ce qui lui permet d'atteindre un second degré assez plaisant qui le rapproche d'un "manuel du bon film d'horreur". Très vite on est accroché par l'organisation qui se cache derrière le massacre annoncé des 5 jeunes, très vite le slasher banal et ordinaire se double d'un mystère extraordinaire et d'une véritable raison d'être. La Cabane Dans Les Bois s'amuse à innover là où ne l'attend pas (Lovecraft ?), il détourne les codes usuels en conservant l'esprit potache du Genre et le hisse jusqu'à une véritable impression de jamais vu (d'accord, nous exagérons un peu, mais le résultat est tellement atypique...).

Dissection dans son premier acte du slasher lambda, exposition de la manipulation dans son second acte (avec une intéressante lecture du rôle du ciné d'horreur...) et gigantesque pétage de plombs scénaristique (tout fan en avait rêvé...) dans son exutoire final, La Cabane Dans Les Bois marque des points sur tout les tableaux grâce à un méticuleux décorticage du Genre, et joue avec les capacités des ressorts qu'il contient. Flirtant souvent avec les limites (comme lors de son final, dantesque et loufoque...), Drew Goddard parvient néanmoins à garder le cap et rester fidèle à l'esprit qu'il s'est donné. Derrière son idée initiale se cache une déclaration d'amour au Genre, Fantastique et Horreur, et son réalisateur, à aucun moment, ne tentera d'imposer au spectateur sa vision personnelle du Genre. La Cabane Dans Les Bois évite avec soin de sombrer dans le prétentieux, elle respecte sagement et modestement les limites de son territoire de divertissement, ce qui lui permet d'acquérir ainsi l'adhésion totale du spectateur à son amusante proposition.

La Cabane Dans Les Bois n'atteindra peut-être jamais le statut de chef d'oeuvre du genre ou de film culte, mais son ingéniosité, son humour discret (logé dans son scénario plutôt que dans l'image) et surtout sa volonté inspirée de proposer de neuf en font une grande réussite du genre. A la manière de Chronicle qui explorait avec énergie un matériau connu, La Cabane Dans Les Bois déploie une créativité sincère pour  changer la donne, il propose un scénario biscornu et un peu fou, plein de surprises et de clins-d'oeil, qui lui permet de donner forme à un vrai objet de cinéma.

Réservé avant tout aux amateurs de ciné de genre, La Cabane Dans Les Bois est un éfouloir ciselé et pensé, qui regorge de surprises et de plaisirs simples. Malicieux, ludique, créatif, construit avec amour (si, si !), il constitue un excellent moment de cinéma de genre et de divertissement, dont chaque détail est exécuté avec un indéniable savoir-faire et une formidable énergie. La rédaction de Doorama ne peut qu'applaudir devant un tel état d'esprit (même si nous ne sommes pas dupes de son coté roublard...). Même si son charme risque de se dissiper presque totalement lors d'une seconde vision, l'effet est bien là : une bonne claque qui réveille, avec comme récompense l'odeur des croissants et du café chaud ! Une excellente surprise : foncez !    


Procurez-vous La Cabane Dans les Bois ou d'autres films de Drew Goddard ou avec Chris Hemsworth

The Avengers (Joss Whedon, 2012)


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Loki projette d'asservir la planète Terre en s'emparant du Tesseract. Face à la menace , le Shield réunit Iron Man, Captain America, Thor, Hulk, Hawkeye et Black Widow pour l'arrêter. Mais avant de combattre l'ennemi, ils doivent d'abord apprendre à travailler ensemble.

Pas plus fan que cela des adaptations des super-héros de la Marvel, et échaudée par un Thor plus ridicule que convaincant, la rédaction de Doorama s'est penchée, curieuse mais méfiante, sur ce cocktail aux allures de blockbuster crétin pour ados... Et encore aujourd'hui, toute la rédaction de Doorama courre dans toutes les direction en mimant les postures de ces héros !

Mission accomplie pour ces Avengers ! S'il n'est pas complètement exempt de quelques courts passages un peu crétins, ridicules et/ou puérils, The Avengers propose un divertissement particulièrement efficace, réussi et parfois même intelligent dans sa conception. Sans temps mort, et débarrassé de l'exposition laborieuse de ses super-héros (ce qu'avaient réalisé les précédentes adaptations individuelles de Hulk, Iron Man et Thor), The Avengers s'attarde sur la mise en route difficile de son équipe, avant de trouver enfin l'unité gagnante. Le film de Joss Whedon s'amuse donc avec bonheur a multiplier dans sa première partie les confrontations entre "gentils"... Et mine de rien, ça adoucit le coté hyper manichéen inhérent aux super-héros et gomme de cette histoire ses aspects trop enfantins.

