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Love (Space Time L’ultime Odyssée - William Eubank, 2011)


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Lee Miller est un astronaute, seul dans une minuscule station en orbite. Un jour, il perd définitivement toute connexion avec la terre...

Le moins que l'on puisse dire est que Love est ambitieux (trop ?) et très esthétique. Il faudra, pour profiter de cette très belle expérience visuelle (parfaitement maîtrisée et accompagnée d'une élégante BO...), accepter de s'isoler tout le film durant avec un seul acteur, puisque la solitude est l'axe central sur lequel se développe le film. On notera à ce propos une belle interprétation de son acteur principal : Gunner Wright.

Love est un film de science fiction plutôt minimaliste, ne cherchez pas du coté de Sunshine ou Pandorum, mais plutôt de Moon, Solaris, Cargo et bien sur 2001, notamment pour sa portée philosophique et réflexive. Love est essentiellement une expérience sensuelle et intellectuelle, qui divisera les amateurs de SF, et risque fort de laisser les Trekkies et autres Lucasvores sur la rampe de lancement...

Malgré sa richesse visuelle et son excellente gestion de la situation (1 seul homme dans son vaisseau...) Love se perd cependant un peu dans sa propre réflexion. Balayant de la guerre de sécession à 2045, et voulant trop soigner la construction de son grand message, le film perd l'attention du spectateur et, à force d'éviter à tout pris le naïf et les violons, frôle l'hermétique.

Love démarre superbement, entretient élégamment son mystère, explore adroitement de multiples directions, mais contre toute attente perds de son intensité au fur et à mesure de son déroulement. Son message final, si beau soit-il s'en retrouve affaibli.
Beau, très soigné mais imparfait, frustrant presque, Love est un objet cinématographique largement digne d'intérêt mais pas pour autant un OVNI cinématographique inoubliable !

La Dame De fer (The Iron Lady, Phyllida Lloyd, 2011)


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Evocation du parcours de Margaret Thatcher, première femme à avoir accédé aux fonctions de Premier Ministre dans un pays occidental.

Ce qui frappe avant tout, c'est la bluffante interprétation de Meryl Steep ! Il est sur ce point bien difficile de faire la fine bouche, elle seule porte le film. Ce qui frappe ensuite, c'est la froideur écrasante du film. La Dame de Fer pèse lourdement sur le spectateur !

Bien que le parcours de 'Maggie' soit abordé par flashbacks, par le portrait (presque) touchant de cette femme et de ses relations avec un mari fantôme, La Dame De Fer est long, froid et ennuyeux. Le film déroule sans intensité les étapes qui jalonnent la vie de Thatcher, refusant obstinément d'y porter tout jugement, et ne délivre en fin de course qu'une longue adaptation cinématographique d'un article de Wikipédia ! 
Ce long biopic politique à la réalisation convenue et molle est absolument sans âme, la volonté de sa réalisatrice d'insister sur le femme plus que le personnage n'est pas plus convaincante....

La rédaction de Doorama est par nature peu enclin aux biopics... La Dame De Fer n'est certainement pas le film qui nous réconciliera pas avec ce genre, puisqu'il en possède tout les défauts (intérêt, longueur, absence ou excès de dramatisation, etc...). A sa vision, on repensera avec émotion, par exemple, au récent Discours d'Un Roi, et l'on mesurera le gouffre qui sépare ces deux projets : gouffre narratif, émotionnel et esthétique !
Encore aujourd'hui, Thatcher continue visiblement, à travers ce film, de nous mener la vie dure...

Sket, Le Choc du Ghetto (Nirpal Bhogal, 2012)


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East London... La violence dans les rues, n'est pas que le fruit des garçons ! A la suite du décès de sa grande soeur par une un caïd local, Kayla intègre un gang de filles afin de se venger de celui-ci.

Déplaçant les codes habituels de la violence en les faisant reposer sur des personnages féminins, Sket relate une histoire de vengeance sur fond de violence urbaine. Rien de neuf au niveau scénaristique, c'est donc l'impassibilité du spectateur qui rythmera les articulations du film.

