Accueil

Barry Lyndon (Stanley Kubrick, 1976)


tags | , , , , , , , , ,

0 comments

Au XVIIIème siècle, suivez le parcours de Redmond Barry, simple irlandais sans fortune, jusqu'à la haute bourgeoisie européenne où il se fera appeler Barry Lyndon...

Que dire de Barry Lyndon ? Sinon que l’ascension et la chute de Redmond Barry sont, bien sûr, incroyablement mis en image par le Maître Stanley Kubrick, soucieux de transformer le moindre plan (le moindre !) de son film en tableau du 18ème...

Barry Lyndon, en plus d'être un film visuellement parfait et éblouissant (si, si!) est avant tout une peinture cruelle de la société et des hommes. Derrière le calme de ses images et l'ordonnancement de que l'on y voit, derrière les somptueux paysages naturalistes et sereins de Kubrick se cache en fait violence et cruauté, de celle que l'on croise dans la Nature.

Le narrateur annonce systématiquement ce à quoi le spectateur va assister : les revers, la bonne fortune, les embuches, le renouveau, etc... Aussi invariablement que les saisons se suivent, aussi prévisible qu'un cycle de vie animal, les échecs et les réussites de Redmond Barry s'accumulent à l'écran, et qu'importe qu'il les ait méritées ou non, puisque au final c'est la Nature qui décidera lui, de son sort, de son destin.

Si l'histoire de Barry Lyndon est bien celle d'un homme et de son ascension, puis de sa chute dans la société, sous la caméra de Kubrick, elle devient un objet d'observation aussi méticuleusement observée qu'une souris de labo. Kubrick observe le destin de Redmond, presque avec amusement, il lui lance un regard cynique, et ne s'y attache jamais puisqu'il est d'ores et déjà perdu. 

 Kubrick, avec Barry Lyndon, transforme le parcours de vie d'un homme en simple anecdote ancrée dans la vieille Europe. Il transforme aussi son film en un bouillonnement d'aller retours entre la Nature et la nature des hommes (pauvre Barry Lyndon qui ne maîtrise pas grand chose de sa propre vie...).

Barry Lyndon est un film immense (à l'image de la filmo de Kubrick), un film parfait (tel un grand monolithe...), un chef d'oeuvre dont chaque nouvelle vision recèle une nouvelle interprétation*...



* voire même, comme c'était le cas pour la rédaction de Doorama lors de son dernier visionnage, à celle d'un documentaire animalier ! (avouez qu'on ne vous l'avez jamais faîte celle là !)

Rébellion (Masaki Kobayashi, 1967)


tags | , , , , , , , ,

0 comments

Afin d'obéir aux choix de son suzerain, Isaburo Sasahara accepte le mariage de son fils avec Dame Ichi, la concubine répudiée de son maître. Malgré les réticences, celle-ci se révèle être une épouse idéale, et donnera même une fille à son fils. Mais subitement, le suzerain décide de faire revenir Dame Ichi au château. Isaburo s'élève contre cette décision...

Après Hara-Kiri, Kobayashi poursuit l'exploration de l'écrasement du pouvoir féodal sur ses serviteurs. A travers ce drame familial, il dénonce l'injustice, l'aveuglement et l'absurdité du système et évoque la rébellion de ce sabreur qui, après avoir servi son maître toute sa vie par honneur, se dresse contre lui... par honneur aussi.

Ponctuée que de deux (magnifiques !) séquences de sabre, Rébellion s'attarde avant tout (comme le faisait par ailleurs Hara Kiri) sur les raisons qui mènent à la tragédie finale. Tout en tension croissante, Kobayashi démonte la mécanique qui pousse son personnage, toute sa vie soumis, à renier ses valeurs pour en épouser de des nouvelles, plus nobles encore : frustrations et injustices répétées sur les "petits", apporteront la révolte aux "grands" !

Fort et puissant, tant à l'image que sur le plan dramatique, Rébellion est une lente prise de conscience qui traîne implacablement, et de la plus belles des manières qui soit, le spectateur jusqu'à son final, pessimiste et crépusculaire. Plus"calme" que bien d'autres Jidai Gekki, Rébellion tend vers la tragédie davantage que l'action, la critique du système féodal en ressort plus fortement encore, et sa lecture n'en est que plus contemporaine.

