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Mama (Andres Muschietti, 2013)


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Quand Lucas retrouve enfin les deux filles de son frère disparu, c'est presque rendues à l'état sauvage qu'elles lui sont retournées. Elles ont vécu dans une cabane au fond des bois, élevées par un démon qu'elles appellent "Mama". De retour à la civilisation, maintenant au sein d'une "vraie" famille, avec Lucas et sa compagne Annabel, ce n'est pourtant pas la fin de cet épisode malheureux, puisque Mama continue de garder un oeil sur elles... Et une mère comme Mama ne laisse pas s'éloigner ses enfants, juste "comme ça"...

On est loin de la Mama d'Aznavour... La Mama de Muschietti est un spectre vaporeux et décharné, une entité sauvage et protectrice avec ses fillettes qui comme toutes les mères se soucient de sa progéniture. Mama se paye une star en pleine ascension, en la présence de Jessica Chastain ( vue récemment dans Zero Dark Thirty ou Des Hommes Sans Loi) pour vendre ses deux Cosettes et prôner les valeurs de la famille américaine, mais cela ne suffit pas à pour faire intervenir un peu de qualité et d’originalité dans son sujet. Fantastique calibré, usé et prévisible, Mama est un film de drive-in déguisé en superproduction censée faire peur...

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Il Etait Une Fois Dans L'Ouest (Sergio Leone, 1968)


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Une femme récupère les terres de son mari assassiné. Tout désigne les hommes de Cheyenne comme étant les responsables de la tuerie. Mais l'Harmonica n'est pas dupe, c'est Frank qui a fait le coup pour le compte de Morton qui oeuvre pour l'avancée du chemin de fer. Une vengeance, des bandits, des coups de feu, des intérêts financiers... Il était une fois, dans l'ouest...

"Saloperie !". Nous ne voulions que voir sa scène d'introduction, juste les premières minutes, simplement pour voir la beauté offerte par notre Bluray... Mauvaise idée ! Il Etait Une Fois Dans l'Ouest nous a littéralement happé dans ses 2h45. Avec des Casablanca, des Enfants du Paradis, des Hitchcock, ou des Heat pour nous, Il Etait Une Fois Dans l'Ouest est de ces films, ces chefs d'oeuvres, que tout le monde place sur la "best-top-film-list" des grands films éternels, que l'on sait là, et que l'on oublie de "revisiter", les sachant sagement rangés au sommet...  Et puis on retombe dessus, on reprend un "aller-retour" en plein visage, et Il Etait Une Fois Dans l'Ouest nous rappelle violemment qu'il est un chef-d'oeuvre total, absolu et d'une puissance intacte !

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The Path (La Senda - Miguel Angel Toledo, 2012)


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Un joueur d'échecs sur le déclin s'accorde, avec sa femme et son fils, des vacances de Noël dans un chalet tranquille afin de se reconstruire un peu. Mais le rapprochement de son épouse avec Samuel, un ouvrier de la région, va déstabiliser Raùl plus que l'aider à souffler. Raùl commence à avoir des idées sombres, ses rapports avec son fils et sa femme se dégradent et les vacances se transforment en épreuve pour ne pas perdre pied définitivement.

L'Espagne, chaude et bruyante, cède la place, dans The Path, au silence étouffé de la neige... La petite famille tente de s'octroyer des vacances réparatrices, c'est le doute et la défiance qui vont apparaître... The Path, malgré son climat fantastique omniprésent, tire vers le thriller psychologique, en proposant une autopsie d'un dérèglement aux conséquences qui s’avéreront bien évidemment tragiques. Mais si élégant et travaillé qu'il soit, la réussite et la surprise ne sont pas pour autant de la partie dans le film de Miguel Angel Toledo, The Path nous emmenant sur des sentiers finalement bien balisés... Faisons un bout de chemin autour de The Path...

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Lincoln (Steven Spielberg, 2013)


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Abraham Lincoln à une vision pour l'Amérique déchirée par la guerre de Sécession : l'abolition de l'esclavage. Pour lui, la fin de la guerre passe par cette loi fondamentale, la dignité du peuple américain passe aussi par l'adoption de cette loi. Commence un combat politique ou chaque voix compte, où chaque voix à rallier est un combat dans lequel le président, face à l'enjeu, jouera jusqu'à sa droiture.

