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Margin Call (J.C. Chandor, 2012)


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Une banque d'investissement décèle des produits toxiques qui menacent sa survie dans ses livres de compte. La nuit qui précède l'ouverture des marchés sera déterminante pour savoir comment échapper au désastre, quitte à déclencher une crise majeure sur les marchés financiers.

Premier film impressionnant de maîtrise pour un réalisateur dont on surveillera avec attention les prochains mouvements, Margin Call est un thriller économique à la Wall Street qui prend son inspiration dans les récentes crises actuelles et dresse, grace à un casting sans faute (Kevin Spacey, Paul Bettany, Jeremy Irons...), un passionnant et terrifiant portrait du monde de la finance.

Sobre et d'une précision chirurgicale, il évoque des hommes et de femmes confrontés à leur propre survie professionnelle. Peuplé de prédateurs cyniques, calculateurs, égoïstes et égo-centrés (irresponsables ?), il explore les rouages de la Finance, et dénonce son caractère impitoyable, le décrivant comme un univers qui ne recule devant rien, quelques soient ses erreurs et quelque en soit le prix, pour rester debout. Criant d'actualité Margin Call fait froid dans le dos en proposant une vision froide, cruelle et implaccable d'un système qui ne compte que ses propres dollars au dépends de toute autre considération sociale ou humaine.

Sa réalisation limpide et son écriture particulièrement fine et soignée, permettent à J.C. Chandor de dresser un vertigineux constat d'inhumanité. A travers le peu de vie de chacun de ses personnages, il propose une vision déshumanisée de la Finance, où chaque élément humain aurait troqué son cerveau contre un logiciel de stats, et son coeur contre un épais portefeuille. Le film de J.C. Chandor se tient loin des clichés et de la caricature, sa démontration est puissante, claire et imparable.

Pour profiter de ce joli morceau de cinéma et se délecter de son impressionnante galerie de "financial killers" (et on apprécie particulièrement l'immense soin apporté à la psychologie de ses psychopathes des chiffres !) il faudra cependant être en forme. Si les objectifs et le message de Margin Call sont clairs et parfaitement identifiés, en revanche on n'en dira pas autant des concepts économiques maniés par ses personnages. Un peu "ardus" pour les simples détenteurs de compte-chèque que nous sommes, ils n'entraveront cependant pas la compréhension des enjeux de Margin Call, ni l'intelligence de son propos.  Un cinéma sans faute, exigeant et précis (on pense à La Taupe pour son développement méticuleux) : passionnant !

Procurez-vous d'autres films de Jeremy Irons ou Kevin Spacey

La Délicatesse ( David Foenkinos et Stéphane Foenkinos, 2011)


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Nathalie voit son bonheur brisé par la mort de son petit ami et se réfugie dans son travail. Lorsqu'un jour elle embrasse Markus, un collègue discret et atypique, elle renoue doucement avec la vie et les sentiments.

David Foenkinos porte son propre roman à l'écran, choisissant judicieusement Audrey Tautou et François Damien pour porter son doux message d'espoir et de vie. Délicat (forcément) et romantique à souhait, La Délicatesse déçoit pourtant autant qu'il émeut.

Tantôt triste et léger, le film de David Foenkinos apparaît pourtant bien imparfait, installant chez le spectateur une impression mitigée. Si le message et les situations qu'il met en scènes touchent, pour la plupart, par leur justesse et leur sensibilité, sa forme déçoit, accumulant souvent des maladresses qui empêche cette Délicatesse de vous submerger. En cause, des comédiens qui tardent souvent à trouver leur vitesse de croisière. Nombre de scènes peinent ainsi à déployer leur charme, et lorsque les comédiens nous emmènent enfin avec eux, la scène suivante perds ce capital, pour repartir à zéro.