Kobayashi livre avec Rébellion est un film sublime, qui se range tout naturellement à coté d'autres grands classiques du cinéma japonais de cette période bénie !


Livide (Julien Maury, Alexandre Bustillo, 2011)


tags | , , , , , , , ,

0 comments

Trois amis pénètre dans la maison d'une femme dans un profond coma afin de mettre la main sur son trésor. Mais la maison et son hôte endormie ne tardera pas a livrer toute autre chose qu'un trésor...

En 2007 Julien Maury et Alexandre Bustillo avaient livré A L'intérieur, exercice extrême et bien barré, inégal mais fort convaincant pour les amateurs. Avec Livide, on retrouve ponctuellement cette efficacité et cette violence, mais cette fois accompagnées d'une dimension onirique à la Argento (Suspiria notamment).

Hélas, si Livide regorge de visions et d'éléments intéressants, il se perd dans sa volonté de dépasser le simple film de genre, et à force d'ambition sombre dans un fourre-tout qui perd le spectateur. Vampirisme, gore, nostalgie, magie noire et maltraitances (la demeure est une ancienne école de dance tenue par un professeur plutôt exigeant...) sont éparpillés dans un scénario au rythme distendu, parfois confus et incohérent, soutenu par des acteurs et des dialogues peu inspirés.

Livide est très représentatif du fantastique et du cinéma de genre "à la française", on y retrouve une véritable énergie, voire une certaine créativité, mais il ne parvient à rompre avec le lourd héritage du cinéma français, avec la nécessité quasi impérieuse (instinctive ?) de faire du "cinéma d'auteur". Si cela peut faire la spécificité, le plus, de notre cinéma fantastique, c'est aussi ce qui plombe Livide en lui donnant un coté prétentieux, bien incompatible avec sa nature de divertissement teintée de gore. Les deux jeunes réalisateurs semblent confondre fantastique intelligent et ambitions d'auteur...

Bien qu'imparfait et parfois laborieux, Livide recèle cependant d'excellentes choses, tant visuelles qu'au niveau de sa réalisation. Profitons donc des "cadeaux" de Julien Maury et Alexandre Bustillo, et attendons leur prochaine exploration, en espérant qu'elle soit plus ramassée, plus modeste.

Nouveau Départ (We Bought A Zoo, Cameron Crowe, 2011)


tags | , , , , , , , ,

0 comments

Quelques mois après le décès de sa femme, Benjamin, avec ses deux enfants, décide de tout plaquer pour prendre un nouveau départ. Il trouve sa maison idéale, mais son achat est conditionnée à la reprise du zoo à laquelle elle appartient. Il achète la maison et, appuyé par l'équipe des gardiens dirigée par Kelly, se lance dans l'aventure.

A première vue, Nouveau Départ ressemble à s'y méprendre à une énième mièvrerie américaine, remplie de bons sentiments, destinée à nos kids pour leurs vacances. S'il s'agit effectivement d'une histoire simple, légère et naïve à l'américaine, Cameron Crowe (Presque Célèbre, Singles) lui donne vie avec une efficacité certaine et une finesse insoupçonnée.

Le père en difficulté avec ses enfants, un deuil douloureux, un challenge à relever : toutes les ingrédients habituels sont au rendez-vous, mais ils sont ici traités avec tant de délicatesse, de tact et de retenue (voire même avec goût) qu'ils touchent, émeuvent et forcent la bonne humeur. Matt Damon livre une interprétation parfaite, quand aux femmes du film (Scarlett Johansson, Elle Fanning et même la fille de 7 ans) elles sont étonnantes de justesse et de naturel. Ajoutez enfin une ravissante BO de Jonsi, leader de Sigur Ros ! Belle affiche en fin de compte...

Bref, contre toute attente, Nouveau Départ fait mouche en adoptant un traitement intelligent de son scénario (basé sur une histoire vraie) et en lui imprimant un ton juste. Il mêle adroitement son humour discret avec des moments plus graves et intimistes, sans faute de goût majeure. C'est est une petite douceur, inattendue, un petit pécher qui fait du bien, auquel on peut s'adonner sans crainte de régression ni de perte de neurones.
Sceptiques au début, on se lâche ensuite pour jubiler enfin.
 