Sacré Spielberg ! Une fresque monolithique sur ce monument historique de la vie politique américaine... Voilà ce qui attend le spectateur américain... Figure héroïque, courageuse et idéale du père, Lincoln est présenté comme un homme d'exception, intouchable, à qui l'on doit une décision historique. C'est ce combat politique que Spielberg choisit de mettre en scène, plutôt que la vie entière ou la carrière de Lincoln. Franchement ? On préfère revoir Abraham Lincoln, Chasseur de Vampires plutôt que de subir une nouvelle fois Spielberg pétri d'admiration béate devant ce monstre américain... Voilà pourquoi...

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Wrong (Quentin Dupieux, 2011)


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Dolph se réveille comme tous les matins à 7h60, mais ce matin, Paul, son chien,  n'est plus là... Bouleversé par sa disparition, le quotidien de Dolph s'en trouve ébranlé. Son jardinier, le mystérieux Maître Chang, le détective chargé de retrouver Paul ou Emma, la vendeuse de pizza qu'il ne connaît pas qui vient vivre chez lui, émaillent ses jours de solitude dans de bien curieuses trajectoires...

Sans doute la rédaction de Doorama est très friande de ces cinéastes "arty" et ésotériques, génies où escrocs... De Wes Anderson (arty ?) à David Lynch (ésotérique ?), et on pensera aussi au délicat Cashback, il y a de ces cinémas qui nous enthousiasment. Nous rangeons Wrong dans cette catégorie, parmi ces "ovnis" que l'on observe avec le cerveau qui s'emballe, sans pour autant être certains de ce que l'on en pense... Une expérience... Et quelle expérience que de retrouver de nouveau réunis Flat Eric avec son papa Quentin Dupieux (aka Mr. Oizo), puisque Flat Eric fait l'un des plus beaux caméo de cette décennie dans le panier de Paul le chien ! Wrong nous embarque pour "nulle-part-land", quelque part entre ici et ailleurs...

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Broken Flowers ( Jim Jarmush, 2005)


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Don Johnston, avec un "t", reçoit un jour une lettre d'une de ses anciennes (et nombreuses) conquêtes, lui annonçant qu'il a un fils. L'absence de nom sur la lettre l'entraîne à entamer une tournée de ses ex, afin de découvrir qui d'entre elles est la mère de ce fils qu'il ne connait pas. Un seul indice : la lettre a été tapée en rouge sur du papier rose...

Pour certains, Jarmush est ce cinéaste un peu Arty de Stranger Than Paradise ou Down By Law, pour d'autres il est le papa de Ghost Dog, film plutôt unique dans sa filmographie. Une chose est sûre, Jim Jarmush, aime ses acteurs et ses films décrivent avant tout des personnages plutôt que des histoires à proprement parler. Sensible, drôle et décalé, c'est Bill Murray qui se charge ici à donner vie à un Don Juan en quête de réponses : Road Movie paternel, c'est parti !

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Promise Land (Gus Van Sant, 2013)


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Global, une compagnie d'exploitation de gaz de schiste, envoie Steve Butler démarcher les habitants d'une petite ville américaine "qui repose sur des millions". Plein de promesses, mais aussi de sincérité, Steve va pourtant se heurter à la méfiance des citoyens, avec l'arrivée d'un militant écologiste qui dénonce les pratiques et les dangers de Global. Steve va peut-être arriver à un stade où lui aussi va douter...

Gus Van Sant est un cinéaste intéressant, à la fois esthète et ambitieux, il construit petit à petit une filmographie variée, et globalement de qualité. Du calibré Will Hunting, au minimaliste Last Days, en passant par Elephant ou Gerry, Van Sant s'intéresse à la dimension humaine de ses personnages. Promised Land va dans cette direction en proposant autour d'un sujet d'actualité (le gaz de schiste) de dresser un portrait tout en nuance d'un "acheteur de ressources" à la solde d'une multinationale. "A la solde" ? C'est bien là que Promised Land est intéressant puisqu'il extrait d'un profil souvent critiqué pour ses méthodes et son absence de valeurs, des qualités humaines. Humaniste et plein d'espoir le dernier Van Sant ?

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Royal Affair (En Kongelig Affære - Nikolaj Arcel, 2012)


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Au Danemark, le roi s'adjoint les services d'un médecin personnel : Johann Friedrich Struensee. Ce dernier, adepte des Lumières, jouit d'une grande influence sur ce roi que ses conseillers considèrent comme à demi fou. Ses idées révolutionnaires ne laisseront pas insensible la reine Caroline, et une liaison va naître entre la reine et le médecin du roi. Mais l'influence de Stuensee sur Christian et les nouvelles lois appliquées au royaume danois sont loin d'être du goût de tous, et son aventure avec la reine risque bien de servir ses opposants.