Rythmé et jouissif, plutôt bien fouttu dans son ensemble, The Avengers parvient à s'imposer sans peine comme l'un des meilleurs Marvel à ce jour. Pour peu que l'on accepte les règles de ce type d'histoire, Joss Whedon nous remet en tête nos souvenirs d'enfance et parvient à nous faire délicieusement régresser vers un  état où la forme prime davantage que le fond. Direct, décomplexé et 100% ludique The Avengers mise tout sur un programme compilatoire et tient brillamment sa promesse de nous faire passer 2h22 de cinéma pop-corn sans nous amputer de quelques neurones.

Blockbuster sans surprise, certes, The Avengers est cependant habité par une fidélité sans faille à ses héros de papiers, et réponds efficacement (et sans prétention !) aux exigences de l'entertainment des studios. Techniquement réussi et parfaitement exécuté, The Avengers forcent l'adhésion en proposant du pur fun sans jamais (ou presque) quitter des yeux ses exigences de qualité ni sa volonté de maintenir à fond son sens du divertissement (ce qui est finalement plutôt rare dans les productions de ce type). The Avengers ne souffre en fait que d'une seule chose : le personnage de Nick Fury, que la calamiteuse et caricaturale interprétation de Samuel L. Jackson fait ressembler à un affreux furoncle au milieu d'un beau visage.
Mis à part ce détail, on s'éclate, c'est pour rire, c'est bien fait et on en redemande !        

Procurez-vous The Avengers ou d'autres films de Joss Whedon ou avec Jeremy RennerRobert Downey Jr ou avec Scarlett Johansson

La Disparition d'Alice Creed (J. Blakeson, 2009)


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Deux individus préparent avec minutie un appartement, pour accueillir la personne qu'ils s'apprêtent à kidnapper. C'est Alice Creed qui se retrouve prisonnière des deux hommes, aussi décidés que préparés. Mais quelle est leur véritable but ? Quel lien existe t'il entre la prisonnière et l'un de ses gardiens ? 

La Disparition d'Alice Creed démarre formidablement, proposant au spectateur les préparatifs d'un kidnapping dans un silence aussi redoutable que ce qui semble attendre sa cible. Une fois séquestrée et attachée dans sa pièce, J. Blakeson distille enfin les éléments d'information et dévoile progressivement l'histoire et les profils des 3 personnages.

Abordé comme un hui-clos psychologique, La Disparition d'Alice Creed est un exercice plutôt bien mené qui s'amuse avec le spectateur, en éclairant progressivement un scénario qui ne révélera sa vérité que dans sa toute dernière partie. Multipliant les fausses pistes et les rebondissements, son réalisateur ne cesse de nous faire cogiter sur le "pourquoi" et les issues possibles à la situation de départ.

Parfois très tendu et fort bien maîtrisé (particulièrement dans sa première moitié), La Disparition d'Alice Creed s'essouffle cependant sur sa courte longueur. Son final soigneusement dissimulé, tout le film durant, n'étonnera finalement pas (décevra ?), car le spectateur l'aura préalablement pressentie : après tout, une histoire à 3 personnages ne laisse pas tant de fins possibles que cela :-)

C'est sans doute là la faiblesse du film de J. Blakeson : bien que réussi dans son ensemble, son aspect hui-clos laisse vite apparaître sa mécanique, et à la manière des films lost footage se heurte finalement aux limites qu'il s'est imposé. La Disparition d'Alice Creed explore trop mécaniquement les possibilités qu'offre son matériel (1 lieu, ou presque / 3 personnages) et malgré son rythme et sa forme maîtrisé laisse au final une impression de fausse bonne surprise. Alice Creed fera sans doute parfaitement le bonheur du spectateur occasionnel, mais risque de laisser aux cinéphiles plus gourmands une impression plus mitigée. S'il est un exercice de style parfaitement exécuté, il se heurte cependant aux limites naturelles de l'exploration d'un" territoire de poche".

La Disparition d'Alice Creed est à première vue "bien" (très bien même), mais à mieux y regarder on se dit quand même que l'audace et la nouveauté manquent cruellement à ce sympathique petit thriller. La rédaction de Doorama le recommande (car la qualité et la bonne volonté sont cependant au rendez-vous) mais avec un "mais..." (sauf pour la jolie plastique de Gemma Arterton)...