NDLR : En plus y'a plein d'animaux, et à doorama on adore les animaux !

Mother India (Mehboob Khan, 1957)


tags | , , , , , , , , ,

0 comments

Pour le mariage de Radha, sa belle mère a hypothéqué les terres familiales auprès de Sukhilala, l'usurier du village. Celui-ci entrainera le couple et leurs enfants dans la pauvreté la plus absolue. Radha devra affronter chaque épreuve et faire face à un destin plus que sombre.

Mother India est une grande fresque du cinéma Boolywood, et une date importante du cinéma indien. Il décrit la vie d'une femme, de son mariage jusqu'au crépuscule de sa vie, qui doit faire face à un véritable chemin de croix, constellé de malheurs, privations et désillusions, et rester droite devant les injustices des hommes.

Pouvant être vu comme un catalogue quasi-exhaustif des saloperies que la vie peut vous faire, il véhicule des valeurs fondatrice de l'Inde : la terre, la famille, la nature. Dans le milieu paysan, il aborde le pauvre face au riche, le bonheur et l'injustice, et établit un parallèle entre l'Inde en tant que "patrie", la mère indienne et Mère Nature au travers de la terre nourricière.

Mother India est un film sur le courage et l'honneur, au travers de l'enfer que vit son personnage, il est une ôde aux valeurs indiennes. Derrière la fresque naturaliste et la noblesse de son histoire se cache un portrait noble et fier (patriotique ?) du Peuple Indien, en prenant grand soin de ne pas trop l'appuyer sur la religion.

Un film de plus de 50 ans (mais en technicolor !), de presque 3heures, avec ses numéros de danse et de chansons, sans effets spéciaux et en langue indienne : beaucoup ne tenteront pas l'aventure...
...et c'est bien dommage, car Mother India est un bloc d'humanité, de vie, qui force le respect, un film qui ne peut cacher ses rides, mais dont le message universel demeure intact, immaculé !


Opération Peur (Operazione Paura, Mario bava, 1966)


tags | , , , , , , , , ,

0 comments

Un médecin se rend dans un village pour effectuer une autopsie. Sur place, avec l'inspecteur de police, il découvre que les villageois vivent dans la peur d'une terrible malédiction : Toute personne apercevant le fantôme d'une petite fille sont vouées à la mort.

Mario Bava est considéré comme un maître dans le cinéma fantastique italien. Avec Opération Peur, il signe ici une enquête policière parée des attributs du fantastique gothique (comme en produisait à la chaîne, en angleterre, La Hammer à cette époque), à l'ambiance particulièrement réussie, remplie de suspense et d'images inquiétantes (les apparition de la petite fille sont particulièrement effrayantes et efficaces !).

Le décors (un village oublié, quasi en ruine), les éclairages baroques, ainsi que le sens du cadre de Bava donnent à Opération Peur un petit coté de train-fantôme plutôt jubilatoire. Entièrement concentré sur son ambiance et le bon déroulement de son histoire (exit de la crédibilité et de la psychologie des personnages...), ce grand cirque fantastique, dans sa catégorie, fonctionne particulièrement bien. On notera aussi quelques beaux moments de folie (comme par exemple la course dans la villa).

En revanche, s'il est perçu (à juste titre) par les amateurs de cinéma de genre ou de "cinéma de quartier", comme un petit bijou du fantastique italien, Opération Peur, pour les autres, risque fort de prendre des allures moins nobles... : celui d'un "sous-cinéma de genre", ne faisant qu'imiter et recycler (à l'italienne, quoi !) l'autre "sous-cinéma" des productions Hammer !

Emblématique, Opération Peur, est à découvrir pour l'amateur qui serait passé à coté, il sera pour les autres un très beau témoignage (non moins emblématique !) du cinéma populaire de genre de cette période.

