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The Prodigies (Antoine Charreyron, 2010)


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Depuis toujours Jimbo peut contrôler les choses et les gens par la seule force de sa pensée. Il travaille maintenant pour la fondation Killian et trouve 5 ados dotés des mêmes pouvoirs que lui. Il va tenter de les rassembler pour les aider à canaliser leurs pouvoirs, les protéger d'eux mêmes, mais aussi ceux qui seraient confrontés à leurs pouvoirs...

Contrairement à ce que son affiche et son titre pouvait laisser présager, The Prodigies est une production d'animation en grande partie française, réalisée par un français (cocorico ! mais en animation, les français sont plutôt prisés...) et avec la belle voix de Mathieu Kassovitz. Et effectivement, nous sommes assez loin de l'esprit "super-héros" américain.

Cette adaptation de "La Nuit des Enfants Rois" propose une fort belle mise en image, quelquefois impressionnante, même si on pourra lui reprocher une très grande hétérogénéité visuelle (hyper réaliste par moments, très stylisée à d'autre). Mais le véritable intérêt de The Prodigies est son traitement très "mature", attaquant de front des problématiques délicates (les violences subies par ses protagonistes notamment, familiales ou sociales) , sans en édulcorer le fond, ni exagérer la forme.

On peut rapprocher The Prodigies de Chronicle, d’abord pour son sujet autour de super-pouvoirs dans des mains encore inexpérimentées, ensuite pour sa volonté de fuir les codes conventionnels des films de "super-héros", ou pour être plus précis encore, des films traitant des supers-pouvoirs (et là, on pense au traitement de Incassable...), enfin pour son approches des difficultés (souffrances ?) des adolescents.

Plutôt fin et riche, The Prodigies est passionnant à découvrir. Il rentre dans la courte liste de ces films à priori destinés aux ados (même si ce n'est pas la cas ici) mais dont le traitement "adulte" emporte finalement le morceau. Plutôt que de jouer la carte de l'action pure, The Prodigies surprend par son rythme et son traitement tout en nuances. Une belle occasion donc de découvrir un excellent film d'animation, aussi ludique que réfléchi, qui fait regretter que les américains ne s'arrêtent qu'à l' "entertainement" et ne creuse pas davantage le potentiel de certains de ses super-héros.

There Be Dragons (Roland Joffé, 2011)


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De nos jous, Un journaliste enquête sur le père Josemaría Escrivá, fondateur de l'Opus Dei. Pour cela, il se rapproche de son père, qui à connu le père pendant la guerre civile en 1936, mais qui prenait alors un tout autre chemin....

On se souvient de Roland Joffé pour Mission, La Déchirure, ou bien encore La Cité de la Joie, mais il y a bien longtemps que son cinéma, appliqué et humaniste, n'a plus délivré de films d'ampleur équivalente. There Be Dragons ne sera pas encore le film du retour en grâce pour Joffé.

Cette évocation du parcours du fondateur de l'Opus Dei, particulièrement pendant la période de la guerre civile espagnole, se fait au travers de l'évocation d'une relation entre deux homme : un qui va vers Dieu, l'autre non ! En ces temps de guerre, Joffé utilise les camps adverses marquer les directions opposées de ses personnages, tant et si bien qu'a force de "marquer" les personnages, il finit par grossir à l'extrême ses ficelles. Si l'on rajoute à cela une  narration en voix off envahissante, There Be Dragons perds toute fluidité et tombe dans une routine scénaristique propre aux "films à Oscars".

There Be Dragons raconte certes une "Belle Histoire", son scénario est riche d'angles et d'enjeux, mais Roland Joffé échoue à lui donner corps, sa réalisation convenue lui ôte toute ampleur, tue son souffle épique, et le ramène à une évocation historique ordinaire et peu excitante. Même si There Be Dragons n'est pas un "mauvais film" et parvient à intéresser le spectateur (ne serait-ce que pas sa peinture d'une période peu évoquée au cinéma), il souffre d'un manichéisme maladroit et d'une timidité narrative que l'on pourrait qualifier d'indigne pour son réalisateur.
A ranger à coté de Cheval De Guerre, même si les objectifs diffèrent.

