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Sayonara (Joshua Logan, 1957)


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En pleine guerre de Corée, un officier américain est affecté à la base de Kobe, au Japon. Au travers du mariage d'un de ses hommes, il va découvrir la culture japonaise et va lui aussi tomber amoureux d'une actrice japonaise, et braver la farouche opposition aveugle de sa hiérarchie contre ces amours mixtes.

Hollywood dans toute sa puissance et sa majesté, et Hollywood dans tout ce qu'il a de plus "petit". Voici notre délicate position sur le Sayonara de Joshua Logan (Picnic), flamboyant mélange de drame, de romance et d'exotisme mais aussi, ouvrons les yeux, marqué des sceaux du ridicule et de la caricature.

Pur produit de studio basé sur un roman à succès, Sayonara utilise la guerre de corée comme toile de fond pour délivrer un message de fraternité et d'amour. Délicieusement naïf, mais indécrottablement impérialiste (même si c'est à dessein, Marlon Brando ressemble à s'y méprendre au Jean Dujardin de OSS 117 Rio ne Répond Plus... fous rires garantis pour son personnage de "Yankee Crétin" qui n'a rien à envier aux lapins du même nom...), Hollywood déploie toute l'artillerie lourde pour satisfaire les besoins du peuple : clichés, cartes postales, stéréotypes, raccourcis psychologiques, violons et eau de rose sont donc au programme, le tout bien platement mis en scène ! Nous aurons même droit à un Ricardo Montalban (l'hôte de la série l'Ile Fantastique) inoubliable en faux-japonais aux yeux tirés !

Malgré toutes ses tares, Sayonara déploie un charme fou : de celui de ces grandes et belles romances, un peu mièvres, qui résistent au destin (à la Autant en Emporte le Vent). Sayonara a beau démarrer laborieusement et accumuler les images d’Épinal, il finit par vous avoir à l'usure, et son coté Harlequin teinté d'exotisme de pacotille, parvient finalement à s'estomper pour laisser enfin transparaître ses belles intentions et sa nature généreuse.

Complètement désuet aujourd'hui, très proche du kitch (caricature sera le maître-mot !), Sayonara témoigne pourtant de la puissance de cette machine à rêves qu'était Hollywood (MGM, ici). Malgré son pachydermisme éhonté (Brando en fait des tonnes... le film enchaîne les lieux communs aussi vite que feu mon chat ses croquettes...) Sayonara satisfera et plaira absolument à tous les publics. Les cinéphiles (bien sûr) pour son intérêt "historique" ce qu'il témoigne de son époque, les amateurs de romance (l'histoire secondaire de l'officier Kelly avec Katsumi est réellement belle et émouvante), et les amateurs de comédie seront eux-aussi tout autant emballés par son involontaire coté parodique, façon Le Grand Détournement (surtout s'ils le voient en VF, véritable source de grands moments comiques !).

A la rédaction, vous l'avez peut-être remarqué, nous entretenons un rapport tout particulier avec le Japon, et bien qu' "hérétique" sur bien des points, Sayonara à réussi, contre toute attente, à nous tirer des larmes de rires, mais aussi, et c'est un fait, des larmes d'émotions. Une "vieillerie", certes, mais Sayonara est tout ce que l'on veut, sauf une perte de temps. A découvrir !

Procurez-vous d'autres films avec Marlon Brando ou de Josua Logan

CONCOURS : 10 places de cinéma à gagner pour Mains Armées


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Mains Armées (2012)

Policier réalisé par Pierre Jolivet
Avec : Roschdy Zem, Leïla Bekhti, Marc Lavoine, Nicolas Bridet, Adrien Jolivet, Clémentine Poidatz, Nina Meurisse, Eric Bougnon, Cyril Guei, Simon-Pierre Boireau
Sortie en salles le 11 juillet 2012

Lucas a 46 ans. Un grand flic, patron au trafic d’armes à Marseille. Maya a 25 ans. Elle est jeune flic aux stups, à Paris. Comme souvent, les armes croisent la drogue.
Et Lucas va croiser Maya. Pas forcément par hasard.
Flag, braquage, indics… leurs enquêtes vont s’entremêler. Leurs vies aussi. Parce que leur histoire a commencé bien longtemps avant leur rencontre…


On vous soigne !
A l'occasion de la sortie en salle de Mains Armées le 11 juillet 2012, Doorama.com et Cinéfriends.com s'associent de nouveau et vous propose de gagner 5x2 places de cinéma, valables partout en France.