La Sagesse Des Crocodiles (The Wisdom Of Crocodiles, Leong Po-Chih, 1999)


tags | , , , , , , , , , ,

0 comments

Steven vit à Londres, grand séducteur, il se nourrit d'amour... et de sang ! Il est soupçonné d'avoir tué sa dernière petite amie, celle d'avant est morte elle-aussi... Alors que la police s'interroge sur son implication, il rencontre Anne. Sera t-elle sa prochaine victime ?

Enorme interprétation du jeune Jude Law, La Sagesse Des Crocodiles revisite avec originalité et personnalité le mythe du vampirisme. Pas de folklore ici, comme nous, Steven sort le jour et ne craint pas l'ail ou les croix, comme nous il recherche l'amour, mais lui se nourrit de sang.

Pour sa surprenante variation sur le thème, Leong Po-Chih soigne son climat et sa réalisation, il entretient le mystère sur son prédateur et préfère la lenteur à l'action ou aux rebondissements. Il parsème son scénario d'éléments propre à enrichir le thème (ce que Steven trouve dans le sang... l'après repas...) et enrichit l'expérience du spectateur par une savante distillation des explications qu'il leur donne.

A la manière de Morse ou Les Frontières de l'Aube, le film pousse les codes vers de nouvelles interprétations plutôt que de simplement les réutiliser. Tantôt romantique, tantôt inquiétant, La Sagesse Des Crocodiles propose un portrait énigmatique du prédateur mythique, et lui confère une personnalité à mi chemin entre l'homme et l'animal.

Au fil des années, La Sagesse des Crocodiles n'a rien perdu de son coté fascinant et, en son genre, novateur. Il trouve une place à part dans le thème, en substituant le coté maléfique et moyenâgeux du vampire par une passionnante réinterprétation contemporaine.
Un must-see pour les amateurs, et une séduisante découverte pour les autres.

Mission Impossible 4 : Protocole Fantôme (IM4 Ghost Protocol, Brad Bird, 2011)


tags | , , , , , , ,

0 comments

La menace nucléaire pèse sur le monde, les relations américano-russes sont elles aussi sur le point d'exploser. Suspectée d'être à la base de cette menace, l'agence Mission Impossible est officiellement dissoute, Ethan Hunt et son équipe se donnent l'ultime mission de trouver le vrai coupable et prouver leur innocence.

Réalisé par Brad Bird, habituellement "spécialiste" de l'animé chez Pixar (Indestructibles, Ratatouille), ce quatrième opus de la franchise confirme avec rythme et humour l'orientation imprimée par son prédécesseur : divertissement, rythme et pure action.

Entre James Bond (période Pierce Brosnan) et Jason Bourne ce Mission Impossible redouble de créativité pour livrer ses morceaux de bravoure dans les décors le plus prestigieux du globe (Le Kremlin, Dubai...). Décomplexé, à la limite du super-héros, Ethan enchaîne les prouesses impossibles avec pour seul but l'efficacité du divertissement.

Efficace et soigné, Mission Impossible se pose donc en blockbuster survitaminé de qualité. S'il assume sa fonction et remplit son cahier des charges, il ne faudra pas pour autant espérer y trouver quelconques surprises. Les exploits des super agents sont tellement inexorablement voués à la réussite certaine et absolue, qu'il en devient difficile de réellement vibrer pour eux ! C'est le propre des héros, mais ici l'overdose de certitude tue l'intensité et, d'une certaine manière, rend le spectateur passif au milieu de ce déluge de feu et de fureur.

Parfait dans son genre (trop ?), Mission Impossible Protocole Fantôme, par son perfectionnisme, en vient à manquer cruellement de vie. Doorama lui préfèrera donc le précédant épisode, ne serait-ce que pour l'intensité de sa scène d'ouverture... On ne retrouvera pas de tels enjeux dramatiques dans ce MI 4, et c'est bien là ce qu'il lui manque.
On consomme, on s'amuse et on oublie vite ...trop vite !

L'Empire Des Fourmis Géantes (Bert I. Gordon, 1977)


tags | , , , , , , , ,

0 comments

Un fût radioactif atterrit par erreur sur les cotes de la Floride et entraîne une mutation des fourmis. Un petit groupe de touristes, venus pour acquérir des terrains, est alors attaqués par ces fourmis devenues géantes et intelligentes... Ils tentent alors de rejoindre la ville.

