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L'Ordre et la Morale (2011)


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Nouvelle Calédonie en 1988, des gendarmes sont pris en otage par les indépendantistes. L'Odre et la Morale raconte les jours qui ont précédés l'assaut pour libérer ces otages.

L'Ordre et la Morale est loin d'être parfait, mais on ne peut que reconnaitre l'intelligence et la conviction de la réalisation de Mathieu Kassovitz. Avant d'être une posture critique sur les circonstances et motivations de la France dans cet épisode, c'est avant tout un film qui s'interroge sur le rôle de la force dans la résolution d'un conflit et surtout un film sur les certitudes et doutes d'un homme engagé pour un pays.

Certes manichéen (l'Etat et les Kanaks, la Grande Muette et le crops du GIGN...) l'Ordre et la Morale dénonce les stratégies d'instrumentalisation en opposant les intentions politiques aux actions mises en oeuvre, et les discours affichés avec la réalité ! Le message est naïf et politiquement correct, mais Kassovitz, grâce à une réalisation sobre et inspirée, et en construisant son film principalement autour de la prise de conscience de ce capitaine du GIGN, réussit à nous convaincre.

L'Ordre et la Morale est un film fort, doté d'une mise en scène juste et inspirée (l'incroyable plan séquence lors de l'assaut !). En dépit de ses imperfections, le film captive et propose au spectateur une intéressante réflexion sur les incohérences d'un pays entre ses discours et ses actes.
L'Ordre et la Morale compense son relatif manque de finesse de réfléxion en force cinématographique : Mathieu Kassovitz retrouverait il un second souffle ? Oui.
 

The Violent Kind (2010)


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Par où commencer... Une belle affiche peut être ? The Violent Kind est, à sa façon, un véritable ovni, dont il est difficile de dévoiler son scénario sans tuer la surprise de celui-ci. On vous dira cependant que quelques personnages en virée festive se retrouvent attaqués par d'autres, quelque peu décalés, et ce sans raison apparente.

Pourtant paré de tout ce qu'aime l'amateur de cinéma de genre(s), The Violent Kind est un gigantesque fourre-tout ! Il emprunte autant aux films de gang (façon hells angels) qu'aux films d'invasion (façon Skyline), qu'à Evil Dead, qu'à l'Exorciste, qu'à La Dernière Maison Sur la Gauche, qu'à La nuit des Morts Vivants, qu'à... etc !

C'est donc à une véritable volonté de livrer un film somme, une sorte de chimère pour tout cinéphile, que se sont attelés les deux réalisateurs (The Butcher Brothers !) en combinant tant bien que mal au moins 10 genres dans un seul scénario.
Mais au bout du compte, hélas, le film se retrouve vidé de toute substance, presque défiguré, et il devient alors bien difficile de se laisser captiver par tant de revirements, aussi artificiels que platement mis en images.
 The Violent Kind se laissera donc découvrir gentiment par les amateurs de série B, mais pour les autres un seul verdict : dommage que tant de bonnes intentions ne tienne pas ses promesses !

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Le Grand Amour (Pierre Etaix, 1969)


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 Marié pour le meilleur et le meilleur, Pierre vit avec sa femme (et sa belle famille) sans encombre, jusqu'à l'arrivée de sa nouvelle secrétaire...

Avec Le Grand Amour, Pierre Etaix, jette son oeil exercé sur une certaine usure du couple, ou plus précisément sur l'homme, perpétuel chasseur, dans le couple. Comme toujours, c'est le détail qui l'emporte ici, et même si l'histoire aborde davantage la tentation que la notion de couple, ce qui intéresse Etaix, c'est avant tout la résistance des personnages face au monde qui les entoure (famille, regard des autres, usages de la société...).

Le Grand Amour est davantage scénarisé, et plus concentré, que ses précédentes oeuvres. Il délaisse la simple "trame prétexte" au profit d'un véritable développement du récit et de son personnage, nous permettant ainsi de découvrir un Pierre Etaix moins libre et léger qu'à son habitude, mais aussi plus ambitieux, plus appliqué dans son cinéma.