Procurez-vous La Disparition d'Alice Creed ou d'autres films avec Gemma Arterton

Festen (Thomas Vinterberg, 1998)


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A l'occasion du soixantième anniversaire du chef de famille, toute la fratrie est réunie pour fêter cet évènement. Mais lors du repas, Christian, l'un des enfants, encore affligé par le décès de sa soeur, va faire un discours qui va mettre à jour un terribles secret de famille.

Festen est un enfant du Dogme 95 (une sorte de charte de réalisation des films, élaborée par Lars Von Triers et Thomas Vinterberg, destinée à fuir l'artificiel et se rapprocher d'une certaine essence cinématographique : voir wiki), et figure comme l'une de ses plus belles réussites.

Cette fête de famille est bien loin de la douce quiétude des Gens De Dublin, sa chaleur initiale cède bien vite le pas aux effusions et à la violence émotionnelle. La divulgation d'un lourd secret familial, va faire exploser la famille unie, va exposer la nature de chacun et révéler des souffrances des années retenues : la fête de Festen n'est pas un anniversaire, mais plutôt un accouchement... et dans la douleur ! Comme le Dogme qui l'encadre, Festen est une destruction des apparences et du factice, une attaque en règle du déni de réalité. Ses premières images laissent immédiatement apparaître les imperfections du verni familial, le spectateur est vite sceptique quand à la belle unité familiale et c'est presque sans surprise qu'il assistera à ce qu'il pressentait : "il y a quelque chose de pourri dans le Royaume du Danemark".

L'image saturée et les cadrages tremblants du Dogme, ses scènes "inutiles" au premier abord, peuvent irriter le spectateur, mais sa fonction première de revenir à l'essentiel, au vrai, donne une force et une puissante rare  à Festen. Puisque tout doit être "vrai" aux yeux du Dogme, le spectateur qui acceptera sa forme technique et narrative, se retrouve immergé au plus proche des personnages, comme faisant lui même partie de cette fratrie. La douloureuse accusation de Christian contre son père résonne alors pour le spectateur comme un choc d'une violence rare. Festen frappe fort ! La famille dans laquelle Vinterberg vous intègre vous blessera aussi profondément qu'elle vous choquera. Racisme (terrible scène de la chanson), bêtise, auto-satisfaction, mensonges, vérités refoulées, complicité passive, inceste : Festen par la force de son histoire vous fait toucher ce que chacun exècre dans la "vraie vie", et par son procédé cinématographique rend l'expérience encore plus dérangeante, voire insupportable, en augmentant au maximum la proximité avec ces "réjouissances".

Festen est un blessure infectée qui laisse échapper son pus. Sa violence psychologique et l'hystérie dans laquelle elle s'exprime ébranle le spectateur, l'obligeant à assister en direct à un drame qu'il préférerait sans doute, comme les membres de la famille, ne pas voir en face. C'est même véritablement à un combat, entre un fils et son père, que Vinterberg nous invite. Festen révèle des souffrances immenses, irréparables, les partage avec vous d'une manière particulièrement percutante, puis vous affuble du rôle de chirurgien pour effectuer une amputation douloureuse mais inévitable. Brut et intense, parcouru parfois de quelques traits d'humour grotesques, Festen est une expérience de cinéma forte, pure et très stimulante (proche de l’extrême et de l'expérimental pour certains).

Le Dogme a fait son temps (et c'est tant mieux), il laisse derrière lui quelques perles, dont Festen fait partie, ou bien encore Les Idiots de Von Trier. Que l'on aime ou non ce cinéma "épidermique" (à l'image des réactions qu'il inspire), le Dogme 95 aura au moins permis de soulever une intéressante réflexion sur "l'objet film" et favorisé un langage cinématographique dont nous sommes, ici à la rédaction, particulièrement fans.
Festen vous emportera (loin !), vous ennuiera ou vous irritera, mais il ne vous laissera certainement pas indifférent.


Procurez-vous Festen ou d'autres films de Thomas Vinterberg

Faux Semblants (Dead Ringers, David Cronenberg, 1988)


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Beverly et Elliot Mantle sont de vrais jumeaux. Brillants gynécologues à la carrière exemplaire, ils partagent absolument tout, la gloire comme les femmes. Lorsque Claire Neveau apparait dans leur vie, et que Beverly en tombe amoureux, la relation fusionnelle entre les deux frères va s'altérer. Mais peut on séparer ce qui est inséparable ?

