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Dragon From Russia (Clarence Ford, 1990)


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Yao Long vit en russie avec May, mais il est kidnappé par une organisation criminelle secrète pour devenir un tueur à gage. Devenu amnésique, il devient un redoutable tueur : Le Freeman. Mais lors d'une de ses missions meurtrière, un témoin le voit en action. C'est May ! Il doit alors l'éliminer, mais certains souvenirs l'en empêcheront.

Oui, c'est bien une adaptation du manga Crying Freeman de Kazuo Koike (par ailleur créateur des mangas à la base des Lady Snowblood et des Baby Cart), en provenance directe de Hong Kong et réalisée 6 an avant le Crying Freeman de Christophe Gans. Voilà, tout est dit, on ferme, fin de la chronique !


Punition donc, que de visionner ce Dragon From Russie, même en gardant à l'esprit que le langage et la grammaire du cinéma de Hong Kong peuvent différer de nos codes narratifs et stylistiques. Dragon From Russie nous assène un montage à la hache, pénible succession de scènes expéditives à la fin abrupte, constituées d'une multitude de plans hyper monté. Le spectateur est littéralement noyé sous une avalanche de plans plutôt indigestes, les situations s'enchaînent dans une homogénéité ennuyeuse, et son rythme dénué de toute respiration rend cette histoire pourtant simple très difficilement compréhensible.


Dragon From Russia est une bouillie cinématographique dense, compacte et hautement indigeste. Ses scènes de combats sont confuses, leur intensité difficilement palpable, on s'étonne qu'elles soient déjà commencées et leur chute n'est annoncée que par le calme du plan qui leur succède : "Ah, c'est déjà fini là ? Ah bon !". On y retrouve bien les acrobaties aériennes propres au genre des films d'arts martiaux made in HK, mais si les personnages y volent et virevoltent gaiement, leur réalisation calamiteuse, elle, ne décolle pas.


Clarence Ford, le réalisateur, transforme cette adaptation du Crying Freeman en épreuve de force, rendant presque impossible au spectateur de suivre avec un minimum de plaisir ses combats et son histoire. A la rédaction, nous n'aimons pas beaucoup "massacrer" autant un film, mais malgré nos efforts nous ne trouvons rien pour sauver ce Dragon From Russia sauf peut être le Méchant masqué (non, pas le Freeman, l'autre dont on a un mal de chien à savoir qui il est et pourquoi il agit comme il le fait !) dont la pure voix de "méchant chinois", sardonique et haute perchée, ne trouve comme équivalent qu'une des meilleures performance vocale d'un Monty Python's Flying Circus


C'est bien simple, après la vision de Dragon From Russia nous avons voulu réviser les notes de certaines de nos chroniques pour passer Lock Out à 7, et décerner notre oscar au sympathique Dragon EyePerte de temps totale sauf pour les amateurs de nanars en quête de méchants chinois qui font rire (et on s'est effectivement bien amusés) ou alors en guise de révision pour se redonner envie de redécouvrir le Crying Freeman de Monsieur Christophe Gans.

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Blade Runner (Ridley Scott, 1982)


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En 2019, l'homme parvient à fabriquer des androïdes identiques à l'homme : Les Répliquants. Lorsque quelques répliquants s'échappent de leur condition de machines pour vivre parmi nous, et d'autant plus lorsqu'ils ont tués des hommes, on appelle alors un Blade Runner, sorte de détective chargé d'effectuer le "retrait" de ces êtres.

Second chef-d'oeuvre de SF de Ridley Scott (et chef-d'oeuvre du cinéma de SF tout court !), Blade Runner est l'adaption du roman  Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?de Philip K. Dick qui s'interroge sur la conscience humaine qui la technologie de l'homme pourrait donner à ses créations : des êtres qui agiraient, penseraient et ressentiraient les émotions 100% comme nous mais auxquels les Droits de l'Homme seraient refusés en quelque sorte.

Blade Runner parsème son film de toutes ces questions, patiemment, quand son scénario s'y prête une interrogation fait "pop". Face à la complexité de la thématique, Ridley Scott choisit de nous mener vers la réflexion (si on fabrique un humain, est il humain ? S'il n'est pas humain : et nous ?) par touches successives plutôt que de nous écraser sous sa propre vision. Blade Runner retrouve l'essence même de la SF, plutôt que de simplement "jouer" dans un futur possible avec des projections de notre présent, il aborde les problématiques sous un aspect presque philosophique et réintègre notre réflexion dans notre présent. Nous le disions pour Alien, mais c'est encore le mot "intelligence" qui caractérise le film de Ridley Scott.

