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L'Hôtel de la Plage (Michel Lang, 1978)


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Bretagne, Finistère, Locquirec, Hôtel de la Plage... Comme chaque été dans ce joli coin de la Bretagne, les habitués viennent passer leurs vacances, en quête de détente, de rencontres, d' "aventure"s pour les plus vieux, ou d'un premier amour pour les plus jeunes...

Submergé sous Un Eté de Porcelaine de Mort Shuman, L'Hôtel de la Plage divise la rédaction de Doorama... Après avoir, bien entendu, remis le film dans son contexte (et Wikipedia nous informe qu'il se place 10ème au box office cette année là !), on découvre un film aussi agaçant qu'agréable à regarder.

Film choral sur la petite vie dans un hôtel d'une charmante station balnéaire, L'Hôtel de la Plage ne brille pas par ses qualités cinématographiques ou sa force narrative. Simple succession de petites scénettes où adultes, adolescents et enfants se confrontent à l'Amour, on suit cette galerie de personnages un peu passivement, sans but, un peu comme un Plus Belle La Vie qui peut indifféremment durer 5 minutes ou 2 heures. Autant dire que dans le genre "on a rien à vous raconter, juste à vous montrer", il n'est pas difficile de trouver plus réussi. Infidélités, premiers amours, premiers émois, français moyens, vacances en familles, plages, parties de pêche, concours local de chansons, coquillages et crustacés... L'Hôtel de la Plage accumule les cartes postales, sans grand talent, ni but, sinon que de simplement évoquer.

Mais à force de "rien" où d'anodin, sa vision, aujourd'hui, dégage un très agréable petit parfum de madeleine ! En moyenne, la rédaction de Doorama avait 8 ans à la sortie du film, et comme les personnages du film, passait elle aussi leurs vacances en famille et en Bretagne. Et c'est bien là que l'Hôtel de la Plage trouve un supplément de vie : dans son regard simple, quasi documentaire, sur le quotidien des vacanciers 70's. Détail après détail, Michel Lang parvient à nous rappeler, tel des instantanés, des sensation de ces années là, très claires, attachantes et fortes. Mais si le charme fonctionne bel et bien aujourd'hui, plus de 30 ans plus tard, et que l'Hôtel de la Plage parvient à séduire grandement par la nostalgie qu'il dégage, on se demande quand même quel intérêt il pouvait bien avoir lors de sa sortie. Insignifiant hier, selon nous, il apparaît tout à fait attachant aujourd'hui, pourvu qu'on l'aborde comme un témoignage tendre de ces années là.

S'il contenait un but, une direction, ou une réelle intention de son auteur (ce dont nous doutons), s'il démontrait une finesse psychologique plus apte à représenter son époque, nous le rapprocherions volontiers des Galettes de Pont-Aven, ou même du Chaud Lapin de Pascal Thomas, pour le ranger dans la catégorie des chroniques attachantes, douces et tendres. Mais au lieu de cela l'Hôtel de la Plage trouble le spectateur en le confrontant à une dimension affective et nostalgique palpable et, dans un même temps, en lui donnant l'impression de consommer passivement du AB production... Un petit mystère donc qui réveille bien des souvenirs, et même un certain plaisir, alors que son ambition initiale et sa simplicité semblait le condamner à l'anecdotique et à l'oubli, tant il ne devait vivre que le temps d'un été...

L'Hôtel de la Plage se regarde comme une photo à peine réussie, mais que l'on ne veut pas jeter. Un film aussi peu indispensable qu'il peut se révéler (très) attachant, mais qui l'air de rien, en dit cependant long sur les moeurs et la France en K-way de l'époque ! A voir avec l'oeil de l'anthropologue plutôt que celui du cinéphile...

Procurez-vous L'Hôtel de la Plage ou d'autres films de Michel Lang ou avec Guy MarchandDaniel Ceccaldi, ou Anne Parillaud

Dark Shadows (Tim Burton, 2012)


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 En 1752 Barnabas Collins est transformé en vampire et enfermé dans un cercueil par Angélique, qui jettera aussi une malédiction sur la descendance des Collins. En 1972 Barnabas retrouve la liberté, mais aussi sa famille en pleine décrépitude, toujours victime de la haine d'Angélique. Il va falloir changer tout cela.

Adaptation du show TV du même nom de la fin des 60's, peu connu en France, Dark Shadows nous emmène dans une aventure opposant la famille Collins à son ennemie jurée, la sorcière Angélique Bouchars. Tim Burton sort, bien sûr, pour l'occasion ses petits trucs habituels (silhouettes flottantes, arbres tordus, sens du kitch et du gothique, ainsi que ses Johnny Depp et Helena Bonham Carter habituels...) et les mixe pour l'occasion avec quelques emprunts à La Famille Adams, ainsi qu'à La Mort Vous Va Si Bien de Zemeckis, pour son final.