The Raid (Gareth Evans, 2011)


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Nous sommes à Jakarta, en Indonésie. Une équipe de policiers d'élite doit investir un immeuble entièrement contrôlé par un baron du crime afin de le capturer. Mais très rapidement, la situation s'inverse et le groupe d'intervention passe de chasseur à proie.

Gareth Evans est écossais, mais The Raid est bel et bien un film d'action indonésien qui jette au spectateur 1h40 d'action pure, de défouloir tendu, rythmé et bien bourrin à cheval entre Ong Back et Nid de Guêpes.

La première partie de The Raid évoque La Horde ou Nid de Guêpe en inversant les rôles et en mettant rapidement les "gentils" en position de cible ! Très bien gérée, cette partie est efficace, et son moment de basculement ressemble à s'y méprendre à une invasion de morts-vivants, tant cela saigne et  semble sans issue. La suite de The Raid laisse tomber les armes à feu pour les arts martiaux (le Silat) et propose alors des chorégraphie particulièrement soignées et brutales qui rappellent le meilleur de Ong Bak.

On l'aura compris, le scénario de The Raid tient sur un timbre poste, en revanche son rythme, sa mise en scène soignée et créative (on pense à l'action made in l'écurie Besson, mais en plus réussi) et son déchainement de violence assumé transforment le film en un excellent moment fun et jouissif (sans doute hérité de son coté jeux vidéos...). On regrettera seulement que ses 3 décors de tournage un peu cheap (escalier, couloirs, chambre) et sa succession de bastons (néanmoins stylées !) donnent un coté un peu répétitif a la fin de cette mission, mais bon, rien de grave...

Efficace, hyper violent et assumé, The Raid, est donc dans son genre (action, action, action...) une réussite certaine. Loin des productions d'action locales, le film de Gareth Evans se concentre sur son objectif premier : donner au spectateur ce qu'il demande. Et sur ce point, on est gâté, le film va à 100 à l'heure, la réalisation est habile (certains plans sont même particulièrement intéressants), et puis tous ces indonésiens qui parlent... indonésien (!), ça donne une impression de nouveauté ! Vous ne serez certainement pas plus cultivé après, qu'avant sa vision, mais musclé, ultra efficace et top fun, The Raid est un joli petit morceau de cinéma de genre dont il serait bien dommage de se priver !

Hugo Cabret (Martin Scorcese, 2011)


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Après la Première Guerre mondiale, Hugo Cabret est un orphelin qui vit dans une gare parisienne. Fils d'horloger, il entretient les pendules de la gare et fait tout pour réparer un automate, seule "héritage" de son père. La vie de Hugo sera bouleversée lorsque le vieux réparateur de jouet le surprend en train de dérober des engrenages...

Martin Scorcese est un touche à tout de talent (comme Ridley Scott, mais c'est un autre sujet...) qui s'attaque cette fois à un fort joli conte pour enfant...
Hugo Cabret, en plus d'être un film idéal à montrer à vos gnomes d'appartement, possède de surcroit tout ce qu'il faut pour pleinement enthousiasmer aussi les adultes.

Aventure, sentiments et quête sont pleinement et merveilleusement présents à l'image, mais le film se pare aussi (et surtout ?) d'un merveilleux hommage au cinéma, et tout particulièrement à Méliès. Autour de nos rêves, le réel et la magie du cinéma, Scorcese cisèle son scénario, le peuplant de personnages tous plus attachant les uns que les autres (y compris les "méchants") pour livrer, avec Hugo Cabret un trésor de justesse et d'imagination.

Hugo Cabret étonne par sa richesse et sa capacité à satisfaire chaque catégorie de spectateur. Que ce soit visuellement ou sur sa belle histoire, ou bien encore sur son hommage émouvant d'un faiseur de rêve à un autre, Hugo Cabret séduit par son horlogère précision. On savait déjà Martin Scorcese passionnant lorsqu'il porte sa réflexion sur le cinéma (ses deux magnifiques documentaires Un Voyage de Martin Scorsese à travers le cinéma américain et son équivalent italien sont à voir absolument !), avec Hugo Cabret en apporte une sorte de démonstration pratique. 