Plus que le jeu des acteurs (Damiens est effectivement surprenant, et le charme de Tautou, à la fin de chaque scène, fonctionne systématiquement), la faute en incombe au rythme général du film, qui ne parvient pas à créer le liant nécessaire entre chacun de ses, pourtant beaux, morceaux de vie. Cet aspect fragmenté et ce manque de régularité dans sa progression, casse le charme de l'ensemble en empêchant La Delicatesse d'exprimer pleinement la force de l'énergie amoureuse et les doutes de ses personnages.

Là où, par exemple, Les Emotifs Anonymes parvenait à créer une bulle pour protéger son histoire et favoriser le développement de ses personnages, la Délicatesse échoue à créer cette bulle, ce lien d'intimité entre le spectateur et les personnages. Mais si ces faiblesses de forme et de rythme abiment notre plaisir, elle n'ôtent cependant pas toute force au film. Si La Délicatesse ne nous emporte pas, les idées et message qu'il véhicule sur l'amour, le besoin de l'autre, le rythme des sentiments et la fragilité des choses et de l'instant, trouvent quand à eux une bien belle forme et une large résonance en nous.

Le film des frères Foenkinos parvient davantage à nous transmettre l'idée de justesse que celle de la délicatesse, et s'il ne tient pas toutes ses promesses, il reste un film tendre, une évocation des jolies choses qui l'emportent sur les mauvaises, qui se regarde cependant avec plaisir.
La Délicatesse est un diamant mal exploité à l'apparence un peu "grossière", mais on regardera quand même avec plaisir et émotion cette jolie pierre, en regrettant qu'elle n'ait pas livré toute la beauté à laquelle elle était destinée. 


Procurez-vous La Délicatesse ou d'autres films de Audrey Tautou et François Damiens

Safe (Boaz Yakin, 2012)


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Reconverti dans des combats truqués, un ancien agent secret au bord du gouffre prends sous sa protection une petite fille poursuivie par des truands. Détentrice d'une information que les russes, mais aussi les chinois et les flics recherchent, Luke Wright va déclencher une véritable guerre des gangs.

Curieusement, nous sommes convaincus que Statham trouvera un jour un rôle qui exploitera enfin son potentiel d'acteurs (Thirteen laisse entrevoir cette voie). En attendant on continue de se taper ses films, sans même savoir pourquoi, sinon chercher la perle rare ou au moins la bonne idée qui étonnera et sauvera ce type de film.
"Alors Safe ? Ca se regarde ?"

Scénario bateau : on s'y attendait.... Cerveau en mode vacances : c'était prévu... Recherche d'un bon moment : là ça se gâte ! Safe ne prends ni le soin, ni le temps de soigner son histoire usée de gamine sous la protection d'un top-pro (Léon, Man From Nowhere...) et ne livre au spectateur qu'en simple prétexte pour proposer ses moments d'action. Et c'est là que survient le véritable écueil du film, puique Safe sabote chacun de ses scènes d'action par un montage si chaotique et rapide qu'elles en deviennent illisibles, perdent toute intensité et ôte du coup tout plaisir au spectateur. C'est bien dommage quand on sait pourtant que c'est là l'essentiel de la motivation pour regarder Safe...

Maladroitement réalisé (voire bâclé), Safe mise tout sur son acteur principal (ici égal à lui même, c'est tout) et pensant visiblement que Statham suffit à faire tenir un film à lui seul, ne délivre au final qu'une ébauche de film. Mal construit et banal à l'extrême, on se surprend assez vite à espérer que ses personnages règlent vite leur petits problème afin de se mettre en quête d'un vrai film à regarder.

Procurez-vous d'autres films de Jason Statham

2 DVD Les Infidèles à Gagner !


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Les Infidèles (2011)
Comédie réalisé par : Jean Dujardin, Gilles Lellouche, Emmanuelle Bercot, Fred Cavayé, Michel Hazanavicius, Eric Lartigau, Alexandre Courtès

Avec : Jean Dujardin, Gilles Lellouche, Alexandra Lamy, Géraldine Nakache, Guillaume Canet, Sandrine Kiberlain, Manu Payet, Isabelle Nanty, Clara Ponsot et Mathilda May

Plusieurs histoires sans concession sur les hommes et leur irrépressible attirance vers le Beau Sexe...