Pour gagner, rien de plus simple, vous avez jusqu'au 11 juillet pour répondre au 3 questions suivantes, les gagnants seront tirés au sort parmi les bonnes réponses (attention 1 seule participation par nom/adresse, merci d'indiquer votre adresse complète pour pouvoir recevoir vos places !).

 

Voir notre Chronique de Mains Armées

Le concours est terminé, voici la liste des gagnants :
  • Corinne B (14790 Mouen)
  • Anne Marie K. (29600 Sainte Seve)
  • Willice 93 (93200 St Denis)
  • Véronique J. (67500 Hagueneau)
  • Yves L.P. (44980 Sainte Lucie sur Loire)


Règlement :
  • Les Gagnants seront avertis pas emails et verront leur nom publié (mais masqués, ex. : Jean D. (Nantes)) sur le site.
  • Une seule participation par personne, par e-mail et par foyer est autorisée. En cas contraire, flagrant ou douteux, (participations multiples, bulletins à coordonnées identiques, erronées ou incomplètes), la Rédaction de doorama.com annulera la participation.
  • Jeu ouvert à la France Métropolitaine jusqu’au 11 juillet 2012 inclus. Les réponses reçues après cette date limite ne seront pas valides et ne seront pas comptées dans le nombre total de participations.
  • doorama.com s'engage à ne pas communiquer votre adresse email ou postale à l'exception des organisateurs du concours (distributeurs et éditeurs) afin que vous puissiez recevoir les lots.
  • doorama.com n’est pas responsable des envois postaux des lots et de son acheminement.

Les Galettes de Pont-Aven (Joël Séria, 1975)


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Un représentant de commerce en parapluie, et peintre amateur à ses heures, écume l'ouest de la France, et ne renie pas quelques incarnates amoureuses à son mariage étouffant. Lorsqu'il se lie d'amitié avec émile, il fait la connaissance de d'Angéla, il va pour elle tout plaquer et se consacrer à la peinture.

"Ah ce cul !". Si Les Galettes de Pont-Aven n'ont pas marqué le cinéma Français (à juste titre), son ton léger et libertaire lui confère pourtant aujourd'hui une saveur toute particulière. Chronique attachante et grivoise d'un VRP dans la France profonde des 70's (proche de celle de Pays de Cocagne), Les galettes de Pont-Aven dégage autant d'authenticité et de simplicité qu'il  pourrait sembler "inutile" au premier abord.

En effet, caché derrière ses apparences modestes de petite comédie cochonne, se tient en fait une véritable ode à la vie, un film qui traite du bonheur simple ("Ah ce cul !"), et dissimule derrière des dialogues crus et efficaces une grande poésie.

Tout cela repose sur un Jean-Pierre Marielle absolument inoubliable et tellement parfait en monsieur tout le monde, dans la bouche duquel nombre de lignes de dialogues prennent puissamment vie et font irrémédiablement mouche ("Henri Serin, comme un serin" ou "Si tu la voyais cette conne, elle sait même pas ce que c'est qu'une bite !" en parlant de sa femme...). On pense alors au cinéma de Blier et on se surprend à regretter un certain cinéma, parfois maladroit, mais bien "vivant" et spontané.

Petit rien dans le 7ème art, devenu culte pour beaucoup, Les Galettes de Pont-Aven est une madeleine de Proust qui se range avec Les Valseuses, Le Chaud Lapin (de Pascal Thomas) ou Pauline à La Plage. Il croque le quotidien de son époque et refuse à tout prix le spectacle et l'artificiel, en héritier de la libération sexuelle et de La Société de Consommation, il s'attache à l'individu et à ses aspirations, simples, légitimes et profondes. Il y a de ces choses insignifiantes auxquelles on pense encore des années plus tard, Les Galettes de Pont-Aven en sont une bel exemple en conservant jalousement une recette aujourd'hui perdue, en dégageant une saveur exquise que seul Jean-pierre Marielle pourrait résumer : "Tu sens la pisse toi, pas la bigotte !".   

