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Mad Detective (Johnnie To & Wai Ka-Fai, 2008)


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Une série de braquages est commis avec l'arme de service d'un inspecteur de police qui reste introuvable. Pour avancer dans une enquête qui piétine, l'inspecteur Ho fait appel à l'inspecteur Bun, son ancien supérieur, mentor et brillant profiler, évincé de la police pour maladie mentale.

La vague du polar Hong Kong s'est maintenant retirée depuis longtemps, emportant avec elle nombre de projets creux, puérils ou inutilement démonstratifs, mais elle nous a heureusement laissé Johnnie To, dont le filmographie éclipse avantageusement celle d'un John Woo surestimé, usé et fini depuis longtemps.

Il faut comprendre que derrière Mad Detective ne se cache pas un héros téméraire et bondissant, par "détective fou", il faudra bien envisager la folie sous son aspect médical, et c'est là tout l'intérêt du film : la poursuite d'une enquête rationnelle et "ordinaire" au travers de sa progression irrationnelle.

Mad Detective impose son originalité en déplaçant ses enjeux habituels de la résolution d'une affaire vers la méthode utilisée pour y parvenir. La réalisation soignée de Johnnie To & Wai Ka-Fai (souvent compères ces deux là...) s'appliquera à donner alors tout son intérêt à Mad Detective, par une très judicieuse mise en image de l'univers de folie du détective Bun (personnage et acteur par ailleurs vraiment excellent !). Brouillages des pistes et multiplication des hypothèses deviennent alors un véritable jeu avec le spectateur, fort bien étayées et représentées grâce à la pertinente "deuxième réalité" de l'inspecteur Bun. Mad Detective livrera même quelques jolis moments comme un repas à quatre, qui est en fait un "3 + 1 imaginaire".

Si l'enquête de Mad Détective ne restera pas forcément dans les mémoires pour son rythme ou son énigme, son déroulement en circuit fermé (des policiers enquête sur un policier disparu) participe pourtant formidablement à créer la tension du film tout en illustrant l'enfermement des personnages dans leur univers respectif (rationnel contre irrationnel). Mad Detective, trop concentré qu'il est sur sa mise en scène, réellement passionnante et réussie, voit son scénario passer au second plan devant le brillant exercice de réalisation : là est peut être la plus grande faiblesse du film.

Mad Detective n'est pas la meilleure oeuvre de Johnnie To (nous lui préférons l'hypnotique mais hétérogène P.T.U. ou le bouillonnant Breaking News), mais elle rentre dans la veine la plus originale et qualitative des productions Hong Kong. Mad Detective parvient délicieusement à réunir le thriller asiatique avec une mise en scène inventive et une réelle ambition artistique. Il peut donc, à ce titre, être une excellente occasion de s'ouvrir au cinéma de Hong-kong, en découvrant un film abouti de l'un de ce ses meilleurs réalisateurs (Johnnie To).
Une très agréable curiosité.
 

Procurez-vous Mad Detective ou d'autres films de Johnnie To

Silent Hill (Christophe Gans, 2006)


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Afin de comprendre le mal qui ronge sa fille adoptive, Rose se rend à Silent Hill, une ville abandonnée. Mais sur place sa fille disparait mystérieusement, Rose parcours alors la ville à sa recherche et découvre le terrible secret de Silent Hill.

Christophe Gans (Le Pacte des Loups, Crying Freeman) est un cinéphile né (absolument passionant lorsqu'il parle de cinéma...), et son sens de l'image est un de ses talents certains. Il donne à cette adaptation du jeu vidéo éponyme un style visuel impressionnant, inspiré et convaincant, et injecte ses puissantes et dantesques visions de l'enfer directement au coeur de nos rétines. Sur ce point là Silent Hill est à n'en pas douter une référence du genre. Son climat est une réussite.

Pour le reste, c'est une autre histoire. Littéralement imbibé de cinéma, le cinéma de Gans a du mal à trouver sa propre personnalité, comme si son scénario était parasité par ses influences. Comme pour le Pacte des Loups, son réalisateur en fait trop, semble avoir du mal à trouver son équilibre. Silent Hill, après une première moitié passionnante à découvrir, piétine un peu, puis s'enlise lorsqu'il tente de réinjecter du sens et des éléments scénaristiques à son récit. Le jeu était une longue quête, le film commence comme celà, mais greffe et mélange, malédiction, sorcellerie et une intéressante, mais maladroite, interprétation psychologique.

Inégal, Silent Hill alterne un climat et une esthétique souvent proches de la perfection, avec un piétinement et des hésitations qui l’empêchent de maintenir une peur constante. Christophe Gans en voulant développer et enrichir la trame initiale du jeux, et la mener au delà de son mince argument, devient victime de ce que nous pensons être sa boulimie cinématographique et d'excès de zèle.