A l'occasion de la sortie de Les Infidèles dans les bacs le 4 juillet 2012, Doorama.com et Cinéfriends.com s'associent et propose à 2 de nos lecteurs de de gagner 1 DVD par tirage au sort.

Pour gagner, il suffit de répondre aux 3 questions ci-dessous (faciles, mais seul le triangle devrait vous poser problème... Oups !) et laisser ses coordonnées complètes... (vous ne serez pas envahi de mails, promis !)



Le concours est terminé, les bonnes réponses étaient :
1) Les Infidèles est composé de 7 sketches
2 ) Triangle n'est pas un films à sketches (film a 3 réalisateurs, certes, mais réalisé à la manières d'un cadavre exquis, et non segmenté en sketches)
3) Jean Dujardin n'a PAS obtenu le César du meilleur acteur

La Liste des gagnants :
  • Gwenael B (35 Rennes)
  • Fredéric N (93 Gagny)

Règlement :
  • Les Gagnants seront avertis pas emails et verront leur nom publié (mais masqués, ex. : Jean D. (Nantes)) sur le site.
  • Une seule participation par personne, par e-mail et par foyer est autorisée. En cas contraire, flagrant ou douteux, (participations multiples, bulletins à coordonnées identiques, erronées ou incomplètes), la Rédaction de doorama.com annulera la participation.
  • Jeu ouvert à la France Métropolitaine jusqu’au 4 juillet 2012 inclus. Les réponses reçues après cette date limite ne seront pas valides et ne seront pas comptées dans le nombre total de participations.
  • doorama.com s'engage à ne pas communiquer votre adresse email ou postale à l'exception des organisateurs du concours (distributeurs et éditeurs) afin que vous puissiez recevoir les lots.
  • doorama.com n’est pas responsable des envois postaux des lots et de son acheminement.

Les Diaboliques (Henri-Georges Clouzot, 1954)


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Dans un pensionnat, une directrice se rapproche de la maîtresse de son mari, le haïssant toute deux, elle décident de le supprimer. Mais leur plan diabolique n'avaient pas prévu la disparition du corps, et encore moins ce qui suivra !

Véritable travail d'orfèvre habité par un quatuor d'acteurs impeccables (Simone Signoret et Charles Vanel [véritable fantôme diabolique]- en tête !), Les Diabolique est un "film jalon", une partition exécutée de main de maître par un immense Henri-Georges Clouzot.

Dosage idéal de suspense, de mystère et de tension, Les Diaboliques installe sans artifices un climat pesant, à l'image de sa pension en décrépitude, chacun de ses quatre personnages témoignera de part sombre. Clouzot bouleverse tous les codes, remplaçant le traditionnel trio  mari-maîtresse assassins de l'épouse par épouse-maitresse contre le mari (installant ainsi une relation inédite, immorale...), et faisant évoluer son intrigue du complot, vers l'enquête inversée (et en cela, on pourrait faire des Diaboliques un excellent Colombo :-) puis vers le fantastique (mais respectons l'encart final du film indiquant : "Ne soyez pas DIABOLIQUES ! Ne racontez pas la fin !", et n'en disons donc pas plus.).

Le final des Diaboliques apparaitra peut être trop vite aux amateurs de thrillers US aux twists échevelés (qui pour beaucoup doivent leur inspiration à des oeuvres comme celle-ci), mais pour peu qu'on ne le devine pas (ou qu'on l'oublie), la mécanique de Clouzot, absolument diabolique d'efficacité et de maîtrise, ne laissera aucun répit au spectateur jusqu'à sa terrifiante scène de clôture.