E
t puis impossible de ne pas rendre hommage à la gueule de ce film ! Blade Runner proposait il y a 30 ans de cela, une certaine vision du monde de demain : mégalopoles à la Tokyo envahie de messages de consommation, grand écart social, ville en effervescence permanente, technologies pas trop fantaisistes... Aujourd'hui tout cela tient encore parfaitement la route (même si un gros logo Atari fait sourire...). La vision du futur de Blade Runner a incroyablement passé ces 30 années : le film est visuellement cohérent, ambitieux et encore jeune ! C'est l'occasion de rendre hommage aux effets visuels de Douglas Trumbull, hallucinant de beauté et de modernisme. C'est qui Trumbull ? Juste le mec en charge des effets visuels de 2001 l'Odyssée de l'Espace, et Rencontre du Troisième Type ! Un magicien quoi !

E
nfin, pour ceux qui ne l'auraient jamais vu, Blade Runner possède un rythme et un climat très particulier, très fort aussi. Film de SF, il se teinte pourtant d'un traitement de film de détective très 50's, même si cet aspect est gommé dans la version Director's Cut (plus de voix off !), et comme pour retrouver cette ambiance noire et feutrée, Ridley Scott prend son temps pour raconter son histoire (nous laissant par là aussi le temps de réfléchir...), il adopte le rythme lent et tranquile du détective Deckard... (avec son appartement, sorte de bureau-bulle, son whisky, ses souvenirs, la souris qui va avec (Sean Young), ses problèmes...). Et puis il y a Rutger Hauer, calme lui aussi, hypnotisant...

B
lade Runner est un film rare, élaboré avec un soin qui transpire dans chacun de ses plans. Plastiquement superbe, fascinant à regarder et foisonnant de sujets de réflexion, c'est un incontournable du cinéma de science-fiction, un incontournable tout simplement. On aime le répéter à chacune de nos chroniques sur Scott, mais quel énorme faiseur de rêve ce bonhomme !

Procurez-vous Blade Runner ou d'autres films de Ridley Scott ou avec Harrison Ford ou Rutger Hauer

Témoin A Charge (Witness for the Prosecution, Billy Wilder, 1957)


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Un avocat en convalescence accepte de défendre un homme accusé d'un crime, alors que tout l'accuse. Mais lors du procès le témoignage de son épouse va bouleverser l'issue du procès.

Le film de procès est un genre à part entière à Hollywood. Avec Témoin à Charge, il trouve l'un de ses plus beau fleurons, à ranger pas si loin du puissant 12 Hommes en Colère réalisé la même année. Comme ce dernier, Témoin à Charge est une adaptation d'une pièce de théâtre (ici d'Agatha Christie), mais son réalisateur est bien moins solennel, puisque c'est l'homme de Certains l'Aiment Chaud, 7 Ans de Réflexion ou encore La Garconnière qui s'y colle : l'alerte Billy Wilder.

Mis en scène de main de maître, la très forte tension dramatique de Témoin à Charge (avec ses multiples rebondissements) se teinte avec Billy Wilder d'une once d'humour, concentrée autour du caractère de l'avocat et son infirmière. Grâce au personnage haut en couleur de cet avocat un peu filou, joué par un Charles Laughton croustillant et malicieux, Billy Wilder parvient à compenser une mise en scène un poil théâtrale (quasi en hui-clos), par une certaine souplesse, un coté plus "rond", plus léger, qui contraste harmonieusement avec la rigueur d'une cour de justice londonienne.

Passionnant jusqu'à son final aussi mouvementé qu'inattendu (les producteurs, comme dans Les Diaboliques nous invitent à ne pas vous raconter la fin... et pour cause !) Témoin à Charge possède une classe et une efficacité merveilleusement conservées aujourd'hui encore. Son jeu de chat et la souris entre vérité et mensonge, mais aussi entre son avocat et ses interlocuteurs (justice comme clients) transforme ce procès en une méticuleuse quête de la vérité, pleine de rebondissements et tout en tension. 

Mis en scène au cordeau, acteurs de légende (Tyrone Power, Marlène Dietrich impériale) et rythme fluide, Témoin à Charge est un peu de ces films intemporels (son sujet peut être) qui fonctionne à chaque vision. Pas le plus drôle des Wilder (c'est pas son but !), mais un film brillamment réussi dont les deux heures semblent n'en faire qu'une, tant la mécanique "Agatha Christien" joue à plein. Un film de procès à la mécanique fine et imparable : absolument savoureux.

Procurez-vous Témoin A Charge ou d'autres films de Billy Wilder ou avec Charles Laughton ou Marlene Dietrich

Nameless Gangster (Jong-bin Yun, 2012)


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Opportuniste et malin, ou bien naïf et chanceux, Choi Ik-hyun passera de simple fonctionnaire des douanes à celui de véritable parrain mafieux. Avec sa famille, contre les clans adverses et au travers des investigations policières à son encontre, il réalisera une brillante ascension.

