Accueil

Dos Au Mur (Man On A Ledge, Asger Leth, 2012)


tags | , , , , ,

0 comments

Nick Cassidy, un ancien flic, s'évade de prison. Pourtant il ne quittera pas le pays, et c'est à plus de 20 étages du sol qu'on le retrouvera, sur la corniche d'un hôtel, menaçant de se jeter dans le vide... Mais est-ce vraiment son objectif, ou bien cette menace cache t'elle d'autres projets ?

Moins mauvais qu'à son habitude, mais toujours aussi peu excitant, Sam Worthington (Avatar, Terminator Renaissance, Le Choc des Titans... que des chefs-d’œuvre, hein ?) tient le rôle principal de ce film, alors que la véritable action se ne déroule pas sur cette corniche d'hôtel. C'est sans doute là la seule originalité de Dos Au Mur, qui essaye pourtant en permanence de nous surprendre. On va essayer de vous en dire plus, sans abimer les petits ressorts de ce petit thriller.


C'est donc sur un scénario qui tente de multiplier les fausses pistes et les rebondissements que se construit Dos Au Mur. Son scénario excessif explore tant bien que mal toutes les pistes à sa portée, afin de réorienter régulièrement son action et essayer de nous surprendre en modifiant son propre genre (film de cavale, film de vengeance, film de cambriolage...). Mais c'est sans grand entrain ni conviction que l'on suit cet effeuillage un peu mécanique de genres, jusqu'à son final attendu et peu excitant.

Victime de sur-écriture chronique, Dos au Mur cherche en permanence à être sur le fil, à jouer avec le spectateur et a dynamiser son timing jusqu'à en devenir totalement artificiel. Il multiplie les situation poussives qui écrasent rapidement toute crédibilité et ôte toute respiration à son récit. Plutôt que de nous de nous maintenir un peu en haleine et contrôler l'oxygène qu'il nous délivre, il fait souffler sur son intrigue pléthore d'effets artificiels et peu fins qui nous écrasent finalement bien plus qu'il ne nous décoiffent. Ses changements de direction et ses relance de rythmes ne parviendront même plus à nous surprendre, tant elle s'annoncent de manière bien trop évidentes et anticipées pour réellement fonctionner. 


C'est sûr, vu comme ça, Dos Au Mur n'est pas très sexy... Mais pourtant, bien qu'artificiel et sans âme il faut reconnaître que Dos Au Mur assure au moins le service minimum. La Maîtrise est certes absente, ses choix de mise en scène semblent s'orienter vers la facilité, mais rien ne vient pour autant malmener le spectateur en quête d'un simple divertissement.

On suit gentiment notre héros, on pressent souvent ce qui va suivre, mais même si on n'est jamais "complètement dedans", Dos Au Mur aura au moins fait tout son possible pour nous sortir un peu de la routine. Faute de réussir son objectif, il parvient au moins à ne pas susciter l'ennui. Dos Au Mur n'est pas un bon film, mais dire qu'il est dénué de tout intérêt serait sans doute excessif. Décevant, mais regardable (même si nous ne faisons pas partie des 95% de spectateurs satisfaits qu'arbore fièrement le DVD !).


Procurez-vous Dos Au Mur ou d'autres films avec Ed Harris ou Sam Worthington

Les Gens de Dublin (The Dead, John Huston, 1987)


tags | , , , , , ,

0 comments

Un réveillon à Dublin, en 1904, est l'occasion pour les convives de partager récits, chansons et poésies, mais aussi d'évoquer les choses du quotidien, de demain mais aussi du passé.

Nos fidèles lecteurs auront remarqué notre attrait naturel vers des films qui allient ce que nous aimons à appeler le Cinéma (grand C) avec une dose de divertissement, plutôt que vers ceux estampillés d'Auteur ou dits "exigeants". Mais à coté de notre appétit pour la série B, le Bis, le blockbuster de qualité ou même le cinéma Pop-Corn, ils auront aussi remarqué notre soif, jamais étanchée, de jouir de nos classiques et de voire du Beau, du Vrai, du Grand Cinéma. C'est cette soif qui nous à guidé vers Les Gens de Dublin... Amateurs de thrillers, de violence âpre, de blagues potaches et de bastons musclées : passez votre chemin !