Parfaitement positionné entre le film noir dense, le suspense hitchcockien et le thriller fantastique, Les Diaboliques surprend par la faculté qu'il a de passer les années en conservant intacte toute son efficacité. Sa réalisation et son rythme fluide laissent se développer un climat oppressant, sans jamais forcer le pas ou user d'effets (à l'exception de la scène de la morgue ou le temps suspend son vol et nous notre souffle à l'idée de connaître la vérité...). Sa finesse et sa richesse renvoie bien des thrillers actuels à l'époque du sérial !
Un scénario en béton au service d'une intrigue passionnante et toujours zéro rides pour ce petit chef-d'oeuvre de virtuosité, d'intelligence et de plaisir : tous simplement diabolique ! (il fallait bien le placer...)

SPOILER (cliquez pour afficher) : On peut se demander si Charles Vanel n'est finalement pas le seul "véritable" fantôme de l'histoire, tant ses apparitions le sont aussi (La morgue, la nuit dans la chambre et son apparition finale).  
Procurez-vous Les Diaboliques ou d'autres films de Henri-Georges Clouzot

Confessions (Kokuhaku - Tetsuya Nakashima, 2010)


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Lors de son dernier cours, une professeur s'adresse à sa classe pour dénoncer les deux jeunes assassins (A et B) de sa fille qui s'y trouvent... La vengeance d'une mère est en marche, la haine qui la ronge, tel un virus, est aussi présente chez les deux assassins de 13 ans.

On pourra s'irriter de la forme de Confessions, constellée de ralentis et de plans froids bleus-gris esthétisants, sur fond de musique dépressive (Radiohead, Boris et autres post-rock ethérés). Son abus stylistique à la limite du langage publicitaire ne pourra cependant pas diminuer son esthétique glaciale (discutable, mais absolument somptueuse), idéale pour appuyer son exposition froide et clinique de la vengeance. Les récompenses qu'a reçu Confessions dans de nombreux festivals en témoignent.

Une précision s'impose : bien que Confession prenne place parmi des lycéens, nous sommes ici très loin d'un Battle Royale, et s'il relate effectivement une vengeance son but est tout autre que le diabolique J'ai Rencontré le Diable (quoique chacun aborde à sa manière une certaine vision du Mal...). Tout au long de Confessions, Tetsuya Nakashima se sert d'une trame de vengeance (on pensera à Old Boy...) pour reconstituer les parcours de souffrance de ses personnages. Mais plus qu'une simple "payback-story", Confessions  dresse une carte des passages du Mal et confronte ceux qui ont été en contact avec lui : la mort de la petite fille est certes le point de départ du film, mais il n'est que l'un des dominos qui tomberont, résultat d'une précédente "mauvaise action" et source d'une prochaine.

Cette volonté (réussie) de varier le thème de la vengeance en l'enrichissant par les parcours de chacun de ses personnages, permet à Confession de distiller une cruauté de chaque instant, d'augmenter sa tension et son malaise au fur et à mesure des profils qu'il dévoile. La violence des adolescents qu'il met en scène, contraste avec l'innocence qu'on leur prête habituellement, renforçant cette impression de malaise en multipliant les situations dramatiques, là où on ne les attendait pas. Derrière son scénario "thriller", Confessions dérange et trouble le spectateur en semant la tristesse et le désespoir, il prend alors les sombres allures d'un "bilan des victimes", difficile et pesant, qui frappe cruellement et aveuglément à tous les niveaux de la société, enfants comme adultes.

Sa mise en scène esthétisante et glacée hypnotise... son rythme lancinant berce et engourdit... et pourtant lorsque l'on termine Confessions on est frappé de la brutalité de son impact et de son efficacité, son ambiance sombre et désespérée déstabilise le spectateur bien au delà des enjeux de son histoire de vengeance machiavélique. Son scénario poussif (par son coté "j'avais tout prévu" notamment...) et son esthétique visuelle, sonore, mais aussi intellectuelle, sur-travaillée, ne parviennent pas à nuire à sa force.

