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Departures (Okuribito, Yojiro Takita, 2008)


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Contraint d'abandonner le violoncelle près la dissolution de l'orchestre dans lequel il jouait, Kobayashi retourne à la campagne et cherche un nouvel emploi. C'est dans les pompes funèbres, à préparer les défunts, qu'il va trouver. Cette nouvelle activité, mal perçue au Japon, va modifier ses convictions personnelles, mais aussi troubler sa vie avec sa femme.

Ponctué de magnifiques scènes de rituels (la toilette des défunts en présence des familles), Departures explore sans tristesse les sentiments des vivants lors de la perte (du "départ") d'un membre de la famille. Oscillant entre humour et émotion, il aborde les messages universels de l'amour, la mort, la famille.

Extrêmement touchant, parfois magnifique même par la délicatesse avec laquelle certains sentiments ou situations sont montrées, Departures traine avec bonheur le spectateur sur le terrain des sentiments et de la beauté. On soulignera aussi la mise en perspective réussie entre l'interprétation musicale et l'exécution des rites funéraires

Poétique et mélancolique, beau et fort, Departures n'évite cependant pas de surjouer sa partition et laisse hélas régulièrement apparaitre une naïveté, voire même une mièvrerie, bien encombrante ! (il faudra supporter quelques violons, en l’occurrence violoncelle ici, allant jusqu'au clip sirupeux sentimentalo-naturaliste...)

Malgré l'indigestion de sentiments ponctuelle (finalement très asiatique, mais qui plombe notre liberté de spectateur), Departures ne s'écroule pas et enchaîne les moments de grâce. On ne regrettera donc que sa forme (par moments seulement) puisque pour le reste, Departures risque bien de vous émouvoir aux larmes.

L'Antisémite (Dieudonné, 2011)


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Le tournage d'un film, ayant pour sujet principal un personnage antisémite, et les tensions entre les différentes croyances de l'équipe qui le compose.

Dieudonné, adoré par les uns pour le jusqu'auboutisme de sa démarche, conspué par d'autres pour l'ambiguïté de sa posture humoristique, livre son film - hymne à la provocation - par ses propres moyens, puisqu'il n'a pas trouvé distributeur en France.

L'Antisémite est problématique à plus d'un titre. Son sujet, bien sûr, ramène l'éternelle question du "peut on rire de tout" ; son idéologie affichée, par conviction ou au contraire dénonciation par l'absurde, soulève bien des questions (Rappelons que le film est produit par l'Iran, que le négationniste Robert Faurisson y fait une apparition, et que les "juifs et les pédés" sont centraux comme sujet d'humour...) ; son auteur qui ne cesse de brouiller les pistes jusqu'à l'incompréhension ou la contre démonstration, et enfin la simple difficulté de faire de humour no-limit...
Doorama laissera à chacun de se forger son opinion, même si on imagine que trop bien certains extrémistes de droite se marrer pendant plus d'1h15 sous couvert de "juste pour rire (...) faut pas le prendre au premier degré (...) que pour déconner (...) pas raciste"...

Ce qui est acquis, en revanche, c'est l'irrécupérable ratage cinématographique. Sous couvert de faux documentaire (le film évoque certaines recettes de C'est Arrivé Près de Chez Vous), L'Antisémite est avant tout l'expression criante d'une écriture proche du niveau zéro, preuve de la difficulté de passer du format court des sketches , à celui du long métrage.
Il en résulte un rythme laborieux qui ne laisse aucune chance à son humour de faire mouche (que l'on apprécie ou non).

L'Antisémite, ne fait pas rire, ce n'est même pas à cause de son sujet, c'est à cause de sa réalisation calamiteuse et son scénario que seul "ni fait, ni à faire" réussit à résumer. Parvenant même à tuer les plus drôles de ses répliques, Dieudo continue de s'enfoncer vers l'inconnu, et de donner à son pourtant "putain d'humour", le pire des écrins.

L'exercice de l'état (Pierre Schoeller, 2011)


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Entre rivalités politiques, ambitions personnelles et exigences de la fonction, Bernard Saint-Jean, Ministre des Transports, est un homme au service de l'Etat...

L'Exercice de l'Etat est une incursion chirurgicale dans le monde politique français. Il décrit avec précision et acuité une séquence de la carrière politique d'un ministre et la confronte perpétuellement avec son impact sur l'homme qui la vit.

Fabuleusement incarnés par Olivier Gourmet et Michel Blanc respectivement Ministre et Conseiller, les hommes de L'Exercice de l'Etat se remettent inlassablement en question afin de faire face en combattants aux événements qu'ils subissent.