Procurez-vous de Les Galettes de Pont-Aven ou d'autres films de Jean-Pierre Marielle ou Joël Séria

Eyes Wide Shut (Stanley Kubrick, 1998)


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Bill Harford mène une vie ordinaire avec son épouse, jusqu'au jour où elle lui raconte qu'elle a failli un jour le tromper. Profondément déstabilisé, Bill va alors rechercher, et s'approcher dangereusement, de ces tentations qui ont ébranlé sa femme.

Sans doute le film (pardon, l'Oeuvre !) de Kubrick la plus colorée (bariolé ? Que de petits sapins de noël et de rouge-désir ici !) et le plus "à taille humaine" de sa monumentale filmographie, Eyes Wide Shut traite du couple et de son délicat fonctionnement. Désirs, besoins, sexe, rapport à l'autre et secrets refoulés deviennent sous l'oeil du Maître des sujets d'étude et d'interrogations, qui emprunteront de longs chemin détournés pour livrer leurs réponses (en fait une seule réponse laconique tenant en 4 lettres...).

 Eyes Wide Shut, avouons le, n'est pas notre Kubrick préféré (et de loin), mais l'indéniable maîtrise avec laquelle il dissèque ce couple en crise est à couper le souffle, et ce (comme d'habitude avec Kubrick) tant sur le plan visuel qu'intellectuel. Pour la première fois Kubrick s'attaquait à l'intime (même Lolita débordait du cadre intime du désir...), à une histoire en mode mineure, sans H majuscule, déconnectée de toute destinée de ses personnages. Si "minimal" tente d'être Eyes Wide Shut, Kubrick ne peut cependant pas s'empêcher de livrer sa vision du couple par le "grand bout de la lorgnette". Kubrick répond à la cassure intime par la grandeur et la démesure d'un fantasme ultime (la partouze du siècle, mes amis !) et, comme une démonstration ultime, nous livre LE couple emblématique du glamour et de l'artificiel d'alors (Nicole Kidman et Tom Cruise, couple à l'écran comme dans la vraie vie) pour illustrer la relation/opposition entre l'apparence et le vide.

Oeuvre bavarde et cruelle à bien des égards (sa vision du vrai couple Kidman-Cruise ?), ouverte à de multiples interprétations, Eyes Wide Shut est "le film à part" chez Kubrick. On peut se semander s'il n'est pas son film le plus personnel (puisque traitant du couple, et Kubrick s'étant "retranché" avec son épouse et ses enfants dans son manoir anglais...), et si, en film testament, il ne cacherait pas de (nombreux) messages du Maître.

Perfection technique de chaque instant, illustration musicale impressionnante (Musica Ricercata de Ligeti) et génie de sa mise en image font de Eyes Wide Shut un film hypnotisant qui derrière ses apparences de film kubrickien "modeste" recèle une immense richesse, et peut être même un trésor caché, un secret... Fuck ?

Procurez-vous Eyes Wide Shut ou d'autres films de Stanley Kubrick, Tom Cruise ou Nicole Kidman

Le Juge Fayard dit Le Shériff (Yves Boisset, 1977)


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Un juge d'instruction, tenace et intègre, est amené à mettre au grand jour les collusions entre le grand banditisme et la politique. Malgré les pressions de ses supérieurs et les pressions qui se rapprochent, il poursuit son enquête qui dérange.

Yves Boisset fait partie de ces cinéastes qui "font le job". Avec Le Juge Fayard dit Le Shériff, il signe une fois de plus un excellent film policier et, de nouveau, comme avec Dupont Lajoie ou R.A.S, s'appuie sur des événements réels : ici l'assassinat du juge François Renaud.

Dénonçant l'intrusion de la politique dans le déroulement de la justice, et les connivences avec le milieu, Yves Boisset trouve son inspiration dans les fait-divers entourant "la bande des Lyonnais" (le "toute coïncidence avec des faits réels..." ne dupera personne) et l'assassinat d'un juge. On retrouve donc le même paysage que dans Les Lyonnais d'Olivier Marchal, mais ici vu du coté de la justice, et à notre avis c'est bien plus intéressant et réussi.

