Toujours fasciné par les difformités qui nous caractérisent (qu'elles soient physiques ou psychologiques) David Cronenberg plonge de nouveau sa caméra, tel un instrument médical, à l'intérieur de ses personnages.
Délaissant ici le fantastique ou la violence, Cronenberg renoue avec un traitement à la Spider, où il explore frontalement les interrogations, contradictions des fondateurs de la psychanalyse.
Puisqu'il est question de transfert, on reconnaitra à A Dangerous Method, son étonnante réussite quand à inverser les rôles, plaçant habilement les analystes en position de patients et la patiente en position d'analyste.
Lent et minutieux, A Dangerous Method ne parvient cependant pas à passionner. En dépit de l'intérêt certain de son sujet, le casting ne convainc pas totalement et, par sa volonté (?) de donner à son film les formes d'une analyse, Cronenberg en vient à oublier l'intérêt cinématographique de son entreprise.
Rapidement, A Dangerous Method se fige, devient froid, mettant le spectateur en position d'analyste, et l'obligeant de fait à rester à distance de son sujet. Si l'idée est intéressante et la démonstration en partie réussie, A Dangerous Method laisse au final un certain goût d'inachevé.