C'est ce questionnement souvent intérieur et cette violence personnelle et professionnelle permanente que Pierre Schoeller décortique ici. Avec une narration limpide et un sens de l'image et de la mise en scène parfaitement maîtrisé, Pierre Schoeller réussi à dissocier le fond de la forme. Il surexpose (sature presque !) la fonction officielle des hommes, et construit ainsi, en filigrane, par élimination, une seconde lecture plus officieuse de l'impact de la fonction sur l'humain.

L'Exercice de l'Etat, est précis, fin, exigeant... Il dresse une lecture cynique et violente de l'univers politique. Il semble coller davantage à la réalité et à la vérité de ce monde là que ne pouvait le faire Le Président (documentaire peut être 'détourné' par son sujet même...).

L'Exercice de l'Etat dissimule derrière son austérité affichée une importante richesse humaine et cinématographique.

Entre le ciel et l'enfer (Akira Kurosawa, 1963)


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Un industriel sur le point de conclure l'affaire de sa vie est victime du kidnapping de son fils. Il apprend finalement que c'est le fils de son chauffeur, qui manque à l'appel, mais se sacrifie pour payer quand même la rançon. La police traque alors le kidnappeur dans l'espoir de récupérer la rançon et restaurer son honneur perdu.

Sur fond de différence sociale, Kurosawa aborde ses thèmes fétiches (honneur, différences de classes, valeurs humaines) pour élaborer un film au ton curieusement distancé de son
coeur scénaristique.

Il construit les fondations de Entre Le Ciel Et l'Enfer dans un hui-clos théâtral, avant d'en sortir pour une méticuleuse enquête policière, opposant systématiquement les symboliques à sa forme. Il installe ainsi un double langage, un double niveau (la maison en hauteur  / la ville basse,  les puissants / le peuple, etc...) de sorte que chaque élément abordé en apprenne finalement plus sur son élément opposé.

Entre Le Ciel et l'Enfer trouve son sommet dans une l'hallucinante séquence dans les bas fonds de la ville... (on ne vous en dit pas plus, mais c'est juste bluffant !)
Fort et d'une immense richesse thématique, Entre Ciel et l'Enfer invite à une réflexion sur le système social dans don fonctionnement global et sur l'indissociable interaction de chacun de ses composants. Ce Film Noir, stimulant et passionnant de bout en bout, est une démonstration de plus (inutile, car maintes fois démontrée) que Kurosawa est l'un des plus grand réalisateurs, un Auteur immense, que l'on ait eu.


Chronicle (Josh Tank, 2011)


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Trois amis entrés en contact avec une substance inconnue, découvrent qu'ils ont désormais des super-pouvoirs. Au début anecdotiques, ils vont développer progressivement ces pouvoirs, mais jusqu'où ?

Alors qu'on pouvait craindre le pire de cette histoire d'ado super-héros, Chronicle se révélé finalement passionnant et fort intelligemment construit. Il trouve sa place entre Cloverfield et le super-hero movie "basique", mais enrichit son développement de nombreux atouts.

Ce qui empêche Chronicle de "sombrer" tient sans doute à un mélange des genres et des technique particulièrement bien géré. La progression technique de la réalisation (du style "docu Blair Witch" à celui du blockbuster) accompagne judicieusement la progression du scénario et ses changements de genre (dérive réussie du teen-movie vers l'action-movie).

Chronicle utilise de nombreuses ficelles pour faire adhérer le spectateur à son propos. Allant même jusqu'à réussir l'identification aux personnages, par une habile exploitation de nos rêves de gamin, ou bien encore en distillant une dose de psychologie, basique mais pas si idiote que çà, sur la génération dont il est question.

Chronicle est avant tout une série B, maline et musclée, mais au delà du simple divertissement, il excelle à enrichir son scénario d'une dimension "réelle" par des personnages particulièrement bien écrits. Soignant aussi bien la forme que le fond, Chronicle s'impose (dans son genre !) comme une réussite certaine, voire stimulante, dans l'univers souvent pauvre du blockbuster et du film de super-héro.
Dans son genre (on insiste là dessus) c'est une très belle surprise qui propose un excellent moment de divertissement.

Poulet Aux Prunes (Marjane Satrapi, Vincent Paronnaud) 2011


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Un musicien décide d'attendre la mort dans son lit, ayant perdu le goût de jouer avec la destruction de son instrument. Durant cette attente, il projette ses réflexions sur sa vie et son entourage familial et amoureux.

Après Persepolis, Poulet aux Prunes est une nouvelle adaptation, cette fois-ci en prise de vue réelle, de l'univers dessiné de Marjane Satrapi.

Tel une fable, poétique et facétieuse, Poulet aux Prunes est porté par un Mathieu Amalric incarnant à la perfection son personnage amer et désillusionné.