Les inconditionnels de Burton en auront pour leur argent, les autres, dont nous faisons partie, pourront s'agacer du réalisateur, incapable de renouveler son univers visuel, ou bien décidé à le reproduire sans cesse jusqu'à épuisement... C'est effectivement le cas, mais bien moins que d'habitude, et c'est tant mieux ! La nouveauté de ce Burton cuvée 2012 ne viendra donc pas de sa forme (cependant plus sage qu'à l'accoutumée), mais plutôt dans le traitement de son scénario, à l' humour discret, mais efficace. Découpé en trois actes (La dynastie Collins, le retour de Barnabas puis la confrontation), Burton soigne l'écriture de ses personnages, s'amuse avec le décalage des époques et orchestre un duel sacrément bien foutu, en évitant de s'enfermer trop dans son seul style ou rythme. De ce point de vue, Dark Shadows est très agréable à suivre, réservant régulièrement quelques surprises pour son spectateur (comme Barnabas et les hippies...), comme si Burton prenait soin de laisser quelques portes de sorties à son univers, quelques respirations.

En dépit d'un air de famille particulièrement prononcé avec La Famille Adams, Dark Shadows s'en démarque aisément, notamment par une certaine noirceur et son agréable personnalité. Fort élégamment réalisé, parfois très drôle et visuellement réussi, Dark Shadows est tout à fait plaisant et divertissant en dépit de son imagerie Burtonnienne indélébilement incrustée dans chaque détails. Mais si nous sommes personnellement écoeurés du style Burton depuis longtemps, Dark Shadows semble cependant chercher à l'atténuer, sinon à ne pas le rendre omniprésent. En "modérant" son univers, Tim Burton satisfait son public,  et, à l'exception de Depp qui fait du Burton (et paradoxalement, tant mieux pour cette prestation), Dark Shadows rayonne plus loin et renouvelle un peu l'air... un peu seulement !

Dark Shadows, malgré l'inévitable impression de déjà-vu liée à la personnalité de son réalisateur, parvient cependant à trouver une personnalité et un rythme qui lui sont propres. Il réussit à nous emmener dans son univers gothique, un peu barré, âpre aussi, et se découvre avec un vrai plaisir. Son humour et sa volonté de ne pas trop accentuer la signature Burtonnienne, le rendent bien plus digeste de son Alice Au Pays des Merveilles. Dark Shadows est à n'en pas douter réussi et hautement sympathique, mais on aimerait juste que son (grand) réalisateur nous étonne vraiment... Juste une fois par décennie... En se renouvellement par exemple... Et nous pensons à Match Point, qui est un Woody Allen qui ne ressemble pas à du Woody Allen, ou bien Inside Man pour Spike Lee... Étonne nous Tim !

Procurez-vous Dark Shadows ou d'autres films de Tim Burton ou avec Johnny DeppMichelle Pfeifferou Eva Green

The Secret (The Tall Man, Pascal Laugier, 2012)


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La petite ville de Cold Rock, au coeur des montagnes et des sapins, est oubliée des fruits de l'économie. Mais pire encore, les enfants y disparaissent mystérieusement, sans raisons, et sans qu'aucun ne soient retrouvé. Les habitants disent que c'est "The Tall Man" qui vient les emporter...

Pascal Laugier, réalisateur de Saint-Ange et de l'inégal mais éprouvant Martyrs, est encore l'un de ces "petits français", addict au film de genre, qui tente sa chance en s'exportant aux Etats-Unis. Pour ses débuts il s'attaque à une vrai-fausse histoire de croque mitaine et la traite d'une bien étonnante manière...

A grand renfort de fausses pistes, de twists et de changements de points de vue pour le spectateur, Pascal Laugier réalise un curieux film fantastique, qui faute d'être totalement convaincant, laisse cependant un certain mal-être après sa vision, en révélant un "secret" qui met mal à l'aise, dérange, et en soulevant des interrogations "qui grattent" vraiment. Pour faire simple, The Secret commence comme un film de Bogeyman qui kidnappe des enfants, puis effectue un virage vers le fait-divers qui effraye, celui que l'on lit dans la presse.

En brouillant régulièrement les pistes, habillement, sans jamais perdre le spectateur en route, ni user de grosses ficelles faciles, Laugier parvient à maintenir l'attention et la tension intacte, tout au long de son film. Alors bien sûr on pourra tiquer sur l'une ou l'autre de ses directions, fantastique ou réaliste, ou bien rejeter la tentative entière de mêler les deux, mais au delà de la réussite du mélange des genres que Pascal Laugier à tenté, nous voyons en The Secret une tentative à applaudir des deux mains. Quand à Jessica Biel, qui porte à elle seule tout le film, il convient de saluer sa très belle, et crédible, performance.