Si Silent Hill ne convainc pas complètement, l'ambition est pourtant bien là et la solide réalisation de Christophe Gans parvient largement à maintenir le fragile édifice débout. Son rythme irrégulier n'empêchera pas le spectateur de suivre avec intérêt ses superbes héroïnes. Radha Mitchell, en mère sexy en diable, et Laurie Holden (vue dans la série The Walking Dead) en flic courageuse emmènent efficacement le film vers son dénouement inattendu. Il serait par ailleurs intéressant de se pencher sur l'interprétation à donner quant au fait que l'enfer de Silent Hill, d'un point de vue psychanalytique, soit essentiellement féminin. De là à relancer le débat de l'hystérie réservée au beau sexe... Mais non,  nous souhaitons garder nos lectrices !

En guise de conclusion, même si Silent Hill perd de son intensité au fur et à mesure de son déroulement, sa réalisation à de quoi faire pâlir pas mal de réalisateurs. Et même si le résultat n'est pas tout à fait à la hauteur de son potentiel, il regorge d'ambiances apocalyptiques et d'excellent moments, et se voit (ou revoit) avec plaisir (peut être même davantage la seconde fois...). Et si cette histoire entre horreur et fantastique vous agace, concentrez vous sur son hallucinant univers visuel : là, il y a de quoi faire !


Procurez-vous Silent Hill ou d'autres films de Christophe Gans ou avec Radha Mitchell

Lady Snowblood 2: Love Song of Vengeance (Toshiya Fujita, 1974)


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En 1905, Yuki Snowblood" Kashima est finalement arrêtée par la police pour ses crimes passés. Libérée par la police secrète on lui  demande d'espionner un anarchiste afin de récupérer un document compromettant pour le gouvernement en place. Snowblood épousera pourtant la cause de ce dernier, trouvant ainsi un nouveau but.

Suite assez lointaine de Lady Snowblood, on retrouve Meiko Kaji dans le rôle de l'impitoyable femme assassin, dont les talents ne sont cette fois plus l'instrument d'une vengeance personnelle, mais mis au service de la défense des intérêts des plus faibles. Snowblood n'a d'ailleurs plus de raison d’être puisque l'accomplissement de sa vengeance l'aura laissée vide, dorénavant inutile.

Cet épisode est définitivement plus engagé, plus politique, puisque opposant les intérêts d'un peuple affaiblis par l'après guerre russo-japonaise aux ambitions capitalistes de ses dirigeants.


Lady Snowblood 2, reprend donc l'énergie et la détermination de Snowblood, mais lui assigne une mission d'intérêt générale, comme pour expier de ses crimes passés (37 quand même !) et parvenir à la rédemption. Ce deuxième film est bien plus pragmatique que son prédécesseur, la poésie symbolique des geysers de sang du premier opus laissent ici place à bon nombre de plans plus serrés, à la cruauté bien plus affichée, et presque complaisante.

Bien que la réalisation soit particulièrement attentive à la clarté du déroulement de son scénario et ponctué de superbes plans (le sang dans l'eau, l'attaque de Snowblood sur la plage...), elle échoue curieusement à donner ne serait-ce qu'un semblant de rythme à Lady Snowblood 2. Là où Toshiya Fujita emplissait, saturait presque, le premier Lady Snowblood d'énergie et de fureur, il opte ici pour une mise en scène bien moins dynamique, mais d'une grande fluidité, comme pour marquer le feu éteint de son personnage. Hélas lorsque celui-ci se ravive, sa mise en scène ne marquera pas ce renouveau. Cette volonté de traiter différemment cette fausse suite est à notre avis dommageable pour le rythme général de l'ensemble (on aimais le feu du premier !), mais elle permet cependant à son réalisateur de dégager une plus grande noirceur. Ce Lady Snowblood 2 commence avec une héroïne éteinte, presque morte, se poursuit dans un ghetto opprimé, et et se terminera au crépuscule de l'ère Meiji. Sombre on vous dit !
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La rédaction préfère le premier opus, mais sous ses aspects de suite un peu tranquille qui réexploite les atouts auparavant créés, se cache en fait un univers entièrement nouveau. Il n'est presque plus question de vengeance, mais de justice ici. Il n'est plus question d'individu, mais de groupe. Ce n'est plus un opéra empreint de lyrisme et de poésie, mais une pièce de théâtre, plus pragmatique, plus réaliste. Ce lady Snowblood 2, même s'il souffre d'un rythme "affligé" (comme son personnage ?),révèle au final un film de genre isolé, teinté d'un intéressant coté engagé, voire subversif. Et subversif, il le sera, en cassant certains codes du genre puisque son héroïne,face à la marche forcée de la modernité capitaliste,délaissera même son sabre pour une arme à feux...

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L'Ombre Du Mal (The Raven, James McTeigue, 2012)


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Edgar Alan Poe, malgré ses succès littéraires, a de plus en plus de mal à être publié. C'est alors qu'une série de meurtres s'inspirant de ses oeuvres est commise à Baltimore. Edgar Allan Poe devra même prendre part à l'enquête policière lorsque le tueur kidnappe celle qu'il aime. Le tueur engage alors un jeu de piste machiavélique avec avec Poe.

