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Mission Impossible 4 : Protocole Fantôme (IM4 Ghost Protocol, Brad Bird, 2011)


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La menace nucléaire pèse sur le monde, les relations américano-russes sont elles aussi sur le point d'exploser. Suspectée d'être à la base de cette menace, l'agence Mission Impossible est officiellement dissoute, Ethan Hunt et son équipe se donnent l'ultime mission de trouver le vrai coupable et prouver leur innocence.

Réalisé par Brad Bird, habituellement "spécialiste" de l'animé chez Pixar (Indestructibles, Ratatouille), ce quatrième opus de la franchise confirme avec rythme et humour l'orientation imprimée par son prédécesseur : divertissement, rythme et pure action.

Entre James Bond (période Pierce Brosnan) et Jason Bourne ce Mission Impossible redouble de créativité pour livrer ses morceaux de bravoure dans les décors le plus prestigieux du globe (Le Kremlin, Dubai...). Décomplexé, à la limite du super-héros, Ethan enchaîne les prouesses impossibles avec pour seul but l'efficacité du divertissement.

Efficace et soigné, Mission Impossible se pose donc en blockbuster survitaminé de qualité. S'il assume sa fonction et remplit son cahier des charges, il ne faudra pas pour autant espérer y trouver quelconques surprises. Les exploits des super agents sont tellement inexorablement voués à la réussite certaine et absolue, qu'il en devient difficile de réellement vibrer pour eux ! C'est le propre des héros, mais ici l'overdose de certitude tue l'intensité et, d'une certaine manière, rend le spectateur passif au milieu de ce déluge de feu et de fureur.

Parfait dans son genre (trop ?), Mission Impossible Protocole Fantôme, par son perfectionnisme, en vient à manquer cruellement de vie. Doorama lui préfèrera donc le précédant épisode, ne serait-ce que pour l'intensité de sa scène d'ouverture... On ne retrouvera pas de tels enjeux dramatiques dans ce MI 4, et c'est bien là ce qu'il lui manque.
On consomme, on s'amuse et on oublie vite ...trop vite !

L'Empire Des Fourmis Géantes (Bert I. Gordon, 1977)


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Un fût radioactif atterrit par erreur sur les cotes de la Floride et entraîne une mutation des fourmis. Un petit groupe de touristes, venus pour acquérir des terrains, est alors attaqués par ces fourmis devenues géantes et intelligentes... Ils tentent alors de rejoindre la ville.

Cinématographiquement, il est difficile de sauver quoi que ce soit de ce nanar d'exploitation aux allures indigentes. Des acteurs absents, des dialogues consternant, des effets spéciaux rigolos (principalement superpositions d'images ou grosses marionnettes), un montage en encéphalogramme plat et une réalisation réduite à sa plus simple expression... Mais ce n'est pas grave  !

L'Empire Des Fourmis Géantes est certes aujourd'hui à la limite du visible, mais dispense pourtant un charme très efficace pour les amateurs de séries B ou de nanars. Contrairement aux autres productions d'invasion de l'époque (araignées, vers de terres, abeilles, lapins, que sais-je encore, le bestiaire est immense !), il déborde des limites de son genre et mélange alors le film de monstres, le film d'invasion et celui de science-fiction (son origine H.G. Wells n'y est sans doute pas étrangère). Ainsi, même si la réussite n'est pas là, le kitsch de ce cinéma 70's se double d'une touche Rétro très 50's pas si désagréable.

Enfin, revoir l'Empire Des Fourmis Géantes, pour peu que l'on ait envie d'un nanar, déclenchera bien des sourires. Il faut voir les acteurs feignant l'étonnement, figés, devant "rien du tout" (puisque les fourmis ne sont encore, lors du tournage, que de futures superpositions d'images qui ne se feront qu'en post-prod !). Admirons la caméra qui tremble pour ne pas que le spectateur ne s'aperçoive trop des marionnettes (euh... trop tard !) qui sont agitées sur les acteurs... Doorama ne vous en dira pas plus, ne gâchons pas votre plaisir !

Tout est médiocre et très proche du ridicule, mais remis dans le contexte des productions de l'époque, ces fourmis là peuvent quand même déclencher l'affection d'un certains public, empli de nostalgie pour un cinéma qu'on ne fait plus.

Phantom Lady (Les Mains Qui Tuent, Robert Siodmak, 1944)


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Un homme invite une inconnue au théâtre. Lorsqu'il rentre chez lui la police l'attend : sa femme a été étranglée. Comme chaque  témoin nie l'avoir vu avec l'inconnue qui aurait validé son alibi, l'homme est condamné. Mais sa secrétaire mènera son enquête pour retrouver la mystérieuse inconnue et tenter d'innocenter son patron.