Pascal Laugier à tenté de livrer une oeuvre ambitieuse, voire audacieuse, et s'il est vrai que le résultat manque un peu de jus, il faut, selon nous, reconnaître à The Secret son courage (et particulièrement lors d'une première réalisation dans le système américain !) et sa volonté de faire avancer le genre. Un peu décevant en tant que film fantastique, pas assez convaincant en tant que film d'auteur, The Secret porte cependant ces deux gènes en lui, sans jamais échouer. Si le résultat n'est pas tout à fait là, nous trouvons que le rapprochement du film fantastique avec le film social, à la Winter's Bone, est des plus passionnants. Et puis, après tout, même sans creuser, The Secret tiens quand même tout à fait la route... Au moins, ça ressemble à du bon cinéma, que l'on aime ou pas le ciné de genre selon Laugier !

Procurez-vous The Secret ou d'autres films de Pascal Laugier ou avec Jessica Biel

Men In Black 3 (Barry Sonnenfeld, 2012)


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Boris l'animal, s'échappe de sa prison lunaire et remonte dans le passé pour tuer K avant que celui-ci ne l'arrête et permettre ainsi d'envahir la terre. Le futur ainsi modifié, J n'a d'autre choix que de remonter lui aussi dans le passé pour empêcher Boris l'Animal de tuer K.

Quinze ans après, la franchise des hommes en noir livre son troisième opus, toujours sous la direction de Barry Sonnenfeld, dégainant Etan Cohen pour en concocter le scénario, et Spielberg pour produire le tout. Grosse pompe à fric élégante dans son costume, Men In Black 3 remplit bien évidemment à merveille son contrat, mais à la rédaction, on trouve la coupe bien étroite...

Que les fans se rassurent, les aliens sont toujours aussi folklos, la police Armani toujours aussi flegmatique et efficace, et l'humour toujours au rendez-vous, même si ce dernier est largement en perte de vitesse et que sur le deuxième film de la série était, selon nous, largement plus généreux avec le spectateur. La recette est donc parfaitement respectée, le scénario propre, et le standing à la hauteur, pour que la franchise vous soutire votre argent, l'esprit tranquille et son contrat respecté. En prime avec cet épisode un léger parfum (léger ?) de Retour vers Le Futur, pour tout billet acheté : voilà qui réjouira une génération entière de spectateurs-vaches-à-lait qui se refuse à quitter leur chère adolescence.

Will Smith et Josh Brolin redonnent vie, non sans une certaine justesse, au duo originel, en modifiant de manière subtile et inspirée les précédents réglages. Ils parviennent ainsi à assurer ce passage de témoin sans aucune casse, et ouvrent ainsi la voie pour de futurs MIB... C'est là sans doute la vraie réussite de ce troisième épisode : une écriture soignée de ses personnages qui, elle, apporte du neuf dans la franchise.

Bien fait, vite vu, vite oublié et surtout dénué de toute autre ambition que de prendre des sous "honnêtement", voilà bien ce que nous reprochons à ce Men In Black 3. Désespérément lisse et, en un sens, parfait de part sa conception industrielle, Men In Black 3 se réfugie derrière son statut de méga divertissement avec comme conséquence directe un manque d'originalité assourdissant. Ça pète, ça bouge, c'est rythmé et drôle (enfin un peu drôle et quand même, aussi, un peu "mou du genou"...), mais il se cache dans Men In Black 3 un manque d'âme aussi profond que le noir des costumes, et ce même si l'esprit de la franchise est respecté.

Redite lourdingue de Retour Vers le Futur et thématique de la famille appuyée, marquent Men in Black 3 du sceau Spielberg comme le bétail américain l'est au cinéma par celui du fer rouge ! Nous n'avons, ici à la rédaction, absolument rien contre un cinéma commercial, tant que le spectateur n'est pas considéré comme un simple bétail... Avec ce Men In Black 3, nous nous somme un peu senti comme une bête à corne facile à satisfaire, facile à nourrir. Comme si Sony Pictures savait mieux que nous ce que nous aimons. Hé bien nous n'aimons pas ça ! Bien-pensant,  hyper calibré, peu audacieux et lisse : une pompe à fric bien huilée qui fait son office, une machine qui livre un produit "qui fait le job", qui livre son "divertissement de qualité", mais rien d'autre.

Procurez-vous Men In Black 3 ou d'autres films de Barry Sonnenfeld ou avec Tommy Lee JonesWill Smith ou avec Josh Brolin

Gyo, Tokyo Fish Attack (Animation, Takayuki Hirao, 2012)


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Kaori et deux amies sont en vacances à Okinawa, quand elles sont attaquées par à une curieuse créature, sorte de poisson sur pattes qui dégage une odeur pestilentielle. C'est le début d'une terrible invasion qui ne vas pas tarder à atteindre Tokyo, que Kaori tente de rejoindre pour retrouver son petit ami Tadashi. Mais une deuxième phase de l'invasion, encore plus effrayante, ne vas pas tarder à se mettre en oeuvre.