Confessions est attaquable sur bien des points, mais l'impression qu'il laisse, entre spleen et impuissance, est issue d'une bien belle et intelligente expérience cinématographique. Il déborde de son cadre initial et, par les excès stylistiques de sa mise en image, trouve une résonance aussi inattendue que puissante. Accident ou maîtrise ? qu'importe ! Le résultat se regarde avec un immense intérêt, tous vos sens en éveil.

Procurez-vous Confessions

La Famille Tenenbaum (The Royal Tenenbaum, Wes Anderson, 2001)


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Royal et Etheline Tenenbaum sont les parents de 3 enfants destinés à réussir,  mais leur couple ne l'est pas : ils se séparent. 20 ans plus tard Royal Tenenbaum décide de reformer les liens avec la famille maintenant élargie...

Poseur, intellectuel et bobo peuvent caractériser le cinéma de Wes Anderson, et ces reprochent sont fondés. Mais qu'il serait dommage de s'arrêter là ! Pourquoi ne pas plutôt assimiler ces critiques à une forme d'autisme pour Wes Anderson ? (et avouez que ca ne serait pas bien joli de critiquer un autiste...!).

Wes Anderson (le sublime Fantastic Mister Fox et A Bord du Darjeeling Limited) est un obsessionnel maladif du petit détail et un grand compulsif de ce qu'on pourrait appeler l'hyper-cadrage. Avec son langage à lui, il transforme cette chronique familiale (judicieusement ancrée dans les 70's) en portrait décalé et incroyablement délicat. Il surcharge de détails (scénaristiques comme visuels) son évocation de cette famille "décomposée", et au travers d'un enchaînement de petites scènettes au ton maniéré, élabore une impressionnante galerie de miniatures tantôt amères, touchantes, drôles, justes, absurde, mais toujours décalées et sensibles.

La Famille Tenenbaum est un film aussi drôle qu'attachant. Anderson semble prendre plaisir à transformer la réalité du monde des adultes en petits décors de théâtre enfantins à l'allure presque statique. Il travestit la réalité en fantaisie subtile, gorgée et saturée de détails que seul un enfant pourrait imaginer. Un casting royal, une bande son douce et nostalgique (Nico, Nick drake) et cet art de donner au réel une (fausse) allure artificielle, transforme cette chronique familiale en un véritable album photo, dont chacune d'elle raconte toute une histoire.

Si Wes Anderson ne cesse effectivement depuis le début de sa carrière de revisiter son style et son univers si particulier, il ne cesse cependant pas, faute d'en changer les codes et l'apparence, d'en enrichir la profondeur (contrairement à l'affreux Tim Burton, sclérosé dans son univers). La Famille Tenenbaum, 10 ans après sa sortie, demeure un ovni cinématographique et reste un joyaux de richesse, de douceur et de délicatesse.

Pourquoi doorama se gorge t'il autant sur le "branchouille" Wes Anderson ? Il suffit de sisionner la scène des retrouvailles entre Gwyneth Paltrow et son frère ancien tennisman, ou bien de voir comment ses 10 premières minutes (enchainement de souvenir d'enfance) sont ensuite réinjectées et réutilisées tout au long de ce qui suivra. Lors de sa sortie, la rédaction était restée tiède devant les Tenenbaum, aujourd'hui nous crions à la perfection !

Procurez-vous La Famille Tenenbaum ou d'autres films de Wes Anderson

Blanche-Neige et le Chasseur (Rupert Sanders, 2012)


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La maléfique reine Ravena veut le coeur de Blanche Neige pour rester éternellement jeune. Elle Envoie un chasseur à sa poursuite, mais il va finalement aider Blanche Neige à monter une armée pour détruire la reine.