Robert Siodmak, fait ses armes dans le Film Noir avec cette enquête quelque peu atypique, puisque l'enquête policière est menée par une la secrétaire. Bien que le scénario de Phantom Lady ne manque pas d'invraisemblances, il entretient le mystère jusqu'au bout même en livrant son coupable à mi-chemin, puisque son véritable intérêt est l'alibi du tueur, qui lui ne sera dévoilé qu'à sa toute fin.

Visuellement superbe, certains plans ou scènes atteignent une véritable puissance, comme l'étonnante scène de l'orchestre de jazz (véritable rapport sexuel, incroyablement mis en scène) ou celle de la gare. Parmi les plans mémorables, la seconde visite de la secrétaire à son boss emprisonné, est une fabuleuse construction expressionniste. Robert Siodmak, par ses choix de réalisation, et le climat pesant qu'il installe, injecte véritablement une seconde dimension à son film, celle du drame et de la passion amoureuse.

Sans parvenir à la dimension de chef d'oeuvre impérissable, Phantom Lady est non seulement une superbe réalisation d'un grand auteur en gestation, mais aussi un film d'enquête policière terriblement agréable à suivre. Film noir sur la forme, un poil série B sur le rythme, ces Mains là (qui Tuent !) vous agrippent dès les premières minutes et ne vous relâchent pas.
Du divertissement de haute volée, malgré un scénario mal géré. 


Les Adieux A La Reine (Benoît Jacquot, 2011)


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les adieux à la reine affiche
A Versailles, toute la cour s'interroge sur les événements survenus à paris, l'insouciance fait place aux réactions. Sidonie, la lectrice de la reine, fidèle et dévouée, suivra 3 jours durant l'effervescence qui s'est emparée de la cour : nous sommes le 14 juillet 1789...

Avec Les Adieux à la Reine (adaptation d'un livre de Chantal Thomas) , Benoit Jacquot évoque la Révolution Française, par le petit bout de la lorgnette, s'en servant comme d'une loupe, pour raconter l'Histoire de l'intérieur, au travers des yeux d'une petite main de la cour.

La sobriété et le dépouillement de la reconstitution historique donnent à la réalisation des Adieux à la Reine un coté théâtrale particulièrement judicieux pour mettre à nu les traits de caractère de ses personnages. Cette peinture fine et cruelle d'un petit monde impitoyable, est magnifiquement portée par ses comédiennes, justes et inspirées (Léa Seydoux et Diane Kruger en tête).

Intelligemment pensé, voire stimulant (le choix d'une musique très contemporaine pour l'illustrer est absolument brillant), Les Adieux à La Reine utilise une société en plein basculement pour éclairer la confrontation de la lectrice de Marie-Antoinette avec les réalités de la société d'alors. Quand à ce qu'il convient d’appeler l'intrigue amoureuse du film, la sexualité suggérée de ses personnages, l'homosexualité sous-jacente, invite la sensualité dans l'expérience du spectateur.

Que l'on soit preneur ou non de ce lent drame intimiste sur fond de grande Histoire, le film de Benoit Jacquot, précis et minutieux, riche et subtil est une grande réussite. Par le traitement de son sujet, ainsi que par sa réalisation classique, très "cinéma à la française", Les Adieux A La Reine revêt un petit coté figé, presque poseur, qui s'il participe à l'aspect théâtrale du film, lui prêtera aussi un aspect "production télévisuelle à gros budget" qui lui ôte une certaine vie. Dépouillé de cette "posture intellectuelle" masquée de sobriété, les Adieux A La Reine aurait été une révolution ! 
 

The Orphan Killer (Matt Farnsworth, 2011)


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the orphan killer
Après le meurtre de leurs parents, Marcus et sa soeur sont placés en orphelinat catholique. Alors que sa soeur est adoptée, c'est sous les violences et brimades que Marcus grandira jusqu'à l'age adulte. Il décide alors de retrouver sa soeur pour se venger de tout ca qu'il à vécut et satisfaire ses pulsions violentes.

Hommage aux slashers des 80's, The Orphan Killer trouve son inspiration du coté des Vendredi 13 ou Halloween. Un Tueur implacable et masqué, des teens en victimes innocentes, un zeste de nudité, un autre de religion, du métal bourrin (trash, death-trash, grindcore ?) en guise de BO, et du gore affirmé : voilà le programme.