A notre sens le Cronenberg le plus abouti, à l'image comme pour ses thèmes, Faux Semblants laisse à chacune de ses visions la rédaction de doorama complètement KO. Bien que Crash et History Of Violence soient aussi de ses plus grande réussites, Faux Semblants les surpasse, peut être grâce à la gigantesque performance de Jeremy Irons.

Faux Semblants est un film avec Jeremy irons et Jeremy Irons ! Aucune autre description de peut mieux décrire son incroyable performance à incarner les deux frères et leur donner cette identité distincte, sans aucun artifice. A sa seule présence sur l'écran, le spectateur sait instantanément s'il s'agit de Bev ou de Ely ! L'ébouriffante et parfaite mise en scène de Cronenberg achève le tour de force en mettant deux Jeremy Irons dans un même plan, en travelling, et se donnant la réplique... Aujourd'hui encore les effets spéciaux de Faux Semblants restent invisibles : une performance hallucinante qui renforce incroyablement la force de cette histoire de séparation impossible, quasi shakespearienne ! Il faut se rappeler que nous sommes en 1988, le numérique "balbutie" encore, le résultat de Faux Semblant est alors révolutionnnaire.

L'autre performance de Faux Semblants, c'est son approche psychologique de la relation des deux frères qui vivent comme dans un seul corps. En mélangeant la relation des jumeaux et la symbolique des frères siamois, Cronenberg signe là son avancée la plus profonde dans "l'intérieur" de ses personnages. Il parvient à traiter dans un même temps un seul esprit pour deux corps, mais aussi deux esprit dans un seul corps tant les deux sont indissociables ! Il mélange les approches du corps et de l'esprit (et de fait étend aussi son sujet à la schizophrénie...) puis lui greffe un élément extérieur (un virus ?) qui viendra détruire la l'unité des deux êtres, des deux cellules, des deux esprits. Histoire d'amour à plusieurs dimensions (Bev et Claire, interprétée par une Geneviève Bujold, mais aussi entre les deux frères) et puissant drame psychologique et horrifique (on pensear même au cannibalisme !), Faux Semblants absorbe le spectateur et le fascine autant techniquement, qu'artistiquement et émotionnellement. L'effroi généré sera d'autant plus fort que le contexte médical dans lequel il prend forme est glacial, dépouillé, et que le temps du film la médecine prend des allures bien inquiétantes.

Film d'horreur psychologique ultime, histoire d'amour contrariée tragique ou drame familial aussi puissant que troublant et dérangeant, Faux Semblant est tout cela. Aussi sobre dans son traitement que vertigineux dans sa force, il est à nos yeux un film parfait : effrayant et très (très) émouvant. Un peu à l'image de ses personnages, Faux Semblants est un film qu'il est difficile de décortiquer, tant ses composants sont intimement entremêles, jusqu'à paraître, à nos yeux en tout cas, comme une entité monocellulaire... indissociable... parfaite... Un lent dérèglement dépeint avec méthode et finesse, jusqu'à son abyssal final.
Du grand art, un immense Cronenberg qui se bonifierait presque avec les années...

Procurez-vous Faux Semblants ou d'autres films de David Cronenberg ou avec Jeremy Irons

Black Rain (Ridley Scott, 1989)


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Nick Conklin et son collègue sont chargés d'escorter Sato, un meurtrier, pour le remettre aux autorités japonaises. A l'aéroport d'Osaka leur prisonnier leur échappe. Dans ce pays où ils ne connaissent rien, ils vont tenter de récupérer Sato.

Entre Traquée et Thelma & Louise, Ridley Scott retrouve les décors saturés de néons et les rues bondées qui l'avaient inspiré pour son  Blade Runner, dans ce thriller japonisant et esthétique. Cette confrontation de style entre les méthodes d'un policier new-yorkais fonceur et tête-brûlée et la discipline japonaise débouchera, bien sûr, sur une meilleure compréhension de l'autre culture.

Scott s'appuie donc sur la différence de culture pour donner un peu de relief à un scénario bien connu, et habille son film de tout son savoir-faire visuel pour lui donner une apparence élégante, voire tendance. Black Rain arrive après Top Gun et l'Arme Fatale, et ça se sent ! Comme une réponse visuelle au Flic de Beverly Hills 2 de son frérot Tony Scott, Black Rain est tape à loeil, comme le Mel Gibson de l'Arme Fatale il met en scène un flic obstiné, très moto-ray-ban-brushing, parfait prototype du héros 80's ! Si Black Rain était très "beau" lors de sa sortie, il est aujourd'hui marqué du fer rouge des années 80's, et c'est une impression de superficiel qui se dégage de sa vision.

