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Cat Run (2011)


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Deux apprentis détectives tentent de retrouver Cat, avant que les ennemis de celle-ci n'y parviennent par l'intermédiaire d'une redoutable tueuse à gages.

Cat Run est un de ces ersatz de mauvais goût de Guy Ritchie ou de Tarantino, qui mise sur sa "mise en scène nerveuse, fun et rythmée" pour vous emmener dans son aventure... Mais que tout celà est lourd, que tout celà sonne creux.

La principale faiblesse de Cat Run, ce sont ses personnages principaux, absolument dénués de tout charisme (à l'exception de sa redoutable et radicale tueuse à gage plutôt réussie et bien incarnée). L'autre faiblesse, c'est son scénario fade et sans faveur...

Mais là où Cat Run échoue, c'est dans ses tentatives de nous faire croire que son réalisateur à le talent de ses inspirateurs. Cat Run ressemble à un téléfilm haut de gamme pour lequel la seule chance de réhausser sa relative médiocrité aurait été de le maquiller façon "branché". Hélas, u lieu de réussir à doper le projet, le style Ritchiesqueimporté, achève d'en faire ressortir sa banalité.

Cat Run, s'il pourra néanmoins remplir son office pour certains des moins cinéphiles d'entre nous, est un film dont l'ambition et les moyens sont à la limite de la malhonnêteté ! Et ça, à Doorama, on aime pas !

Dream House (Jim Sheridan, 2011)


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Un écrivain découvre que la maison qu'il habite avec sa femme et ses filles, a été le lieu d'un terrible massacre qui vit disparaitre une famille entière. Entière ? Peut être pas, le coupable semble se manifester.

Le moins que l'on puisse dire est que Jim Sheridan nous avait habitué à un tout autre niveau de cinéma ! Il nous livre ici une vague histoire, aux ressorts usés, oscillant entre thriller horrifique et thriller psychologique. Hélas la tension monte aussi haut que l’intérêt du spectateur, et ce n'est pas le lourd twist du scénario qui réussira à sauver l'entreprise.

Dream House se subit donc davantage qu'il s'apprécie, et ce n'est pas la gueule burinée d'un correct Daniel Craig ou la le jeu discret de la Rachel Weisz qui réussiront à faire tenir debout cette pataude histoire (mais on ne peut vous dire le vrai sujet, si l'on ne veut pas gâcher le twist du scénario...)

Pas de quoi avoir peur, pas de quoi se passionner, on retiendra juste que Sharidan n'était ni en forme, ni inspiré. Dream House pourra peut être mieux fonctionner auprès des spectateurs qui ne voient qu'un ou deux films par an.
 
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Pays de Cocagne (Pierre Etaix, 1971)


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 Documentaire, à la fois assassin et affectueux, sur la France du début des années 70, filmé autour du Tour de France...

Beaufs à bob, petites gens, intellos de province et abrutissement général sur fond de société de consommation, voilà le projet de Pierre Etaix, qui nous avait auparavant habitué à un tout autre style et humour que seul le mot "raffiné" semble le mieux résumer.

Si aujourd'hui Pays de Cocagne est une fabuleuse photo de 1972, au moment de sa sortie il fut assez largement rejeté, perçu comme une sorte d'attaque contre le français, les montrant sous des aspects bien moins valorisants que celui du "pays des droits de l'homme et des liberté" qui les abrite !

Si la peinture est effectivement cruelle et parfois à la limite de la moquerie, on y reconnait cependant une certaine tendresse de la part d'Etaix, nous montrant le meilleur comme le pire de nos concitoyens. A bien y regarder, on retrouve dans pays de Cocagne ce qui habitait ses précédents films : à savoir un une affection pour les gens et leurs tracasseries, ainsi qu'une société vorace qui abime les individus qui la composent.

Pays de Cocagne est un documentaire qui, malgré son apparente cruauté, démontre l'amour des autres de Etaix. En revanche, il trahit aussi l'inquiétude d'Etaix quand à l'aveugle acceptaion par ses contemporains des évolutions de leur société. pour apprécier pleinement pays de Cocagne, il conviendra donc de connaître le Bonhomme, autrement il ne restera qu'une trace amusante des jeunes années 70.