Le Juge Fayard dit Le Shériff  est un pur produit de cette époque (on aime voir les héros fumer fébrilement n'importe où, y compris dans leur Renault 4L...), à mi chemin entre l'enquête policière et le sujet de société, mais il reste tout à fait d'actualité quand à la vision qu'il propose de la collusion politique/justice (même si les médias ont maintenant remplacés les balles...). Mais son sujet passionnant n'est pas la seule raison de redécouvrir ce film, l'autre raison, c'est le plaisir de retrouver celui que nous considérons ici à la rédaction, comme l'un des plus grands acteurs français : Patrick Dewaere. Et même s'il ne livre pas sa meilleure interprétation, il construit de bien bel manière ce juge idéaliste au méthodes peu conventionnelles.

Si vous avez envie de vous faire un "bon petit polar", ce Juge Fayard dit Le Shériff fera parfaitement l'affaire. Il vous permettra ainsi de satisfaire vos rétines avec son look 70's et sa réalisation vintage (sans compter l'impressionnante galerie de tronches du cinéma français d'alors, comme François Léotard ou Jean Bouise...) , il flattera vos neurones avec son enquête tout à fais passionnante, et réveillera votre coté citoyen par une inquiétante vision de l'indépendance de la justice. Avec ce Juge Fayard, Yves Boisset a "simplement" signé là un excellent polar qui se redécouvre toujours avec le même plaisir : du cinéma "mineur", mais de grand talent.

Procurez-vous Le Juge Fayard dit Le Shériff ou d'autres films de Yves Boisset ou Patrick Dewaere

Margin Call (J.C. Chandor, 2012)


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Une banque d'investissement décèle des produits toxiques qui menacent sa survie dans ses livres de compte. La nuit qui précède l'ouverture des marchés sera déterminante pour savoir comment échapper au désastre, quitte à déclencher une crise majeure sur les marchés financiers.

Premier film impressionnant de maîtrise pour un réalisateur dont on surveillera avec attention les prochains mouvements, Margin Call est un thriller économique à la Wall Street qui prend son inspiration dans les récentes crises actuelles et dresse, grace à un casting sans faute (Kevin Spacey, Paul Bettany, Jeremy Irons...), un passionnant et terrifiant portrait du monde de la finance.

Sobre et d'une précision chirurgicale, il évoque des hommes et de femmes confrontés à leur propre survie professionnelle. Peuplé de prédateurs cyniques, calculateurs, égoïstes et égo-centrés (irresponsables ?), il explore les rouages de la Finance, et dénonce son caractère impitoyable, le décrivant comme un univers qui ne recule devant rien, quelques soient ses erreurs et quelque en soit le prix, pour rester debout. Criant d'actualité Margin Call fait froid dans le dos en proposant une vision froide, cruelle et implaccable d'un système qui ne compte que ses propres dollars au dépends de toute autre considération sociale ou humaine.

Sa réalisation limpide et son écriture particulièrement fine et soignée, permettent à J.C. Chandor de dresser un vertigineux constat d'inhumanité. A travers le peu de vie de chacun de ses personnages, il propose une vision déshumanisée de la Finance, où chaque élément humain aurait troqué son cerveau contre un logiciel de stats, et son coeur contre un épais portefeuille. Le film de J.C. Chandor se tient loin des clichés et de la caricature, sa démontration est puissante, claire et imparable.

Pour profiter de ce joli morceau de cinéma et se délecter de son impressionnante galerie de "financial killers" (et on apprécie particulièrement l'immense soin apporté à la psychologie de ses psychopathes des chiffres !) il faudra cependant être en forme. Si les objectifs et le message de Margin Call sont clairs et parfaitement identifiés, en revanche on n'en dira pas autant des concepts économiques maniés par ses personnages. Un peu "ardus" pour les simples détenteurs de compte-chèque que nous sommes, ils n'entraveront cependant pas la compréhension des enjeux de Margin Call, ni l'intelligence de son propos.  Un cinéma sans faute, exigeant et précis (on pense à La Taupe pour son développement méticuleux) : passionnant !