Peut être un peu moins riche et percutant que dans Tant Qu'on A La Santé ou Le Soupirant, ce Grand Amour là contient cependant tout ce que l'on aime du style Etaix et constitue aussi une carte postale détaillée des valeurs de la France d'avant 68, pressentant peut être les changements à venir...



Intouchables (2011)


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"Je ne touche pas à ça, moi": c'était un peu l’apriori de Doorama devant l'immense succès, façon Ch'tis, de cette histoire du banlieusard de cité qui découvre que les riches ont une âme et du riche qui découvre que les blacks de cité sont bons et ont un coeur...

Intouchables, sous son apparence de comédie populaire, recèle en fait de véritables qualités. Si son pitch ratisse large et dans l'ère du temps, il réussit à traiter son sujet avec sensibilité et parvient à éviter les pièges du succès populaire, conciliant avec intelligence (ce qui n'est pas si fréquent) les "bons sentiments" et le bon Cinéma.

Contrairement à Bienvenue chez les Ch'tis, dont le succès était usurpé (tout au moins du point de vue purement cinématographique), Intouchables traite de la différence (physique, culturelle, sociale...) sans tomber dans la simple caricature, et nous conte une belle histoire (une fable ?), une très belle Rencontre entre deux êtres. Même si les messages demeurent simples (voire basiques : aller vers l'autre, le respect des différences, etc...), on ne peut que remercier Eric Toledano et Olivier Nakache d'avoir tenu leur cap, de ne pas avoir cédé aux sirènes de la facilité au détriment de leur cinéma. Il suffira de prêter attention à la très belle musique de Ludovico Einaudi ou de constater la justesse des acteurs pour comprendre les ambitions et exigences des réalisateurs...

Même si Intouchable est loin d'être le meilleur film de l'année, il est un vrai moment de cinéma, dans le sens où il mélange habillement fond et forme. Il manie humour, finesse et émotion, le tout offert avec de très beaux moments de réalisation (scène de la compresse...).
Bien d'autres films méritent davantage le succès d'Intouchables, certes, mais on comprend cependant qu'il ait fait mouche : son succès n'est pas volé, le plaisir est bien là, authentique !



Le soupirant (1963)


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Si Pierre Etaix n'existait pas, il faudrait l'inventer !
Le Soupirant aborde avec humour et poésie (comme toujours chez Etaix) la quête d'un jeune homme réservé pour trouver celle qui deviendra sa femme.

Comme à son habitude, l'univers d'Etaix est peu bavard, il propose avant tout des situations comiques visuelles basées sur l'observation des détails et le décalage (social, mais aussi temporel).
Entre Pierre Etaix, dont chaque geste est un régal (tant il emprunte aux mimes), et l'univers sonore particulièrement travaillé, Le Soupirant se hisse sans peine à coté du cinéma de Tati, usant des mêmes armes humoristique et touchant sa cible avec la même efficacité !

Véritable bouffée d'oxygène, au regard de l'humour qui fonctionne aujourd'hui, le cinéma de Pierre Etaix redonne envie de simplicité, et au delà de divertir et faire rire, il laisse joyeux bien après sa vision.
A doorama, on recommande 5 minute de Pierre Etaix chaque jour !
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The Housemaid (Corée, 2010)


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The Housemaid est un remake d'un film homonyme de 1960. La version 2010 nous raconte l'histoire d'une bonne au sein d'une famille bourgeoise, séduite par le mari, puis confrontée aux conséquences de cette relation.

Particulièrement esthétique et inquiétant, The Housemaid est un thriller psychologique qui appuie sa force sur les différences sociales de ses protagonistes. Erotique et sensuel, il mêle habillement le suspense et le mystère, portant ce fait divers social vers le hui-clos oppressant. Sans en atteindre la force, The Housemaid lorgne vers le cinéma de Hitchcock ou même celui de Cronenberg. Il distille sa noiceur avec élégance et efficacité jusqu'à son final puissant et plutôt inattendu.