La petitesse du budget confère à The Orphan Killer un certain coté "perle noire", mais ne vous y trompez pas ! En dépit des tentatives stylistiques de sa réalisation,  derrière un scénar exempt de toute nouveauté, le film accumule bout à bout clichés, poncifs, déjà-vus et toute sorte de situations archi-usées sous prétexte "d'hommage". Nous sommes unanimes à la rédaction de Doorama pour vous certifier qu'aucun talent ne se cache derrière cette réalisation.

Authentique fan du genre, Matt Farnsworth semble sincère dans sa volonté de renouer avec l'old school. Hélas, la mollesse de la réalisation (simple collage approximatif de plans vus dans d'autre films et dénué de toute compréhension cinématographique), ses effets ratés (montage, cadrages, rythme, musique) et l'ultra-vu des scènes, conduisent The Orphan Killer à être la première victime que l'on voit à l'écran.

A Doorama, fan du genre que nous sommes, on espérait beaucoup d'un tel projet (notre curiosité bêtement piquée au vif par les nombreux festivals dans lequel le film est présent). Nous sommes bien évidemment ressortis dépités et déçus de sa vision (nous avons repensés avec émotion à Haute-Tension, qui lui très réussi...), et nous nous sommes demandés ce qui poussait nos réalisateurs à refaire "à l'identique" des mauvais films : le manque de références cinématographique peur être ?

Love (Space Time L’ultime Odyssée - William Eubank, 2011)


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Lee Miller est un astronaute, seul dans une minuscule station en orbite. Un jour, il perd définitivement toute connexion avec la terre...

Le moins que l'on puisse dire est que Love est ambitieux (trop ?) et très esthétique. Il faudra, pour profiter de cette très belle expérience visuelle (parfaitement maîtrisée et accompagnée d'une élégante BO...), accepter de s'isoler tout le film durant avec un seul acteur, puisque la solitude est l'axe central sur lequel se développe le film. On notera à ce propos une belle interprétation de son acteur principal : Gunner Wright.

Love est un film de science fiction plutôt minimaliste, ne cherchez pas du coté de Sunshine ou Pandorum, mais plutôt de Moon, Solaris, Cargo et bien sur 2001, notamment pour sa portée philosophique et réflexive. Love est essentiellement une expérience sensuelle et intellectuelle, qui divisera les amateurs de SF, et risque fort de laisser les Trekkies et autres Lucasvores sur la rampe de lancement...

Malgré sa richesse visuelle et son excellente gestion de la situation (1 seul homme dans son vaisseau...) Love se perd cependant un peu dans sa propre réflexion. Balayant de la guerre de sécession à 2045, et voulant trop soigner la construction de son grand message, le film perd l'attention du spectateur et, à force d'éviter à tout pris le naïf et les violons, frôle l'hermétique.

Love démarre superbement, entretient élégamment son mystère, explore adroitement de multiples directions, mais contre toute attente perds de son intensité au fur et à mesure de son déroulement. Son message final, si beau soit-il s'en retrouve affaibli.
Beau, très soigné mais imparfait, frustrant presque, Love est un objet cinématographique largement digne d'intérêt mais pas pour autant un OVNI cinématographique inoubliable !

La Dame De fer (The Iron Lady, Phyllida Lloyd, 2011)


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Evocation du parcours de Margaret Thatcher, première femme à avoir accédé aux fonctions de Premier Ministre dans un pays occidental.

Ce qui frappe avant tout, c'est la bluffante interprétation de Meryl Steep ! Il est sur ce point bien difficile de faire la fine bouche, elle seule porte le film. Ce qui frappe ensuite, c'est la froideur écrasante du film. La Dame de Fer pèse lourdement sur le spectateur !

Bien que le parcours de 'Maggie' soit abordé par flashbacks, par le portrait (presque) touchant de cette femme et de ses relations avec un mari fantôme, La Dame De Fer est long, froid et ennuyeux. Le film déroule sans intensité les étapes qui jalonnent la vie de Thatcher, refusant obstinément d'y porter tout jugement, et ne délivre en fin de course qu'une longue adaptation cinématographique d'un article de Wikipédia ! 
Ce long biopic politique à la réalisation convenue et molle est absolument sans âme, la volonté de sa réalisatrice d'insister sur le femme plus que le personnage n'est pas plus convaincante....