Adapté d'un manga datant de 2006, Gyo, Tokyo Fish Attack se présente sous la forme d'1h10 d'horreur et d'humour bien senti,  le tout nous menant inexorablement vers l'apocalyptique. Bien que datant de quelques années, impossible de ne pas mettre la mise en oeuvre de cet OAV avec les évènements de Fukushima. En effet, à l'instar d'un Gozilla qui représentait et incarnait la peur du nucléaire, il est bien difficile, dans la première moitié du film, de ne pas rapprocher la mutation des poissons qui fuient l'océan de la crainte et des interrogations sur la contamination alimentaire issue de la récente catastrophe. Une fois de plus, le japon évacue ses craintes dans une fiction catastrophe ou, comme ici, apocalyptique.

Mais Gyo, Tokyo Fish Attack reste avant tout un manga d'horreur, et son adaptation OAV (comprenez Direct to Vidéo, pour les non familiers du terme...) s'avère particulièrement réussie et jouissive. Tout commence à Okinawa (là où fuyaient les Tokyoïtes pour s'éloigner de Fukushima dans l'attente de news...), comme un parfait film d'horreur, avec des ados en prise avec un curieux monstre dans une cabane. Puis le phénomène grandit avec des milliers de poissons à pattes, dont certains plutôt agressifs comme les requins, avant de devenir un double problème, puisque leurs pattes blessent non seulement les humains, mais les infectent ! Et là Gyo, Tokyo Fish Attack devient particulièrement fun et délirant en mettant au coeur de son récit la pourriture de la chair et l'énergie dégagée ! Et comme tout bon manga, le scénario va crescendo, sans maladresses, ni temps morts, pour emporter le spectateur dans une géniale aventure, aussi foutraque que barrée, souvent absurde, un poil perverse, un poil parano, mais toujours inquiétante !

Si nous ne sommes pas très fan, à la rédaction de Doorama, de son esthétique hétérogène, mais cependant très soignée, nous saluons en revanche l'excellente qualité de Gyo, Tokyo Fish Attack ! Il réussit selon nous à dégager une savoureuse énergie en puisant ses forces dans tous les registres, sans réelle faute de goût : horreur, humour, teens, fantastique, fin du monde (?), survival, hentaï, romance, etc... Formidablement vivant, efficace et drôle, Gyo, Tokyo Fish Attack ne cesse de nous caresser, là ou ça fait du bien, et de nous surprendre. On s'amuse, on pleure, on rit... il y a des méchants et des gentils... certes, mais nous sommes bien dans un univers adulte. Une fantaisie apocalyptique, véritable exutoire, à découvrir en toute confiance.  Nous sommes dans la qualité de Blood ou Akira... et puisque nous parlons de qualité, l'occasion nous est donnée de vous conseiller (encore !) le fabuleux Sword of the Stranger ! Et pour en terminer avec Gyo, Tokyo Fish Attack, vous pouvez y aller les yeux fermés, c'est du très bon, y'a pas de sushis ! 

Procurez-vous Gyo, Tokyo Fish Attack ou d'autres films de Takayuki Hirao 

Inside Man, l'Homme de l'Intérieur (Spike Lee, 2006)


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Une grande banque est attaquée par quatre malfrats, et le braquage se transforme prise d'otage lorsque les malfaiteurs, hyper organisés, se barricadent dans la bâtiment avec une cinquantaine d'otage. Le négociateur, Keith Frazier, va vite s'apercevoir qu'il n'a pas à faire à un braquage ordinaire...

Trois ans après son superbe La 25ème Heure, Spike Lee continue de varier sa palette avec un film de braquage malin et inventif. A première vue Inside Man ne ressemble pas au Spike Lee engagé des 90's, mais plutôt à une grosse machine grand public... A première vue seulement.

Rythmé et surprenant de bout en bout, Inside Man propose sa mécanique du braquage parfait, avec tous ses trucs habituels : organisation millimétrée, détermination militaire, matos de pro, gros calibres et suspense. Mais dans les mains de Spike Lee ces ingrédients sont astucieusement utilisés (détournés ?), et Inside Man passe du "gros film de braquage" à un intriguant jeu du chat et de la souris, pour les personnages du film, comme avec le spectateur. Inside Man déplace tous les enjeux habituels du genre et entraîne le spectateur dans un jeu de pistes passionnant et atypique. La question que l'on se pose n'est même plus "pourquoi ?", mais "Mais quoi alors ?".

Spike Lee à beau être aux commandes d'une "grosse machine", Inside Man semble ne jamais céder aux exigences des envies du public. Le film de Spike Lee fuit perpétuellement les attentes du spectateur, sans jamais le perdre artificiellement, sans jamais le décevoir, en renouvelant sans cesse ses enjeux et brouillant régulièrement ses cartes. Dans une réalisation de haut vol, son réalisateur créée un film riche de surprises, de thématiques, de suspense et d'intérêt. Quand au Spike Lee de la grande époque, n'ayez crainte, le bonhomme n'a toujours pas sa langue dans sa poche (mais ici dans un turban) !

