Après Vicky Cristina Barcelona puis Minuit à Paris, c'est au tour de Rome d’accueillir les problèmes, désirs, rêves et et espérances des personnages de Woody Allen. Une rencontre inter-parentale qui vire à l'opéra d'avant garde, une actrice bourreau des coeurs, une gloire soudaine et un couple au départ contrarié forment les quatre histoires principales (et savoureuses) qui animent l'effervescente ville.
Timide à l'allumage, To Rome With Love installe finalement ses nombreux personnages pour un marathon touristique de près de deux heures. A grand coup de "magie" (Allen nous avait déjà fait le coup maintes fois, et en mieux pour Paris) et de scénettes souvent drôles (l'opéra aquatique est un grand moment !), la galerie de personnage prend vie et l'écriture et le style de Woody Allen dégage son charme et son élégante légèreté... mais pas toujours !
To Rome With Love est un Woody Allen "pur jus" : léger et drôle (et donc très loin du très noir, et génial Match Point !). Certes traversé de personnages truculents, touchants, maladroits et névrosés, le film est hélas entravé d'automatismes irritants et paresseux. "Allen fait du Allen", et le roi du cocktail fait sa recette star : "1 doigt de ville européenne, 1 doigt de film choral, 1 doigt d'humour, 1 doigt d'observation bien senti, 1 filet de magie et son indispensable zeste de légèreté". Le maestro ne rate certes jamais sa recette (quoi que...), mais il faut reconnaitre qu'il y a des jours avec... et des jours "moins avec" ! To Rome With Love est de ces derniers. La recette est connue, mais la surprise n'est plus là, le rythme artificiel et l'ensemble ne séduit plus autant.
Indéniablement, To Rome With Love possède ses moments de grâce, de justesse et de drôlerie, on retrouve avec plaisir les obsessions du réalisateurs et le casting est tout à fait plaisant. Mais To Rome With Love est aussi un Woody Allen en mode pilotage automatique, une redite qui peine un peu à nous emporter, qui tarde à trouver son rythme de croisière, et qui tarderait presque aussi à s'arrêter. Loin d'être mécontents de sa vision, nous sommes cependant déçus de ne pas avoir eu droit au niveau habituel, nous avons connu Woody Allen mieux inspiré, plus appliqué et finalement avec bien plus de choses à nous raconter.
Rome ne l'aura pas autant inspiré que Paris, ou bien est-ce la chaleur... qui sait ?

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