Pour son dernier film, John Huston (Le Faucon Maltais, Quand La Ville Dort, Les Misfits ou L'Honneur des Prizzis) porte à l'image une nouvelle de James Joyce (immense poète irlandais me dit Wiki...) : The Dead. 1h23 en compagnie de la belle société irlandaise du début du siècle, par une froide et neigeuse soirée d'hiver, à partager musique, chants, poésie, avis sur l'opéra et anecdotes sur les gens qu'ils connaissent. Les Gens de Dublin nous convie à cette soirée aimable et chaleureuse, ponctuée de moments d'émotion et de souvenirs, et nous invite dans ce cercle intime.

Sous des apparences que certains trouveront bavardes et ennuyeuses, se construit pourtant une puissante évocation de la Vie elle-même. John Huston, dans une mise en scène d'une incroyable fluidité et sobriété, dessine derrière une soirée anodine toute la complexité de notre rapport à la vie. Au travers de la nostalgie véhiculée dans une chanson, d'un poème sur l'amour perdu, d'un chanteur d'opéra presque inconnu mais jamais oublié ou encore du souvenir d'un disparu, John Huston fait émerger une réflexion qui submerge et emporte le spectateur vers une nostalgie à la fois douce et amère, vers une prise de conscience de combien les petites choses sont importantes et pourtant fugaces et éphémères, destinées à disparaître, comme nous tous.

Avec la patience et l'application d'un grand maître sur sa toile, Huston fait apparaître progressivement une foule de détails qui finissent par occulter, par leur sens, le sujet principal. A la manière d'un scientifique, il explique l'infiniment grand par l'infiniment petit. En immense cinéaste qu'il fût, John Huston livre en guise d'oeuvre posthume un chef d'oeuvre dont la portée poétique et émotionnelle est vertigineuse. La mise en scène de Huston laisse admiratif, la capacité des Gens de Dublin à attraper le temps qui passe, et à rattraper ce qu'il a emporté, est un tour de force qui touche à la magie !

Au risque de perdre nos lecteurs les plus fins devant la déception que peut engendrer ce qui va suivre, nous l'avouons sans honte : le Rédaction de Doorama s'est presque "ennuyée à mourir" lors de la projection des Gens de Dublin. Mais telle une bombe à retardement, le tic-tac des Gens de Dublin (1h23 de tic-tac, ça nous a paru long...) à laissé place, ensuite, à une détonation assourdissante, nous laissant finalement abasourdis devant tant de maîtrise et de finesse si humblement exposées...
"Le plus important, c'est pas la chute..."  vous connaissez la suite !


Procurez-vous Les Gens de Dublin, de John Huston ou avec Angelica Huston

Furyo (Merry Xmas Mr Lawrence, Nagisa Oshima, 1983)


tags | , , , , , , , , , ,

0 comments

En 1942, dans un camp de prisonniers à Java, John Lawrence sert d'intermédiaire entre les soldats anglais et leurs geôliers japonais. Avec l'arrivée du major Jack Celiers, il verra naître une provocante rivalité avec le capitaine Yonoï, l'officier en charge du camp.

Nagisa Oshima (l'Empire des Sens) choisit deux stars du rock, Ryuichi Sakamoto et David Bowie, pour donner corps à ce que l'on pourrait comparer (à tort ?) à une version japonaise du Pont de la Rivière Kwaï, et aborder la différence culturelle, mais aussi, en toile de fond, l'homosexualité.

Furyo s'intéresse donc à cette guerre qui fait s'interroger sur son ennemi et ses valeurs, cette guerre qui, paradoxalement,  rapproche les peuples (la relation entre Lawrence et le sergent Hara joué par Kitano...). Il oppose la tradition japonais et son sens de l'honneur, qui trouve un sommet avec la mort (le hara kiri), avec la vision occidentale où l'honneur est de survivre et de résister. Et de rapprochement il en sera question puisque Oshima trouble cette confrontation culturelle en installant, derrière la fascination du capitaine Yonoï pour Celiers, une attirance homosexuelle, contraire à toutes ses valeurs. Pour Oshima, la passion et le sentiment est le vecteur de rapprochement entre ces deux cultures distantes, entre deux êtres, leur terrain de rencontre...