Procurez-vous d'autres films de Jeremy Irons ou Kevin Spacey

La Délicatesse ( David Foenkinos et Stéphane Foenkinos, 2011)


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Nathalie voit son bonheur brisé par la mort de son petit ami et se réfugie dans son travail. Lorsqu'un jour elle embrasse Markus, un collègue discret et atypique, elle renoue doucement avec la vie et les sentiments.

David Foenkinos porte son propre roman à l'écran, choisissant judicieusement Audrey Tautou et François Damien pour porter son doux message d'espoir et de vie. Délicat (forcément) et romantique à souhait, La Délicatesse déçoit pourtant autant qu'il émeut.

Tantôt triste et léger, le film de David Foenkinos apparaît pourtant bien imparfait, installant chez le spectateur une impression mitigée. Si le message et les situations qu'il met en scènes touchent, pour la plupart, par leur justesse et leur sensibilité, sa forme déçoit, accumulant souvent des maladresses qui empêche cette Délicatesse de vous submerger. En cause, des comédiens qui tardent souvent à trouver leur vitesse de croisière. Nombre de scènes peinent ainsi à déployer leur charme, et lorsque les comédiens nous emmènent enfin avec eux, la scène suivante perds ce capital, pour repartir à zéro.

Plus que le jeu des acteurs (Damiens est effectivement surprenant, et le charme de Tautou, à la fin de chaque scène, fonctionne systématiquement), la faute en incombe au rythme général du film, qui ne parvient pas à créer le liant nécessaire entre chacun de ses, pourtant beaux, morceaux de vie. Cet aspect fragmenté et ce manque de régularité dans sa progression, casse le charme de l'ensemble en empêchant La Delicatesse d'exprimer pleinement la force de l'énergie amoureuse et les doutes de ses personnages.

Là où, par exemple, Les Emotifs Anonymes parvenait à créer une bulle pour protéger son histoire et favoriser le développement de ses personnages, la Délicatesse échoue à créer cette bulle, ce lien d'intimité entre le spectateur et les personnages. Mais si ces faiblesses de forme et de rythme abiment notre plaisir, elle n'ôtent cependant pas toute force au film. Si La Délicatesse ne nous emporte pas, les idées et message qu'il véhicule sur l'amour, le besoin de l'autre, le rythme des sentiments et la fragilité des choses et de l'instant, trouvent quand à eux une bien belle forme et une large résonance en nous.

Le film des frères Foenkinos parvient davantage à nous transmettre l'idée de justesse que celle de la délicatesse, et s'il ne tient pas toutes ses promesses, il reste un film tendre, une évocation des jolies choses qui l'emportent sur les mauvaises, qui se regarde cependant avec plaisir.
La Délicatesse est un diamant mal exploité à l'apparence un peu "grossière", mais on regardera quand même avec plaisir et émotion cette jolie pierre, en regrettant qu'elle n'ait pas livré toute la beauté à laquelle elle était destinée. 


Procurez-vous La Délicatesse ou d'autres films de Audrey Tautou et François Damiens

Safe (Boaz Yakin, 2012)


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Reconverti dans des combats truqués, un ancien agent secret au bord du gouffre prends sous sa protection une petite fille poursuivie par des truands. Détentrice d'une information que les russes, mais aussi les chinois et les flics recherchent, Luke Wright va déclencher une véritable guerre des gangs.

Curieusement, nous sommes convaincus que Statham trouvera un jour un rôle qui exploitera enfin son potentiel d'acteurs (Thirteen laisse entrevoir cette voie). En attendant on continue de se taper ses films, sans même savoir pourquoi, sinon chercher la perle rare ou au moins la bonne idée qui étonnera et sauvera ce type de film.
"Alors Safe ? Ca se regarde ?"