Si Spike Lee s'adonnait plus souvent à de tels projets "grand public", ca nous éviterait des Dos Au Mur (le film avec un vrai-faux braquage qui se veut original) ou des Thor (la grosse machine réalisé par un Brannagh pas aussi inspiré que Lee) ! Son film ressemble à un blockbuster, et pourtant c'est une pièce d'orfèvrerie, unique et artisanale.... Malin et intelligent, porté par un trio d'acteurs impeccables, Inside Man est un divertissement aussi jouissif à suivre que son scénario et sa réalisation sont ciselés. Equilibre parfait entre le petit film de genre et le grand cinéma, terriblement efficace et diablement élégant, Inside Man impose avec insolence sa maîtrise et son originalité. Sous ses allures modestes, Inside Man cache un grand film : du vrai Cinéma.

Procurez-vous Inside Man ou d'autres films de Spike Lee ou avec Clive Owen, Jodie Foster ou Denzel Washington

La Clepsydre (Wojciech Has, 1973)


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Jozef se rend au sanatorium ou est soigné son père. Arrivé dans un établissement qui semble à l'abandon, il pousse diverses portes et commence un voyage dans ses souvenirs, avec son père, sa mère et lui même.

Le réalisateur polonais Wojciech Has, auteur du Manuscrit Trouvé à Saragosse, à reçu le Prix Spécial du Jury à Cannes en 1973 pour son étonnant et atypique film. La Clepsydre est un film exigeant avec le spectateur. Visuellement éblouissant il est dépourvu de trame narrative conventionnelle, et se présente comme une succession de scènes très symboliques et poétiques presque indépendantes les unes des autres.

La Clepsydre a largement divisé la rédaction de Doorama. Si nous sommes unanimes pour saluer l'incroyable forme visuelle (et intellectuelle aussi) du film, nous sommes davantage partagé quand à son impact : fascination pour certains, ennuis pour d'autres ! La Clepsydre est construit sans notion d'espace, ni de temps. Son personnage erre d'une pièce à l'autre, chaque pièce évoquant un souvenir qu'il faudra décrypter pour le spectateur. Ses dialogues, souvent simples fragments d'idées, sans début ni fin, n'aideront pas non plus le spectateur à y voir plus clair. La Clepsydre est conçu comme un rêve, il semble incohérent, décousu, sans suite logique apparente... Une minute semble durer une heure, un an une minute... Ses décors troublent davantage encore notre perception...  Wojciech Has nous immerge dans l'esprit de Jozef, l'expérience est difficile mais bel et bien maîtrisée et réussie.

La Clepsydre possède la temporalité et l'étrangeté de l'univers de David Lynch, il respire la poésie, la vie et l’exubérance de Fellini, et son incroyable esthétique picturale ne trouve de comparaison que dans les oeuvres que Peter Greenaway (de formation Beaux-Arts, comme Wojciech Has) les plus chargées et graphiques, comme Prospero's Book ou Le Cuisinier, le Voleur, sa Femme et son Amant ! Des pièces remplies de toiles d'araignées, de feuilles mortes et d'objets hétéroclites, de lierre dans les murs, une végétation omniprésente dans des intérieurs qui semblent être des extérieurs, des villages au sous sol d'un bâtiment, des jardins d'hiver habités d'hommes historiques, des soldats noirs armés de baïonnettes, des éléphants et un contrôleur de trains aveugle en guise de guide pour le voyage intérieur de Josef... Voilà l'incroyable univers proposé par la Clepsydre !

L'impressionnant voyage intérieur de Josef, hyper symbolique, sans temps ni espace, risque de laisser nombre de spectateurs sur le bord de la route, mais si on accepte de s'abandonner à l'univers de Wojciech Has, La Clepsydre frôle alors le chef d'oeuvre absolu. Puissante errance onirique, fascinante, aux images surchargées et au déroulement irréel, La Clepsydre est un film rare et unique. Mais malgré sa force et sa fulgurance, son rythme et sa structure n'ont cependant pas réussi à nous maintenir captif de son univers (trop) exigeant sur l'ensemble de sa longueur. Une oeuvre difficile, à réserver à un public averti et préparé.

Procurez-vous La Clepsydre ou d'autres films de Wojciech Has 

L'Empreinte De Dracula (El Retorno de Walpurgis, Carlos Aured, 1973)


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Au moyen-âge, la famille Waldemar se voit maudite jusqu'à son extinction. Des siècles plus tard, Waldemar Daninsky, subit les effet de la terrible malédiction, et se transforme en loup-garou lors des nuits de pleine lune.

Curieusement, L'Empreinte De Dracula reste cité lorsque l'on parle de cinéma fantastique européen. Son origine espagnole lui confère sans doute sa spécificité et sa différence de style avec les productions anglaise de dame Hammer que nous affectionnons tant. El Retorno de Walpurgis, est donc la suite de La Noche de Walpurgis (La Furie Des Vampires) qui relate elle aussi une histoire de loup-garou, Waldemar, et non une histoire de vampires comme le suggère les titres français.