Que l'on soit porté ou non sur ce type d'histoire, Hugo Cabret est une réussite incontestable. Quant à la rédaction de doorama, notre "Scorcese préféré" reste son incroyable et désopilante adaptation des Lois de Murphy, souvent considérée à tort comme l'un de ses films "mineurs" : After Hours



Sécurité Rapprochée (Safe House, Daniel Espinosa, 2012)


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En Afrique du Sud, Tobin Frost, recherché depuis 10 ans pour avoir trahi son pays, est enfin capturé par la CIA. Mais il n'y a pas que la CIA qui veut Tobin Frost... C'est un jeune agent inexpérimenté qui sera alors amené à le protéger de tous, y compris des siens.

Petit film d'espionnage gonflé à l'action (façon 24 heures), Sécurité Rapprochée est avant toute chose un film au scénario maintes fois vu et hyper conventionnel. Totalement vidé de toute originalité, il se laisse pourtant regarder avec un plaisir certain, Denzel Washington et Ryan Reynolds n'y sont d'ailleurs pas étrangers.

Sécurité Rapprochée joue parfaitement son rôle de "divertissement du dimanche soir", efficace et rythmé, le film de Daniel Espinosa propose une réalisation plutôt bien ficelée au service d'un divertissement qui s'avère finalement plutôt bien ficelé. Il serait en fait vain de pointer son inutilité cinématographique, alors nous n'allons pas la faire ici.

Mis à part son jeu de chat et de la souris, le film est surtout intéressant pour ce qu'il révèle de l'état d'esprit actuels des scénaristes US. Ceux de Sécurité Rapprochée (ici visiblement épuisés)  ont donc pioché dans l'air du temps et en ont rapporté des personnages en défiance contre le système et en quête de justice... Bien qu'exploités de manière peu fine dans Sécurité Rapprochée, ces éléments scénaristiques sont de plus en plus souvent utilisés, et sans faire de grande théorie, on sent bien que Hollywood et le cinéma en général observent avec attention les mouvements de type Anonymous ou Indignés... Les héros et leurs motivations s'en trouvent changés !

Une manière de vous dire qu'au moins, ici, vous échapperez au héros américain qui se bat pour son drapeau et sa patrie, au profit d'un profil plus "individualiste". Faute d'élever le film cela l'aura peut être empêcher de couler, et ainsi aidé à rester dans la catégorie peu reluisante des films "qui se consomment".


Eden Lake (James Watkins, 2008)


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Lors d'un week end en camping, un couple tombe sur une bande de jeunes turbulents et provocateurs. Un incident va transformer la tension en escalade de violence brutale contre le couple.

Entre thriller, survival et horreur, Eden Lake frappe fort ! Soutenu par Kelly Reilly (l'anglaise de l'Auberge Espagnole) et Michael Fassbender (Prométheus, Shame), le film installe doucement son drame, puis gère très efficacement son déchainement de violence, sans tomber dans le ridicule ou l'excès.

Film de genre dense et maîtrisé, Eden Lake, à l'instar de pas mal de cinéma de genre anglais de ces dernières années, incorpore dans son jeu de massacre la violence des ados (on pense à Ils, mais en meilleur). Le choix de cet élément social comme thème de fond, donne à Eden Lake une force indéniable, atténuant son coté horrifique pour le tirer de nouveau vers le drame.

Brutal, voire radical, Eden Lake parvient à installer une intensité sans faille (bien qu'en début d'essouflement vers sa fin) au cours de laquelle il propose de réels moments de tension et de peur, tant son coté fait-divers (on pense à Ils) prend le pas sur le simple thriller de divertissement.

Vénéneux et maitrisé, le film de James Watkins (La Dame En Noir) est est un film de sang, de sueur et de boue qui séduira les amateur de sensation fortes. Sans aucune autre ambition que de faire le show durant ses 90minutes, il est au final un film de genre jouissif qui secoue le spectateur, il est aussi un film de genre qui s'affranchit des limites de ce type de cinéma en laissant derrière lui un véritable sujet de réflexion.