Cette Ombre du Mal nous vient du réalisateur de l'intéressant V Pour Vendetta. Campé au milieu du 19ème siècle, cette histoire reprend les motifs de jeu de piste sur fond d'indices morbides, à la Seven, et transforme l'écrivain poète en enquêteur criminel, combattant sa propre création.

Curieuse et intrigante idée de scénariste que de transformer des personnages historiques en héros de cinéma ! (Nous découvrirons prochainement Abraham Lincoln : Chasseur de Vampires, dans le même ordre d'idée). L'Ombre du Mal se nourrit donc d'éléments de l'univers de Poe et les assemble autour de (contre) son auteur. James McTeigue appelle pour l'occasion John Cusack pour transformer le poète en détective acharné, torturé par son oeuvre. Cette idée amusante ne dépassera hélas pas le stade du "prétexte", puisque l'écrivain n'apportera strictement rien à l'enquête, ne servant que de simple alibi aux choix littéraires des scénaristes. Néanmoins, L'Ombre Du Mal constituera au moins un agréable film en costume dont l'esthétique soignée n'est pas sans rappeler certains climats victorien de la Hammer ou le récent Sherlock Holmes 2, mais en plus convainquant.

Enquête un peu glauque, certes jolie dans sa forme, L'Ombre du Mal n'apportera rien d'autre que du déjà vu, qu'une enquête aux ressorts un peu rouillés au scénario peu imaginatif. Sa conclusion à la limite du bâclé achèvera de nous convaincre non pas du formidable potentiel fantastique de l'oeuvre de Poe (le fallait t'il ? le cinéma regorge déjà de maintes adaptations...) mais du terrifiant manque de courage et d'imagination de son scénario ! Comme La Ligue Des Gentlemen Extraordinaires (qu'est ce qu'on ne l'aime pas celui-là à la rédaction !) qui cherchait à compiler plusieurs univers dans un gigantesque défouloir, L'Ombre Du Mal puise son inspiration dans les classique et tente d'en faire un divertissement aussi familier que riche. Hélas...

L'Ombre du Mal tient davantage du pillage intellectuel que du divertissement. Il tente vainement de trouver le petit plus qui transformera ses objectifs mercantiles en véritable divertissement de qualité, mais son pseudo alibi culturel fait d'emprunts littéraires n'arrive pas à cacher sa mécanique usée et bien trop familière. Dans l'absolu, L'Ombre du Mal n'est pas complètement raté, mais on se dit après sa vision que ses auteurs ont essayé de nous faire prendre des vessie pour des lanternes... C'est limite. La seule ombre que ces lanternes laissent entrevoir, c'est la vague ombre d'une bonne idée, c'est tout.

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La Fiancée du Pirate (Nelly Kaplan, 1969)


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Marie à toujours été utilisée, humiliée et méprisée par les notables de Tellier, le village qui l'a accueilli toute jeune avec sa mère. Lorsque sa mère décède, Marie ne se laisse plus faire, elle monnaye dorénavant ses faveurs et se venge des notables en vonfrontant à leur hypocrisie et en les asservissant à leur tour.

France, 1969, La Fiancée du Pirate porte haut le souffle libertaire, le féminisme et la critique du système qui fleurissent alors. Nelly Kaplan choisit Bernadette Laffont pour incarner celle qui reprend sa vie en main, refuse le système et s'émancipe de la condition misérable dans laquelle on l'avait maintenue.

La Fiancée Du Pirate est une virulente charge contre un monde bien-pensant et l'hypocrisie qui y règne. Il prend la forme d'une fable qui suit l'évolution (la révolution ?) de Marie, soumise et exploitée en silence, du statut d'une Cosette qui subit à celui de Sorcière qui punit, manipulatrice et dominatrice. La critique sociale qui habite La Fiancée du Pirate embrasse les individus, bien sûr, mais aussi le système consumériste avec ses classes, ses riches et ses pauvres : Marie s'enrichit sur les riches notables en exploitant leurs faiblesses morales, mais capitalisera son argent dans des objets qui ne lui apporteront rien (comme un téléphone sans ligne ouverte au préalable)... elle accumule des biens qui lui sont inutiles et qui pourtant attisent une certaine convoitise. La place, le rôle et le but de chacun dans la société, voilà la queue du mickey dans cette fantaisie hargneuse de Nelly Kaplan.

Mais pour profiter du sympathique vent de révolte qui habite La Fiancée du Pirate, il faudra en accepter sa forme datée et marquée. La Fiancée du Pirate se fout de sa forme, c'est un parti pris évident, il se concentre sur ses messages et se contente juste de mettre ses acteurs dans le cadre, avec leur texte en bouche ! Du coup sa vision oscille entre un joyeux happening (bien en vogue à l'époque) à la direction d'acteur minimale, et son niveau artistique est équivalent à celui d'un porno soft avec Brigitte Lahaie ! Il faudra donc un petit temps d'acclimatation, voire quelques efforts, avant d'entrer dans son univers acide et sarcastique, et certains spectateurs risquent fort de baisser les bras devant sa forme (certes très libre et spontanée), dont le coté terriblement daté de sa mise en scène lui confère aujourd'hui une allure presque approximative...