A la croisée du Blanche Neige Disney de 1937 et du Seigneur des Anneaux, Rupert Sanders renoue avec les bases du conte des frères Grimm, modèle l'histoire pour lui donner un aspect film d'aventure, puis injecte quelques éléments du Disney (histoire que le spectateur lambda retrouve ses marques : la très méchante sorcière (Charlize Theron en mode cabotinage énervant), la pomme, et les animaux de la forêt !). Ce Blanche Neige et Le Chasseur parvient énergiquement à s'élever au dessus du navet débilitant, mais perd toute son âme en route, revêtant les sombres aspects d'une compilation des films d'aventures qui ont marqué le public (La Trilogie des Anneaux, Gladiator, Robin des Bois, Jeanne d'Arc, etc... les citations (pillages ?) visuelles sont légion !).

Du conte pour enfant, ce Blanche Neige là s'est transformé en version pour ados consommateurs (pour une vraie version adulte il faudra encore attendre.). Sanders sert la soupe habituelle, sans jamais innover, sans jamais oser, il se contente d'éviter le naufrage en livrant aux spectateurs les recettes d'aventure auxquelles il sont habitués, et en maquillant son scénario en grand film au souffle faussement épique. Du déjà vu, du sans surprise, du convenu propre à un cinéma commercial de simple divertissement, voilà ce qu'est ce Blanche Neige. Il n'est qu'un produit qui fait le job et qui, dans sa catégorie, reste loin des plus mauvais élèves du genre (Iron Man 2 ou La Ligue Gentlemen Extraordinaires...) mais loin des bonnes surprises des sommets (citons Chronicles, ou The Raid comme projets commerciaux basiques qui explosaient nos attentes).

Non, ce Blanche Neige n'est pas la catastrophe que l'on pouvait craindre... Il n'est qu'un simple blockbuster artificiel, ni bon, ni méprisable, pensé et élaboré à grand coup de respect des objectifs marketing :  Un cinéma pop-corn éphémère au gout calibré et industriel que l'on subit sans pour autant s'ennuyer !
Les meubles sont sauvés, mais la maison brûle quand même !

CONCOURS : Gagnez des places de ciné pour To Rome With Love!


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TO ROME WITH LOVE

Réalisation et scénario : Woody Allen
Avec: Ellen Page, Woody Allen, Penélope Cruz, Alec Baldwin, Alison Pill, Greta Gerwig, Jesse Eisenberg, Ornella Muti, Roberto Benigni

Date de sortie: 04/07/2012
Genre: Comédie


Synopsis : Après Minuit à Paris, Woody Allen se tourne vers Rome. To Rome with Love nous fait partir à la découverte de la ville éternelle à travers différentes histoires de personnages, de simples résidents ou de visiteurs pour l été, mêlant romances, aventures et quiproquos.

A l'occasion de sa sortie le 4 juillet,  et grâce à Cinéfriends.com, Doorama vous propose de participer au Jeu Concours Woody Allen et se gagner 5x2 places, valable dans tous les cinémas. Pour jouer, il suffit de répondre aux 2 questions (faciles !) ci-dessous et laisser ses coordonnées complètes...
(vous ne serez pas envahi de mails, c'est une promesse !)



Le concours est terminé, les bonnes réponses étaient :
1) Belfast n'a PAS inspiré Woody Allen
2 ) Le film d'espionnage qui est signé Woody Allen est Lilly La Tigresse (Annie Hall est un drame, et Woody Allen ne fait que jouer dans le Casino Royale (réalisé en 1967, par John Huston, Ken Hughes, Val Guest) qui est une parodie de James Bond avec David Niven (Bond), Peter Sellers et Orson Welles dans le rôle du Chiffre !)