Décidément, on adore les anglais quand ils s'amusent à se faire peur, et encore plus lorsqu'ils le font avec leurs propres démons : l'horreur, la vraie, celle qui fait peur au lieu d'amuser, n'est pas faite de monstres ou les tueurs psychopathes, mais se cache dans les brèches de notre société !


Johnny Guitar (Nocholas Ray, 1955)


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 Johnny Guitar est embauchée pour protéger les affaires de Vienna, avant l'arrivée du chemin de fer, contre les propriétaires envieux de sa position. La situation deviendra explosive entre Emma qui veut se venger de Vienna, et Dancing Kid jaloux de l'amour entre Vienna et Johnny Guitar, dit Johnny Logan, tireur réputé...

Considéré comme un chef d'oeuvre, le film de Nicholas Ray, partage entre son classicisme effréné et sa modernité totale. Johnny Guitar est visuellement aussi daté et rythmé que l'était le cinéma muet (son découpage, ses situations, ses plans...) et utilise les codes les plus traditionnels du western, mais, derrière ses apparences désuètes fait souffler une modernité révolutionnaire, notamment en mettant au premier plan la rivalité totale des deux femmes (le personnage de Johnny discrètement relégué au second plan). Crawford et Hayden y forment, dans ce qu'il est convenu d'appeler un western féministe, un de ces couples forts du cinéma américain.

Réellement déconcertant sur sa forme, le film de Nicholas Ray déconcerte tout autant (mais dans l'autre direction !) quand à sa  maîtrise et la force qu'il dégage dans l'utilisation des thèmes et éléments qu'il véhicule : les premiers pionniers hostiles à l'arrivée de la modernité, l'histoire d'amour difficile, le repère caché, la haine aveugle d' Emma...

Johnny Guitar est un western parsemé de moments quasi mythiques, qui se regarde aujourd'hui comme une oeuvre écartelée entre son fond et sa forme. Peut être ardu à découvrir pour ceux qui ne seraient pas branchés "classiques", mais véritable "bloc cinématographique" qui pourra être vu et revu sans sans s'user.

Les Promesses de l'Ombre (Eastern Promises, David Cronenberg, 2007)


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A Londres, le journal intime d'une mère de 14 ans morte en couche, tombe entre les mains de la sage-femme. Afin de le traduire, celle-ci entre en contact avec Semyounn un homme dont elle ignore l'appartenance à la mafia russe et son implication dans la mort de ce cette jeune mère, violée. Elle fait la connaissance de Nikolai, l'homme de main et chauffeur de Semyoun, alors que la menace russe se resserre sur elle.

Puissant triller, original, sombre et violent, de Cronenberg pour cette deuxième collaboration avec un Viggo Mortensen (après History Of Violence) absolument éblouissant d’ambiguïté et de charisme. Les Promesses de l'Ombre tire en partie son énergie de sa minutieuse et inquiétante peinture du milieu trouble de la mafia russe à Londres, pour l'autre partie : la richesse des thèmes chers à Cronenberg fait le reste !

Précis, efficace et parfaitement construit (à l'exception de sa fin peut être un peu rapide, mais rattrapée par un vertigineux plan final !), Les Promesses de l'Ombre bénéficie de la fascination de Cronenberg pour la violence des corps et les souffrances et déformations qu'ils renferment (les tatouages russes et leur histoire en sont une belle illustration).

Une scène résume à elle seule la puissance et l'intelligence des Promesses de l'Ombre : un combat dans un bain public, entre Mortensen, nu, seulement vêtu de ses tatouages, au prise avec deux agresseurs, habillés et armés de couteaux d’équarrissage... La fragilité du corps confrontée à la violence extérieure, la puissance du même corps, les entailles dans la chair (la chair, l'intérieur, fascine Cronenberg... cf Faux Semblants)... Cronenberg, par ce que font naître ses choix de mise en scène, fait pénétrer chez le spectateur une multitude d'information dont aucune ne laisse impassible. Une scène absolument incroyable !

Les Promesses de l'Ombre est une grande réussite de Cronenberg, aussi riche qu'abordable, c'est un film dense et sobre, sombre et puissant, qui (vous l'attendiez...) "tient toutes ses promesses" !