Le Chat Du Rabbin (Joann Sfar, 2011)


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Le rabbin vit avec sa fille et leur chat. Un jour, le chat se met à parler, il s'intéresse particulièrement aux croyances des hommes et par dessus tout à la fille de son maître.

Joann Sfar (certains se souviendront de son inégal Gainsbourg Vie Héroïque) porte donc sa bande dessinée éponyme sur le grand écran, et le résultat est visuellement fort élégant et poétique.

Au travers de son personnage félin, qui ne cesse de s'étonner des contradictions des hommes, et ne manque pas une occasion de "ramener sa fraise", le film s'axe principalement sur la religion (il serait même plus juste de dire les religions) mais ne manque pas cependant de s'attarder sur les rapports humains.

Mêlant avec goût remarques philosophiques, humour et émotion, Le Chat Du Rabbin s'avère particulièrement agréable et ludique à suivre. Il délivre avec une certaine finesse, des messages de tolérance et de compréhension, sans jamais abandonner sa malice et sa désinvolture.

Même si la fin laisse un peu sur sa faim, Le Chat Du Rabbin réussit à vous faire voyager sans stress entre son sujet sensible et son ambiance "bain de soleil colonial".

Enfin, on retiendra pour l'anecdote, la savoureuse apparition de Tintin (qui à elle seule pourrait résumer l'esprit de son auteur) et la fille du rabbin dont nous sommes tombés fou de désir à la Rédaction de Doorama !


Ma Part du Gâteau (Cédric Klapish, 2011)


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Obligée de quitter Dunkerque pour chercher un emploi sur la capitale, France trouve un emploi chez le trader responsable de la fermeture de la société dans laquelle elle travaillait.

Que l'on aime ou non le Cinéma de Klapish, on se doit de lui reconnaître un coté sympa, voire bobo, et une certaine spontanéité. Ma Part Du Gâteau s'inscrit dans ce sillon en abordant, façon Klapish, un thème d'actualité de notre société : l'impact de la finance sur l'économie réelle.

Avouons le, le thème est un peu trop grand pour Klapish, bien plus habile à élaborer des personnages touchant qu'à dresser un une cartographie du système et de ses dysfonctionnement. Si le message est donc un peu naïf, il n'en demeure pas moins que, porté par un Gilles Lelouch et une Karine Viard quasi-parfaits, Ma Part du Gâteau dégage une atmosphère particulièrement attachante et dépeint avec délicatesse et quelquefois inspiration (la partie à Venise !) une rencontre contre nature entre puissant et fourmi.

Ma Part Du Gâteau n'est pas destiné à vous aider à vous forger une opinion, il se contente de montrer le fonctionnement de ses personnages et de les opposer pour en faire naître émotion et une certaine (in)humanité. Pourtant diablement sympathique, le film se heurte cependant (se perd ?) dans son propre décor social, l'empêchant de parfaire son message et de trouver un réel écho social (sa curieuse fin "précipitée" en forme de leçon, fin presque inaboutie, l'illustrera tout à fait).

On appréciera d'autant plus Ma Part du Gâteau qu'on n'en attendra pas d'analyse sociale percutante et novatrice. On le regardera avant tout pour l'alchimie Lellouche-Viard et sa légèreté de traitement d'un sujet difficile.
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Présumé Coupable (Vincent Gareng, 2011)


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Le procès Outreau est aujourd'hui symbole de l'erreur judiciaire... Alain Marécaux faisait parti de ces innocents injustement accusés. Présumé Coupable, adapté de son propre livre, retrace son histoire.

Philippe Torreton est bluffant ! Il faut commencer par là pour suivre Présumé Coupable, et "apprécier" de partager le calvaire d'un innocent. Entièrement centré sur son personnage, Présumé Coupable est davantage une dissection de la souffrance d'un homme broyé par la machine judiciaire, qu'un film sur Outreau à proprement parlé. Et c'est bien là qu'il puise toute sa force, toute son intelligence : reléguer l'horreur d'Outreau à un simple "contexte", à un simple prétexte pour se concentrer entièrement sur la construction un portrait humain bouleversant, incarné par un Torreron (encore une fois) sublime !