The Housemaid ne réinvente certes rien, mais il avance ses pions avec maîtrise et dévoile ses multiples attraits avec intelligence et goût. Il fait simplement partie de ces films dont le plaisir de la découverte est total et la réussite évidente.
Le cinéma Coréen est décidément en pleine forme, peut être parmi les plus riches et passionnant du moment ! 


Gonin (The Five, Takashi Ishii, 1995)


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Parfaitement équilibré entre thriller, film de yakusa et film noir, Gonin propose de suivre cinq personnages qui tentent de braquer un clan Yakusa.

Bien que Gonin souffre de temps en temps de certains effets trop appuyés ("défaut" récurant, mais culturel, du cinéma asiatique), il est avant tout une réussite grâce à la richesse de ses thèmes et à son originalité quand au traitement de ses personnages. Efficace, rythmé, brutal et doté d'une très belle mise en scène, Gonin peut se comparer à un Heat ou même encore à Quand la Ville Dort.

A l'exception de son coté film de yakusa, rien n'est définitivement acquis dans Gonin. On ne cesse de découvrir les protagonistes tout au long du film, le scénario apporte inlassablement de nouveaux éléments et le tout avec grand style. Le film s'articule habilement autour de l'arrivée centrale de Beat Takeshi (Kitano, quoi), dont le personnage implacable et décalé ancrera la seconde partie dans la plus pure tradition du film noir.  

Gonin (1995) avait curieusement échappé à Doorama... : sa découverte est une excellente surprise. Le plaisir est total à la vision de ce petit bijou japonais,  il use de tous les codes du(des) genre(s), sans jamais les trahir, ni manquer d'en changer l'approche. A découvrir.
  

Apollo 18 (2011)


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Apollo 18 fait de partie de cette vague de films "faux documentaire", dont Blair Witch avait redynamisé le genre et élargi les applications. Nous sommes donc conviés à découvrir cette mission lunaire restée top secret (au vu de sa réussite et de son contenu, puisqu'il s'agit ici de vie sur la lune).

La prétendue mission est donc un flop, et on a bien envie d'en penser autant de cet Apollo 18 ! Malgré une trame sympathique, une écriture soignée, et une belle reconstitution de cette mission, Apollo 18 ne parvient pas à installer son suspens et son aspect "found-footage".

Peut être victime des codes même de ce genre cinématographique (caméra qui tremble, plans non lisibles, cuts visuels et scénaristiques, montée progressive du scénario, etc...) Apollo 18 laisse le spectateur sur terre au lieu de le prendre avec lui et l'immerger dans ce piège lunaire. Comme beaucoup d'autre films de ce type là, la volonté de rester crédible (docu oblige !) plombe le film dans le détail et l'anecdotique, et du coup se heurte ici à ce qu'aurait pu être cette "veritable" mission spatiale Apollo 18 !

Apollo 18 n'est pas "raté", il se heurte simplement aux limites du genre, et ce particulièrement pour ceux qui ont vu beaucoup de Found-Footage Movies.
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Bruegel, Le Moulin et la Croix (2011)


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Non, Bruegel n'est pas l'inventeur des couvercles des boites de chocolat, c'etait un peintre dont l'oeuvre explore le quotidien des paysans, et pour ce qui nous intéresse ici, le peintre de "Le Portement de Croix".

C'est à partir de cette toile que le réalisateur polonais à imaginé son film, récréant pas à pas et détail après détail (et il y en dans cette peinture !) les éléments contextuels dans lequel la toile à vu le jour. Chaque personnage de cette toile s'anime alors, prend vie, pour dévoiler un peu sa vie hors du tableau et ainsi en donner une lecture élargie, à la fois sociale, historique et symbolique.

Si imaginer un univers entier à partir d'une seule image est ambitieux et intellectuellement stimulant, le dépouillement choisi par son réalisateur et, à l'opposé, son esthétisme extrême et exigeant font de Bruegel, Le Moulin et la Croix une expérience à la limite de l'expérimental et parfois déconcertante (les trois grands acteurs sont quasi muets et très peu présents, les son très appuyés évoquent l'univers des productions télé BBC des 60's, le scénario très éclaté peine à captiver...).

