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The Awakening (La maison des ombres, Nick Murphy 2012)


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Angleterre, 1921 : Florence est célèbre pour démasquer les fausses histoires de fantômes. Elle intervient dans une école pour tenter de prouver qu'aucun fantôme n'y rôde, mais ses convictions professionnelles vont s’effondrer en même temps qu'elle approchera la vérité.

The Awakening est un film de fantômes qui exploite davantage le mystère et la psychologie que les effrayantes apparitions de spectres vengeurs. En cela, il rappelle le Sixième Sens pour son rythme et son climat, ou évoque un certain cinéma fantastique espagnol dit de qualité comme L'Orphelinat par exemple.

Bien qu'effectivement bien écrit et réalisé, The Awakening ne réussit cependant pas à s'élever au delà de l'accumulation des codes du genre ni à construire un suspens suffisant. Pourtant soigné, tout çà reste bien sage et classique : déjà vu.

Alors à moins de raffoler des "ghost pictures" ou de ne pas avoir vu les derniers films (souvent réussis) en date, The Awakening demeure bien trop conventionnel au regard de la concurrence. Son positionnement de film de fantômes "classique" ainsi que son manque d'originalité tuent les qualités pourtant présentes du film et empêche The Awakening de créer un climat de peur, à notre sens, indispensable au genre.
Décevant. 

La vérité si je mens 3 (Thomas Gillou, 2011)


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Les rois du Sentier ont quitté le centre parisien, pour le nouveau paradis du textile d'Aubervilliers, en plein milieu de la concurrence chinoise. Ils vont devoir déjouer une tentative de torpillage de leur affaire, via l'intermédiaire de la douane et d'un contrôle fiscal.

S'il est vrai que l'équipe d'acteurs fonctionne plutôt bien entre elle et que leurs recettes réjouiront toujours les plus accrocs d'entre vous (pas nous), il faut bien dire aussi que tout ça commence à devenir bien répétitif.

Longue séance de cabotinage bien appuyé (2h quand même !) pour au final ne faire mouche que sur trois ou quatre bonnes  répliques, et encore... La Vérité Si Je Mens 3 reproduit (encore !) la même recette de l'équipe de copains qui se serre les coudes pour gagner à la fin (et, non ce n'est pas un spoil, puisque vous le saviez déjà), et c'est maintenant indigeste.

Thomas Gillou se contente de filmer platement et lourdement une joyeuse bande d'acteurs au minimum syndical (à l'exception de Gilbert Melki qui réussit à s'élever un peu au dessus du niveau général), le tout visiblement calibré pour un publique davantage intéressé par la success story infantile que la finesse de la comédie.

Avant d'afficher son visage sympathique, La Verité Si Je Mens 3 affiche avant tout celui de la comédie populaire française dans sa médiocrité la plus éclatante...

Super (James Gunn, 2011)


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Un homme dont la copine vient de le quitter pour partir avec un dealer, décide de devenir un super-héros afin de la récupérer et de combattre le crime.

James Gunn utilise le ton du cinéma indépendant américain pour nous raconter cette gentille histoire d'un loser décidé à revêtir un super-costume en dépit de son absence de super-pouvoirs.

Sur une trame extrêmement similaire à Kick-Ass, James Gunn ajoute à la comédie grinçante une dose de geek (via les comics : kapow !), une dose de gore, une once de religion et un zeste de ciné indé (comment ne pas y penser en voyant de surcroît la Ellen Page de Juno...) pour faire prendre le tout.

Au bout du compte, Super se laisse regarder sans déplaisir, mais ne parvient à aucun moment à convaincre réellement. Le film arbore fièrement son statut de petit film malin, certes, mais souffre d'un sérieux manque de rythme dans son déroulement et semble échouer dans l'humour discret qu'il semble pourtant revendiquer.
Super est distrayant, attachant par certains aspects, mais semble ne pas savoir vraiment où il va. A choisir, à doorama, on lui préfèrera son grand frère Kick-Ass, plus commercial et moins "arty", mais finalement plus assumé et, dans son genre, plus abouti.

Playback (Michael A. Nickles, 2011)


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Une malédiction se propage par l'intermédiaire de films. Un jeune homme qui enquête pour son école sur un célèbre meurtre qui a eu lieu dans sa ville, va se trouver confronté à l'"héritier" de cette cette malédiction.

On aime les nanars à doorama, on espère toujours y trouver la substantifique moelle de la créativité où de l'originalité. Alors on a vu Playback. Faute de ce que nous espérions y trouver (sans trop y croire non plus), nous sommes ressorti vidé et abêtis de cette histoire de fantôme au ras des pâquerettes, traitée en parfait horror-movie pour ados élevé au McDo.