On a eu du mal... L'Empreinte De Dracula a beau faire son maximum pour soigner sa mise en scène et ne rien laisser échapper au spectateur de son scénario, il reste désespérément plat, sans aucun rythme ni tension, et sa mise en image ressemble davantage aux scènes de transition d'un porno qu'au gothique flamboyant et coloré des films de la Hammer... Ainsi son réalisateur nous raconte tout (mais alors tout !) pour qu'on comprenne bien ce qui se passe et ce qui va venir, jusqu'au ridicule ! Allez, on vous en donne un exemple (on résume, mais l'idée est là) : un promeneur passe devant le comte, assis pensif dans les bois, il dit "Bonjour, comte, Je me promène seul pour aller (...) où vient de s'installer (...) qui est ici pour (...) et qui m'a demandé de (...). Pourvu qu'ils ne rencontre pas le fou ce soir (...)"  - à cela le comte répond "d'accord", et fin de la scène... Vous l'avez compris L'Empreinte De Dracula est lent, mou, long et long encore !

Déjà laborieux à dérouler son intrigue, L'Empreinte De Dracula insiste par ailleurs lourdement sur l'aspect romantique de l'histoire d'amour de Waldemar avec sa belle, romance que la malédiction viendra briser sans pour effleurer, ne serait-ce qu'un poil, le coeur du spectateur. Quand à son loup-garou, il faudra vous préparer davantage à voir un méchant Ewok qu'à une bête dangereuse... Bien loin de la créativité d'un Jess Franco, L'Empreinte De Dracula est un film timide qui même s'il n'est pas dénué de tout charme vintage, peine à susciter l'intérêt par son rythme désespérément plan-plan et fastidieux. Et l'ajout de courts plans sanglants et de son érotisme franc ( nous avons dénombré 6 seins et 2 intimités...) ne relèveront pas sa fade saveur.

Pourtant gros consommateur de petits films de genre, la rédaction de Doorama a eu toutes les peines du monde à comprendre l'aura qui entoure encore ce second Waldemar. Soit nous sommes passés complètement à coté, soit nous devons réviser notre fantastique espagnol des 70's. L'Empreinte De Dracula à beau dégager un parfum et une personnalité qui lui est propre, il ne laissera chez nous aucune autre trace que les lignes que nous vous proposons ici. Vade Retro méchant Ewok !

Procurez-vous L'Empreinte De Dracula ou d'autres films de Carlos Aured ou avec Paul Naschy

Network, Main Basse sur la T.V. (Sidney Lumet, 1976)


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Après 11 ans de loyaux service, un animateur télé en perte d'audience est remercié. Lors de son dernier show, il lâche ses vérités et menace de se suicider en direct. Devant l'audimat suscité par l'animateur, la chaîne décide de le réengager et crée une émission pour "le nouveau prophète" des spectateurs et la nouvelle "poule aux oeufs d'or" du conseil d'administration de la chaîne...

Pamphlet extrêmement violent et critique contre la télévision, Network apparaît aujourd'hui comme une oeuvre prophétique et visionnaire, dont l'inquiétant message s'étend maintenant non seulement à tous les médias, mais aussi à l'ensemble de l'économie. Acide et cynique, il est un film dont la force et la pertinence ne cesse de se bonifier au fil des ans.

En décrivant une télévision prête à tout pour satisfaire aux exigences de rentabilité du groupe qui la détient, Network Main Basse sur la T.V. dénonce un système économique violent et aveugle, mu par la seule notion du profit, dénuée de toute éthique et responsabilité... En décrivant un système économique prêt à tout pour engranger les dollars, Network Main Basse sur la T.V. dénonce une télévision en perte totale d'éthique, soumise à la seule loi de l'Audimat, livrant des programmes toujours plus creux, toujours plus dangereux.... Le cercle est bouclé ! Network Main Basse sur la T.V. dénonce un système devenu fou, prisonnier d'une spirale infernale : plus les programmes se vident de sens et de qualité, plus l'audimat monte (et donc les dollars !)... plus l'audimat monte, plus les programmes se vident de sens...

Formidablement interprété par un quatuor d'acteurs chacun meilleur que l'autre, Sidney Lumet dresse d'une manière très Altmannienne, une impressionnante et terrifiante galerie de portraits : une directrice des programmes sans morale ni limites, un financier aux dents longues étranger à la télévision et voué au chiffre, un animateur à moitié fou et un ancien directeur de programme devenu un vestige du passé. Network Main Basse sur la T.V. dépeint une société dans laquelle les entreprises sont enivrées par l'argent et les téléspectateurs rendus accrocs au sensationnel, il soulève des questions fondamentales avec une rare pertinence et, en 1976, nous invitait déjà à nous arrêter un instant pour nous interroger...