Illustrée par la superbe BO de Ryuichi Sakamoto, Furyo est un film ambigüe et d'une grande richesse thématique. Oshima, traitant de la guerre, ne délivre aucune leçon d'humanisme directe (il se contente d'approcher et de soulever les questions sans y apporter de réponse définitives) et, traitant de l'Amour, se contente de décrire son potentiel créateur (de rapprochement, de compréhension, de découverte) sans jamais lui donner vie (un simple geste, une bise, appellera la faucheuse...). C'est cette pudeur des sentiments, refoulés, cachés et contraints par les codes japonais, qui donnent à Furyo sa finesse et son parfum si particulier. Oshima livre un film fin et atypique, un film de guerre subtil (psychologique !), tout en non-dits, théâtre d'une passion aussi problématique que salutaire.


30 ans plus tard, et malgré son rythme vieillissant, Furyo reste un bien curieux film. Réunissant deux stars du rock et une star du comique (le Kitano !), pour parler d'amour et de respect, sur fond de guerre, d'honneur et de fossé culturel, il conserve tout son mystère, sa richesse thématique et sa force. Le "Merry Xmas, Mr Lawrence" lâché par le sergent Hara, résume à lui seul la très large palette émotionnelle et thématique de Furyo... La rédaction de Doorama à véritablement été surprise de constater que Furyo recèle encore autant de vie, autant de dynamisme caché : une redécouverte passionnante.

Procurez-vous Furyo d'autres films de Nagisa Oshima ou avec de Takeshi Kitano ou David Bowie

Une Nuit En Enfer (From Dusk Till Dawn, Robert Rodriguez, 1996)


tags | , , , , , , , , , , ,

3 comments


Après un vol à main armées et la mort de plusieurs personnes, deux truands prennent en otage un ancien pasteur et ses deux enfants pour fuir les Etats-Unis et passer au mexique. Ils ont rendez-vous avec un caid local dans un bar de routier, le Titty Twister.

Comme pour remplir à lui seul les deux films de "doubles programmes" d'avant, Une Nuit En Enfer se divise radicalement en deux parties : le road-movie gangster et le fantastique pur jus, tendance gore. Adeptes du cinéma de genre et de sa liberté, Robert Rodriguez réalise donc le scénario de Quentin Tarantino, mais on sent bien que les rôles de ces deux là se sont régulièrement mixés..

Pur objet de fun du début à sa fin, Une Nuit En Enfer se nourrit de nombreuses de références du cinéma de genre et se parsème d'allusions au cinéma de série B (comme la présence de Tom Savini [maitre des effets spéciaux], de Fred Williamson [Star black 70's de sous-films d'action] ou un personnage avec un T-shirt "Precinct 13" [Assaut, dont Une Nuit En Enfer reprend l'idée même de l'union face à l'invasion d'un ennemi]). Georges Clooney et Quentin Tarantino incarnent avec génie (si, si !) et conviction les deux parfaits salopards que sont les frères Gecko, respectivement sociopathe et psychopathe (et n'oublions pas de citer Harvey Keitel, sympathique mais un peu cabot). Entre stéréotypes des personnages et no-limit des situations, Une Nuit En Enfer revisite et survitamine les codes du genre (gangsters, famille, bad guys, créatures...) pour en livrer une version extrème et excessive en forme d'hommage.

 Aujourd'hui, Une Nuit En Enfer appartient bien plus à l'univers hyper référentiel de Tarantino qu'à son réalisateur attitré. Il demeure un exercice cinématographique entièrement dédié au pur divertissement et profondément guidé par l'idée même du cinéma. Si sa réalisation trouve ses limites dans sa partie fantastique (les créatures du Titty Twister et le rythme de ses confrontations subissent déjà un bon coup de vieux), son écriture et sa perpétuelle quête du petit plaisir cinématographique originel lui préservent une jeunesse et une énergie intacte. Et son revirement total de style restera sans doute comme le plus radical et inattendu de toute l'histoire du cinéma !

A des années lumières du chef d'oeuvre (nous sommes d'accord), Une Nuit En Enfer défend portant, et représente à la perfection une vision du cinéma : celle d'un plaisir "simple", instantané, d'une conversation à bâton rompu entre le film et son spectateur, quasi instinctive. A la manière d'une tournée des bars, Une Nuit En Enfer est excitant et enivrant, il est comme un shot d'alcool fort, à effet immédiat, mais lui au moins peut être consommé sans modération et ne donne pas mal à la tête.
Une série B boostée à l'hommage et délicieusement débridée.

Procurez-vous Une Nuit En Enfer d'autres films de Robert Rodriguez ou Quentin Tarantino ou avec Georges Clooney

Rough Cut (Hun Jang, 2008)


tags | , , , , , , , , ,

0 comments

Les relations conflictuelles d'un gangster qui a toujours rêvé de faire du cinéma et d'un acteur de films d'action en perte de vitesse, à cause de son comportement violent. Amenés à tourner ensemble ils décident de ne pas simuler les scènes de combat...