Malgré sa forme, La Fiancée du Pirate un authentique morceau d'idéologie soixante-huitarde, porté par une Bernadette Laffont géniale en sorcière moderne. Outre son  bouc noir, elle envoûte littéralement ses victimes, le film est d'ailleurs parsemé d'allusions à la sorcellerie et Nelly Kaplan le résumait comme étant l'histoire "d'une sorcière des temps modernes qui n’est pas brûlée par les inquisiteurs car c’est elle qui les brûle" !. 


Cette fable enlevée, revancharde et libertaire rappellera sans doute à beaucoup le film Coup De Tête (de Jean-Jaques Annaud réalisé 10 ans plus tard, avec notre dieu Dewaere) pour son coté tir au pigeons sur des notables locaux, mais il s'en détache par son coté bien plus engagé, voire anar, fruit de l'époque qui l'a vu naître. La Fiancée du Pirate est un film libre, critique, immoral (quoi que !), irrévérencieux et militant. Emporté par la chanson "Moi Je m'en Balance" (de Barbara), et malgré son âge marqué, on tombe quand même amoureux de cette Marie qui nous venge tous, de ce David avec son corps comme fronde, qui botte le cul d'un Goliath exploiteur ! La Fiancée à bien vieilli, mais elle est encore fort belle, pleine de charmes, savoureuse !

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Dragon From Russia (Clarence Ford, 1990)


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Yao Long vit en russie avec May, mais il est kidnappé par une organisation criminelle secrète pour devenir un tueur à gage. Devenu amnésique, il devient un redoutable tueur : Le Freeman. Mais lors d'une de ses missions meurtrière, un témoin le voit en action. C'est May ! Il doit alors l'éliminer, mais certains souvenirs l'en empêcheront.

Oui, c'est bien une adaptation du manga Crying Freeman de Kazuo Koike (par ailleur créateur des mangas à la base des Lady Snowblood et des Baby Cart), en provenance directe de Hong Kong et réalisée 6 an avant le Crying Freeman de Christophe Gans. Voilà, tout est dit, on ferme, fin de la chronique !


Punition donc, que de visionner ce Dragon From Russie, même en gardant à l'esprit que le langage et la grammaire du cinéma de Hong Kong peuvent différer de nos codes narratifs et stylistiques. Dragon From Russie nous assène un montage à la hache, pénible succession de scènes expéditives à la fin abrupte, constituées d'une multitude de plans hyper monté. Le spectateur est littéralement noyé sous une avalanche de plans plutôt indigestes, les situations s'enchaînent dans une homogénéité ennuyeuse, et son rythme dénué de toute respiration rend cette histoire pourtant simple très difficilement compréhensible.


Dragon From Russia est une bouillie cinématographique dense, compacte et hautement indigeste. Ses scènes de combats sont confuses, leur intensité difficilement palpable, on s'étonne qu'elles soient déjà commencées et leur chute n'est annoncée que par le calme du plan qui leur succède : "Ah, c'est déjà fini là ? Ah bon !". On y retrouve bien les acrobaties aériennes propres au genre des films d'arts martiaux made in HK, mais si les personnages y volent et virevoltent gaiement, leur réalisation calamiteuse, elle, ne décolle pas.


Clarence Ford, le réalisateur, transforme cette adaptation du Crying Freeman en épreuve de force, rendant presque impossible au spectateur de suivre avec un minimum de plaisir ses combats et son histoire. A la rédaction, nous n'aimons pas beaucoup "massacrer" autant un film, mais malgré nos efforts nous ne trouvons rien pour sauver ce Dragon From Russia sauf peut être le Méchant masqué (non, pas le Freeman, l'autre dont on a un mal de chien à savoir qui il est et pourquoi il agit comme il le fait !) dont la pure voix de "méchant chinois", sardonique et haute perchée, ne trouve comme équivalent qu'une des meilleures performance vocale d'un Monty Python's Flying Circus


C'est bien simple, après la vision de Dragon From Russia nous avons voulu réviser les notes de certaines de nos chroniques pour passer Lock Out à 7, et décerner notre oscar au sympathique Dragon EyePerte de temps totale sauf pour les amateurs de nanars en quête de méchants chinois qui font rire (et on s'est effectivement bien amusés) ou alors en guise de révision pour se redonner envie de redécouvrir le Crying Freeman de Monsieur Christophe Gans.

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Blade Runner (Ridley Scott, 1982)


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En 2019, l'homme parvient à fabriquer des androïdes identiques à l'homme : Les Répliquants. Lorsque quelques répliquants s'échappent de leur condition de machines pour vivre parmi nous, et d'autant plus lorsqu'ils ont tués des hommes, on appelle alors un Blade Runner, sorte de détective chargé d'effectuer le "retrait" de ces êtres.