Passionnant de bout en bout, parsemé d'un humour aussi drôle que moqueur, réalisé de main de maître par un Sidney Lumet (une fois de plus) en état de grâce, Network Main Basse sur la T.V. est un coup de poing au cerveau ! Percutant, vivant, intelligent, émouvant et véritablement prophétique, c'est un film brillant que l'on s'approprie sans réserve. Même si ses messages sont parfois un peu trop "démonstratifs", Network est une oeuvre impressionnante dont le coté farce lors de sa sortie, à la limite du grotesque, a aujourd'hui totalement disparu au profit d'une critique qui n'est que trop juste. Le cauchemar est devenu réalité ?

Procurez-vous Network, Main Basse sur la Télévision ou d'autres films de Sidney Lumet ou avec Faye Dunaway, William HoldenRobert Duvall ou Peter Finch

La Légende des 7 Vampires d'Or (Roy Ward Baker, 1974)


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En Chine, au cours de ses conférences sur le vampirisme, Le Professeur Van Helsing est abordé par un homme qui vient lui demander de libérer son village qui vit sous la terreur de 7 vampires. Une expédition se met en place, sous la protection de 7 frères experts en arts martiaux, pour libérer le village du terrible  Kah, derrière lequel se cache en fait le comte Dracula.

Quand la Hammer, studio anglais spécialisé dans le fantastique, rencontre la Shaw Brothers, studio chinpois spécialisé dans les arts martiaux, cela donne une rocambolesque histoire de Dracula qui exerce son règne maléfique sur un petit village isolé grâce à 7 vampires et leur armée de spectres, que Van Helsing viendra combattre, assisté de 7 experts en arts martiaux, d'une riche aventurière et de son fils ! Que du bonheur, donc...

Christopher Lee avait refusé d'incarner de nouveau le mythique comte (après le psychédélique et savoureux Dracula Vit Toujours à Londres qui fut un échec), il est donc ici substitué par un ersatz, ce qui a finalement fort peu d'importance puisqu'il n'intervient que dans deux scènes, en ouverture et en fermeture du film, pour garantir la cohérence de la fusion entre le film d'arts martiaux avec celui du fantastique... Tentative un peu désespérée de retrouver un public en pleine désertion, La Hammer se devait de se renouveler. Toute qualité cinématographique est bien entendu absente des 7 Vampires d'Or, mais là n'est pas l'enjeux de ce film de genre(s) qui se contente de livrer une suite de péripéties, entre aventure, horreur et kung-fu, apte à séduire le spectateur.

Exotique, basique et délicieusement bâtard, on découvre Les 7 Vampires d'Or comme un enfant un film de cow-boys : sans aucune autre exigence que celle de voir dles scènes qui confrontent les gentils cow-boys aux méchants indiens. Faute de peur ou de suspense on s'accroche avec bonheur à un Dracula aux allures de vieux sage chinois (si, si ! ils l'ont fait !), on découvre avec joie les 7 vampires cachés derrière un masque en or qui masque lui même un vague maquillage d'étudiant (fait de boue et de kleenex humectés ?), et on adore son armée de morts-vivants qui sautillent (dansent ?) sur une musique frénétique... Faute de scènes de bataille crédible et convaincante, on se délectera du cabotinage de Peter Cushing et de la merveilleuse plastique de l'organisatrice de l'expédition, Julie Ege, ancienne miss norvège...

Mauvais film fantastique et mauvais film d'arts martiaux, La Légende des 7 Vampires d'Or se révèle pourtant un délicieux cocktail pour tout amoureux du ciné de genre, de la Hammer ou de la Shaw Brothers. Une véritable curiosité qui parvient à dégager dans un même temps le charme surané de la Hammer et la parfum un peu kitch de la Shaw Brothers. Pour la rédaction de Doorama, La Légende des 7 Vampires d'Or était un souvenir d'enfance, le revoir aujourd'hui a été l'occasion de confirmer qu'il est un film certes médiocre, mais unique en son genre et parfaitement jouissif à découvrir. Pour amateurs seulement, mais indispensable !

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Les Dents De La Mer (Jaws, Steven Spielberg, 1975)


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Dans la petite station balnéaire d'Amity, un grand requin blanc commet plusieurs attaques mortelles, semant la panique auprès des estivants et des autorités de la ville qui voient leur saison s'effondrer. Le Shérif de la ville s'attache les services d'un spécialiste des requins et d'un pêcheur expérimenté, Quint, pour repérer et tuer l'animal.

Peu fans de Steven Spielberg, la rédaction de Doorama ne peut que s'incliner respectueusement devant un cinéma comme celui des Dents De La Mer. Avec ce film, on peu effectivement parler du génie de son réalisateur au regard de l'intelligence et de la maîtrise de sa réalisation.