Hun Jang (Secret Reunion) a déjà contribué à grossir la liste des films chroniqués sur Doorama. Avec Rough Cut, il met en image un scénario de Kim Ki Duk (Printemps, Eté Automne, Hiver) construit autour de la fascination réciproque de deux personnages issus d'univers différents.

Contrairement aux apparences, Rough Cut n'est pas un âpre polar, mais davantage une confrontation psychologique dont les combats s'apparentent plus à l'expression de l’orgueil des personnages qu'à leur violence. Thème cher au cinéma asiatique, c'est ici des "différences qui nous unissent" dont il est question, Rough Cut met en perspectives deux profils a priori opposés et les fait s’entremêler pour souligner ce qu'ils ont de commun (jusqu'à les confondre ?).

Le potentiel de ce rapprochement improbable ne trouve hélas pas son épanouissement dans le film de Hun Jang. Coincé entre une réelle volonté de raconter deux parcours de vie, la tentation de donner corps physiquement à la tension psychologique et le manque d'épaisseur de ses personnages, Rough Cut sombre dans l'anecdotique. Hun Jang échoue à donner à son film l'intensité nécessaire, il ne parvient pas à impliquer le spectateur dans ce duel en ne parvenant pas à faire apparaître de réels enjeux chez ses personnages. Au mieux il ne parvient qu'à justifier le point de départ de leur histoire, dans une première partie par ailleurs très bien construite, mais qui ne tiendra hélas pas ses promesses.

Nous avons été durs dans notre note avec Rough Cut... Si elle est loin de refléter la qualité générale du film (bien plus qu'honorable, en tout cas techniquement), elle témoigne plutôt de cette déception tenace qui nous a envahi devant l'incapacité de son réalisateur à s'emparer de son scénario. Rough Cut ne fait qu'effleurer son sujet (le monde du cinéma face à celui des gangsters, sa timidité à construire et explorer une rivalité...), et s'il se laisse regarder gentiment, jamais il ne nous emporte. Rough Cut n'est au final qu'une bonne idée initiale, mais qui peine à occuper tout l'espace d'un film.

Procurez-vous d'autres films coréens ou de Hun Jang

The Hot Spot (Dennis Hopper, 1990)


tags | , , , , , ,

0 comments

Harry Madox arrive dans une petite ville du Texas et trouve une place de vendeur de voitures. Entre cette banque qui lui tends les bras, le maître chanteur de la jeune et belle Gloria et Dolly, la femme de son patron, qui a jeté son dévolu sur lui, le séjour de Madox au Texas sera chaud.

C'est l'acteur Dennis Hoper (réalisateur du mythique Easy Riders ou de Colors) qui est aux commande de ce Film Noir pur jus. A l'Instar des acteurs-réalisateurs de cette génération (Eastwood ou Redford), Hopper opte pour une mise en scène classique et académique, et ressort pour l'occasion tous les codes et le bestiaire qui ont fait la gloire du genre (l'épouse mante-religieuse, l'innocente colombe, le loup-solitaire, la jalousie, le crime, le chantage et des problèmes pour seule issue possible).

Mais The Hot Spot vit cependant avec son temps, nous sommes à la fin de 80's. Il troque donc le noir et blanc d’antan pour les tons chauds et la lumière des grands espaces (avec un usage des bleus et orangé, très tendances à l'époque, mais aujourd'hui bien laids) et libère l'érotisme et le désir de ses personnages (suggérés et non montrés dans les 50's). Il utilise les impressionnantes plastiques de la délicate Jennifer Connely et de la brûlante Virginia Madsen et la chaleur étouffante du Texas (à la manière de U-Turn) pour appuyer la chaleur et le torride de son scénario. Il jette enfin le bellâtre Don Johnson (de la série Deux flics à Miami) au milieu de cette étuve...

The Hot Spot ne surprendra pas, mais ce n'est certainement pas son but. Il propose simplement un revival, remis au gout du jour (sexe !), de l'un des grand thèmes du Film Noir : à savoir la mante religieuse (comme assurance Sur La Mort ou Le Facteur Sonne Toujours Deux Fois). Élégamment  mis en scène, il soigne son climat sulfureux et son rythme accablé, et même s'il ne ne met pas en danger un seul instant la réputation de ses illustres prédécesseurs, le film de Dennis Hoper ne démérite absolument pas (pour peu que l'on ne s'attarde pas trop sur sa chute) et fera honnêtement son office auprès des amateurs de films noirs (dont nous faisons partie).