Ca vient de Corée et c'est avec l'acteur de J'ai Rencontré le Diable et Old Boy, alors forcément ce Nameless Gangster à attiré notre attention : et c'est tant mieux ! Nameless Gangster est une histoire de mafia coréenne, ornée de yakusas, sur fond de corruption et  le tout centré sur l’ascension d'un homme dans le Milieu durant les années 80's.

Porté par un Choi Min-Sik toujours aussi impressionnant et convaincant, entre violence scorcesienne, pincées d'humour et dénonciation des rouages d'un système bien corrompu, Nameless Gangster nous promène sur près de deux heures quinze dans la Corée des années 80-90 pour nous faire découvrir le parcours d'un Parrain. Bien que parsemé de quelques scènes violentes comme le cinéma coréen en à la recette, le personnage principal ne l'utilisera pas (ou si peu), et cette ascension là sera à ce titre bien plus étonnante que ces cousins américains. Choi Ik-hyun (le personnage donc) promènera sa carcasse dans un monde impitoyable, en utilisant la violence des autres pour attaquer et  ses relations pour se défendre.      

Nameless Gangster, possède tout de la saga mafieuse, mais son personnage est un véritable sujet de comédie. Et c'est bien là que le film réussit son pari, en immergeant ce gangster presque improbable, cet homme normal, dans un monde âpre et rude, sans jamais céder au traitement comique. S'il dégage régulièrement un humour certain et qu'il aime à souligner le ridicule de certaines situation, Nameless Gangster est un pur film de gangster, violent, dense et tendu, et les sourires s'effaceront vite devant les solutions mises en oeuvre pour grimper les échelons ou solutionner un problème : battes de baseball et trafic d'influence sont de rigueur !

Pour ce qui est de sa réalisation, Nameless Gangster n'offrira rien d'autre qu'une très belle mise en scène, soignée et limpide, qui bien que classique, excelle à retranscrire ce proche passé (rappelez-vous, nous sommes dans les années 80 !). Le seul petit reproche de la Rédaction à l'encontre de Nameless Gangster se fera sur ses passages d'une époque à une autre, sans que cela ne serve réellement le scénario, détail qui a son importance puisqu'il alourdi inutilement le scénario en n'apportant rien, si ce n'est un poil de confusion.

Diablement élégant et étrangement drôle, Nameless Gangster est à rapprocher de Le Parrain, American Gangster ou Les Affranchis. Il est de ces saga mafieuses méticuleuses, précises, violentes et effrayantes, mais son traitement atypique le positionne bien au delà d'une simple version coréenne de film mafieux : Nameless Gangster en deviendrait presque original, tant il revisite ce que nous connaissons et nous en propose une lecture différente. Sans pour autant réinventer la poudre, ni être l'un des meilleurs films de sa catégorie, il nous apporte encore un bel exemple de la vitalité et de l'originalité du cinéma coréenCe Parrain là n'a pas l'étoffe de ses grands cousins américains, mais il à tout d'un très bon film. 

Procurez-vous d'autres films avec Min-sik Choi

Casa De Mi Padre (Matt Piedmont, 2012)


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Armando Alvarez est attaché à la terre qui l'a vu grandir. Un jour son frère Raul, amène sa future femme, Sonia, au ranch familial, mais la véritable raison de cette visite est que Raul est un narco trafiquant qui vient disputer le territoire à un dealer local : La Onza. Armando devra partir en guerre pour protéger son ranch.

Le très prolifique Will Ferrell (The Anchorman ou encore The Other Guys ,Very Bad Cops en France, que nous aimons particulièrement)  met son humour parodique très personnel au service de cette histoire, à cheval entre la télénovela mexicaine bas de gamme et le western. A la manière des récents films Grindhouse, Casa de Mi Padre revisite un mauvais cinéma mexicain pour tenter de transformer le fer en or, en venant y greffer ses gags, avec un sens certain du décalage et du 3ème degré.

Tourné entièrement en espagnol, les codes méxicains du héros, de la famille, de la violence et de l'histoire d'amour sont donc passés à la moulinette du décalage, à la sauce Will Ferrell, qui pour l'occasion joue son personnage dans en espagnol appuyé, volontairement et exagérément surjoué (et c'est très drôle !). Si Casa De Mi Padre propose son lot de gags visuels  francs et identifiables il lui préfère souvent une parodie plus discrète dont l'esprit comique se cache dans les détails moins voyants (écureuils empaillés dans le décor, jeu d'acteur, articulations ou éléments du scénario, reflet de l'équipe de tournage dans les lunettes de soleil...).