Playback n'est qu'une suite molle de morceaux horrifiques déjà vus (Ring entre autres). Infantilisant et brouillon, Playback accumule les clichés autour d'un scénario non seulement usé, mais finalement confus.

Playback n'est qu'une chair à direct-to-dvd, espérant trouver en la présence du pauvre Christian Slater la caution suffisante pour donner de l'envergure à ce ghost-movie ringard et creux. Playback ennuie, il singe ses grands frères en les vidant de tout sens. Il rappelle que le film d'épouvante est encore trop souvent pris comme un divertissement pour teenagers et oublie qu'il peut aussi être un formidable catalyseur du drame, une dissection psychologique ou de l'expression des dysfonctionnements de notre société. En un sens, playback est un modèle... de ce qu'il ne faut pas faire.
Playback ? Non : stop ! 

Mon pire cauchemar (Anne Fontaine, 2011)


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Une femme des beaux quartiers, responsable à la Fondation Cartier, fait la connaissance , par l'intermédiaire de leurs enfants, d'un homme populaire, père moyen, familier des plans débrouille et de la bouteille. Malgré leurs différences flagrantes, ils vont tout deux se redécouvrir.

La comédie de Anne Fontaine ne fait pas dans la dentelle. Articulé autour du fossé social entre deux personnages, Mon Pire Cauchemar débute avec l'artillerie lourde pour installer sans finesse ses personnages caricaturaux (façon bourgeoisie branchée de Paris 6 contre ouvrier belge obsédé et alcoolo).

Péniblement, et malgré quelques répliques amusantes, le film se déplace doucement vers le registre sentimental, perdant en humour et gagnant en ennui convenu. Mon Pire Cauchemar n'est "sauvé" que par un Poelvoorde égal à lui même et une Isabelle Huppert au sommet de son charisme, mais hélas au jeu un étrangement désincarné.

Mon Pire Cauchemar est sans surprise, il accumule le déjà vu et les clichés et tisse son écheveau de grosses ficelles usées sans inspiration. Très représentatif de la comédie à la Française qui se donne bonne conscience par un semblant de fond social, Mon Pire Cauchemar est sauvé par ses deux comédiens et réussit tout juste à se laisser voir sans ennui si il n'y a rien d'autre à voir (mais alors absolument rien d'autre !).

Millenium : les hommes qui n'aimaient pas les femmes (David Fincher, 2011)


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Un journaliste est engagé par un vieil industriel pour enquêter sur une éventuel crime vieux de 40 ans dont l'un des membres de sa famille en serait le coupable. Sur l'ile familiale, véritable panier de crabe, Mikael s'attache les services de Lisbeth, une pirate du web, et découvre qu'il y aurait en fait plusieurs meurtres...

Après Zodiac, David Fincher retrouve le film d'investigation, mystérieux, méticuleux et, comme Social Network, génialement maîtrisé. Millénium avait déjà été porté à l'écran, mais la version de Fincher lui apporte le rythme et le look qui lui manquait alors.

Plus "épais", donc que la version précédente, le Millénium de Fincher tient la route. Beau, tendu, peuplé de plans sublimes, le Millénium de Fincher retrouve l'obsession et le détail de Zodiac et soigne ses personnages. La tension monte progressivement, le mystère se double de noirceur, Daniel Craig et Rooney Mara explorent avec talent et sobriété les méandres sombres de l'enquête.

Avant d'être un demi flop public, Millénium est un solide thriller particulièrement soigné, un film abouti qui grâce l'élégante mise en scène de David Fincher, réussit presque à faire oublier que l'on connait déjà tout de son histoire ! Millénium est le remake d'un film, qui était l'adaptation d'une série télé, qui était elle même l'adaptation d'un roman (l'arrière petit fils ?), c'est sans doute là son seul défaut.

Sauf à découvrir cette histoire avec cette version, Millénium, enquête vertigineuse, est par nature vidé de son originalité et de sa surprise, sa qualité principale se trouve dans l'intelligence la maîtrise de sa réalisation.


Biutiful (Alejandro González Inarritu, 2010)


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Vivant de diverses combines louches pour vivre, un homme apprends qu'un cancer va l’emporter. La difficulté du quotidien n'en sera que plus lourd, d'autant plus que Uxbal laisse derrière lui deux enfants dont leur mère junkie ne peut s'occuper.