Quant aux autres, s'ils venaient à trouver le temps long, ils auront largement de quoi se consoler, lorsqu'en fermant leurs yeux le soir, ils continueront de voir les sculpturales courbes de Jennifer Connely et de Virginia Madsen, à jamais incrustées à l'intérieur de leurs paupières... 

Procurez-vous Hot Spot ou des films de (ou avec) Dennis Hoper ou avecJennifer Connely

Carnets de Voyage (Walter Salles, 2003)


tags | , , , ,

0 comments

En 1952, Ernesto Guevara, que l'histoire retiendra sous le nom du "Che", et Alberto Granado partent pour un long voyage à travers toute l'Amérique Latine sur leur vieille moto. Ils en seront changés à jamais.

Walter Salles (La Cité de Dieu) porte à l'écran le journal de voyage de Che Guevara, avant que celui-ci ne devienne le leader révolutionnaire que l'on connait. Ce n'est donc pas "la légende" mais bien "la légende : les origines" qui est ici qui magnifiquement évoqué par le biais de ce voyage initiatique.

Le Voyage (le vrai), voilà le véritable thème de Carnets de Voyages. Que ce soit d'un point géographique à un autre, avec toute l'expérience humaines et l'enrichissement qui en découle, ou bien par l'évocation de ce qui décidera un jeune médecin à prendre par la suite les armes, Walter Salles jalonne ce parcours d'autant de rencontres et de prises de conscience qui construisent un homme et peuvent à jamais en changer la destinée.

Se cachent dans le film de Walter Salles de puissants moments d'humanité, ainsi que de formidables leçons que la vie distribue à ceux qui veulent bien les voir. Avec une mise en scène épurée, limpide et solide, Walter Salles concentre et réussit à partager une émotion folle. Il parvient à évoquer, en 2h superbement gérées, la force du Voyage et la construction d'un homme (et par le moindre), au travers de personnages simples et de situations sociales toujours abordés avec finesse.

Visuellement splendide (les paysages sont le troisième acteur magique du film !), parfaitement dépaysant et incroyablement riche par les thèmes qu'il aborde, Carnets de Voyage est un voyage initiatique (pour le Che comme pour le spectateur) qui enthousiasme et mène à la réflexion. Et qu'il s'agisse d'un morceau de vie du "Che" ou non, ne change rien à la force du film, celui-ci tire sa beauté de la simplicité des choses de la vie, et de la manière qu'elle a de nous interpeler. Simple, subtil et imparable.

Procurez-vous Carnets de Voyages ou d'autres films de Walter Salles

Les Infidèles (Jean Dujardin, Fred Cavayé, Michel Hazanavicius, etc..., 2011)


tags | , , , , , , , , ,

0 comments

7 sketches autour des hommes et de leur irrépressible attirance pour celles avec lesquelles ils ne sont pas mariés : l'Infidélité dans les gênes ?

 Jean Dujardin et Gilles Lellouche ont finalement appelés plusieurs réalisateurs pour mener à bien leur idée. Le résultat final est une comédie jouissive (difficilement regardable en couple) qui semble croire que L'infidélité est un gêne à part entière de l'Homme, et l'illustre par une belle palette de comportements et de motivations qui sera très instructif pour nos tendres épouses.

Si l'ensemble ne respire pas toujours la finesse, Les Infidèles propose cependant plusieurs tonalités (du simple gag de 2 minutes, au traitement dramatique intimiste) qui donnent régulièrement au film un supplément d'âme (le sketch Lamy Dujardin de Emmanuelle Bercot est plutôt juste et dérangeant). Mais ce que l'on apprécie par dessus tout dans cette comédie, c'est sa faculté qu'elle a de montrer les comportements infidèles, concentré sur le seul point de vue masculin. Il en résulte un machisme souvent drolissime, proche de "la soirée mec" et, derrière une avalanche de gags aussi cruels que pathétiques, une certaine forme de justesse (quel homme ne se reconnaitra pas ?).