Mais derrière ses apparences de série B basique, voire de produit destiné à livrer sa dose de violence, se cachent pourtant certaines qualités. Bien moins racoleur, violent et voyeur qu'il n'y paraît, il faudra reconnaître à Sket une intéressante tentative (mais pas de transformation) de varier les codes et de donner corps à son histoire. On notera aussi une réalisation qui bien que timide et classique, n'en demeure pas moins inspirée lorsqu'il s'agit de filmer Londres (avec en prime une magnifique photo, semblable à celle de l'intéressant Heartless de Philip Ridley, lui aussi londonien...).

Si Sket ne convainc jamais réellement et que son scénar laisse de marbre, il témoigne paradoxalement de l'excellente santé du cinéma anglais. Faute de voire un grand film, vous sentirez quand même ce petit goût de "fond social" tout à fait caractéristique du cinéma british.

Bereavement (Stevan Mena,2010)


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Martin, 6 ans, est kidnappé par un détraqué qui l'oblige à assister à ses meurtres sanglants. Lorsque Allison emménage dans la région, elle remarque un enfant dans l'ancienne usine d'abatage désaffectée, sa curiosité risquera fort de la mettre sur la liste du tueur...

Stevan Mena réalise avec Bereavement le prequel d'un de ses précédant film (Malevolence) et y relate les origines de son tueur.

Furieusement inspiré du Texas Chainsaw Massacre (TCM, pas l'original, mais davantage ses remakes) pour son look et certains éléments scénaristiques, Bereavement gère honorablement sa sanglante entreprise : la réalisation est propre, l'image plutôt belle, le glauque présent sans abuser du gore... Ca à l'air super comme çà...

Hélas, malgré le soin apporté, Bereavement souffre du zéro-surprise quasi total, accumulant le déjà-vu et les clichés, et abusant des références à TCM. En résulte un film sans surprise, au rythme train-train, où la tension et la peur ne prennent pas. Il faudra attendre longtemps avant que les deux axes du film ne se rejoignent enfin (l'arrivée d'Allison dans sa famille d'une part, et le tueur et son 'otage' de l'autre) et livre enfin, dans sa dernière demie heure, une intensité palpable voire même une certaine originalité dérangeante...

Bereavement est un film de genre qui peine à en sortir, un slasher de plus, ni raté ni réussi, juste inabouti, qui au final s'avère quand même davantage inutile que plaisant.


Bellflower (Evan Glodell, 2011)


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Woodrow et Aiden sont d'inséparables amis, un peu barrés, en marge d'une certaine normalité, qui jettent leur énergie dans un délire de construction d'objets post-apocalyptiques. La rencontre de Woodrow et de Lilly va modifier et déséquilibrer leur quotidien, invitant romantisme et douleur dans leur univers protecteur.

Très esthétique et gonflé de traitements visuels très tendances (couleurs saturées, traces sur la pellicule, montage et cadrage dynamiques...) Bellflower entrechoque, avec une grande liberté, amitié et amour au milieu de l'univers protecteur, à la limite du geek, de deux post-ado.

Libre et spontané, romantique et désillusionné, Bellflower transfère progressivement le coté "post-apocalypse" (le seigneur Humungus est une référence ici !) de leur délire au coeur d'une "vraie vie", avec de vrais sentiments... et de vrais déceptions.

La ballade proposée est définitivement belle, forte et attachante, mais toute cette fluidité apparente, cette liberté des personnages, est tellement travaillée qu'elle perds son authenticité et revêt alors un arrière goût d'artificiel. On aurait presque préféré que Bellflower soit plus low-fi (à l'image d'une partie de sa très belle BO) et que sa liberté et créativité visuelle soit moins sophistiquée, plus authentiquement spontanée.

Bien qu'inégal, Bellflower réussit cependant à construire une espèce de "bulle temporelle", une zone isolée de la société qui l'entoure, propice à permettre l'éclosion de la fort belle ambiance du film. Bellflower est un premier film indépendant très prometteur (Evan Glodell tenant par ailleurs fort bien le premier rôle du film), qui malgré ses imperfections, regorge de vie et d'énergie.
 