Cinématographiquement, il est difficile de sauver quoi que ce soit de ce nanar d'exploitation aux allures indigentes. Des acteurs absents, des dialogues consternant, des effets spéciaux rigolos (principalement superpositions d'images ou grosses marionnettes), un montage en encéphalogramme plat et une réalisation réduite à sa plus simple expression... Mais ce n'est pas grave  !

L'Empire Des Fourmis Géantes est certes aujourd'hui à la limite du visible, mais dispense pourtant un charme très efficace pour les amateurs de séries B ou de nanars. Contrairement aux autres productions d'invasion de l'époque (araignées, vers de terres, abeilles, lapins, que sais-je encore, le bestiaire est immense !), il déborde des limites de son genre et mélange alors le film de monstres, le film d'invasion et celui de science-fiction (son origine H.G. Wells n'y est sans doute pas étrangère). Ainsi, même si la réussite n'est pas là, le kitsch de ce cinéma 70's se double d'une touche Rétro très 50's pas si désagréable.

Enfin, revoir l'Empire Des Fourmis Géantes, pour peu que l'on ait envie d'un nanar, déclenchera bien des sourires. Il faut voir les acteurs feignant l'étonnement, figés, devant "rien du tout" (puisque les fourmis ne sont encore, lors du tournage, que de futures superpositions d'images qui ne se feront qu'en post-prod !). Admirons la caméra qui tremble pour ne pas que le spectateur ne s'aperçoive trop des marionnettes (euh... trop tard !) qui sont agitées sur les acteurs... Doorama ne vous en dira pas plus, ne gâchons pas votre plaisir !

Tout est médiocre et très proche du ridicule, mais remis dans le contexte des productions de l'époque, ces fourmis là peuvent quand même déclencher l'affection d'un certains public, empli de nostalgie pour un cinéma qu'on ne fait plus.

Phantom Lady (Les Mains Qui Tuent, Robert Siodmak, 1944)


tags | , , , , , , ,

0 comments

Un homme invite une inconnue au théâtre. Lorsqu'il rentre chez lui la police l'attend : sa femme a été étranglée. Comme chaque  témoin nie l'avoir vu avec l'inconnue qui aurait validé son alibi, l'homme est condamné. Mais sa secrétaire mènera son enquête pour retrouver la mystérieuse inconnue et tenter d'innocenter son patron.

Robert Siodmak, fait ses armes dans le Film Noir avec cette enquête quelque peu atypique, puisque l'enquête policière est menée par une la secrétaire. Bien que le scénario de Phantom Lady ne manque pas d'invraisemblances, il entretient le mystère jusqu'au bout même en livrant son coupable à mi-chemin, puisque son véritable intérêt est l'alibi du tueur, qui lui ne sera dévoilé qu'à sa toute fin.

Visuellement superbe, certains plans ou scènes atteignent une véritable puissance, comme l'étonnante scène de l'orchestre de jazz (véritable rapport sexuel, incroyablement mis en scène) ou celle de la gare. Parmi les plans mémorables, la seconde visite de la secrétaire à son boss emprisonné, est une fabuleuse construction expressionniste. Robert Siodmak, par ses choix de réalisation, et le climat pesant qu'il installe, injecte véritablement une seconde dimension à son film, celle du drame et de la passion amoureuse.

Sans parvenir à la dimension de chef d'oeuvre impérissable, Phantom Lady est non seulement une superbe réalisation d'un grand auteur en gestation, mais aussi un film d'enquête policière terriblement agréable à suivre. Film noir sur la forme, un poil série B sur le rythme, ces Mains là (qui Tuent !) vous agrippent dès les premières minutes et ne vous relâchent pas.
Du divertissement de haute volée, malgré un scénario mal géré. 


Les Adieux A La Reine (Benoît Jacquot, 2011)


tags | , , , , , , ,

0 comments

les adieux à la reine affiche
A Versailles, toute la cour s'interroge sur les événements survenus à paris, l'insouciance fait place aux réactions. Sidonie, la lectrice de la reine, fidèle et dévouée, suivra 3 jours durant l'effervescence qui s'est emparée de la cour : nous sommes le 14 juillet 1789...