Second chef-d'oeuvre de SF de Ridley Scott (et chef-d'oeuvre du cinéma de SF tout court !), Blade Runner est l'adaption du roman  Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?de Philip K. Dick qui s'interroge sur la conscience humaine qui la technologie de l'homme pourrait donner à ses créations : des êtres qui agiraient, penseraient et ressentiraient les émotions 100% comme nous mais auxquels les Droits de l'Homme seraient refusés en quelque sorte.

Blade Runner parsème son film de toutes ces questions, patiemment, quand son scénario s'y prête une interrogation fait "pop". Face à la complexité de la thématique, Ridley Scott choisit de nous mener vers la réflexion (si on fabrique un humain, est il humain ? S'il n'est pas humain : et nous ?) par touches successives plutôt que de nous écraser sous sa propre vision. Blade Runner retrouve l'essence même de la SF, plutôt que de simplement "jouer" dans un futur possible avec des projections de notre présent, il aborde les problématiques sous un aspect presque philosophique et réintègre notre réflexion dans notre présent. Nous le disions pour Alien, mais c'est encore le mot "intelligence" qui caractérise le film de Ridley Scott.

E
t puis impossible de ne pas rendre hommage à la gueule de ce film ! Blade Runner proposait il y a 30 ans de cela, une certaine vision du monde de demain : mégalopoles à la Tokyo envahie de messages de consommation, grand écart social, ville en effervescence permanente, technologies pas trop fantaisistes... Aujourd'hui tout cela tient encore parfaitement la route (même si un gros logo Atari fait sourire...). La vision du futur de Blade Runner a incroyablement passé ces 30 années : le film est visuellement cohérent, ambitieux et encore jeune ! C'est l'occasion de rendre hommage aux effets visuels de Douglas Trumbull, hallucinant de beauté et de modernisme. C'est qui Trumbull ? Juste le mec en charge des effets visuels de 2001 l'Odyssée de l'Espace, et Rencontre du Troisième Type ! Un magicien quoi !

E
nfin, pour ceux qui ne l'auraient jamais vu, Blade Runner possède un rythme et un climat très particulier, très fort aussi. Film de SF, il se teinte pourtant d'un traitement de film de détective très 50's, même si cet aspect est gommé dans la version Director's Cut (plus de voix off !), et comme pour retrouver cette ambiance noire et feutrée, Ridley Scott prend son temps pour raconter son histoire (nous laissant par là aussi le temps de réfléchir...), il adopte le rythme lent et tranquile du détective Deckard... (avec son appartement, sorte de bureau-bulle, son whisky, ses souvenirs, la souris qui va avec (Sean Young), ses problèmes...). Et puis il y a Rutger Hauer, calme lui aussi, hypnotisant...

B
lade Runner est un film rare, élaboré avec un soin qui transpire dans chacun de ses plans. Plastiquement superbe, fascinant à regarder et foisonnant de sujets de réflexion, c'est un incontournable du cinéma de science-fiction, un incontournable tout simplement. On aime le répéter à chacune de nos chroniques sur Scott, mais quel énorme faiseur de rêve ce bonhomme !

Procurez-vous Blade Runner ou d'autres films de Ridley Scott ou avec Harrison Ford ou Rutger Hauer

Témoin A Charge (Witness for the Prosecution, Billy Wilder, 1957)


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Un avocat en convalescence accepte de défendre un homme accusé d'un crime, alors que tout l'accuse. Mais lors du procès le témoignage de son épouse va bouleverser l'issue du procès.

Le film de procès est un genre à part entière à Hollywood. Avec Témoin à Charge, il trouve l'un de ses plus beau fleurons, à ranger pas si loin du puissant 12 Hommes en Colère réalisé la même année. Comme ce dernier, Témoin à Charge est une adaptation d'une pièce de théâtre (ici d'Agatha Christie), mais son réalisateur est bien moins solennel, puisque c'est l'homme de Certains l'Aiment Chaud, 7 Ans de Réflexion ou encore La Garconnière qui s'y colle : l'alerte Billy Wilder.

Mis en scène de main de maître, la très forte tension dramatique de Témoin à Charge (avec ses multiples rebondissements) se teinte avec Billy Wilder d'une once d'humour, concentrée autour du caractère de l'avocat et son infirmière. Grâce au personnage haut en couleur de cet avocat un peu filou, joué par un Charles Laughton croustillant et malicieux, Billy Wilder parvient à compenser une mise en scène un poil théâtrale (quasi en hui-clos), par une certaine souplesse, un coté plus "rond", plus léger, qui contraste harmonieusement avec la rigueur d'une cour de justice londonienne.