NDLR : à la rédaction, on s'interroge encore sur la fin...  

Departures (Okuribito, Yojiro Takita, 2008)


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Contraint d'abandonner le violoncelle près la dissolution de l'orchestre dans lequel il jouait, Kobayashi retourne à la campagne et cherche un nouvel emploi. C'est dans les pompes funèbres, à préparer les défunts, qu'il va trouver. Cette nouvelle activité, mal perçue au Japon, va modifier ses convictions personnelles, mais aussi troubler sa vie avec sa femme.

Ponctué de magnifiques scènes de rituels (la toilette des défunts en présence des familles), Departures explore sans tristesse les sentiments des vivants lors de la perte (du "départ") d'un membre de la famille. Oscillant entre humour et émotion, il aborde les messages universels de l'amour, la mort, la famille.

Extrêmement touchant, parfois magnifique même par la délicatesse avec laquelle certains sentiments ou situations sont montrées, Departures traine avec bonheur le spectateur sur le terrain des sentiments et de la beauté. On soulignera aussi la mise en perspective réussie entre l'interprétation musicale et l'exécution des rites funéraires

Poétique et mélancolique, beau et fort, Departures n'évite cependant pas de surjouer sa partition et laisse hélas régulièrement apparaitre une naïveté, voire même une mièvrerie, bien encombrante ! (il faudra supporter quelques violons, en l’occurrence violoncelle ici, allant jusqu'au clip sirupeux sentimentalo-naturaliste...)

Malgré l'indigestion de sentiments ponctuelle (finalement très asiatique, mais qui plombe notre liberté de spectateur), Departures ne s'écroule pas et enchaîne les moments de grâce. On ne regrettera donc que sa forme (par moments seulement) puisque pour le reste, Departures risque bien de vous émouvoir aux larmes.

L'Antisémite (Dieudonné, 2011)


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Le tournage d'un film, ayant pour sujet principal un personnage antisémite, et les tensions entre les différentes croyances de l'équipe qui le compose.

Dieudonné, adoré par les uns pour le jusqu'auboutisme de sa démarche, conspué par d'autres pour l'ambiguïté de sa posture humoristique, livre son film - hymne à la provocation - par ses propres moyens, puisqu'il n'a pas trouvé distributeur en France.

L'Antisémite est problématique à plus d'un titre. Son sujet, bien sûr, ramène l'éternelle question du "peut on rire de tout" ; son idéologie affichée, par conviction ou au contraire dénonciation par l'absurde, soulève bien des questions (Rappelons que le film est produit par l'Iran, que le négationniste Robert Faurisson y fait une apparition, et que les "juifs et les pédés" sont centraux comme sujet d'humour...) ; son auteur qui ne cesse de brouiller les pistes jusqu'à l'incompréhension ou la contre démonstration, et enfin la simple difficulté de faire de humour no-limit...
Doorama laissera à chacun de se forger son opinion, même si on imagine que trop bien certains extrémistes de droite se marrer pendant plus d'1h15 sous couvert de "juste pour rire (...) faut pas le prendre au premier degré (...) que pour déconner (...) pas raciste"...

Ce qui est acquis, en revanche, c'est l'irrécupérable ratage cinématographique. Sous couvert de faux documentaire (le film évoque certaines recettes de C'est Arrivé Près de Chez Vous), L'Antisémite est avant tout l'expression criante d'une écriture proche du niveau zéro, preuve de la difficulté de passer du format court des sketches , à celui du long métrage.
Il en résulte un rythme laborieux qui ne laisse aucune chance à son humour de faire mouche (que l'on apprécie ou non).

L'Antisémite, ne fait pas rire, ce n'est même pas à cause de son sujet, c'est à cause de sa réalisation calamiteuse et son scénario que seul "ni fait, ni à faire" réussit à résumer. Parvenant même à tuer les plus drôles de ses répliques, Dieudo continue de s'enfoncer vers l'inconnu, et de donner à son pourtant "putain d'humour", le pire des écrins.