Une écrasante ambiance se dégage du dernier Inarritu. Noir, incroyablement sombre et désespéré, Biutiful étouffe littéralement le spectateur sous le poids de la misère sociale et de la survie de son personnage.

Biutiful ne trouve de lumière et d'espoir qu'a de très rares occasions, toutes fugitives, à peine esquissées. Si Biutiful est, comme à son habitude avec Inarritu, absolument sublime visuellement, tout cela en devient presque trop pour le spectateur, qui assiste impuissant à une avalanche de dureté et de misère, se demandant après le générique de fin pourquoi, ou comment, il a pu et voulu s'infliger çà.

Biutiful dresse effectivement, au travers de l'incroyable Javier Bardem (dont le prix d’interprétation à Cannes ressemble à une évidence après la vision du film) un terrifiant portrait d'une société plus qu'impitoyable, mais cela ne suffit pas à garder de Biutiful une "bonne impression". Le dernier film d'Inarritu souffre d'une excès de réalisme, d'une volonté aveugle et obsessionnelle de restituer un noir parfait, mais à force Biutiful en devient un chemin de croix.

Biutiful est une expérience crue et brute à la limite du masochiste, en dépit de la perfection qu'il approche. 

Young Adult (Jason Reitman, 2011)


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Mavis à quitté sa petite ville natale pour la vie de la grande ville et la carrière d'auteur. Lorsqu'elle apprend que son ex va avoir un enfant, elle se met en tête de le reconquérir. De retour dans sa ville, elle se lie d’amitié avec un ancien de son lycée, mais malgré ses conseils compte bien briser le ménage de son petit ami d'enfance pour le récupérer.

Jason Reitman nous a déjà livré deux beaux moments de cinéma avec Juno et surtout Up In The Air. Avec Young Adult, il conserve son ton si particulier, mélange d'ironie et d'humour.

Même si Young Adult distille un humour certain du début à la fin, il n'est pas une comédie. Au travers de son personnage qui a mal assimilé les leçons de la vie post-universitaire, il dresse au final une vision assez pesante, amère, d'une certaine société, ou plutôt d'un certain profil d'individus égoistes, individuels et égocentrés. C'est en fait un drame déguisé en comédie, dans lequel Charlize Theron y incarne son personnage d'adulte immature à la perfection : elle y est absolument détestable (son personnage, bien sur) !

Young Adult ne fait pas dans le spectaculaire, il se concentre sur son microcosme avec soin, il s'en tient à sa "petite histoire" et ne lâche à aucun moment ses personnages. A force de tant d'attention et d'observation, Jason Reitman déborde tout naturellement de son anecdote pour recueillir un écho fidèle de certains de nos maux de société. Young Adult n'est pas un film renversant ou un must-see, mais la singularité assumée de son scénario et de son ton en font un excellent moment en nous donnant la capacité de voire ce qui nous échappe souvent au quotidien.

Bullhead (Rundskop, Michael R. Roskam, 2011)


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En Belgique, Jacky est un agriculteur renfermé sur lui même, il s'adonne aussi au trafic d'hormones. Sur un gros coup, au cours duquel il retrouve par hasard un ami d'enfance, il attire l'attention de la police. L'étau se resserrera sur ces activités en même temps que ressurgiront de difficiles souvenirs d'enfance.

Quasi minéral, terrien et boueux, ce drame âpre et tendu prends place dans un univers peu utilisé au cinéma. L'univers du polar tendance traffic mafieux se trouvent ici transposé entre la boue et les vaches ! Bullhead se dépouille alors de tout artifice pour devenir un objet brut, sombre, quasi documentaire.

Visuellement, Bullhead trouve son équilibre entre le cinéma de Gaspard Noé (la sobriété en plus) et celui du Nicolas Winding Refn de Pusher. Lent, silencieux et sombre, Bullhead séduit par sa grande sobriété et son dépouillement. Dans une grisaille déprimante au possible, les personnages émergent, seuls éléments en mouvement, attirant inexorablement le drame.

Bullhead est à des années lumières d'un film de gangster traditionnel. Pas de fusillades, pas de suspens, la violence y est pourtant omniprésente, mais pas visuellement : elle se tapie à l'intérieur des personnages, se cache dans l'humidité de l'air de la campagne... Si le rythme et la lenteur de Bullhead pourra décourager les spectateurs les plus bourrins (campagne oblige), il réservera aux autres un drame épais, pesant et ciselé : un objet cinématographique bien élégant.

The Last Winter (Larry Fessenden, 2010)


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En Alaska, des prospections pétrolières troublent l'équilibre de l'écosystème. Une équipe de scientifiques est confrontée à d'étranges phénomènes.