Avec Les Adieux à la Reine (adaptation d'un livre de Chantal Thomas) , Benoit Jacquot évoque la Révolution Française, par le petit bout de la lorgnette, s'en servant comme d'une loupe, pour raconter l'Histoire de l'intérieur, au travers des yeux d'une petite main de la cour.

La sobriété et le dépouillement de la reconstitution historique donnent à la réalisation des Adieux à la Reine un coté théâtrale particulièrement judicieux pour mettre à nu les traits de caractère de ses personnages. Cette peinture fine et cruelle d'un petit monde impitoyable, est magnifiquement portée par ses comédiennes, justes et inspirées (Léa Seydoux et Diane Kruger en tête).

Intelligemment pensé, voire stimulant (le choix d'une musique très contemporaine pour l'illustrer est absolument brillant), Les Adieux à La Reine utilise une société en plein basculement pour éclairer la confrontation de la lectrice de Marie-Antoinette avec les réalités de la société d'alors. Quand à ce qu'il convient d’appeler l'intrigue amoureuse du film, la sexualité suggérée de ses personnages, l'homosexualité sous-jacente, invite la sensualité dans l'expérience du spectateur.

Que l'on soit preneur ou non de ce lent drame intimiste sur fond de grande Histoire, le film de Benoit Jacquot, précis et minutieux, riche et subtil est une grande réussite. Par le traitement de son sujet, ainsi que par sa réalisation classique, très "cinéma à la française", Les Adieux A La Reine revêt un petit coté figé, presque poseur, qui s'il participe à l'aspect théâtrale du film, lui prêtera aussi un aspect "production télévisuelle à gros budget" qui lui ôte une certaine vie. Dépouillé de cette "posture intellectuelle" masquée de sobriété, les Adieux A La Reine aurait été une révolution ! 
 

The Orphan Killer (Matt Farnsworth, 2011)


tags | , , , ,

0 comments

the orphan killer
Après le meurtre de leurs parents, Marcus et sa soeur sont placés en orphelinat catholique. Alors que sa soeur est adoptée, c'est sous les violences et brimades que Marcus grandira jusqu'à l'age adulte. Il décide alors de retrouver sa soeur pour se venger de tout ca qu'il à vécut et satisfaire ses pulsions violentes.

Hommage aux slashers des 80's, The Orphan Killer trouve son inspiration du coté des Vendredi 13 ou Halloween. Un Tueur implacable et masqué, des teens en victimes innocentes, un zeste de nudité, un autre de religion, du métal bourrin (trash, death-trash, grindcore ?) en guise de BO, et du gore affirmé : voilà le programme.

La petitesse du budget confère à The Orphan Killer un certain coté "perle noire", mais ne vous y trompez pas ! En dépit des tentatives stylistiques de sa réalisation,  derrière un scénar exempt de toute nouveauté, le film accumule bout à bout clichés, poncifs, déjà-vus et toute sorte de situations archi-usées sous prétexte "d'hommage". Nous sommes unanimes à la rédaction de Doorama pour vous certifier qu'aucun talent ne se cache derrière cette réalisation.

Authentique fan du genre, Matt Farnsworth semble sincère dans sa volonté de renouer avec l'old school. Hélas, la mollesse de la réalisation (simple collage approximatif de plans vus dans d'autre films et dénué de toute compréhension cinématographique), ses effets ratés (montage, cadrages, rythme, musique) et l'ultra-vu des scènes, conduisent The Orphan Killer à être la première victime que l'on voit à l'écran.

A Doorama, fan du genre que nous sommes, on espérait beaucoup d'un tel projet (notre curiosité bêtement piquée au vif par les nombreux festivals dans lequel le film est présent). Nous sommes bien évidemment ressortis dépités et déçus de sa vision (nous avons repensés avec émotion à Haute-Tension, qui lui très réussi...), et nous nous sommes demandés ce qui poussait nos réalisateurs à refaire "à l'identique" des mauvais films : le manque de références cinématographique peur être ?