La Liste des gagnants :
  • Valérie C (62 Arques)
  • Yasmine L. (93 Saint-Denis)
  • Mathieu B (63 Clermont ferrand)
  • Philippe V (95 Groslay)
  • Jean P (75 Paris)

Règlement
  • Une seule participation par personne, par e-mail et par foyer est autorisée. En cas contraire, flagrant ou douteux, (participations multiples, bulletins à coordonnées identiques, erronées ou incomplètes), la Rédaction de doorama.com annulera la participation.
  • Jeu ouvert à la France Métropolitaine jusqu’au 4 juillet 2012 inclus. Les réponses reçues après cette date limite ne seront pas valides et ne seront pas comptées dans le nombre total de participations.
  • doorama.com s'engage à ne pas communiquer votre adresse email ou postale à l'exception des organisateurs du concours (distributeurs et éditeurs) afin que vous puissiez recevoir les lots.
  • doorama.com n’est pas responsable des envois postaux des lots et de son acheminement.

L'hôpital (The Hospital, Arthur Hiller 1971)


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Le docteur Herbert Bock, au bord de la dépression, gère au mieux son hôpital dans lequel se succède une inquiétante série d'erreurs, dont certaines s'avèreront mortelles. Il s'éprend de la fille d'un patient dont le père dans le coma n'est peut être pas étranger aux derniers incidents.

Le film le plus connu de Arthur Hiller est sans doute Love Story, mais faute d'identifier clairement le style de ce réalisateur dans the Hospital, on se contentera de suivre ici une curieuse intrigue amoureuse sur fond d'erreurs médicales.

Nous sommes bien loin d'Urgences, mais on retrouve dans L'Hôpital ce quotidien des médecins, ici traité d'une manière très particulière. The Hospital semble hésiter en permanence entre plusieurs genres, passant de la comédie acide, au film de moeurs intimiste puis au film d'enquête. Ainsi fractionné en plusieurs facettes, chacune intéressantes, le film ne trouve pas sa cohérence, et on est alors un peu passif, voire captif de ses choix narratifs.

Reste que le ton de The Hospital parvient souvent à séduire profondément. Grâce à un sublime George C. Scott (Patton, le superbe Jour du Dauphin) et à sa passionnante interprétation, The Hospital dégage un certain spleen, une vague sensation de désespoir et/ou d'impuissance qui permet pourtant d'aborder avec une belle sensibilité la difficulté d'un métier aussi dur que beau. On n'oubliera pas bien sûr la belle Diana Rigg dans un superbe personnage particulièrement énigmatique, sorte de créature angélique, dans ce gigantesque bâtiment où l'humain, pourtant au centre de tout, semble bien rare.

Petit film oublié, à juste titre diront certains, nous avons pourtant été séduit malgré sa forme maladroite. Si notre plaisir n'était pas complet, le matériau humain abordé dans son scénario nous a en revanche apporté toute satisfaction. Quand à George C. Scott, nous sommes tombé en admiration devant tant de talent : la rencontre avec Diana Rigg dans son bureau est un superbe moment de cinéma, fort et intime, Vrai !

Procurez-vous d'autres films de Arthur Hiller

Zardoz (John Boorman, 1973)


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En 2293, une société avancée se préserve en gardant le contrôle sur le reste des habitants de la planète, à l'aide d'un dieu factice, représenté par un masque de pierre : Zardoz. Mais un jour Zed, qui fait partie du monde soumis à Zardoz, s'introduit dans la petite société d'élites, apportant avec lui  questionnement et division.

Nous ne sommes pas peu fiers, à Doorama, d'avoir pondu le résumé ci-dessus, tant Zardoz est difficile à cerner. Film de science-fiction né dans les années post baba cool, Zardoz porte effectivement ce souffle (et ce look !) en lui, mais il lui adjoint une approche philosophique et métaphysique sur la Société et la vie.

Véritable bouillon de culture en effervescence, Zardoz brille (et ploie !) sous mille facettes : une esthétique kitch bien avancée (mais savoureuse !), une fable philosophique sur la Société Humaine, une réflexion sur le grand cercle de la Vie, une vision ambitieuse de la SF et une narration qui hésite entre symbolisme et réflexion. A dire vrai, on hésite à classer Zardoz dans une quelconque catégorie, ni même se prononcer sur sa qualité (ou non !) tant il échappe à toute classification. La seule certitude qu'apporte Zardoz, ce sont ces origines "beatnik" qui lui donnent aujourd'hui une patine aussi kitch que salvatrice (ses allures de happening à la Ken Russel surprennent et séduisent !).