Nous avions un peu peur que Les Infidèles revête un coté télévisuel et anecdotique (Dujardin retrouve un peu le format court de son début de carrière, et beaucoup d'humoristes trébuchent à porter ces formats courts sur le grand écran...), mais la pluralité de ses situations et de ses rythmes (chaque réalisateur à sa patte) infirme nos craintes. Les Infidèle atteint son objectif de nous divertir efficacement, enchaîne les bon gags et prends parti de ne rien s'interdire pour tenter de nous prouver que le cerveau de l'homme n'est pas situé dans la boite crannienne, mais bien dans un écrin de coton à l'abris de la lumière...

La complicité palpable de Dujardin et de Lellouche parsème l'exercice de répliques aussi terribles que savoureuse, et on se surprend à regretter l'apparition du générique de fin. Alors peut être faut-il avoir eu un parcours amoureux "riche" pour apprécier au mieux Les Infidèles (le coté "soirée mec", on vous le disais plus haut !), mais une chose est évidente à nos yeux, ces Infidèles là se hisse largement au dessus des comédies françaises actuelles.
Léger, débridé, affreusement macho, drôle, provocant et parfois même touchant, Les Infidèles est une comédie jouissive qui malgré ses nombreux réalisateurs parvient à dégager une véritable personnalité : loin d'être inoubliable il est dans son genre parfaitement savoureux !

Et puisqu'on a trouvé ca plutôt à la hauteur, on vous propose (jusqu'au 4 juillet minuit) de vous faire votre propre idée en tentant, par exemple, de gagner l'un des deux DVD que la rédaction met en jeux avec notre partenaire Cinefriend.com !
C'est pas beau ça ?

Procurez-vous Les Infidèles ,d'autres films avec Jean Dujardin ou Gilles Lellouch ou d'autres films de Michel Hazanavicius

Sayonara (Joshua Logan, 1957)


tags | , , , , , ,

0 comments

En pleine guerre de Corée, un officier américain est affecté à la base de Kobe, au Japon. Au travers du mariage d'un de ses hommes, il va découvrir la culture japonaise et va lui aussi tomber amoureux d'une actrice japonaise, et braver la farouche opposition aveugle de sa hiérarchie contre ces amours mixtes.

Hollywood dans toute sa puissance et sa majesté, et Hollywood dans tout ce qu'il a de plus "petit". Voici notre délicate position sur le Sayonara de Joshua Logan (Picnic), flamboyant mélange de drame, de romance et d'exotisme mais aussi, ouvrons les yeux, marqué des sceaux du ridicule et de la caricature.

Pur produit de studio basé sur un roman à succès, Sayonara utilise la guerre de corée comme toile de fond pour délivrer un message de fraternité et d'amour. Délicieusement naïf, mais indécrottablement impérialiste (même si c'est à dessein, Marlon Brando ressemble à s'y méprendre au Jean Dujardin de OSS 117 Rio ne Répond Plus... fous rires garantis pour son personnage de "Yankee Crétin" qui n'a rien à envier aux lapins du même nom...), Hollywood déploie toute l'artillerie lourde pour satisfaire les besoins du peuple : clichés, cartes postales, stéréotypes, raccourcis psychologiques, violons et eau de rose sont donc au programme, le tout bien platement mis en scène ! Nous aurons même droit à un Ricardo Montalban (l'hôte de la série l'Ile Fantastique) inoubliable en faux-japonais aux yeux tirés !

Malgré toutes ses tares, Sayonara déploie un charme fou : de celui de ces grandes et belles romances, un peu mièvres, qui résistent au destin (à la Autant en Emporte le Vent). Sayonara a beau démarrer laborieusement et accumuler les images d’Épinal, il finit par vous avoir à l'usure, et son coté Harlequin teinté d'exotisme de pacotille, parvient finalement à s'estomper pour laisser enfin transparaître ses belles intentions et sa nature généreuse.

Complètement désuet aujourd'hui, très proche du kitch (caricature sera le maître-mot !), Sayonara témoigne pourtant de la puissance de cette machine à rêves qu'était Hollywood (MGM, ici). Malgré son pachydermisme éhonté (Brando en fait des tonnes... le film enchaîne les lieux communs aussi vite que feu mon chat ses croquettes...) Sayonara satisfera et plaira absolument à tous les publics. Les cinéphiles (bien sûr) pour son intérêt "historique" ce qu'il témoigne de son époque, les amateurs de romance (l'histoire secondaire de l'officier Kelly avec Katsumi est réellement belle et émouvante), et les amateurs de comédie seront eux-aussi tout autant emballés par son involontaire coté parodique, façon Le Grand Détournement (surtout s'ils le voient en VF, véritable source de grands moments comiques !).

