L'Ordre et la Morale est loin d'être parfait, mais on ne peut que reconnaitre l'intelligence et la conviction de la réalisation de Mathieu Kassovitz. Avant d'être une posture critique sur les circonstances et motivations de la France dans cet épisode, c'est avant tout un film qui s'interroge sur le rôle de la force dans la résolution d'un conflit et surtout un film sur les certitudes et doutes d'un homme engagé pour un pays.
Certes manichéen (l'Etat et les Kanaks, la Grande Muette et le crops du GIGN...) l'Ordre et la Morale dénonce les stratégies d'instrumentalisation en opposant les intentions politiques aux actions mises en oeuvre, et les discours affichés avec la réalité ! Le message est naïf et politiquement correct, mais Kassovitz, grâce à une réalisation sobre et inspirée, et en construisant son film principalement autour de la prise de conscience de ce capitaine du GIGN, réussit à nous convaincre.
L'Ordre et la Morale est un film fort, doté d'une mise en scène juste et inspirée (l'incroyable plan séquence lors de l'assaut !). En dépit de ses imperfections, le film captive et propose au spectateur une intéressante réflexion sur les incohérences d'un pays entre ses discours et ses actes.
L'Ordre et la Morale compense son relatif manque de finesse de réfléxion en force cinématographique : Mathieu Kassovitz retrouverait il un second souffle ? Oui.


