L'exercice de l'état (Pierre Schoeller, 2011)


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Entre rivalités politiques, ambitions personnelles et exigences de la fonction, Bernard Saint-Jean, Ministre des Transports, est un homme au service de l'Etat...

L'Exercice de l'Etat est une incursion chirurgicale dans le monde politique français. Il décrit avec précision et acuité une séquence de la carrière politique d'un ministre et la confronte perpétuellement avec son impact sur l'homme qui la vit.

Fabuleusement incarnés par Olivier Gourmet et Michel Blanc respectivement Ministre et Conseiller, les hommes de L'Exercice de l'Etat se remettent inlassablement en question afin de faire face en combattants aux événements qu'ils subissent.

C'est ce questionnement souvent intérieur et cette violence personnelle et professionnelle permanente que Pierre Schoeller décortique ici. Avec une narration limpide et un sens de l'image et de la mise en scène parfaitement maîtrisé, Pierre Schoeller réussi à dissocier le fond de la forme. Il surexpose (sature presque !) la fonction officielle des hommes, et construit ainsi, en filigrane, par élimination, une seconde lecture plus officieuse de l'impact de la fonction sur l'humain.

L'Exercice de l'Etat, est précis, fin, exigeant... Il dresse une lecture cynique et violente de l'univers politique. Il semble coller davantage à la réalité et à la vérité de ce monde là que ne pouvait le faire Le Président (documentaire peut être 'détourné' par son sujet même...).

L'Exercice de l'Etat dissimule derrière son austérité affichée une importante richesse humaine et cinématographique.

Entre le ciel et l'enfer (Akira Kurosawa, 1963)


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Un industriel sur le point de conclure l'affaire de sa vie est victime du kidnapping de son fils. Il apprend finalement que c'est le fils de son chauffeur, qui manque à l'appel, mais se sacrifie pour payer quand même la rançon. La police traque alors le kidnappeur dans l'espoir de récupérer la rançon et restaurer son honneur perdu.

Sur fond de différence sociale, Kurosawa aborde ses thèmes fétiches (honneur, différences de classes, valeurs humaines) pour élaborer un film au ton curieusement distancé de son
coeur scénaristique.

Il construit les fondations de Entre Le Ciel Et l'Enfer dans un hui-clos théâtral, avant d'en sortir pour une méticuleuse enquête policière, opposant systématiquement les symboliques à sa forme. Il installe ainsi un double langage, un double niveau (la maison en hauteur  / la ville basse,  les puissants / le peuple, etc...) de sorte que chaque élément abordé en apprenne finalement plus sur son élément opposé.

Entre Le Ciel et l'Enfer trouve son sommet dans une l'hallucinante séquence dans les bas fonds de la ville... (on ne vous en dit pas plus, mais c'est juste bluffant !)
Fort et d'une immense richesse thématique, Entre Ciel et l'Enfer invite à une réflexion sur le système social dans don fonctionnement global et sur l'indissociable interaction de chacun de ses composants. Ce Film Noir, stimulant et passionnant de bout en bout, est une démonstration de plus (inutile, car maintes fois démontrée) que Kurosawa est l'un des plus grand réalisateurs, un Auteur immense, que l'on ait eu.


Chronicle (Josh Tank, 2011)


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Trois amis entrés en contact avec une substance inconnue, découvrent qu'ils ont désormais des super-pouvoirs. Au début anecdotiques, ils vont développer progressivement ces pouvoirs, mais jusqu'où ?

Alors qu'on pouvait craindre le pire de cette histoire d'ado super-héros, Chronicle se révélé finalement passionnant et fort intelligemment construit. Il trouve sa place entre Cloverfield et le super-hero movie "basique", mais enrichit son développement de nombreux atouts.