Scénario bateau : on s'y attendait.... Cerveau en mode vacances : c'était prévu... Recherche d'un bon moment : là ça se gâte ! Safe ne prends ni le soin, ni le temps de soigner son histoire usée de gamine sous la protection d'un top-pro (Léon, Man From Nowhere...) et ne livre au spectateur qu'en simple prétexte pour proposer ses moments d'action. Et c'est là que survient le véritable écueil du film, puique Safe sabote chacun de ses scènes d'action par un montage si chaotique et rapide qu'elles en deviennent illisibles, perdent toute intensité et ôte du coup tout plaisir au spectateur. C'est bien dommage quand on sait pourtant que c'est là l'essentiel de la motivation pour regarder Safe...

Maladroitement réalisé (voire bâclé), Safe mise tout sur son acteur principal (ici égal à lui même, c'est tout) et pensant visiblement que Statham suffit à faire tenir un film à lui seul, ne délivre au final qu'une ébauche de film. Mal construit et banal à l'extrême, on se surprend assez vite à espérer que ses personnages règlent vite leur petits problème afin de se mettre en quête d'un vrai film à regarder.

Procurez-vous d'autres films de Jason Statham

2 DVD Les Infidèles à Gagner !


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Les Infidèles (2011)
Comédie réalisé par : Jean Dujardin, Gilles Lellouche, Emmanuelle Bercot, Fred Cavayé, Michel Hazanavicius, Eric Lartigau, Alexandre Courtès

Avec : Jean Dujardin, Gilles Lellouche, Alexandra Lamy, Géraldine Nakache, Guillaume Canet, Sandrine Kiberlain, Manu Payet, Isabelle Nanty, Clara Ponsot et Mathilda May

Plusieurs histoires sans concession sur les hommes et leur irrépressible attirance vers le Beau Sexe...


A l'occasion de la sortie de Les Infidèles dans les bacs le 4 juillet 2012, Doorama.com et Cinéfriends.com s'associent et propose à 2 de nos lecteurs de de gagner 1 DVD par tirage au sort.

Pour gagner, il suffit de répondre aux 3 questions ci-dessous (faciles, mais seul le triangle devrait vous poser problème... Oups !) et laisser ses coordonnées complètes... (vous ne serez pas envahi de mails, promis !)



Le concours est terminé, les bonnes réponses étaient :
1) Les Infidèles est composé de 7 sketches
2 ) Triangle n'est pas un films à sketches (film a 3 réalisateurs, certes, mais réalisé à la manières d'un cadavre exquis, et non segmenté en sketches)
3) Jean Dujardin n'a PAS obtenu le César du meilleur acteur

La Liste des gagnants :
  • Gwenael B (35 Rennes)
  • Fredéric N (93 Gagny)

Règlement :
  • Les Gagnants seront avertis pas emails et verront leur nom publié (mais masqués, ex. : Jean D. (Nantes)) sur le site.
  • Une seule participation par personne, par e-mail et par foyer est autorisée. En cas contraire, flagrant ou douteux, (participations multiples, bulletins à coordonnées identiques, erronées ou incomplètes), la Rédaction de doorama.com annulera la participation.
  • Jeu ouvert à la France Métropolitaine jusqu’au 4 juillet 2012 inclus. Les réponses reçues après cette date limite ne seront pas valides et ne seront pas comptées dans le nombre total de participations.
  • doorama.com s'engage à ne pas communiquer votre adresse email ou postale à l'exception des organisateurs du concours (distributeurs et éditeurs) afin que vous puissiez recevoir les lots.
  • doorama.com n’est pas responsable des envois postaux des lots et de son acheminement.

Les Diaboliques (Henri-Georges Clouzot, 1954)


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Dans un pensionnat, une directrice se rapproche de la maîtresse de son mari, le haïssant toute deux, elle décident de le supprimer. Mais leur plan diabolique n'avaient pas prévu la disparition du corps, et encore moins ce qui suivra !

Véritable travail d'orfèvre habité par un quatuor d'acteurs impeccables (Simone Signoret et Charles Vanel [véritable fantôme diabolique]- en tête !), Les Diabolique est un "film jalon", une partition exécutée de main de maître par un immense Henri-Georges Clouzot.