A la fin de ses 100 minutes de réflexion, de rebondissements, d’hypothèses new-age, créationnistes et sociétales, on ressort lessivés (et lassé) de ces trips hermétiques symbolistico-hallucinatoires, mais on est aussi parfaitement étonné, et d'une certaine manière réjouis de l'expérience !

Zardoz est un rejeton psychédélique et barré que seul un réalisateur libre, engagé et ambitieux pouvait mener à bien. John Boorman, l'auteur de Délivrance, La Forêt d'Emeraude, Excalibur ou bien encore L'Exorciste II ou le Point de Non-Retour, s'est attelé à ce délire non identifié qu'est Zardoz, si on ne sait trop quoi en penser, on pense en revanche que c'est un film unique (jamais copié !) aussi riche que ridicule ! (inoubliable Sean Connery en exterminateur en slip rouge !).
Echec total ou ovni : à découvrir pour se forger sa propre idée sur ce délire psychédélique particulièrement surprenant entre le Magisien d'Oz et 2001 l'Odysée de l'Espace.
On attend vos commentaires.

Procurez-vous Zardoz ou d'autres films de John Boorman ou avec Sean Connery

Le Clan des Siciliens (Henri Verneuil, 1969)


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Après une évasion audacieuse, Roger Sarlet se planque chez les Manalese, des truands siciliens. Ensemble ils vont monter le casse d'une exposition de bijoux internationale. Mais c'est sans compter sur la détermination du Commissaire Le Goff, bien décidé à retrouver Sarlet.

Cinéaste à la carrière internationale, Henri Verneuil touchait à tout : du western au policier (La bataille de San Sébastien, Le Casse), du drame au film politique (Un Singe en Hiver, Mille Milliards de Dollars), et toujours avec les plus grands (Anthony Quin, Gabin, Delon...). Le Clan des Siciliens revêt donc naturellement les habit de la grosse production française (et populaire !), mais de qualité.

Verneuil réunit pour cette histoire de casse les plus grands acteurs français d'alors et élabore, avec le Clan des Siciliens, un film de gangsters soigné qui,malgré un certain coté convenu et académique, s'est installé dans l'histoire du cinéma français. Le Clan des Siciliens est un "cinéma de papa", pur et efficace, dont la patine "cinéma à l'ancienne" procure toujours un plaisir authentique. Dénué de tout humour, ce polar à la française, sobre et "masculin" (on ajoutera Alain Corneau et surtout Melville dans cette veine là) souffre certes de rides marquées, dues à sa réalisation train-train, pas très créative, et son rythme peu alerte, mais il continue de fonctionner parfaitement et dégage encore cette "force tranquille" des classiques.

Le Clan des Siciliens n'est pas un chef d'oeuvre éternel, il n'est finalement qu'un divertissement haut de gamme, mais qui à su trouver sa place parmi nos classiques. Alain Delon en jeune félin impétueux et séducteur (Ah ! cette scène de la pêche au congre qui se termine en étreinte qui s'avèrera mortelle), Jean Gabin en sage patriarche, Lino Ventura en commissaire obstiné, Ennio Morricone à la musique, et Henri Verneuil en chef d'orchestre expérimenté : avec autant de talents, il était difficile de ne pas livrer une belle pièce ! Si on se dit aujourd'hui que le résultat est en dessous de ce qu'on était en droit d'espérer, Le Clan des Siciliens n'en demeure pas moins savoureux au plus haut point : un classique de genre qui "roule ses mécaniques" aujourd'hui démodées, mais qui séduit encore et en impose toujours !