Ce qui empêche Chronicle de "sombrer" tient sans doute à un mélange des genres et des technique particulièrement bien géré. La progression technique de la réalisation (du style "docu Blair Witch" à celui du blockbuster) accompagne judicieusement la progression du scénario et ses changements de genre (dérive réussie du teen-movie vers l'action-movie).

Chronicle utilise de nombreuses ficelles pour faire adhérer le spectateur à son propos. Allant même jusqu'à réussir l'identification aux personnages, par une habile exploitation de nos rêves de gamin, ou bien encore en distillant une dose de psychologie, basique mais pas si idiote que çà, sur la génération dont il est question.

Chronicle est avant tout une série B, maline et musclée, mais au delà du simple divertissement, il excelle à enrichir son scénario d'une dimension "réelle" par des personnages particulièrement bien écrits. Soignant aussi bien la forme que le fond, Chronicle s'impose (dans son genre !) comme une réussite certaine, voire stimulante, dans l'univers souvent pauvre du blockbuster et du film de super-héro.
Dans son genre (on insiste là dessus) c'est une très belle surprise qui propose un excellent moment de divertissement.

Poulet Aux Prunes (Marjane Satrapi, Vincent Paronnaud) 2011


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Un musicien décide d'attendre la mort dans son lit, ayant perdu le goût de jouer avec la destruction de son instrument. Durant cette attente, il projette ses réflexions sur sa vie et son entourage familial et amoureux.

Après Persepolis, Poulet aux Prunes est une nouvelle adaptation, cette fois-ci en prise de vue réelle, de l'univers dessiné de Marjane Satrapi.

Tel une fable, poétique et facétieuse, Poulet aux Prunes est porté par un Mathieu Amalric incarnant à la perfection son personnage amer et désillusionné.

Une certaine fantaisie se dégage de ce film que l'on regarde avec plaisir, mais cet univers "coloré" se teinte dans son traitement d'une touche à la Amélie Poulain qui vient trahir la patte Satrapi et l'empêche de parachever pleinement sa personnalité propre.

Poulet aux Prunes est souvent touchant, mais n'emporte pas complètement le spectateur avec lui. Il se contente d'aligner les souvenirs et anecdotes de notre pauvre musicien, mais n'injecte le liant que dans lors de son dénouement final. Dommage, car ce révélateur final aurait peut être donné à Poulet aux Prunes une saveur plus authentique s'il avait été mis plus tôt dans la recette, il aurait décuplé ses qualités et évité l'arrière goût cabotin de sa forme.

Mais ne refaisons pas le film et les choix de ses auteurs, Poulet Aux Prunes est imparfait, certes, mais il demeure un film touchant, rafraîchissant, qui se regarde avec un grand plaisir et nous raconte une bien belle histoire.

Le Territoire Des Loups (The Grey, Joe Carnahan, 2011)


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Dans le grand nord, les survivants d'un crash d'avion, doivent faire face aux conditions climatiques extrême ainsi qu'à une meute de loups pour rester en vie.

Le Territoire des Loups est un survival pur jus, flirtant presque avec le fantastique (pour la partie canus lupus) et la série B virile, façon "entre hommes".

Si l'on oublie la tentative maladroite de peaufiner la psychologie des personnages (souvent casse gueule, rarement utile et réussi, dans des films où l'action prime), et son inévitable catalogue des codes du genre (la découverte, l'encerclement, la rivière, les flash-backs, l'abandon, etc...) Le Territoire Des Loups parvient cependant à tenir la longueur.

Bien que son rythme soit inégal, que l'agressivité du froid extrême soit sous exploité et que le choix de loups-chasseurs n'apportent rien de plus que des autochtones en colère, l'ensemble reste plaisant et efficace, pour peu qu'on n'y recherche pas un nouveau modèle du genre.

Le Territoire Des Loups est une série B plutôt réussie, distrayante, qui parvient à repousser l'ennui et les pires pièges du genre (pas tous cependant). On lui reconnaitra surtout un traitement nihiliste particulièrement bien vu, qui permet parfois au film de distiller un excellent climat et laisser planer une  ambiance de "mort" qui sied bien à l'ensemble.