La rédaction de Doorama est par nature peu enclin aux biopics... La Dame De Fer n'est certainement pas le film qui nous réconciliera pas avec ce genre, puisqu'il en possède tout les défauts (intérêt, longueur, absence ou excès de dramatisation, etc...). A sa vision, on repensera avec émotion, par exemple, au récent Discours d'Un Roi, et l'on mesurera le gouffre qui sépare ces deux projets : gouffre narratif, émotionnel et esthétique !
Encore aujourd'hui, Thatcher continue visiblement, à travers ce film, de nous mener la vie dure...

Sket, Le Choc du Ghetto (Nirpal Bhogal, 2012)


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East London... La violence dans les rues, n'est pas que le fruit des garçons ! A la suite du décès de sa grande soeur par une un caïd local, Kayla intègre un gang de filles afin de se venger de celui-ci.

Déplaçant les codes habituels de la violence en les faisant reposer sur des personnages féminins, Sket relate une histoire de vengeance sur fond de violence urbaine. Rien de neuf au niveau scénaristique, c'est donc l'impassibilité du spectateur qui rythmera les articulations du film.

Mais derrière ses apparences de série B basique, voire de produit destiné à livrer sa dose de violence, se cachent pourtant certaines qualités. Bien moins racoleur, violent et voyeur qu'il n'y paraît, il faudra reconnaître à Sket une intéressante tentative (mais pas de transformation) de varier les codes et de donner corps à son histoire. On notera aussi une réalisation qui bien que timide et classique, n'en demeure pas moins inspirée lorsqu'il s'agit de filmer Londres (avec en prime une magnifique photo, semblable à celle de l'intéressant Heartless de Philip Ridley, lui aussi londonien...).

Si Sket ne convainc jamais réellement et que son scénar laisse de marbre, il témoigne paradoxalement de l'excellente santé du cinéma anglais. Faute de voire un grand film, vous sentirez quand même ce petit goût de "fond social" tout à fait caractéristique du cinéma british.

Bereavement (Stevan Mena,2010)


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Martin, 6 ans, est kidnappé par un détraqué qui l'oblige à assister à ses meurtres sanglants. Lorsque Allison emménage dans la région, elle remarque un enfant dans l'ancienne usine d'abatage désaffectée, sa curiosité risquera fort de la mettre sur la liste du tueur...

Stevan Mena réalise avec Bereavement le prequel d'un de ses précédant film (Malevolence) et y relate les origines de son tueur.

Furieusement inspiré du Texas Chainsaw Massacre (TCM, pas l'original, mais davantage ses remakes) pour son look et certains éléments scénaristiques, Bereavement gère honorablement sa sanglante entreprise : la réalisation est propre, l'image plutôt belle, le glauque présent sans abuser du gore... Ca à l'air super comme çà...

Hélas, malgré le soin apporté, Bereavement souffre du zéro-surprise quasi total, accumulant le déjà-vu et les clichés, et abusant des références à TCM. En résulte un film sans surprise, au rythme train-train, où la tension et la peur ne prennent pas. Il faudra attendre longtemps avant que les deux axes du film ne se rejoignent enfin (l'arrivée d'Allison dans sa famille d'une part, et le tueur et son 'otage' de l'autre) et livre enfin, dans sa dernière demie heure, une intensité palpable voire même une certaine originalité dérangeante...

Bereavement est un film de genre qui peine à en sortir, un slasher de plus, ni raté ni réussi, juste inabouti, qui au final s'avère quand même davantage inutile que plaisant.


Bellflower (Evan Glodell, 2011)


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Woodrow et Aiden sont d'inséparables amis, un peu barrés, en marge d'une certaine normalité, qui jettent leur énergie dans un délire de construction d'objets post-apocalyptiques. La rencontre de Woodrow et de Lilly va modifier et déséquilibrer leur quotidien, invitant romantisme et douleur dans leur univers protecteur.

Très esthétique et gonflé de traitements visuels très tendances (couleurs saturées, traces sur la pellicule, montage et cadrage dynamiques...) Bellflower entrechoque, avec une grande liberté, amitié et amour au milieu de l'univers protecteur, à la limite du geek, de deux post-ado.

Libre et spontané, romantique et désillusionné, Bellflower transfère progressivement le coté "post-apocalypse" (le seigneur Humungus est une référence ici !) de leur délire au coeur d'une "vraie vie", avec de vrais sentiments... et de vrais déceptions.

La ballade proposée est définitivement belle, forte et attachante, mais toute cette fluidité apparente, cette liberté des personnages, est tellement travaillée qu'elle perds son authenticité et revêt alors un arrière goût d'artificiel. On aurait presque préféré que Bellflower soit plus low-fi (à l'image d'une partie de sa très belle BO) et que sa liberté et créativité visuelle soit moins sophistiquée, plus authentiquement spontanée.

