La Guerre est Déclarée, appuyé du caractère autobiographique de son histoire, ne laisse aucune chance au spectateur, celui-ci s'immerge et vit intensément cette puissante histoire de courage.
Son sujet pesant, traité avec fantaisie, légèreté parfois, évite adroitement le pathos et la grosse artillerie du mélo désespéré. Toute la force de La Guerre est Déclarée réside dans l'énergie positive qu'il dégage à chaque événement dramatique, il revêt alors l'apparence d'un hymne à la vie, fort et exaltant, et fait ressentir une vigueur jubilatoire.
La seule réserve qu'il soulève est dans le style qu'il propose. Alternant la fantaisie, force de vie, et le drame de la maladie dans une succession de scènes au style hétérogène, il passe d'indéniable moments de grâce (le verdict médical sur fond de Vivaldi !) à des passages plus décalés (la chanson) ou encore à d'autres presque chorégraphiés à la Lelouch. Si l'intention est claire et plutôt bien vue, cette illustration des hauts et des bas de la vie rate certaines de ses articulations, et si elle surprend, elle n'évite pas des "débrayages" brutaux chez le spectateur.
On pourra aussi regretter le jeu parfois artificiel de Jérémie Elkaïm (alors qu'il a vécu avec Valérie Donzelli le drame à la base de ce film) et certains dialogues un peu faibles, peut être victimes d'une trop grande envie de faire naturel et authentique. Malgré ces réserves, le couple qu'ils forment à l'écran est rayonnant, il force la sympathie et la compassion, on a envie de les aimer, les prendre dans ses bras et les soutenir.
La Guerre Est Déclarée est avant tout un beau film, fort et émouvant, mais ses choix de réalisation, peut être un peu bobo, risquent de ne pas survivre à l'évolution de l'air du temps. Ne restera alors que la force de son histoire, et c'est déjà énorme.