Passionnant jusqu'à son final aussi mouvementé qu'inattendu (les producteurs, comme dans Les Diaboliques nous invitent à ne pas vous raconter la fin... et pour cause !) Témoin à Charge possède une classe et une efficacité merveilleusement conservées aujourd'hui encore. Son jeu de chat et la souris entre vérité et mensonge, mais aussi entre son avocat et ses interlocuteurs (justice comme clients) transforme ce procès en une méticuleuse quête de la vérité, pleine de rebondissements et tout en tension. 

Mis en scène au cordeau, acteurs de légende (Tyrone Power, Marlène Dietrich impériale) et rythme fluide, Témoin à Charge est un peu de ces films intemporels (son sujet peut être) qui fonctionne à chaque vision. Pas le plus drôle des Wilder (c'est pas son but !), mais un film brillamment réussi dont les deux heures semblent n'en faire qu'une, tant la mécanique "Agatha Christien" joue à plein. Un film de procès à la mécanique fine et imparable : absolument savoureux.

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Nameless Gangster (Jong-bin Yun, 2012)


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Opportuniste et malin, ou bien naïf et chanceux, Choi Ik-hyun passera de simple fonctionnaire des douanes à celui de véritable parrain mafieux. Avec sa famille, contre les clans adverses et au travers des investigations policières à son encontre, il réalisera une brillante ascension.

Ca vient de Corée et c'est avec l'acteur de J'ai Rencontré le Diable et Old Boy, alors forcément ce Nameless Gangster à attiré notre attention : et c'est tant mieux ! Nameless Gangster est une histoire de mafia coréenne, ornée de yakusas, sur fond de corruption et  le tout centré sur l’ascension d'un homme dans le Milieu durant les années 80's.

Porté par un Choi Min-Sik toujours aussi impressionnant et convaincant, entre violence scorcesienne, pincées d'humour et dénonciation des rouages d'un système bien corrompu, Nameless Gangster nous promène sur près de deux heures quinze dans la Corée des années 80-90 pour nous faire découvrir le parcours d'un Parrain. Bien que parsemé de quelques scènes violentes comme le cinéma coréen en à la recette, le personnage principal ne l'utilisera pas (ou si peu), et cette ascension là sera à ce titre bien plus étonnante que ces cousins américains. Choi Ik-hyun (le personnage donc) promènera sa carcasse dans un monde impitoyable, en utilisant la violence des autres pour attaquer et  ses relations pour se défendre.      

Nameless Gangster, possède tout de la saga mafieuse, mais son personnage est un véritable sujet de comédie. Et c'est bien là que le film réussit son pari, en immergeant ce gangster presque improbable, cet homme normal, dans un monde âpre et rude, sans jamais céder au traitement comique. S'il dégage régulièrement un humour certain et qu'il aime à souligner le ridicule de certaines situation, Nameless Gangster est un pur film de gangster, violent, dense et tendu, et les sourires s'effaceront vite devant les solutions mises en oeuvre pour grimper les échelons ou solutionner un problème : battes de baseball et trafic d'influence sont de rigueur !

Pour ce qui est de sa réalisation, Nameless Gangster n'offrira rien d'autre qu'une très belle mise en scène, soignée et limpide, qui bien que classique, excelle à retranscrire ce proche passé (rappelez-vous, nous sommes dans les années 80 !). Le seul petit reproche de la Rédaction à l'encontre de Nameless Gangster se fera sur ses passages d'une époque à une autre, sans que cela ne serve réellement le scénario, détail qui a son importance puisqu'il alourdi inutilement le scénario en n'apportant rien, si ce n'est un poil de confusion.

Diablement élégant et étrangement drôle, Nameless Gangster est à rapprocher de Le Parrain, American Gangster ou Les Affranchis. Il est de ces saga mafieuses méticuleuses, précises, violentes et effrayantes, mais son traitement atypique le positionne bien au delà d'une simple version coréenne de film mafieux : Nameless Gangster en deviendrait presque original, tant il revisite ce que nous connaissons et nous en propose une lecture différente. Sans pour autant réinventer la poudre, ni être l'un des meilleurs films de sa catégorie, il nous apporte encore un bel exemple de la vitalité et de l'originalité du cinéma coréenCe Parrain là n'a pas l'étoffe de ses grands cousins américains, mais il à tout d'un très bon film. 

Procurez-vous d'autres films avec Min-sik Choi

Casa De Mi Padre (Matt Piedmont, 2012)


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Armando Alvarez est attaché à la terre qui l'a vu grandir. Un jour son frère Raul, amène sa future femme, Sonia, au ranch familial, mais la véritable raison de cette visite est que Raul est un narco trafiquant qui vient disputer le territoire à un dealer local : La Onza. Armando devra partir en guerre pour protéger son ranch.

Le très prolifique Will Ferrell (The Anchorman ou encore The Other Guys ,Very Bad Cops en France, que nous aimons particulièrement)  met son humour parodique très personnel au service de cette histoire, à cheval entre la télénovela mexicaine bas de gamme et le western. A la manière des récents films Grindhouse, Casa de Mi Padre revisite un mauvais cinéma mexicain pour tenter de transformer le fer en or, en venant y greffer ses gags, avec un sens certain du décalage et du 3ème degré.