Présumé Coupable vous accroche immédiatement, il vous immerge dans l'enfer d'un autre et fait immanquablement naître la compassion chez le spectateur. A Doorama, on pense que c'est là que la film fonctionne et est une grande réussite, on pense que Présumé Coupable ne traite pas du sujet apparent (l'affaire d'Outreau), mais s'en sert comme levier pour en faire un film bien plus personnel et éviter de diffuser un quelconque message, un quelconque avis, sur le fait divers (contrairement à Omar m'a Tuer). En çà, on peut le rapprocher de La Chute, qui lui aussi se souciait davantage de l'homme que du contexte.
Présumé Coupable est un film habile, fort et brillant.     


L'Assassin Habite au 21 (Henri-Georges Clouzott, 1942)


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Paris est terrorisée par tous ces crimes signés du mystérieux "M. Durand" dont on retrouve sa carte sur les corps qu'il laisse derrière lui. C'est une pension de famille aux locataires hauts en couleurs, la Pension Des Mimosas, qui va attirer l'attention du commissaire pour mener son enquête. Mais il ne sera pas seul à enquêter, sa petite amie s'invite dans l'enquête !

L'assassin Habite Au 21, fait immanquablement penser à une enquête d'Hercule Poirot. Pourtant, malgré le suspens et son humour discret, cet assassin est bien Français.

Henri6Georges Clouzot signe ici son premier film. Il propose ains,i dans une France occupée, une originale et passionnante enquête policière, qui réussit, malgré son apparente légèreté, à installer un climat relativement lourd et pesant. Chaque occupant de la pension est un coupable potentiel, la suspicion est généralisée ! Clouzot savait visiblement tirer parti "de l'air du temps" pour construire son divertissement.

L'Assassin Habite Au 21 est resté dans le Cinéma Français. Même s'il accuse quelques rides (notamment le jeu des acteurs, alors si caractéristique), il demeure un film riche, rythmé, absolument savoureux à découvrir, dont la théâtralité de ces personnages sert d'appui pour installer un immense Cinéma !
Ma grand mère avait vu L'Assassin Habite Au 21, elle l'avait beaucoup aimé... Je comprends bien pourquoi en le revoyant  :-)

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Conan (2011)


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Conan reprend du service ! Pour venger la mort de son père, il recherche le meurtrier de son père, Khalar Sing, qui s’apprête à mettre  la main sur un masque aux pouvoir magique terrifiants.

Les quadragénaires ont encore en tête la version 1981 de John Milius, avec Arnord Schwarzenegger dans le rôle du muscle qui manie l'épée. Oubliez tout ça ! Gardez donc intacts vos souvenirs d'enfance, ceux d'un film au souffle épique, ceux d'un film d'aventure parfait pour les kids comme les parents, et restez loin de la nouvelle version de Marcus Nispel.

Ce remake de Conan, comme les studios américains savent trop bien le faire, n'est qu'un ersatz sans âme ni envergure qui se contente d'enchaîner les scènes imaginées par des scénaristes en pleine grève du zèle.

Sans être pour autant complètement invisible (Nispel est un bon technicien), Conan n'est qu'un assemblage de situations déjà vues et archi re-vues, dont les seuls effets sur un adulte sont l'ennui et l'impassibilité. Le peu de charisme de l'acteur (le guerrier de la série Game of Thrones) et le ridicule de certaines scènes ("Chic un endroit qui va s'écrouler ! Allons donc nous y battre !") achèvent de positionner ce remake ni fun, ni inspiré, sur le créneau 10-14 ans.
Quand bien même auriez-vous conservé une âme d'enfant, croyez moi : "Vous avez passé l'âge !"
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Megaupload Is Dead (2012)


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C'est l'histoire d'un outil qui est condamné pour les crimes d'un autre !

Si nous sommes les premiers à souhaiter que la création et l'industrie artistique continue de nous pourvoir en beautés, plaisirs et surprises, il est bien évident que les Artistes, les "ayant-droits", doivent toucher ce qui leur revient de droit !
Cela étant posé, nous sommes libres de nous demander si les (trop) nombreux intermédiaires doivent être davantage récompensés que les Artistes et Créateurs... De là à penser que certains jouent le rôle d' "Exploiteurs" ou d' "Affameurs", il n'y a qu'un pas !
La création n'est pas une marchandise...

Il n'empêche que la fermeture de ce géant du libre partage, qui flirtait souvent, il est vrai, avec l’incitation, n'est pas une bonne nouvelle pour nos libertés informatiques.