A
u programme, Casa De Mi Padre vous propose : un puma totem magique (en fait une peluche grossièrement animée), des faux raccords, des décors de studio abusivement artificiels (qui interviennent d'un coup), des répliques tonitruantes ou des postures physiques improbables portées par des d'acteurs volontairement mauvais, une ballade romantique sur un faux cheval avec décor qui bouge, et surtout un combat mythique entre un coyotte (empaillé !) et notre puma en peluche (le film vous explique pourquoi ca a été... mais on préfère vous laisser découvrir par vous même !).

I
l y a d'excellentes choses dans cette parodie, son humour feutré (parfois fin et bien observé si l'on raisonne en cinéphile) arrache de violents sourires, mais les fous-rires restent rares. Quelque soit la réussite comique de Case De Mi Padre, on se heurte à la longueur de l'entreprise et à un rythme qui s'essouffle avant d'avoir jamais totalement décollé. On se dit alors, comme pour Machete, que le format court aurait été plus adapté (Machete est initialement une simple bande annonce d'un film fictif, avant d'être un film entier). Ce courant de fascination pour le mauvais cinéma, ce goût du mauvais goût plutôt en vogue ces dernières années réclame un immense talent pour fonctionner à plein. Avec ce film, Will Ferrell s'en sort plutôt bien, mais la réussite n'est que partiellement au rendez-vous. Casa De Mi Padre est un bon (très bon ?) Will Ferrell qui fera mouche auprès des fans, pour les autres, il sera un mauvais film ou au mieux une bonne idée initiale dont le ratage final ne laissera que quelques rare gags timides. Certains diront  "à l'humour bizarre, non ?".

Procurez-vous Casa De Mi Padre ou d'autres films avec Will Ferrell

Cleanskin (Menace d'Etat - Hadi Hajaig, 2012)


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A Londres, le MI:5 engage une traque ciblée et officieuse afin d'arrêter coûte que coûte la vague d'attentats qui secoue la ville. Ewan, un agent particulièrement efficace et engagé, mènera l'opération qui le mettra sur la piste de Ash, un  islamiste. Mais quelles sont les motivation de chacun ? A qui profite vraiment les actions terroristes ?

Si les méchants de Cleanskin sont d'affreux méchants islamistes abreuvés de haine contre les puissances occidentales, il tentera au moins de tempérer son propos en jetant un regard explicatif sur le parcours de haine qui les y ont conduit et notre part de responsabilité dans celui-ci. Comme dans We Are 4 Lions, Cleanskin prend soin de considérer la position de l'ennemi, et c'est déjà pas mal !. On reste dans le cliché facile, mais "on plaide coupable" dirons-nous...

Cleanskin est de ces films sur la sécurité intérieure qui flirte avec un coté réac, mais cette hargne sied plutôt bien à l'intensité du film (tant que ca reste "pour de rire", et de la fiction...). Comme Unthinkable, il s'appuie sur une justification de l'usage de la violence contre la violence, mais qui sera bien sûr remise en question  par une pirouette scénaristique, histoire de ne pas porter l'étiquette film facho ! Cleanskin joue effectivement avec de bons vieux méchants islamistes, mais contrebalance le cliché avec la manière dont notre gouvernement exploite ce danger dans ces intérêts. Sous ses aspects virils et facho, Cleanskin prendra cependant soin de rester politiquement correct en optant pour un "tous pourris" qui évite de ne stigmatiser qu'un seul des deux parties en présence.

Pour le reste, Cleanskin s'avère plutôt sympathique. Même si le rythme faiblit grandement en seconde partie, il reste un film assez nerveux, précis et efficace. Les flashbacks cassent effectivement son excellent rythme d'ouverture, mais ils permettent aussi au film d'approcher une certaine dimension "psychologique" (un bon niveau collège suffira néanmoins pour en saisir toute la subtilité) et de le hisser au dela d'un simple action movie. On pensera bien sur à un sous Jason Bourne (et on aura raison !) ou a un lointain 24h Chrono, mais le personnage incarné par ce bon vieux Sean Bean et sa "p... de gueule" assurera une différence bien tranchée avec son homologue américain. Et c'est peut être cela qui sauve Cleanskin de l'anonymat : c'est un film britannique, et donc bien moins lisse que la plupart des grosses machines US (et nous nbe mettons pas les Bourne dans ce sac là...).

Cleanskin est un bon petit thriller qui se regarde avec plaisir, certes pas très original, mais parfaitement honorable. Son origine et sa personnalité anglaise y font pour beaucoup, on aime son léger coté rugueux, on aime la paire d'agents qui m-ènent la traque, et on est plutôt fan de sa fin, certes un peu expédiée, mais dont le "message" (là encore un niveau collège suffira...) sombre et ambigüe rend l'expérience Cleanskin tout à fait satisfaisante. Sympa quoi !