A la rédaction, vous l'avez peut-être remarqué, nous entretenons un rapport tout particulier avec le Japon, et bien qu' "hérétique" sur bien des points, Sayonara à réussi, contre toute attente, à nous tirer des larmes de rires, mais aussi, et c'est un fait, des larmes d'émotions. Une "vieillerie", certes, mais Sayonara est tout ce que l'on veut, sauf une perte de temps. A découvrir !

Procurez-vous d'autres films avec Marlon Brando ou de Josua Logan

CONCOURS : 10 places de cinéma à gagner pour Mains Armées


tags | ,

0 comments

Mains Armées (2012)

Policier réalisé par Pierre Jolivet
Avec : Roschdy Zem, Leïla Bekhti, Marc Lavoine, Nicolas Bridet, Adrien Jolivet, Clémentine Poidatz, Nina Meurisse, Eric Bougnon, Cyril Guei, Simon-Pierre Boireau
Sortie en salles le 11 juillet 2012

Lucas a 46 ans. Un grand flic, patron au trafic d’armes à Marseille. Maya a 25 ans. Elle est jeune flic aux stups, à Paris. Comme souvent, les armes croisent la drogue.
Et Lucas va croiser Maya. Pas forcément par hasard.
Flag, braquage, indics… leurs enquêtes vont s’entremêler. Leurs vies aussi. Parce que leur histoire a commencé bien longtemps avant leur rencontre…


On vous soigne !
A l'occasion de la sortie en salle de Mains Armées le 11 juillet 2012, Doorama.com et Cinéfriends.com s'associent de nouveau et vous propose de gagner 5x2 places de cinéma, valables partout en France.

Pour gagner, rien de plus simple, vous avez jusqu'au 11 juillet pour répondre au 3 questions suivantes, les gagnants seront tirés au sort parmi les bonnes réponses (attention 1 seule participation par nom/adresse, merci d'indiquer votre adresse complète pour pouvoir recevoir vos places !).

 

Voir notre Chronique de Mains Armées

Le concours est terminé, voici la liste des gagnants :
  • Corinne B (14790 Mouen)
  • Anne Marie K. (29600 Sainte Seve)
  • Willice 93 (93200 St Denis)
  • Véronique J. (67500 Hagueneau)
  • Yves L.P. (44980 Sainte Lucie sur Loire)


Règlement :
  • Les Gagnants seront avertis pas emails et verront leur nom publié (mais masqués, ex. : Jean D. (Nantes)) sur le site.
  • Une seule participation par personne, par e-mail et par foyer est autorisée. En cas contraire, flagrant ou douteux, (participations multiples, bulletins à coordonnées identiques, erronées ou incomplètes), la Rédaction de doorama.com annulera la participation.
  • Jeu ouvert à la France Métropolitaine jusqu’au 11 juillet 2012 inclus. Les réponses reçues après cette date limite ne seront pas valides et ne seront pas comptées dans le nombre total de participations.
  • doorama.com s'engage à ne pas communiquer votre adresse email ou postale à l'exception des organisateurs du concours (distributeurs et éditeurs) afin que vous puissiez recevoir les lots.
  • doorama.com n’est pas responsable des envois postaux des lots et de son acheminement.

Les Galettes de Pont-Aven (Joël Séria, 1975)


tags | , , , , , , ,

0 comments

Un représentant de commerce en parapluie, et peintre amateur à ses heures, écume l'ouest de la France, et ne renie pas quelques incarnates amoureuses à son mariage étouffant. Lorsqu'il se lie d'amitié avec émile, il fait la connaissance de d'Angéla, il va pour elle tout plaquer et se consacrer à la peinture.

"Ah ce cul !". Si Les Galettes de Pont-Aven n'ont pas marqué le cinéma Français (à juste titre), son ton léger et libertaire lui confère pourtant aujourd'hui une saveur toute particulière. Chronique attachante et grivoise d'un VRP dans la France profonde des 70's (proche de celle de Pays de Cocagne), Les galettes de Pont-Aven dégage autant d'authenticité et de simplicité qu'il  pourrait sembler "inutile" au premier abord.

En effet, caché derrière ses apparences modestes de petite comédie cochonne, se tient en fait une véritable ode à la vie, un film qui traite du bonheur simple ("Ah ce cul !"), et dissimule derrière des dialogues crus et efficaces une grande poésie.