Bruegel se fige au fur et à mesure de son avancement (touche après touche - impressionniste ?), et malgré sa très grande intelligence et son ambition, laisse peu à peu apparaître l'ennui. A la manière de certains documentaires de reconstitution à la Arte, le film et le projet lasse, victime peut être de son statut hybride entre film et documentaire.  

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Minuit A Paris (Woody Allen, 2010)


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Minuit à Paris donne la Banane, en nous rappellant la chance que nous avons de vivre dans cette ville hantée par son patrimoine historique et intellectuel.

Woody Allen y aborde la fascination qu'exerce Paris sur son personnage (Owen Wilson, sympathique au possible, mais toujours aussi difficile à cerner...) et plus généralement sur les étrangers, à l'aide d'une touche de magie semblable à celle d'Une Rose Pourpre du Caire.

Faussement naïf et gorgé de poésie, Minuit A Paris, sous ses aspects de fable légère, s'amuse de nos idéaux et de nos modèles intellectuels. Il nous renvoie à nos désirs et à l'image que nous nous faisons de nous même et des choses, sans jamais se prendre au sérieux : et c'est tant mieux !

Ce dernier Allen est léger, délicat, romantique (si, si) et terriblement apaisant. Aussi agréable que la première journée de soleil du printemps !

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Tant Qu'on A La Santé (Pierre Etaix, 1966)


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Film en 4 chapitres d'un maître méconnus et souvent oublié du cinéma (et du cirque !) français, Tant Qu'on A La Santé regorge d'un humour que le fan de Tati saura reconnaitre.


Après une première partie (Insomnie) amusante, mais pas indispensable, Tant Qu'on A La Santé, grossit avec finesse ces petits détails du quotidien d'alors pour en faire ressortir l'absurdité et le superficiel.


Pierre Etaix, dessine alors avec un humour poétique, et aussi incisif qu'un scalpel, une société de fourmis perpétuellement malmenées par un environnement hostile. Tout l'univers de Tati (avec lequel Pierre Etaix a travaillé, notamment sur Mon Oncle et sa modernité primitive !) est ici présent et repris, mais cette fois sous l'oeil d'un clown. Le travail d'observation d'Etaix fait alors ressortir une touchante absurdité, débouchant sur un humour particulièrement savoureux !

Etaix, avec Tati,  étaient les détenteurs d'un humour rare, aujourd'hui quasi disparu, et chacun d'eux, avec leur sensibilité respective, avaient perçu les aspects aliénants de la jeune société de consommation.

Tant Qu'on A La Santé possède la simplicité et la qualité d'une véritable recette de grand-mère, il serait dommage de s'en priver, et encore plus, que l'on aime ou non, de ne pas y gouter. 

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Nosferatu (1979)


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Nosferatu, était en 1922 une adaptation déguisée du roman de Bram Stoker, cette version 1979 de Werner Herzog la reprend fidèlement, et redonne au comte le nom de Comte Dracula sous les traits d'un Klaus Kinski excessif et absolument magistral.

30 ans plus tard, cette version Herzog, conserve tout son climat mais revêt aujourd'hui une patine particulière et pour le moins surprenante ! Très stylisée et théâtrale, la mise en scène d'Herzog apparaît aujourd'hui particulièrement hétérogène, alternant des plans d'une beauté renversante avec d'autres choix esthétiques (flous à la Hamilton, lumières directes...) aujourd'hui dépassés, et surtout particulièrement laids...

Petit chef d'oeuvre climatique mais visuellement déconcertant, ce Nosferatu là, s'il séduit par son rythme hypnotisant et l'incroyable composition de Kinski en vampire usé et désabusé, se regarde aujourd'hui davantage comme une curiosité d'un Herzog en fin d'inspiration, qu'une relecture réussie du chef d'oeuvre de Murnau, et ne parvient pas à se faire une place dans les films qui comptent.


Bien qu'étant une véritable expérience de cinéma on préfèrera (et de loin !) la version de Murnau, dont, la force est demeurée intacte !