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The Dark Knight Rises (Christopher Nolan, 2012)


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Bruce Wayne vit retiré dans son manoir, y maintenant aussi enfermé le Batman tombé en disgrâce après la mort de procureur Harvey Dent... Mais Gotham s'apprête à subir les attaques de Bane, un cerveau du crime aussi puissant que décidé à déstabiliser notre système. Wayne saura t'il de nouveau animer habiter Batman avec l'énergie suffisante pour endiguer la menace ?

Pour l'essentiel, The Dark Knight Rises est une énorme conclusion à la trilogie, minutieuse et attentive, puissante et fascinante, un immense film de super-héros comme on en voit peu, mais qui, à notre sens n'égale cependant pas le Dark Knight Le Chevalier Noir.

Au chapitre des plus Nolan prend son temps (2h44) pour nous livrer un scénario hyper travaillé (trop ?), il tente de gommer de ses personnages tout à-coups de développement afin qu'ils soient parfaitement prêt quand l'action arrive. Bane, le méchant, n'égale pas le titanesque Joker, mais sa détermination au chaos égale l'imprévisibilité de son prédécesseur, il constitue un super-méchant bien ancré dans la réalité, un terroriste ultime à l'arsenal de destruction moderne et effrayant (armes financières, stratégie de conquête économique et embrigadement aveugle de ses soldats !). On adore Bane ! Quand au Batman son pire adversaire est en lui : le doute. 


Nolan installe doucement un impressionnant climat de fin du monde imminente, lui opposant des solutions qui tardent, voire inopérantes, il parvient ainsi à créer une tension crescendo quasi palpable, dont la violence à venir est encore plus à redouter que celle qu'il montre en action. Ainsi, les séquences d'invasion de Bane (comme la bourse) sont illustrée par une seule note de musique, tendue, suspendue, prête à céder, dont on redoute la fin qui, à n'en pas douter, libérera les enfers ! Régulièrement, Nolan  à de ses idées "simples" qui frisent la perfection ! Son dernier opus semble se battre en permanence pour tirer son film de super-héros vers sa dimension la plus réelle, la plus plausible, il gomme ainsi un maximum du folklore des super-héros pour lui préférer un traitement plus "banalisé", et par la même tire son film presque en dehors de la fiction et de son univers imaginaire pour l'installer dans notre réalité de tout les jours (exit la Gotham noire et futuriste ! Hello 9/11 puisque Gotham ressemble à Manhattan...).


Riche, hyper travaillé et doté d'une mise en scène qui refuse la facilité du numérique pour lui préférer un réalisme salutaire hyper efficace, The Dark Knight Rises est un sacré morceau ! Un jouet qu'on aurait piqué à un enfant pour le transformer en arme : le film de Nolan fuit au maximum son jeune public et tente de le mener vers un univers exclusivement adulte (mais bon, le blockbuster à ses règles et Nolan s'y pliera). Adulte et chiadé donc, ce sont bien là les armes ultimes de ce troisième volet. Mais... car il y a un mais pour la rédaction de doorama !


Mais ce troisième volet nous a quand même laissé sur notre faim. Il y a certes ces moments de bravoure et de réalisation qui "en jettent", ce climat de panique qui fonctionne comme uns sirène qui annonce la rupture imminente du barrage (cette note de musique...), les enjeux psychologique de ses personnages... mais ce troisième épisode a un problème de rythme. Trop long ? Peut être un peu (Mais il faut aussi louer Nolan de prendre le temps nécessaire, d'autant plus que son cinéma est fort beau). Nous pensons que ce Batman aurait pu (aurait dû !) être plus "percutant". A bien y regarder, les scènes d'action ne forment pas le meilleur de sa réalisation. Voilà, juste ces deux bémol que nous vous lâchons comme ça... Un peu long et pas assez percutant pour un Batman ! Hisser le chevalier noir vers la réalité adulte et fuir la puérilité, est brillamment exécuté mais on en oublierait presque certains  fondamentaux : l'action et le suspense. Batman à grandi, vieilli, et perdu son âme d'enfant... Et comme se terminait Un Eté 42 : "pour chaque chose que l'on perd, on en acquiert une autre", ce Batman l'illustre parfaitement. Une grande réussite que nous adorons, mais un rouage s'est perdu en cour de route, un tout petit rouage...  

Procurez-vous des films sur Batman ou d'autres films de Christopher Nolan ou avec Christian Bale

La Nouvelle Femme Scorpion : Cachot X (Yutaka Kohira, 1977)


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Sasori retourne en prison après sa tentative d'assassinat sur un député qui l'avait manipulée. De nouveau coincée entre un personnel pénitencier hostile et des co-détenues déchaînée, Sasori ne souhaite pourtant qu'à s'échapper pour appliquer sa vengeance à tous ceux qui l'ont trompée.