Au delà de son look esthétisant (soigné et réussi, mais énervant), c'est la transposition de son enquête ordinaire au japon, avec toutes ses différences culturelles, qui donne à Black Rain sa personnalité. Hélas, nous sommes bien loin de la finesse et de l'intensité du génial Yakuza de Sidney Lumet (avec Robert Mitchum, 1975) et Black Rain ne fait qu'effleurer cet aspect culturel, l'utilisant davantage comme un simple élément de décor que comme un réel moteur de son scénario. Ken Takakura, qui assiste nos flics dans le film de Scott était d'ailleurs celui qui donnait la réplique à Robert Mitchum dans Yakuza ; il tenait ce rôle  de "traducteur culturel", fonction bien discrète dans Black Rain... Nos deux flics sont certes perdus dans la société japonaise (avec leurs armes confisquées), mais malgré leur assistant local, ils apprendront finalement bien peu de leur séjour à Osaka...

Reflet de son époque, superficielle et très "m'as tu vu", Black Rain est certes un peu au dessus des productions du moment, mais son manque d'action, la prévisibilité de son scénar et la sous utilisation de l'environnement japonais ne lui permettent pas d'exprimer son plein potentiel. Film mineur dans la belle filmo de Ridley Scott, Black Rain n'est plus aussi jeune et séduisant qu'en 1989, et sa réalisation pourtant au top alors apparaît aujourd'hui bien plate (preuves de la pauvreté et de l'éphémère de ces années ?).
Sa vision aujourd'hui n'est pas désagréable, mais elle laisse apparaître un thriller un peu mou, mené par un Michael Douglas à la limite de l'exaspérant, et au thème plutôt mal exploité.
Certains films donnent envie d'en revoir d'autres : contents d'avoir revu Black Rain, mais grandement insatisfaits, nous brûlons d'envie de redécouvrir le Yakuza de Lumet... Voilà bien là le meilleur atout de Black Rain !

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Sur la Piste Du Marsupilami (Alain Chabat, 2012)


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A l'occasion d'un reportage en Palombie, Dan Geraldo va se retrouver embarqué dans une formidable aventure. Avec son guide Pablito, ils vont découvrir l'existence du Marsupilami et vont devoir le protéger du terrible général Hermoso qui veut mettre la main sur les précieux oeufs de l'animal jaune...

Adapter le Marsupilami au ciné était le rêve de Chabat. C'est donc maintenant chose faîte et c'est en compagnie de Djamel Debbouze, Lambert Wilson, Patrick Timsit et Fred Testot que la peluche jaune bondit partout.

Peu familier de la bande-dessinée de Franquin, il nous est difficile de juger de la fidélité du film à l'esprit de son créateur, en revanche le film de Chabat affiche clairement son objectif de signer une "comédie familiale", et nous ne partageons visiblement pas tout à fait sa  définition de "familiale". Les enfants seront sans doute hautement fascinés par l'aspect coloré et le rythme bondissant du film, et leur rires  rempliront certainement votre salon, mais nous doutons que leurs parents expriment autant d'enthousiasme. L'humour de Chabat fait bien sûr ponctuellement mouche dans son film (le chihuahua avec Djamel et le "ca pique" de Chabat , mais ce qui ressort avant tout c'est le "nivellement par l'enfant" de son film...

S'il est un formidable film pour les enfants, Sur La Piste du Marsupilami semble abandonner toute possibilité de lecture pour le public adultes. On s'étonne que Chabat n'ait pas souhaité faire un film plus "familial" et moins "pour enfants". Contrairement au premier Shreck qui contentait autant les enfants que les adultes en gérant habillement plusieurs degrés d'humour, Sur La Piste du Marsupilami semble avoir fait le choix quasi exclusif du jeune public, ne laissant que quelques rares miettes aux adultes... De quoi diviser la famille plutôt que l'unifier !

Sur La Piste du Marsupilami est très sympa, gai et fantaisiste mais il souffre cruellement d'un manque de dimension adulte. Pire encore, si Chabat pensait contenter pleinement toute la famille, alors son entreprise est un échec ! Gags souvent lourds et mécaniques, réalisation pataude (bien moins réussie que Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre), rythme artificiel et jeux d'acteurs hyper appuyé raviront sans réserve vos têtes blondes, mais il rendent aussi ce Marsupilami bien indigeste pour les spectateurs adultes un poil plus exigeant qu'un enfant de 12 ans.