Dosage idéal de suspense, de mystère et de tension, Les Diaboliques installe sans artifices un climat pesant, à l'image de sa pension en décrépitude, chacun de ses quatre personnages témoignera de part sombre. Clouzot bouleverse tous les codes, remplaçant le traditionnel trio  mari-maîtresse assassins de l'épouse par épouse-maitresse contre le mari (installant ainsi une relation inédite, immorale...), et faisant évoluer son intrigue du complot, vers l'enquête inversée (et en cela, on pourrait faire des Diaboliques un excellent Colombo :-) puis vers le fantastique (mais respectons l'encart final du film indiquant : "Ne soyez pas DIABOLIQUES ! Ne racontez pas la fin !", et n'en disons donc pas plus.).

Le final des Diaboliques apparaitra peut être trop vite aux amateurs de thrillers US aux twists échevelés (qui pour beaucoup doivent leur inspiration à des oeuvres comme celle-ci), mais pour peu qu'on ne le devine pas (ou qu'on l'oublie), la mécanique de Clouzot, absolument diabolique d'efficacité et de maîtrise, ne laissera aucun répit au spectateur jusqu'à sa terrifiante scène de clôture.

Parfaitement positionné entre le film noir dense, le suspense hitchcockien et le thriller fantastique, Les Diaboliques surprend par la faculté qu'il a de passer les années en conservant intacte toute son efficacité. Sa réalisation et son rythme fluide laissent se développer un climat oppressant, sans jamais forcer le pas ou user d'effets (à l'exception de la scène de la morgue ou le temps suspend son vol et nous notre souffle à l'idée de connaître la vérité...). Sa finesse et sa richesse renvoie bien des thrillers actuels à l'époque du sérial !
Un scénario en béton au service d'une intrigue passionnante et toujours zéro rides pour ce petit chef-d'oeuvre de virtuosité, d'intelligence et de plaisir : tous simplement diabolique ! (il fallait bien le placer...)

SPOILER (cliquez pour afficher) : On peut se demander si Charles Vanel n'est finalement pas le seul "véritable" fantôme de l'histoire, tant ses apparitions le sont aussi (La morgue, la nuit dans la chambre et son apparition finale).  
Procurez-vous Les Diaboliques ou d'autres films de Henri-Georges Clouzot

Confessions (Kokuhaku - Tetsuya Nakashima, 2010)


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Lors de son dernier cours, une professeur s'adresse à sa classe pour dénoncer les deux jeunes assassins (A et B) de sa fille qui s'y trouvent... La vengeance d'une mère est en marche, la haine qui la ronge, tel un virus, est aussi présente chez les deux assassins de 13 ans.

On pourra s'irriter de la forme de Confessions, constellée de ralentis et de plans froids bleus-gris esthétisants, sur fond de musique dépressive (Radiohead, Boris et autres post-rock ethérés). Son abus stylistique à la limite du langage publicitaire ne pourra cependant pas diminuer son esthétique glaciale (discutable, mais absolument somptueuse), idéale pour appuyer son exposition froide et clinique de la vengeance. Les récompenses qu'a reçu Confessions dans de nombreux festivals en témoignent.

Une précision s'impose : bien que Confession prenne place parmi des lycéens, nous sommes ici très loin d'un Battle Royale, et s'il relate effectivement une vengeance son but est tout autre que le diabolique J'ai Rencontré le Diable (quoique chacun aborde à sa manière une certaine vision du Mal...). Tout au long de Confessions, Tetsuya Nakashima se sert d'une trame de vengeance (on pensera à Old Boy...) pour reconstituer les parcours de souffrance de ses personnages. Mais plus qu'une simple "payback-story", Confessions  dresse une carte des passages du Mal et confronte ceux qui ont été en contact avec lui : la mort de la petite fille est certes le point de départ du film, mais il n'est que l'un des dominos qui tomberont, résultat d'une précédente "mauvaise action" et source d'une prochaine.

Cette volonté (réussie) de varier le thème de la vengeance en l'enrichissant par les parcours de chacun de ses personnages, permet à Confession de distiller une cruauté de chaque instant, d'augmenter sa tension et son malaise au fur et à mesure des profils qu'il dévoile. La violence des adolescents qu'il met en scène, contraste avec l'innocence qu'on leur prête habituellement, renforçant cette impression de malaise en multipliant les situations dramatiques, là où on ne les attendait pas. Derrière son scénario "thriller", Confessions dérange et trouble le spectateur en semant la tristesse et le désespoir, il prend alors les sombres allures d'un "bilan des victimes", difficile et pesant, qui frappe cruellement et aveuglément à tous les niveaux de la société, enfants comme adultes.