Second visage à succéder à Meiko Kaji, Takeo Chii endosse les habits de Sasori, ou plutôt ce qu'il en reste dans cet ultime épisode. Sasori fera de nouevau l'objet de films, mais il faudra attendre 1991 pour que le cinéma s'y intéresse de nouveau.

Dans La Nouvelle Femme Scorpion : Cachot X , le personnage est vidé de tout sens, dépouillé de tout charisme et ne réagit plus que par réflexes aux plates péripéties concontées par les scénaristes (eux aussi fatigués). Trahison ultime à la franchise, Sasori troquera son noir uniforme final (déjà que dans Sasori 5... mais bon, ça passait encore...) contre un noir et blanc !

Si les scénarios ne nous ont jamais totalement déçu durant toute la série malgré leur transparence, celui de cet épisode frôle l'indigence et dégage une désagréable sensation de bâclé. Nous aurions pu passer sur ce "détail", mais la réalisation de cet épisode frôle le minimum vital et son absence totale de soin rappelle le pire de la production nippone, ne dépassant pas le niveau d'un épisode de Spectreman.

Peu de choses sont à sauver de cette fin de cycle, mis à part (et encore...) la cavale de Sasori enchaînée avec son ancien gardien. Le jouet semble définitivement cassé. Vidé de tout fun, de toute once d'originalité, et de tout les plaisirs inhérent ce type de cinéma, la série Sasori se termine à bout de souffle sur un épisode plat et ennuyeux.


Voir les chroniques des autres épisodes de la série :

NDLR : Doorama vous invite à testez vos connaissances sur la Femme-Scorpion chez nos amis de cinéfriends ! Nous, on a eu 100%, et vous ? ;-)

Procurez-vous L'intégrale de La Femme Scorpion

Mains Armées (Pierre Jolivet, 2012)


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L'enquête de Lucas Skali sur un trafic d'arme le mène avec ses hommes sur Paris. Sa fille travaille aux stups, et bien qu'il ne l'a pas vu grandir, Lucas entre en contact avec elle pour d'éventuelles informations sur la partie drogue de son enquête.

Mains Armées emmène le spectateur dans une dangereuse et complexe enquête policière, mêlant trafic d'armes et de drogue sur fond de filière serbe, et faisant intervenir deux services de police distincts. Pierre Jolivet place le père dans l'un, sa fille dans l'autre, et profite de cette opposition de style et de méthode, pour ajouter à son enquête la dimension intime et psychologique d'une relation difficile.

La partie purement policière de Mains Armées s'inscrit dans la veine réaliste actuelle du policier à la française, pas loin de ceux de Olivier Marchal, mais avec des flics moins torturés. Sans atteindre l'intensité d'action de la série Braquo, Mains Armées propose quelques morceaux particulièrement efficaces, et s'avère dans son ensemble tout à fait passionnant à découvrir. On appréciera d'autant plus la  réalisation précise et fluide de Pierre Jolivet qu'elle est accompagnée d'une excellente BO, à la limite de l'Ambient, qui sied parfaitement au rythme tendu de ses scènes d'action.


L'autre partie de Mains Armées se concentre sur la relation filiale, relation qui n'a en fait jamais été, entre le grand flic entièrement dévoué à son travail et sa fille, aussi fragile dans sa vie personnelle qu'insatisfaite dans son métier. Pierrte Jolivet aborde avec beaucoup de pudeur et de subtilité la relation difficile qui les unis et ne tombe à aucun moment dans le facile ou le pathos.


Si Mains Armées à beaucoup d'atouts pour séduire, cette dualité des enjeux du film vient cependant troubler le bon déroulement du film, comme d'ailleurs la relation difficile entre les personnages viendra troubler l'enquête. Délaissant régulièrement l'intensité policière pour construire sa partie plus intimiste, Mains Armées sabote du même coup son rythme. Passé un premier tiers fort bien mené, le film hésite entre ses deux sujets et peine à leur donner chacun le rythme nécessaire. Lorsque les enjeux se rejoindront enfin, faute d'avoir trouvé chacun le bon tempo, ils se télescoperont dans un final à la limite du décevant (sinon déconcertant) tant Jolivet renvoie le spectateur à sa propre opinion, le congédiant presque, et le privant du même coup d'une fin aboutie.