Pour la rédaction, Babe trône fièrement à coté d'un Massacre à la Tronçonneuse, Les Aventures de Wallace & Gromit à coté de La Taupe, ou bien encore Le Fantastique Mr. Fox à coté de Shame. Qu'il soit destiné en priorité aux enfants n'est certainement pas le problème de Sur La Piste du Marsupilami, ce qui pêche dans le dernier Chabat c'est simplement que son réalisateur n'a pas livré tout ce dont il était capable, qu'il se soit arrêté en cours de route. On pourra reprocher à Doorama de donner son avis sur le film qu'il aurait "aimé voir", plutôt que sur celui "livré" : peut être... Mais même si nous ne nous sommes pas ennuyés, nous n'avons pas retrouvé le comique de Chabat, nous n'avons vu qu'un gros projet marketing sécurisé par un casting sans risque et une créativité en berne. Simplement décevant.


Procurez-vous Sur la Piste Du Marsupilami ou d'autres films de Alain Chabat ou avec Djamel Debbouze Alain Chabat, Fred Testot, Patrick Timsit ou Lambert Wilson

Le Mystère Andromède (The Andromeda Strain, Robert Wise, 1971)


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Un satellite américain porteur d'un mystérieux décime les habitants du village dans lequel il est tombé. Face cette menace encore inconnue, un petit groupe de scientifique étudie le virus afin de comprendre son fonctionnement et d'empêcher sa propagation.

Film de science fiction au rythme lent et documentaire basé sur une histoire de Michael Crichton (Jurassic Park), Le Mystère Andromède s'attaque à la démarche scientifique de l'observation et de la compréhension d'une forme virale jusqu'alors inconnue.

Loin de l'action et exempt de toute forme de spectaculaire, Robert Wise (le généralissime La Maison du Diable) choisit un angle quasi documentaire et nous immerge dans un minutieuse mécanique de suspense, basée sur une enquête scientifique effectuée pas à pas. C'est le réalisme et la crédibilité qui guide Le Mystère Andromède. Tout est fait pour rester au plus proche de d'une situation réelle, que ce soit sur le plan technologique, mais aussi sur le plan humain puisque le scénario suivra le rythme des déductions intellectuelle des scientifiques.

Malgré les technologies futuristes montrées dans le film (et pas mal ont vu effectivement le jour entre 1971 et maintenant...) Le Mystère Andromède se rapproche finalement davantage du film scientifique que du film de science-fiction. Si son rythme vieillissant et daté (de nombreuses scènes s'attachent au respect des protocoles scientifiques, et ce n'est pas toujours des plus excitant !) rendent sa vision, aujourd'hui bien peu excitante, le film demeure cependant captivant. Au delà de l'observation de la technologie mise en oeuvre face à un ennemi invisible, Le Mystère Andromède s'attache à décortiquer les étapes intellectuelles humaines pour appréhender l'inconnu ; et même en roulant au pas, cet aspect du Mystère Andromède fascine en montrant le meilleur du potentiel de l'homme, mais aussi ses faiblesses (les erreurs ou "oublis" dans la conception des protocoles à de quoi faire frémir...). Enfin, on notera aussi un intéressant traitement  paranoïaque de son sujet (puisqu'il aborde en toile de fond les questions d'armes bactériologiques et de mensonge d'état !) qui participe à créer une ambiance tendue, voire oppressante.

Visuellement très marqué 70's (malgré le travail de Douglas Trumble sur les décors et le matériel scientifique de pointe) et souffrant d'un rythme qui condamnerait tout film actuel l'adoptant à l'oubli immédiat, Le Mystère Andromède reste un excellent film de science-fiction, certes "à l'ancienne", mais intriguant et inquiétant. Par certains aspects il donne l'impression de vouloir informer, éduquer et rassurer le public d'alors sur la capacité du gouvernement américain à pouvoir gérer une telle crise, et sa réalisation joue d'ailleurs à fond cette carte du réalisme documentaire. Sa réalisation et son traitement science-fiction sont d'une sobriété qui, à notre avis, manque cruellement au cinéma de science fiction d'aujourd'hui. A condition que l'on accepte sa forme, Le Mystère Andromède se révèle être un film de science-fiction aussi passionnant qu'effrayant. Un film qui a beaucoup vieillit, peut être, mais aussi une très belle réalisation (notamment une très habile utilisation des splits screens !) et surtout une vraie démarche intellectuelle et cinématographique habitent Le Mystère Andromède. On trouve ça excellent, passionnant et bien flippant !


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