Une fois de plus les "Géants" ont peurs des réactions qu'ils ont fait naître chez les Petits. Une fois de plus les Puissants se sentent innocents des frustrations qu'ils ont eux même infligés...

Ils ont hier abattu un leader... 200 nouveaux se lèveront demain...
R.I.P. Megaupload. Ton nom résonnera maintenant comme un symbole sur cette toile qui t'a vu naître.

Swift (Frédéric Schoendorfer, 2011)


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Un échange d'appartement plonge une Canadienne dans un cauchemar éveillé, en transformant son séjour en France en combat pour prouver son innocence dans un crime dont tout l'accuse.

On en parlait justement hier, avec Nuit Blanche, du renouveau du polar français... Frédéric Schoendorfer y a contribué, dans une certaine mesure, en y laissant de jolies traces avec l'excellent Scènes de Crimes ou sa participation à Braquo.

Son Switch, hélas, ne fonctionne pas aussi bien. Il s'attaque au scénario un peu usé du coupable injustement accusé qui doit prouver son innocence, et le traite sans originalité ni créativité (sauf à mettre une femme dans cette situation, seule vraie originalité du projet).

Switch est poussif, peu crédible et souffre principalement d'un manque d'identité propre, en singeant le polar US sans y apporter les qualités et la signature de Schoendorfer. Si Cantona tient à peu près la route, et que Switch reste à peu près "regardable", il faudra absolument oublier le dénouement ridicule du scénario.
L'ensemble est bien décevant et avant tout fort peu convaincant.
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Polisse (Maïwen, 2011)


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Immersion dans le quotidien des flics de la Brigade de Protection des Mineurs...

Polisse est un objet de cinéma d'une liberté folle. Construit comme un documentaire en immersion, le film de Maïwenn évoque avec force les situations, souvent désespérées ou désarmantes, auxquelles sont confrontés ces flics, ainsi que l'impact sur l'humain.

Sans tomber dans le misérabilisme ou user d'effets faciles pour toucher le spectateur, Maïwen filme à l'instinct. Elle distille au travers d'une réalisation puissante, libre et spontanée, un portrait bouleversant et touchant de ces hommes et femmes qui se battent dans (et avec !) leur métier.

Intelligent, inspiré et surpuissant, Polisse dessine un portrait amère d'une société en en quête de perfection alors qu'elle n'est faite que de contradictions.

Porté par des acteurs tous impeccables (Joey Starr, Karine Viard et Marina Foïs en tête !), Polisse est un film choral brutal, d'une maîtrise et d'une richesse inouïe, qui dresse avec justesse et humanité une impressionnante galerie de portraits et de situations.
Polisse est un film rare, fort, quasi parfait, né d'une réalisatrice en état de grâce.

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Nuit Blanche (2011)


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Un flic un peu rippoux doit restituer la drogue qu'il a "emprunté" s'il veut récupérer son fils...

Le film de Frédéric Jardin est une agréable surprise. Nerveux et excellemment bien rythmé, Nuit Blanche déploie son scénario à la sauce Braquo ou 24h, non sans une certaine maîtrise.

Intelligemment écrit, ce pur divertissement concentre l'action sur une nuit, un lieu (la boite de nuit du pourri) et plonge un Tomer Sisley (plutôt crédible et convaincant) au milieu de la tempête. Commence alors un joli jeu de chat et de la souris entre notre flic surmotivé, deux bande de truands (Serge Riaboukine et Joey Starr)  et un autre flic énervé (Frédéric Boisselier, étonnant mais crédible lui aussi) : réalisé sans génie, mais non sans style, les mécanismes fonctionnent !

Sans temps mort, Nuit Blanche puise une partie de son énergie dans la motivation d'un père prêt à tout pour sauver son fils. Le ressort est connu, peu original certes, mais il est ici exposé sans surdosage inutile qui puisse ralentir l'action.

Pour peu que l'on attende pas une finesse psychologique inouïe, ni une révolution du Polar français, Nuit Blanche tiendra toutes ses promesses en revêtant pour vous les plus beaux habits du "nouveau polar made in France", façon A Bout portant !
Nuit Blanche est réussi. Ca ne réinvente pas la poudre (dont il en est ici question), mais "ça pète pas mal" quand même  ;-)