Mains Armées propose deux bons films en un, mais rate la fusion de ses deux sujets. Certains argueront que certaines enquêtes ne se referment pas et que certaines blessure non plus, mais notre impression est plutôt que son réalisateur n'a pas entièrement réussi son pari, et que faute d'osmose de ses ingrédients, sa fin retombe comme un soufflé ! Mains Armées commence superbement et se termine avec moins de superbe, mais il nous restera tout le reste du film pour notre plaisir : à savoir un scénario intéressant porté par d'excellent acteurs. Les mauvaises langues diront "policier du dimanche soir sur TF1", ça résumerait assez bien ses défauts, mais ça serait aussi refuser à Mains Armées toutes ses généreuses qualités. Pour une fois qu'un film qui ne venait pas à nous les mains vides !

Procurez-vous d'autres films de Pierre Jolivet ou avec Roschdy ZemLeila Bekhti ou Marc Lavoine

Rec 3 Genesis (Paco Plaza, 2012)


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Koldo et Clara se marient ! Mais alors que la fête bat son plein, l'un des invités semble malade. Subitement, il agresse d'autres invités : c'est le début d'une fulgurante épidémie de violence et de mort.

Pour les amateurs de cinéma d'horreur, Rec est directement rentré en 2007 au panthéon des excellents films d'horreur pour son efficacité, son suspense et son intelligence (si, si !). Son principe d'un reportage télé, façon caméra embarquée, qui vire au cauchemar en milieu clos était diaboliquement concocté, il proposait aussi d'intéressants infectés (proches cousin du mort-vivant). Rec 2, bien moins réussi, prolongeait cependant honorablement l'aventure en amenant une intéressante interprétation religieuse à l'origine du mal. Rec 3 lui est pour le meilleur et pour le pire !

Le comparse des deux précédents films, Jaume Balagueró, à donc laissé son pote Paco Plaza opérer seul (bonne idée Jaume !) pour un troisième épisode qui mis à part le comportement des créatures n'a plus grand chose à voir avec les premiers. Rec 3 remplit certes le cahier des charges du petit film d'horreur, en proposant son lot de scènes gores, une bonne dose d'humour et en assurant un minimum de savoir faire technique. Hélas cette suite sombre dans le cinéma d'horreur du samedi soir, en oubliant totalement de rechercher ce qui fait peur -réellement peur- et en limitant ses ambitions au niveau de la simple aventure sanglante.

Nous suivons donc un couple séparé lors du massacre de ses invités, dont le seul objectif sera de se retrouver tant l'amour qu'il partage est puissant ! Pourquoi pas nous direz-vous ? Sauf que la gestion de cet amour revêt de bien calamiteux aspects, mettant à l'écran deux pales acteurs accumulant les situations proches du ridicule. Rec 3 reprend à son compte ma dimension religieuse amenée dans Rec 2 l'exploite maladroitement, en simple surcouche qui lui permet d'articuler grossièrement son scénarios. Rec 3 choisit aussi de rompre définitivement avec son principe de film tourné par un amateur en "live", et retrouve le langage cinématographique conventionnel, monté/cadré, de n'importe quel autre film.

Rec 3 Genesis clôture donc les expérimentations de la série, et ne retiendra des précédents films que ses ingrédients principaux (l'épidémie et la survie de ses personnages) qu'il utilisera comme simple prétexte pour proposer un film d'horreur basique, ordinaire et banal, au ton proche de la parodie. Rec 3 n'est qu'un film d'horreur comme on il y en a tant, qui refuse l'idée de faire peur et préfère se cantonner à une simple recherche du grand guignol visuel pour tenir sa courte longueur (1h14 d'images !). Correct s'il n'était pas estampillé "Rec", Rec 3 Genesis prend des allures de plan marketing en exploitant abusivement son titre et en ne proposant au final qu'un produit bien lointain de ses prédécesseurs. A voir comme un lointain spin off de la série qui piétine et trahit ses origines. A peu près visible, un peu fun mais quand même bien vain et proche du bas de gamme.


Procurez-vous Rec 3 ou les autres films Rec 

La Nouvelle Femme Scorpion : Prisonnière n° 701 (Yutaka Kohira, 1976)


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La soeur de Sasori est assassinée à cause d'une affaire politique. Accusée du meurtre de sa soeur par son petit ami, Sasori est emprisonnée et doit éviter de se faire tuer pour assouvir sa vengeance.

Yumi Takigawa remplace Meiko Kaji, et endosse le rôle de Sasori dans cette cinquième aventure qui puise tous ses ingrédients dans l'épisode originel. Trahie, emprisonnée, violée, humiliée et battue, Sasori retrouve pour ainsi dire le "train-train quotidien" du premier opus, y compris, bien sûr, son petit rituel final...