Une certaine fantaisie se dégage de ce film que l'on regarde avec plaisir, mais cet univers "coloré" se teinte dans son traitement d'une touche à la Amélie Poulain qui vient trahir la patte Satrapi et l'empêche de parachever pleinement sa personnalité propre.

Poulet aux Prunes est souvent touchant, mais n'emporte pas complètement le spectateur avec lui. Il se contente d'aligner les souvenirs et anecdotes de notre pauvre musicien, mais n'injecte le liant que dans lors de son dénouement final. Dommage, car ce révélateur final aurait peut être donné à Poulet aux Prunes une saveur plus authentique s'il avait été mis plus tôt dans la recette, il aurait décuplé ses qualités et évité l'arrière goût cabotin de sa forme.

Mais ne refaisons pas le film et les choix de ses auteurs, Poulet Aux Prunes est imparfait, certes, mais il demeure un film touchant, rafraîchissant, qui se regarde avec un grand plaisir et nous raconte une bien belle histoire.

Le Territoire Des Loups (The Grey, Joe Carnahan, 2011)


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Dans le grand nord, les survivants d'un crash d'avion, doivent faire face aux conditions climatiques extrême ainsi qu'à une meute de loups pour rester en vie.

Le Territoire des Loups est un survival pur jus, flirtant presque avec le fantastique (pour la partie canus lupus) et la série B virile, façon "entre hommes".

Si l'on oublie la tentative maladroite de peaufiner la psychologie des personnages (souvent casse gueule, rarement utile et réussi, dans des films où l'action prime), et son inévitable catalogue des codes du genre (la découverte, l'encerclement, la rivière, les flash-backs, l'abandon, etc...) Le Territoire Des Loups parvient cependant à tenir la longueur.

Bien que son rythme soit inégal, que l'agressivité du froid extrême soit sous exploité et que le choix de loups-chasseurs n'apportent rien de plus que des autochtones en colère, l'ensemble reste plaisant et efficace, pour peu qu'on n'y recherche pas un nouveau modèle du genre.

Le Territoire Des Loups est une série B plutôt réussie, distrayante, qui parvient à repousser l'ennui et les pires pièges du genre (pas tous cependant). On lui reconnaitra surtout un traitement nihiliste particulièrement bien vu, qui permet parfois au film de distiller un excellent climat et laisser planer une  ambiance de "mort" qui sied bien à l'ensemble.
 


The Awakening (La maison des ombres, Nick Murphy 2012)


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Angleterre, 1921 : Florence est célèbre pour démasquer les fausses histoires de fantômes. Elle intervient dans une école pour tenter de prouver qu'aucun fantôme n'y rôde, mais ses convictions professionnelles vont s’effondrer en même temps qu'elle approchera la vérité.

The Awakening est un film de fantômes qui exploite davantage le mystère et la psychologie que les effrayantes apparitions de spectres vengeurs. En cela, il rappelle le Sixième Sens pour son rythme et son climat, ou évoque un certain cinéma fantastique espagnol dit de qualité comme L'Orphelinat par exemple.

Bien qu'effectivement bien écrit et réalisé, The Awakening ne réussit cependant pas à s'élever au delà de l'accumulation des codes du genre ni à construire un suspens suffisant. Pourtant soigné, tout çà reste bien sage et classique : déjà vu.

Alors à moins de raffoler des "ghost pictures" ou de ne pas avoir vu les derniers films (souvent réussis) en date, The Awakening demeure bien trop conventionnel au regard de la concurrence. Son positionnement de film de fantômes "classique" ainsi que son manque d'originalité tuent les qualités pourtant présentes du film et empêche The Awakening de créer un climat de peur, à notre sens, indispensable au genre.
Décevant. 

La vérité si je mens 3 (Thomas Gillou, 2011)


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Les rois du Sentier ont quitté le centre parisien, pour le nouveau paradis du textile d'Aubervilliers, en plein milieu de la concurrence chinoise. Ils vont devoir déjouer une tentative de torpillage de leur affaire, via l'intermédiaire de la douane et d'un contrôle fiscal.

S'il est vrai que l'équipe d'acteurs fonctionne plutôt bien entre elle et que leurs recettes réjouiront toujours les plus accrocs d'entre vous (pas nous), il faut bien dire aussi que tout ça commence à devenir bien répétitif.

Longue séance de cabotinage bien appuyé (2h quand même !) pour au final ne faire mouche que sur trois ou quatre bonnes  répliques, et encore... La Vérité Si Je Mens 3 reproduit (encore !) la même recette de l'équipe de copains qui se serre les coudes pour gagner à la fin (et, non ce n'est pas un spoil, puisque vous le saviez déjà), et c'est maintenant indigeste.