Tourné entièrement en espagnol, les codes méxicains du héros, de la famille, de la violence et de l'histoire d'amour sont donc passés à la moulinette du décalage, à la sauce Will Ferrell, qui pour l'occasion joue son personnage dans en espagnol appuyé, volontairement et exagérément surjoué (et c'est très drôle !). Si Casa De Mi Padre propose son lot de gags visuels  francs et identifiables il lui préfère souvent une parodie plus discrète dont l'esprit comique se cache dans les détails moins voyants (écureuils empaillés dans le décor, jeu d'acteur, articulations ou éléments du scénario, reflet de l'équipe de tournage dans les lunettes de soleil...).

A
u programme, Casa De Mi Padre vous propose : un puma totem magique (en fait une peluche grossièrement animée), des faux raccords, des décors de studio abusivement artificiels (qui interviennent d'un coup), des répliques tonitruantes ou des postures physiques improbables portées par des d'acteurs volontairement mauvais, une ballade romantique sur un faux cheval avec décor qui bouge, et surtout un combat mythique entre un coyotte (empaillé !) et notre puma en peluche (le film vous explique pourquoi ca a été... mais on préfère vous laisser découvrir par vous même !).

I
l y a d'excellentes choses dans cette parodie, son humour feutré (parfois fin et bien observé si l'on raisonne en cinéphile) arrache de violents sourires, mais les fous-rires restent rares. Quelque soit la réussite comique de Case De Mi Padre, on se heurte à la longueur de l'entreprise et à un rythme qui s'essouffle avant d'avoir jamais totalement décollé. On se dit alors, comme pour Machete, que le format court aurait été plus adapté (Machete est initialement une simple bande annonce d'un film fictif, avant d'être un film entier). Ce courant de fascination pour le mauvais cinéma, ce goût du mauvais goût plutôt en vogue ces dernières années réclame un immense talent pour fonctionner à plein. Avec ce film, Will Ferrell s'en sort plutôt bien, mais la réussite n'est que partiellement au rendez-vous. Casa De Mi Padre est un bon (très bon ?) Will Ferrell qui fera mouche auprès des fans, pour les autres, il sera un mauvais film ou au mieux une bonne idée initiale dont le ratage final ne laissera que quelques rare gags timides. Certains diront  "à l'humour bizarre, non ?".

Procurez-vous Casa De Mi Padre ou d'autres films avec Will Ferrell

Cleanskin (Menace d'Etat - Hadi Hajaig, 2012)


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A Londres, le MI:5 engage une traque ciblée et officieuse afin d'arrêter coûte que coûte la vague d'attentats qui secoue la ville. Ewan, un agent particulièrement efficace et engagé, mènera l'opération qui le mettra sur la piste de Ash, un  islamiste. Mais quelles sont les motivation de chacun ? A qui profite vraiment les actions terroristes ?

Si les méchants de Cleanskin sont d'affreux méchants islamistes abreuvés de haine contre les puissances occidentales, il tentera au moins de tempérer son propos en jetant un regard explicatif sur le parcours de haine qui les y ont conduit et notre part de responsabilité dans celui-ci. Comme dans We Are 4 Lions, Cleanskin prend soin de considérer la position de l'ennemi, et c'est déjà pas mal !. On reste dans le cliché facile, mais "on plaide coupable" dirons-nous...

Cleanskin est de ces films sur la sécurité intérieure qui flirte avec un coté réac, mais cette hargne sied plutôt bien à l'intensité du film (tant que ca reste "pour de rire", et de la fiction...). Comme Unthinkable, il s'appuie sur une justification de l'usage de la violence contre la violence, mais qui sera bien sûr remise en question  par une pirouette scénaristique, histoire de ne pas porter l'étiquette film facho ! Cleanskin joue effectivement avec de bons vieux méchants islamistes, mais contrebalance le cliché avec la manière dont notre gouvernement exploite ce danger dans ces intérêts. Sous ses aspects virils et facho, Cleanskin prendra cependant soin de rester politiquement correct en optant pour un "tous pourris" qui évite de ne stigmatiser qu'un seul des deux parties en présence.

Pour le reste, Cleanskin s'avère plutôt sympathique. Même si le rythme faiblit grandement en seconde partie, il reste un film assez nerveux, précis et efficace. Les flashbacks cassent effectivement son excellent rythme d'ouverture, mais ils permettent aussi au film d'approcher une certaine dimension "psychologique" (un bon niveau collège suffira néanmoins pour en saisir toute la subtilité) et de le hisser au dela d'un simple action movie. On pensera bien sur à un sous Jason Bourne (et on aura raison !) ou a un lointain 24h Chrono, mais le personnage incarné par ce bon vieux Sean Bean et sa "p... de gueule" assurera une différence bien tranchée avec son homologue américain. Et c'est peut être cela qui sauve Cleanskin de l'anonymat : c'est un film britannique, et donc bien moins lisse que la plupart des grosses machines US (et nous nbe mettons pas les Bourne dans ce sac là...).