Lune de Miel Mouvementée (Once Upon A Honeymoon, Leo Mc Carey, 1942)


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Pendant le seconde guerre mondiale, un journaliste cherche des informations sur un Baron autrichien lié à Hitler. Afin de mener son enquête, il se rapproche de la future épouse du Baron dont il tombe amoureux... Son enquête le fera traverser l'Europe en guerre pour suivre le Baron et son épouse.

Leo McCarey participe à l'effort de guerre américain, comme nombre de réalisateurs de l'époque (on pense à Frank Capra...) en réalisant cette comédie engagée contre le nazisme qui rongeait l'Europe.

Si Lune de Miel Mouvementée se regarde avec plaisir, son humour timide et son hésitation à choisir son registre entre espionnage et comédie romantique ne laisse pas de souvenir impérissable. Lune de Miel Mouvementée est léger, rythmé, parfois très drôle mais revêt une forme un peu trop fourre-tout.

Qu'importe ! Le film de McCarey vaut avant tout d'être vu pour le couple Cary Grant - Ginger Rogers dont le jeu énergique, libre et naturel semble aujourd'hui bien moderne, au regard des standards de l'époque !

Lune de Miel Mouvementée émet encore un charme certain et la maîtrise de McCarey y est indéniable en dépit d'un scénario qui ratisse un peu large (romance, humour, espionnage, dénonciation, etc...) et qui de temps à autre manque de fluidité.


Battle Royale (Kinji Fukasaku, 2000)


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Afin de "dresser" un peu ces ados qui ne respectent plus les adultes, le Gouvernement a voté la loi Battle Royale. Chaque année une classe est envoyée sur une ile, sous la supervision des militaires, des armes leur sont distribuées, ils ont alors 3 jours pour s'entretuer : 1 seul seulement doit rester debout à la fin.

Kinji Fukasaku est surtout connu pour ses films de yakusas dans les 70's (Combat sans Code D'Honneur, Guerre des Gangs à Okinawa...). Avec Battle Royale il adapte un celèbre roman japonais d'anticipation.

Parfaitement facho sur les bords (mais "pour rire"), le pitch de BR est aussi provocateur que sa violence est graphique. Durant près de deux heures s'enchaînent tueries (variées et énergiques) et ironie sous l'oeil d'un Takeshi Kitano toujours aussi inquiétant et savoureux.

Battle Royale est un grand défouloir sur fond de critique sociale masquée (l'utilisation du classique y résonne comme un lointain écho de la réflexion de Orange Mécanique), mais il se concentre rapidement sur le pur survival extrême et déjanté (quand les japonais se lâchent, le no-limit n'est pas loin !). Série B nerveuse et réjouissante, Battle Royale s'essouffle cependant assez clairement sur sa fin, la faute à le répétition de ces situations mortelles.

Battle Royale n'en demeure pas moins un jeu de massacre réalisé avec conviction (pas très beau à l'image, mais habilement rythmé, notamment par ses inserts des survivants) qui ravira les amateurs de série B de qualité. Kinji Fukasaku y aborde la perte de la valeur honneur à la japonaise, de manière bien plus ludique que les films de yakusas qui ont fait sa réputation. On peut qualifier BR de film coup de poing, par son sujet audacieux et provocateur (il s'agit d'un retour aux arènes, mais en remplaçant les gladiateurs par nos propres enfants...), mais si fun soit-il, on préfère le désespoir noir et sérieux de ses films 70's à ce défouloir finalement assez manga sur les bords (même si c'est pour notre plus grande joie que nous assisterons à ces geysers de sang sortant de notre progéniture). 

La Colline A Des Yeux (The Hills Have Eyes, Alexandre Aja 2006)


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Une famille tombe en panne en plein désert elle se retrouve sauvagement attaquée par des individus cruels et difformes.

Ce remake de La Colline A Des Yeux de Wes Craven s'inscrit dans la veine de ces grands films d'horreur 70's qui se sont vus dépoussiérés cette décennie (Last House On The Left, Massacre à La Tronçonneuse, Zombie, etc...) et, à l'instar de ces récents concurrents s'en sort plutôt pas mal.