Il est donc possible de mélanger passion amoureuse et révolution politique dans un film en costume sans tomber dans les clichés et les codes usés. Nous avons entendu un critique dire qu'il fallait "remonter à Barry Lyndon pour retrouver un film en costume avec une telle envergure", on applaudit des deux mains à la rédaction, tout en évoquant aussi Les Duellistes... Royal Affair à fait mouche à la rédaction, autant pour sa forme, sobre et travaillée, que pour ses acteurs (le décidément énorme Mads Mikkelsen en tête) que pour son équilibre entre romance et politique... Royal Affair n'en met pas plein la vue, c'est la tête qu'il vise...

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A Company Man (Lim Sang-Yoon, 2012)


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Ji Hyeong-do travaille dans les bureaux d'une grande entreprise de métallurgie, à l'apparence des plus respectable. Mais sa véritable activité pour cette entreprise consiste en fait à supprimer des personnes, et à ce jeu-là, Ji Hyeong-do est très bon, il est voué à une belle carrière. Mais tout change, il doute, tombe amoureux, et veut maintenant changer de vie, ranger les armes... Mais c'est un business où le démission n'est pas bien vue...

Un tueur calme, aux traits fins, élégant, toujours tiré à quatre épingles dans son costume impeccable... On croirait retrouver le personnage de l'excellent A Bittersweet Life, de Kim Jee-Woon, pour sa suite ;  ce n'est pourtant pas le cas malgré les nombreux emprunts. A Company Man nous propose donc un thriller à la sauce coréenne, comme on les aime ici à la rédaction, à la fois élégant, efficace et un poil nostalgique. La question est maintenant de savoir si A Company Man fait le job !

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Casque d'Or (Jean Becker, 1952)


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Georges Manda fait la connaissance de Marie, Casque d'Or. Entre le menuisier ancien voyou et la fille de joie, c'est le coup de foudre ! Mais le petit-copain de Marie, ne le voit pas comme ça, Félix Leca, le chef de la bande à laquelle il appartient, encore moins ! Georges va tuer un homme au cours d'un duel, et Félix utilisera cet épisode pour obtenir ce qu'il désire : Casque d'Or...

Encore un classique du cinéma français... Encore un de ces films qui offre un Paris populaire, cerné de guinguettes et peuplé de mauvais garçons dont les manières et le parler nous paraîtraient pourtant, aujourd'hui, bien polies ! Casque d'Or, malgré l'époque qu'il décrit, conserve une intemporalité délicieuse et une force dramatique toujours aussi imparable : Amour, carrefour de tous les possibles... Amour, "sac à embrouilles"...

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Le Magasin Des Suicides (Patrice Lecomte, 2012)


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 La Famille Tuvache vend du suicide de père en fils, avec un dévouement presque religieux. Le commerce est florissant, la société déprimante. Tout allait pour le mieux jusqu'à l'arrivée du petit dernier, Alan, qui au lieu de porter la tristesse familiale arbore une indécrottable bonne humeur, doublée d'une joie de vivre inébranlable. Une honte chez les Tuvache !

Pour nous, Lecomte, c'est avant tout l'homme du sublimissime  Mari de La Coiffeuse ou de Monsieur Hire, avant d'être l'homme des Bronzés ou d'un cinéma comme Les Spécialistes... Le Magasin des Suicides, c'est le bon côté du bonhomme pour nous. On retrouve ce goût du drame chez Lecompte, qui devient ici un goût pour la tristesse, et qui tourne ici à la leçon de bonne humeur ! Car "Oui", le Magasin des Suicides est délicieusement empli d'humour noir, mais il accroche aussi une solide banane !

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Moi, Moche et Méchant (Dispecable Me - Chris Renaud, Pierre Coffin, 2010)


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Gru est méchant, très méchant, c'est sa nature, il aime être méchant. Pour regagner sa place de N°1 de méchants, il fomente un plan diabolique pour voler la lune. Mais il a pour cela besoin d'adopter, le temps d'accomplir son méfait, trois orphelines. Gru serait il en train de s'attacher à ses trois pensionnaires ?

Comment être méchant avec Moi, Moche et Méchant ? La rédaction, à ses heures, est plutôt consommatrice de Schrek, d'Age de Glâce, ou de quelques Pixar bien pesés, et ce nouvel animé 100% numériques a tout à fait réussi à emmener les adultes que nous sommes (paraît-il) dans le monde corrompu des enfants. On peut trouver à redire sur Moi, Moche et Méchant, ici à la rédaction, nous avons en tous cas trouvé quoi vous en dire...

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