Bien qu'inégal, Bellflower réussit cependant à construire une espèce de "bulle temporelle", une zone isolée de la société qui l'entoure, propice à permettre l'éclosion de la fort belle ambiance du film. Bellflower est un premier film indépendant très prometteur (Evan Glodell tenant par ailleurs fort bien le premier rôle du film), qui malgré ses imperfections, regorge de vie et d'énergie.
 
NDLR : à la rédaction, on s'interroge encore sur la fin...  

Departures (Okuribito, Yojiro Takita, 2008)


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Contraint d'abandonner le violoncelle près la dissolution de l'orchestre dans lequel il jouait, Kobayashi retourne à la campagne et cherche un nouvel emploi. C'est dans les pompes funèbres, à préparer les défunts, qu'il va trouver. Cette nouvelle activité, mal perçue au Japon, va modifier ses convictions personnelles, mais aussi troubler sa vie avec sa femme.

Ponctué de magnifiques scènes de rituels (la toilette des défunts en présence des familles), Departures explore sans tristesse les sentiments des vivants lors de la perte (du "départ") d'un membre de la famille. Oscillant entre humour et émotion, il aborde les messages universels de l'amour, la mort, la famille.

Extrêmement touchant, parfois magnifique même par la délicatesse avec laquelle certains sentiments ou situations sont montrées, Departures traine avec bonheur le spectateur sur le terrain des sentiments et de la beauté. On soulignera aussi la mise en perspective réussie entre l'interprétation musicale et l'exécution des rites funéraires

Poétique et mélancolique, beau et fort, Departures n'évite cependant pas de surjouer sa partition et laisse hélas régulièrement apparaitre une naïveté, voire même une mièvrerie, bien encombrante ! (il faudra supporter quelques violons, en l’occurrence violoncelle ici, allant jusqu'au clip sirupeux sentimentalo-naturaliste...)

Malgré l'indigestion de sentiments ponctuelle (finalement très asiatique, mais qui plombe notre liberté de spectateur), Departures ne s'écroule pas et enchaîne les moments de grâce. On ne regrettera donc que sa forme (par moments seulement) puisque pour le reste, Departures risque bien de vous émouvoir aux larmes.

L'Antisémite (Dieudonné, 2011)


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Le tournage d'un film, ayant pour sujet principal un personnage antisémite, et les tensions entre les différentes croyances de l'équipe qui le compose.

Dieudonné, adoré par les uns pour le jusqu'auboutisme de sa démarche, conspué par d'autres pour l'ambiguïté de sa posture humoristique, livre son film - hymne à la provocation - par ses propres moyens, puisqu'il n'a pas trouvé distributeur en France.

L'Antisémite est problématique à plus d'un titre. Son sujet, bien sûr, ramène l'éternelle question du "peut on rire de tout" ; son idéologie affichée, par conviction ou au contraire dénonciation par l'absurde, soulève bien des questions (Rappelons que le film est produit par l'Iran, que le négationniste Robert Faurisson y fait une apparition, et que les "juifs et les pédés" sont centraux comme sujet d'humour...) ; son auteur qui ne cesse de brouiller les pistes jusqu'à l'incompréhension ou la contre démonstration, et enfin la simple difficulté de faire de humour no-limit...
Doorama laissera à chacun de se forger son opinion, même si on imagine que trop bien certains extrémistes de droite se marrer pendant plus d'1h15 sous couvert de "juste pour rire (...) faut pas le prendre au premier degré (...) que pour déconner (...) pas raciste"...

Ce qui est acquis, en revanche, c'est l'irrécupérable ratage cinématographique. Sous couvert de faux documentaire (le film évoque certaines recettes de C'est Arrivé Près de Chez Vous), L'Antisémite est avant tout l'expression criante d'une écriture proche du niveau zéro, preuve de la difficulté de passer du format court des sketches , à celui du long métrage.
Il en résulte un rythme laborieux qui ne laisse aucune chance à son humour de faire mouche (que l'on apprécie ou non).

L'Antisémite, ne fait pas rire, ce n'est même pas à cause de son sujet, c'est à cause de sa réalisation calamiteuse et son scénario que seul "ni fait, ni à faire" réussit à résumer. Parvenant même à tuer les plus drôles de ses répliques, Dieudo continue de s'enfoncer vers l'inconnu, et de donner à son pourtant "putain d'humour", le pire des écrins.