Très fidèle à son original, le film de Alexandre Aja (déjà coupable de l'excellent Haute Tension) prend cependant la liberté de modifier le profil de la famille d'agresseurs en insistant sur ses origines liées aux essais nucléaires américains et en augmentant leur apparence monstrueuse. La conséquence est immédiate : cette version, bien que plus efficace (voire très efficace) privilégie une horreur plus superficielle et divertissante que réellement dérangeante (sauf cet étonnant plan, plutôt culotté, de bébé braqué au magnum ! Gonflé le Aja). Il remplace l'agression d'une famille par une autre en agression d'une famille par des "monstres". Plus ludique, mais moins effrayant...

Moins malsain que son modèle (et bien plus gore), la cure de jouvence de Aja permet à La Colline A Des Yeux de retrouver une intensité et un rythme tout à fait appréciable, et le tout avec une image somptueuse et chaude (on sent le désert dans cette version !). Le remake de Aja est loin d'être inutile, il respecte l'esprit de son modèle, il en livre une lecture plus facile, en le rendant plus fun et divertissant, et surtout élague dans ce qui était aujourd'hui ridicule dans l'original (la psychologie des personnages est allégée et affinée et le chien joue mieux ! si, si !).

On sent qu'Aja aimait la version de Craven et qu'il souffrait de la voir vieillir, cette simple observation permet à ce énième remake de l'horreur 70's de tenir parfaitement ses promesses et de proposer 1h40 d'horreur bien balancée. A doorama on préfère quand même la gêne que procure l'original de 1977, quitte à en supporter ses nombreux inconvénients.

La Colline A Des Yeux (The Hills Have Eyes, Wes Craven, 1977)


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Une famille tombe en panne en plein désert. Au beau milieu de nulle part, elle se retrouve pourtant sauvagement attaquée par des individus cruels et déterminés.

Les plus jeunes d'entre vous connaissent Wes Craven pour Scream, ou bien encore les Griffes De La Nuit (Freddy quoi...), mais avant de vendre la peur au format grand public, il a réalisé La Dernière Maison Sur La Gauche et La Colline A Des yeux, tous deux vécus à l'époque comme des électrochocs.

Si il ne reste presque rien de sa mise en scène et que La Colline A Des Yeux n'est pas très beau à voir (petit budget filmé sans aucun génie), son intérêt demeure aujourd'hui quant à la radicalité de son histoire, tout à fait intacte ! Ne reculant devant rien pour illustrer la sauvagerie et la barbarie de son scénario, Wes Craven frappait fort, si fort qu'aujourd'hui encore son film reste vénéneux et gorgé de poison.

Une famille de dégénérés cannibales et désociabilisés (on pense à Massacre A La Tronçonneuse...) s'en prend à une charmante petite famille américaine type, et c'est pour Craven l'occasion de briser toutes les limites (le cadavre de la mère transformé en piège... et puis, il est quand même question de "manger le bébé"...!) pour donner vie à cette explosion de violence brutale. Ici, pas de discours moralisateur sur "la violence c'est pas beau", c'est même la morale elle même (la famille gentille) qui est attaquée  par la nature sauvage (la famille méchante) et Craven oppose en permanence ces deux mondes, imposant alors au spectateur impuissant les démonstration radicales de la supériorité de la force brute sur la morale (rassurez-vous, ca ne durera qu'un temps, la morale sera sauve à la fin, mais à quel prix !).

La Colline A Des Yeux à donc certes vieilli dans sa forme (les ridicules scènes d'attaque du chien...), mais son énergie hargneuse et provocatrice coulent toujours dans ses veines. Le film de Craven fait naître encore l'indignation, utilisant la violence comme un puissant véhicule jusqu'à l'horreur. Il garantit la peur et l'inconfort du spectateur en lui montrant un bonheur déchiqueté par l'irruption d'une barbarie "gratuite" (élément indispensable à tout bon fait divers, si l'on y réfléchit bien...). La Colline A Des Yeux sous ses allures d'obscur nanars d'horreur 70's reste une belle trace de cette révolte qui a traversé le ciné US de cette décennie. Cheap, c'est vrai, mais toujours aussi dérangeant.