Sa mise en scène esthétisante et glacée hypnotise... son rythme lancinant berce et engourdit... et pourtant lorsque l'on termine Confessions on est frappé de la brutalité de son impact et de son efficacité, son ambiance sombre et désespérée déstabilise le spectateur bien au delà des enjeux de son histoire de vengeance machiavélique. Son scénario poussif (par son coté "j'avais tout prévu" notamment...) et son esthétique visuelle, sonore, mais aussi intellectuelle, sur-travaillée, ne parviennent pas à nuire à sa force.

Confessions est attaquable sur bien des points, mais l'impression qu'il laisse, entre spleen et impuissance, est issue d'une bien belle et intelligente expérience cinématographique. Il déborde de son cadre initial et, par les excès stylistiques de sa mise en image, trouve une résonance aussi inattendue que puissante. Accident ou maîtrise ? qu'importe ! Le résultat se regarde avec un immense intérêt, tous vos sens en éveil.

Procurez-vous Confessions

La Famille Tenenbaum (The Royal Tenenbaum, Wes Anderson, 2001)


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Royal et Etheline Tenenbaum sont les parents de 3 enfants destinés à réussir,  mais leur couple ne l'est pas : ils se séparent. 20 ans plus tard Royal Tenenbaum décide de reformer les liens avec la famille maintenant élargie...

Poseur, intellectuel et bobo peuvent caractériser le cinéma de Wes Anderson, et ces reprochent sont fondés. Mais qu'il serait dommage de s'arrêter là ! Pourquoi ne pas plutôt assimiler ces critiques à une forme d'autisme pour Wes Anderson ? (et avouez que ca ne serait pas bien joli de critiquer un autiste...!).

Wes Anderson (le sublime Fantastic Mister Fox et A Bord du Darjeeling Limited) est un obsessionnel maladif du petit détail et un grand compulsif de ce qu'on pourrait appeler l'hyper-cadrage. Avec son langage à lui, il transforme cette chronique familiale (judicieusement ancrée dans les 70's) en portrait décalé et incroyablement délicat. Il surcharge de détails (scénaristiques comme visuels) son évocation de cette famille "décomposée", et au travers d'un enchaînement de petites scènettes au ton maniéré, élabore une impressionnante galerie de miniatures tantôt amères, touchantes, drôles, justes, absurde, mais toujours décalées et sensibles.

La Famille Tenenbaum est un film aussi drôle qu'attachant. Anderson semble prendre plaisir à transformer la réalité du monde des adultes en petits décors de théâtre enfantins à l'allure presque statique. Il travestit la réalité en fantaisie subtile, gorgée et saturée de détails que seul un enfant pourrait imaginer. Un casting royal, une bande son douce et nostalgique (Nico, Nick drake) et cet art de donner au réel une (fausse) allure artificielle, transforme cette chronique familiale en un véritable album photo, dont chacune d'elle raconte toute une histoire.

Si Wes Anderson ne cesse effectivement depuis le début de sa carrière de revisiter son style et son univers si particulier, il ne cesse cependant pas, faute d'en changer les codes et l'apparence, d'en enrichir la profondeur (contrairement à l'affreux Tim Burton, sclérosé dans son univers). La Famille Tenenbaum, 10 ans après sa sortie, demeure un ovni cinématographique et reste un joyaux de richesse, de douceur et de délicatesse.

Pourquoi doorama se gorge t'il autant sur le "branchouille" Wes Anderson ? Il suffit de sisionner la scène des retrouvailles entre Gwyneth Paltrow et son frère ancien tennisman, ou bien de voir comment ses 10 premières minutes (enchainement de souvenir d'enfance) sont ensuite réinjectées et réutilisées tout au long de ce qui suivra. Lors de sa sortie, la rédaction était restée tiède devant les Tenenbaum, aujourd'hui nous crions à la perfection !

Procurez-vous La Famille Tenenbaum ou d'autres films de Wes Anderson