Tout cela repose sur un Jean-Pierre Marielle absolument inoubliable et tellement parfait en monsieur tout le monde, dans la bouche duquel nombre de lignes de dialogues prennent puissamment vie et font irrémédiablement mouche ("Henri Serin, comme un serin" ou "Si tu la voyais cette conne, elle sait même pas ce que c'est qu'une bite !" en parlant de sa femme...). On pense alors au cinéma de Blier et on se surprend à regretter un certain cinéma, parfois maladroit, mais bien "vivant" et spontané.

Petit rien dans le 7ème art, devenu culte pour beaucoup, Les Galettes de Pont-Aven est une madeleine de Proust qui se range avec Les Valseuses, Le Chaud Lapin (de Pascal Thomas) ou Pauline à La Plage. Il croque le quotidien de son époque et refuse à tout prix le spectacle et l'artificiel, en héritier de la libération sexuelle et de La Société de Consommation, il s'attache à l'individu et à ses aspirations, simples, légitimes et profondes. Il y a de ces choses insignifiantes auxquelles on pense encore des années plus tard, Les Galettes de Pont-Aven en sont une bel exemple en conservant jalousement une recette aujourd'hui perdue, en dégageant une saveur exquise que seul Jean-pierre Marielle pourrait résumer : "Tu sens la pisse toi, pas la bigotte !".   

Procurez-vous de Les Galettes de Pont-Aven ou d'autres films de Jean-Pierre Marielle ou Joël Séria

Eyes Wide Shut (Stanley Kubrick, 1998)


tags | , , , , , , , ,

0 comments

Bill Harford mène une vie ordinaire avec son épouse, jusqu'au jour où elle lui raconte qu'elle a failli un jour le tromper. Profondément déstabilisé, Bill va alors rechercher, et s'approcher dangereusement, de ces tentations qui ont ébranlé sa femme.

Sans doute le film (pardon, l'Oeuvre !) de Kubrick la plus colorée (bariolé ? Que de petits sapins de noël et de rouge-désir ici !) et le plus "à taille humaine" de sa monumentale filmographie, Eyes Wide Shut traite du couple et de son délicat fonctionnement. Désirs, besoins, sexe, rapport à l'autre et secrets refoulés deviennent sous l'oeil du Maître des sujets d'étude et d'interrogations, qui emprunteront de longs chemin détournés pour livrer leurs réponses (en fait une seule réponse laconique tenant en 4 lettres...).

 Eyes Wide Shut, avouons le, n'est pas notre Kubrick préféré (et de loin), mais l'indéniable maîtrise avec laquelle il dissèque ce couple en crise est à couper le souffle, et ce (comme d'habitude avec Kubrick) tant sur le plan visuel qu'intellectuel. Pour la première fois Kubrick s'attaquait à l'intime (même Lolita débordait du cadre intime du désir...), à une histoire en mode mineure, sans H majuscule, déconnectée de toute destinée de ses personnages. Si "minimal" tente d'être Eyes Wide Shut, Kubrick ne peut cependant pas s'empêcher de livrer sa vision du couple par le "grand bout de la lorgnette". Kubrick répond à la cassure intime par la grandeur et la démesure d'un fantasme ultime (la partouze du siècle, mes amis !) et, comme une démonstration ultime, nous livre LE couple emblématique du glamour et de l'artificiel d'alors (Nicole Kidman et Tom Cruise, couple à l'écran comme dans la vraie vie) pour illustrer la relation/opposition entre l'apparence et le vide.

Oeuvre bavarde et cruelle à bien des égards (sa vision du vrai couple Kidman-Cruise ?), ouverte à de multiples interprétations, Eyes Wide Shut est "le film à part" chez Kubrick. On peut se semander s'il n'est pas son film le plus personnel (puisque traitant du couple, et Kubrick s'étant "retranché" avec son épouse et ses enfants dans son manoir anglais...), et si, en film testament, il ne cacherait pas de (nombreux) messages du Maître.

Perfection technique de chaque instant, illustration musicale impressionnante (Musica Ricercata de Ligeti) et génie de sa mise en image font de Eyes Wide Shut un film hypnotisant qui derrière ses apparences de film kubrickien "modeste" recèle une immense richesse, et peut être même un trésor caché, un secret... Fuck ?

Procurez-vous Eyes Wide Shut ou d'autres films de Stanley Kubrick, Tom Cruise ou Nicole Kidman