Avec une animal qui existe vraiment, un simple prédateur présent dans nos mers, Spielberg parvient à créer un suspense éprouvant et installe à l'image une peur crédible et réelle pour chaque spectateur. Au beau milieu d'un petit paradis de vacanciers, il invite un prédateur ultime, une parfaite machine à tuer, qui terrorisera finalement bien plus qu'un tueur masqué ou un déséquilibré avec un couteau. Le coup de génie de Spielberg, c'est que le "monstre" de son film existe vraiment pour le spectateur, et il exploite cette idée de la plus belle des manières possible, transformant un simple requin en monstre implacable, calculateur et meurtrier (ce que les requins vivant aujourd'hui reprochent encore à Spielberg, en attendant qu'il vienne nager à quelques mètres de leur nageoires, juste histoire de le lui faire comprendre...).

Loin d'une certaine naïveté qui caractérisera le Spielberg des années 80, Les Dents De La Mer est un petit chef d'oeuvre d'efficacité, sans temps morts ni concessions, dans lequel Spielberg n'hésite pas à malmener le spectateur, ne reculant pas à montrer la mort, allant même jusqu'à l'illustrer abondamment de sang et sacrifier un enfant ! Avec un sens de l'image et de la mise en scène absolument bluffant, Spielberg signe un film de terreur parfait, abordant avec autant de soin sa trame dramatique et ses personnages que ses scènes d'action. Son écriture équilibrée et son timing idéal, sont perçues aujourd'hui comme le coup de départ du "Blockbuster", nous on y voit aussi une étape importante pour une gestion minimaliste et optimisée de la peur à l'image (même si Spielberg devait inventer pour "faire avec" un requin mécanique souvent en panne...) qui enfantera plus tard de Alien.

En plus de pouvoir se voir et revoir sans usure pour sa simple histoire ou son rythme, Les Dents De La Mer est une énorme leçon de cinéma ou chaque plan, chaque cadrage, se charge de sens et place le spectateur en condition pour ce qui va suivre. En 1975, nous avons découvert une manière de faire du cinéma, et près de 40 ans plus tard on s'étonne toujours de son intelligence et de son efficacité (et pour les amateurs, l'édition blu-ray propose le film dans des conditions absolument jamais vues : un régal). Si nous n'étions pas aussi anti-Spielberg, nous aurions mis sans hésiter un 10 au poisson !

Procurez-vous Les Dents De La Mer ou d'autres films de Steven Spielberg ou avec Roy ScheiderRichard Dreyfussavec Robert Shaw

L'Etrangleur de Boston (Richard Fleischer, 1968)


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A Boston, un tueur en série étrangle et viole des vieilles femmes chez elle. La peur s'empare complètement de la ville lorsqu'il s'attaque aussi aux femmes plus jeunes et que le nombre des victimes augmente alors que la police piétine. La Ville de Boston crée un Bureau de l'Etrangleur pour endiguer la série de crimes.

C'est en regardant L'Etrangleur de Boston que la rédaction de Doorama à pardonné à Richard Fleischer d'avoir pondu Kalidor et malgré d'autres bons films comme 20 000 Lieues Sous La MerLes Vikings et Soleil Vert.

Tiré d'un fait divers réel, L'Etrangleur de Boston est une passionnante réalisation (la meilleure de Fleisher ?) qui propose un film divisé en deux parties très différentes. La première partie installe l'enquête et la paranoïa suscitée par les crimes, notamment  par une impressionnante utilisation du Split-Screen (l'écran divisé en plusieurs images), judicieuse, inventive et riche de sens comme rarement. Sa Seconde partie plus psychologique, denuée de split screens mais pas d'inventivité de mise en scène, basée sur la confrontation entre l'enquêteur, Peter Fonda, et un tueur superbement joué par Tony Curtis.

Derrière la simple enquête policière, méticuleuse et passionnante, Richard Fleischer soulève la question du soin que la société se doit d'apporter à ses éléments malades, puisque la schizophrénie du tueur cache la culpabilité de son auteur dans une double personnalité. Le coupable n'est pas directement l'homme arrêté, mais celui qui se cache en lui, transformant la seconde partie du film en une autre forme d'enquête, psychologique cette fois, et à la chute vertigineuse. L’Étrangleur de Boston prends des allures de thriller atypique, ancré dans la réalité, très documentaire, il dépasse le simple frisson par une réalisation ambitieuse et riche, et le profil de son coupable, bon père de famille renfermant un monstre.

Même si ce thriller accuse légèrement son âge quand au le rythme de l'enquête de sa première partie, il propose encore aujourd'hui une impressionnante ouverture sur la société américaine de la fin des 60's, livrant au spectateur une multitude d'aspects sociaux (climat, minorités, justice, mentalité...) qui enrichissent à merveille son sujet. L’Étrangleur de Boston intéresse, passionne, surprend et convainc totalement le spectateur, il soulève aussi l'interrogation sur la responsabilité de son tueur. Dans cette période de "l'Amérique des assassinats",  L’Étrangleur de Boston fait figure de curiosité, loin du divertissement, sa magnifique réalisation et les questions qu'il aborde le rangent simplement dans la catégorie des grands films. Nous oserons même dire "film moderne" ! Voyez-le, vous comprendrez...

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