Thomas Gillou se contente de filmer platement et lourdement une joyeuse bande d'acteurs au minimum syndical (à l'exception de Gilbert Melki qui réussit à s'élever un peu au dessus du niveau général), le tout visiblement calibré pour un publique davantage intéressé par la success story infantile que la finesse de la comédie.

Avant d'afficher son visage sympathique, La Verité Si Je Mens 3 affiche avant tout celui de la comédie populaire française dans sa médiocrité la plus éclatante...

Super (James Gunn, 2011)


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Un homme dont la copine vient de le quitter pour partir avec un dealer, décide de devenir un super-héros afin de la récupérer et de combattre le crime.

James Gunn utilise le ton du cinéma indépendant américain pour nous raconter cette gentille histoire d'un loser décidé à revêtir un super-costume en dépit de son absence de super-pouvoirs.

Sur une trame extrêmement similaire à Kick-Ass, James Gunn ajoute à la comédie grinçante une dose de geek (via les comics : kapow !), une dose de gore, une once de religion et un zeste de ciné indé (comment ne pas y penser en voyant de surcroît la Ellen Page de Juno...) pour faire prendre le tout.

Au bout du compte, Super se laisse regarder sans déplaisir, mais ne parvient à aucun moment à convaincre réellement. Le film arbore fièrement son statut de petit film malin, certes, mais souffre d'un sérieux manque de rythme dans son déroulement et semble échouer dans l'humour discret qu'il semble pourtant revendiquer.
Super est distrayant, attachant par certains aspects, mais semble ne pas savoir vraiment où il va. A choisir, à doorama, on lui préfèrera son grand frère Kick-Ass, plus commercial et moins "arty", mais finalement plus assumé et, dans son genre, plus abouti.

Playback (Michael A. Nickles, 2011)


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Une malédiction se propage par l'intermédiaire de films. Un jeune homme qui enquête pour son école sur un célèbre meurtre qui a eu lieu dans sa ville, va se trouver confronté à l'"héritier" de cette cette malédiction.

On aime les nanars à doorama, on espère toujours y trouver la substantifique moelle de la créativité où de l'originalité. Alors on a vu Playback. Faute de ce que nous espérions y trouver (sans trop y croire non plus), nous sommes ressorti vidé et abêtis de cette histoire de fantôme au ras des pâquerettes, traitée en parfait horror-movie pour ados élevé au McDo.

Playback n'est qu'une suite molle de morceaux horrifiques déjà vus (Ring entre autres). Infantilisant et brouillon, Playback accumule les clichés autour d'un scénario non seulement usé, mais finalement confus.

Playback n'est qu'une chair à direct-to-dvd, espérant trouver en la présence du pauvre Christian Slater la caution suffisante pour donner de l'envergure à ce ghost-movie ringard et creux. Playback ennuie, il singe ses grands frères en les vidant de tout sens. Il rappelle que le film d'épouvante est encore trop souvent pris comme un divertissement pour teenagers et oublie qu'il peut aussi être un formidable catalyseur du drame, une dissection psychologique ou de l'expression des dysfonctionnements de notre société. En un sens, playback est un modèle... de ce qu'il ne faut pas faire.
Playback ? Non : stop ! 

Mon pire cauchemar (Anne Fontaine, 2011)


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Une femme des beaux quartiers, responsable à la Fondation Cartier, fait la connaissance , par l'intermédiaire de leurs enfants, d'un homme populaire, père moyen, familier des plans débrouille et de la bouteille. Malgré leurs différences flagrantes, ils vont tout deux se redécouvrir.

La comédie de Anne Fontaine ne fait pas dans la dentelle. Articulé autour du fossé social entre deux personnages, Mon Pire Cauchemar débute avec l'artillerie lourde pour installer sans finesse ses personnages caricaturaux (façon bourgeoisie branchée de Paris 6 contre ouvrier belge obsédé et alcoolo).

Péniblement, et malgré quelques répliques amusantes, le film se déplace doucement vers le registre sentimental, perdant en humour et gagnant en ennui convenu. Mon Pire Cauchemar n'est "sauvé" que par un Poelvoorde égal à lui même et une Isabelle Huppert au sommet de son charisme, mais hélas au jeu un étrangement désincarné.

Mon Pire Cauchemar est sans surprise, il accumule le déjà vu et les clichés et tisse son écheveau de grosses ficelles usées sans inspiration. Très représentatif de la comédie à la Française qui se donne bonne conscience par un semblant de fond social, Mon Pire Cauchemar est sauvé par ses deux comédiens et réussit tout juste à se laisser voir sans ennui si il n'y a rien d'autre à voir (mais alors absolument rien d'autre !).