L'immensité de la banquise et la promiscuité des hommes dans une petite station isolée rappellent forcément l'ambiance de The Thing. La créature du film de Carpenter, qui se cachait à l'intérieur des hommes, se cache ici dans la nature, et c'est cette nature qui va influencer l'équilibre intérieur des hommes.

Si les recettes sont similaires, Last Winter ne copie cependant pas le Modèle, et si l'ambiance reste comparable, il n'atteint hélas pas son intensité.

Last Winter se laisse suivre avec intérêt, il réussit à installer un intéressant climat d'angoisse et entretenir un suspens croissant. Mais l'entreprise s'écroule dans la dernière partie du film, retombant dans un fantastique conventionnel et sans originalité, en parfaite opposition avec tout ce que Last Winter avait tenté de construire.

Last Winter se découvre comme une sympathique petite série B fantastique sur fond d'écologie, mais se termine hélas dans la banalité de la série Z. Dommage, sans son scénario terminé dans le bâclage, le film aurait pu se ranger dans les bonnes surprises.

Perfect Sense (David McKenzie, 2011)


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Une épidémie s'empare progressivement du monde : chaque symptôme est suivi de la perte de l'un de nos sens... Au milieu de ce curieux mal sans remède, un cuisinier rencontre la scientifique d'à coté et tombent amoureux.

Perfect Sence commence sans intensité, presque laborieusement, mais chaque amputation sensorielle du film enrichi l'expérience du spectateur. Grâce à un scénario mêlant habilement romance et science-fiction, David Mckenzie construit patiemment son film et dessine progressivement un parallèle stimulant entre l'évolution de son mal et notre société.

"Pour chaque chose que l'on perd, on en acquiert une autre" terminait le film Un Eté 42... C'est un peu ce qui caractérise Perfect Sense en se focalisant chaque fois davantage sur l'humain à chacun de nos sens perdu. McKenzie réussit à établir une fort belle métaphore, entre nos accumulations matérielles et nos pertes de sens (de Sens ?). Perfect Sense fabrique de la plus belle des manières qu'il soit un jeu de reflets entre notre société et nous, sans jamais délivrer de message trop appuyé, sinon celui que son scénario réclame : l'Amour !

Perfect Sense, flirte parfois avec un coté bien-pensant ou politiquement correcte, il use parfois de quelques violons (sans parler de la magnifique BO de Max Richter, qui l'illustre au sens propre comme au sens figuré), mais il parvient à captiver de manière croissante jusqu'à sa dernière image. Perfect Sense laisse plusieurs saveurs complémentaires et contradictoires après sa vision, mais avant tout il parvient à réveiller vos sens... Une très belle expérience.

Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne (Steven Spielberg, 2011)


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Tintin cherche à retrouver les maquettes de La Licorne avant que l'immonde Sakharine ne mette la main sur le trésor que leur secret renferme.

Techniquement, le numérique de Tintin atteint des sommets. Certaines textures sont absolument renversantes, ce n'est hélas pas le premier mot qui vient à l'esprit pour qualifier le film !

Forcément, on est "attendu au tournant" lorsque l'on adapte un mythe comme Tintin au cinéma, ou que l'on change de média (BD et cinéma sont cousins, mais ils n'ont pas le même langage), forcément fans et créateurs n'ont pas la même vision... 

Doorama, peu connaisseur de Tintin, mais avant tout peu fan de Spielberg, se place du coté des décus. Le film est certes fort beau, mais l'âme n'est pas là ! Si l'on supprime les allusions à plusieurs aventures de Tintin (ci et là dispersées pour "crédibiliser" l'univers) et que l'on change les noms, Tintin n'est qu'un blockbuster d'aventure américain de plus. Si on l'"anonymise" (à la manière d'un CV,) la seule chose que l'on verrait transparaître du film est du Spielberg, certainement pas du Hergé ! (même si Indy, initialement, pouvait en partie s'en inspirer il est vrai).

Tintin est donc avant tout un film d'aventure et d'action, sans temps mort, effectivement trépidant (trop ?) mais avant tout américain ! Une espèce de contradiction interne qui risque de décevoir les puristes Tintinophiles et rendent le projet quelque part frustrant. Tintin, le film, ressemble à la BD de Hergé comme le Sherlock Holmes  de  Guy Ritchie à l'oeuvre de Conan Doyle : Une simple étiquette !


Sinon, pour le reste, Spielberg "sait faire" ! L’impressionnante poursuite en side-car, en un seul long plan séquence, est une leçon de cinéma à elle seule !