Les producteurs ressortent la violence sadique et retrouvent un certain goût pour le voyeurisme. Ils renouent aussi avec une volonté de retrouver la forte identité visuelle qui caractérisait le début de la série (le procès de Sasori est à ce titre intéressant). Si Sasori retrouve un peu de jeunesse (22 ans dans cet épisode !) en se souvenant de son glorieux passé, c'est malgré tout à une réutilisation peu originale et une pure exploitation marketing que l'on assiste ici.

La Nouvelle Femme Scorpion : Prisonnière n° 701 retombe donc exactement là où la série trouvait son inspiration : une histoire de vengeance vendue à grand coup de tétons, de sévices et de violences carcérales, mais sans aucune tentative d'y apporter une quelconque nouveauté. Faute de retrouver la créativité et le souffle d'invention des premiers films, Sasori 5 (c'est plus court ainsi) aura le mérite de proposer un honnête film de genre, tout du moins pour les amateurs de films orientés "prison pour femmes"...

Le scénario n'apportera rien de neuf, mais exploitera cependant habilement son cahier des charges (reprendre les éléments initiaux de Sasori, retrouver les codes des films carcéraux) pour proposer au final un film rythmé et encore aujourd'hui tout à fait visible auprès des amateurs hardcore de séries B 70's un peu racoleuses. Vide sur un plan purement cinématographique, mais non exempt de toute saveur... Largement plus fun que le précédant, on le préfère à Sasori 4. Mais l'absence de Meiko Kaji et son manque flagrant d'ambition cantonnent cette Nouvelle Femme Scorpion à n'être qu'un film d'exploitation parmi tant d'autres.


Voir les chroniques des autres épisodes de la série :



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Get the Gringo / Kill the Gringo (How I Spent My Summer Vacation - Adrian Grunberg, 2012)


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Illégalement emprisonné dans une prison mexicaine, un truand cherche à récupérer ses 2 millions de dollars, volé à un mafieux américain, sur lesquels la police locale corrompue a mis la main. Il prends sous sa protection un garçon de 9 ans dont le foie est destiné au Caïd de la prison, Caïd qui contrôle la police locale... La situation va devenir explosive...

Produit par sa propre compagnie de production (Icon), Mel Gibson s'offre le type de rôle que le cinéma ne lui offre plus trop (trop vieux ?) dans ce divertissement sympathique, nerveux et efficace. Il y incarne un "gentil" truand, sorte de loup solitaire qui à la manière d'un micro James Bond, réussit, gère et prévoit tout, et le tout non sans une certaine idée du cool !

Get The Gringo s'amuse à jeter son personnage dans un panier de crabe et nous invite à l'observer. La prison mexicaine, véritable "village dans la ville", ressemble à un village de vacances dans lequel Gibson pratiques quelques activités (vol, observation de la faune, magouilles...) et tente de récupérer un magot devenu catalyseur de tous ses ennemis (police, gangsters américains comme mexicains, consul local...). Ajoutez un zeste d'histoire qui prouve que Gibson n'est pas un méchant-méchant, mais aussi un chouette bonhomme, comme cet enfant destiné à fournir un foie au caïd en place dans la prison. Secouez le tout et vous avez Get The Gringo : un divertissement calibré, à la fois léger et nerveux.

Un gentil divertissement familial ? Pas tout à fait ! Car si Get The Gringo joue la carte du gentil méchant héro (ou l'inverse), il surprend par son traitement. Le film n'hésite pas à injecter dans son déroulement une certaine violence graphique (découpe d'orteils, fusillade musclée) et une relative absence de morale (ou tout au moins un décalage des repères habituels) qui donne au film une certaine radicalité et (presque) originalité. On reconnaitrait presque là notre Mel Gibson réactionnaire, qui une fois laché, ne peut pas être arrêté... On se souvient alors de l'étonnant scène de torture de Payback, le goût du calvaire de La Passion du Christ, et le gore affiché de Apocalypto, toutes des productions Icon, tous des "enfants" de Gibson...

Get The Gringo s'affranchit du cadre du simple divertissement tous public en revendiquant de montrer ce que son scénario réclame, il s'assume pleinement et balance les choses comme il le sent, en s'éloignant de l'hyper calibrage tout en gardant comme objectif le fun total. Simple et décomplexé, il met son héros décontracté au centre d'une poudrière, dans laquelle, bien sûr, il viendra à bout de tout les dangers. Get The Gringo ne vas pas réinventer la poudre, ni même éviter les clichés, qu'il utilise à son avantage, mais son petit dosage de décalage et d'originalité lui confère une vraie personnalité et garantit un indéniable plaisir pour le spectateur. C'est basique, rigolo, nerveux, bien écrit, bien réalisé et parfaitement sympathique. Ah, si tout les films pouvaient être fait avec autant de soin...  Mission accomplie !
 

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