Cleanskin est un bon petit thriller qui se regarde avec plaisir, certes pas très original, mais parfaitement honorable. Son origine et sa personnalité anglaise y font pour beaucoup, on aime son léger coté rugueux, on aime la paire d'agents qui m-ènent la traque, et on est plutôt fan de sa fin, certes un peu expédiée, mais dont le "message" (là encore un niveau collège suffira...) sombre et ambigüe rend l'expérience Cleanskin tout à fait satisfaisante. Sympa quoi !


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The Dark Knight Rises (Christopher Nolan, 2012)


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Bruce Wayne vit retiré dans son manoir, y maintenant aussi enfermé le Batman tombé en disgrâce après la mort de procureur Harvey Dent... Mais Gotham s'apprête à subir les attaques de Bane, un cerveau du crime aussi puissant que décidé à déstabiliser notre système. Wayne saura t'il de nouveau animer habiter Batman avec l'énergie suffisante pour endiguer la menace ?

Pour l'essentiel, The Dark Knight Rises est une énorme conclusion à la trilogie, minutieuse et attentive, puissante et fascinante, un immense film de super-héros comme on en voit peu, mais qui, à notre sens n'égale cependant pas le Dark Knight Le Chevalier Noir.

Au chapitre des plus Nolan prend son temps (2h44) pour nous livrer un scénario hyper travaillé (trop ?), il tente de gommer de ses personnages tout à-coups de développement afin qu'ils soient parfaitement prêt quand l'action arrive. Bane, le méchant, n'égale pas le titanesque Joker, mais sa détermination au chaos égale l'imprévisibilité de son prédécesseur, il constitue un super-méchant bien ancré dans la réalité, un terroriste ultime à l'arsenal de destruction moderne et effrayant (armes financières, stratégie de conquête économique et embrigadement aveugle de ses soldats !). On adore Bane ! Quand au Batman son pire adversaire est en lui : le doute. 


Nolan installe doucement un impressionnant climat de fin du monde imminente, lui opposant des solutions qui tardent, voire inopérantes, il parvient ainsi à créer une tension crescendo quasi palpable, dont la violence à venir est encore plus à redouter que celle qu'il montre en action. Ainsi, les séquences d'invasion de Bane (comme la bourse) sont illustrée par une seule note de musique, tendue, suspendue, prête à céder, dont on redoute la fin qui, à n'en pas douter, libérera les enfers ! Régulièrement, Nolan  à de ses idées "simples" qui frisent la perfection ! Son dernier opus semble se battre en permanence pour tirer son film de super-héros vers sa dimension la plus réelle, la plus plausible, il gomme ainsi un maximum du folklore des super-héros pour lui préférer un traitement plus "banalisé", et par la même tire son film presque en dehors de la fiction et de son univers imaginaire pour l'installer dans notre réalité de tout les jours (exit la Gotham noire et futuriste ! Hello 9/11 puisque Gotham ressemble à Manhattan...).


Riche, hyper travaillé et doté d'une mise en scène qui refuse la facilité du numérique pour lui préférer un réalisme salutaire hyper efficace, The Dark Knight Rises est un sacré morceau ! Un jouet qu'on aurait piqué à un enfant pour le transformer en arme : le film de Nolan fuit au maximum son jeune public et tente de le mener vers un univers exclusivement adulte (mais bon, le blockbuster à ses règles et Nolan s'y pliera). Adulte et chiadé donc, ce sont bien là les armes ultimes de ce troisième volet. Mais... car il y a un mais pour la rédaction de doorama !


Mais ce troisième volet nous a quand même laissé sur notre faim. Il y a certes ces moments de bravoure et de réalisation qui "en jettent", ce climat de panique qui fonctionne comme uns sirène qui annonce la rupture imminente du barrage (cette note de musique...), les enjeux psychologique de ses personnages... mais ce troisième épisode a un problème de rythme. Trop long ? Peut être un peu (Mais il faut aussi louer Nolan de prendre le temps nécessaire, d'autant plus que son cinéma est fort beau). Nous pensons que ce Batman aurait pu (aurait dû !) être plus "percutant". A bien y regarder, les scènes d'action ne forment pas le meilleur de sa réalisation. Voilà, juste ces deux bémol que nous vous lâchons comme ça... Un peu long et pas assez percutant pour un Batman ! Hisser le chevalier noir vers la réalité adulte et fuir la puérilité, est brillamment exécuté mais on en oublierait presque certains  fondamentaux : l'action et le suspense. Batman à grandi, vieilli, et perdu son âme d'enfant... Et comme se terminait Un Eté 42 : "pour chaque chose que l'on perd, on en acquiert une autre", ce Batman l'illustre parfaitement. Une grande réussite que nous adorons, mais un rouage s'est perdu en cour de route, un tout petit rouage...  

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