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The Artist (Michel Hazanavicius, 2011)


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Une star du Cinéma muet voit son statut bouleversé par l'arrivée du Cinéma parlant et de ceux qui y rencontrent le succès, en particulier la belle Peppy Miller tombée amoureuse de la star descendante...

Déclenchant un tsunami d'enthousiasme médiatique, The Artist agit effectivement comme un souffle d'air frais, un électrochoc, comparé aux autres productions actuelles. Incroyable réalisation, recomposition à l'identique d'un véritable film muet, The Artist offre effectivement une impressionnante patine du "cinéma d'avant" et restitue à merveille son charme, sa force narratrice et sa charge émotionnelle.

Tendre, beau et intelligent, The Artist réussit le tour de force à injecter des éléments du langage cinématographique moderne dans son minutieux travail de copiste, tout en respectant l'esprit et la forme d'alors. Le travail de Michel Hazanavicius est impressionnant et, il est vrai, parfait. On comprend que l'Amérique accueille si chaleureusement cette ode au Cinéma Américain Muet, cette ode au Cinéma tout court !

S'il est bien difficile de reprocher quoi que ce soit à The Artist (casting, réalisation, lumière, scénario...), le bémol de Doorama se portera plutôt sur le public de The Artist... Parce qu'à bien y regarder, mis à part la rareté de ce type de projet (et c'est effectivement déjà beaucoup) où se situe la "nouveauté" ? Il n'y en a pas.

The Artist est un film hommage, une piqure de rappel indiquant qu'un pan entier du cinéma a été oublié, zappé, du grand public en raison de sa forme (muet, noir et blanc...). The Artist est un immense travail de copiste (au sens noble du terme) dont la force réside dans les originaux qu'il imite et l'envie qu'il donne de revoir les classiques du Muet.
Le succès du film d'Hazanavicius est loin d'être démérité, il apparaît plutôt comme disproportionné et rappelle que critiques comme spectateurs ont oublié (ou ne connaissent pas !) ce cinéma d'hier. Et comme on dit par chez nous : "C'est ça qui fait tristesse" !.
Espérons que le public se souviendra de ce message.
     

The Descendants (Alexander Payne, 2011)


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Un père doit annoncer à ses deux enfants la mort annoncée de sa femme, dans un coma avancé.

Comme tout cela est bien amené... comme tout cela est léger face au poids du sujet. The Descendants est un film sur le travail de Deuil, sur la Vie passée et sur la Vie à venir.

Pour le plus grand plaisir du spectateur, The Descendants aborde ces thèmes souvent casse gueule (la Vie, la Mort...) avec une légèreté, un naturel, une simplicité absolument renversante, et finalement tellement réaliste.

Prenant bien soin de se tenir loin de toute leçon de morale ou de message pompeux et bien-pensant, The Descendants, touche après touche, dresse le portrait d'un homme qui fait face à une tempête de situations difficiles... Curieusement, le charisme et le flegme de Clooney, n'empêche nullement le spectateur de se sentir proche de ce "monsieur tout le monde" : étonnant et très agréable !


Avec un ton très proche de celui de Little Miss Sunshine, Alexander Payne exécute le grand écart parfait, réussissant à nous aérer la tête et nous réchauffer le cœur tout en abordant des thèmes particulièrement délicats. The Descendants est un film doux, émouvant et terriblement drôle qui transforme son ironie, son cynisme et une certaine cruauté en un plaisir immense pour le spectateur.


Carnage (Roman Polanski, 2011)


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Le fils X a cassé 2 dents au fils Y... Les parents, en adultes responsables, se rencontrent donc pour gérer ce problème. Mais leur comportement sera-t-il à la hauteur de leurs ambitions ?

Fantaisie acide et illustration de la difficulté de vivre avec l'autre, Carnage prend l'apparence d'une pièce de théâtre en huis-clos, flirtant délicieusement avec un coté pièce de boulevard.

Roman Polanski, après son somptueux Ghost Writer, change de registre et lorgne du coté de la satire sociale, avec son sens de l'humour si particulier. Carnage n'est pas un monument de finesse, là n'est pas son but, il se construit et s'apprécie comme un exercice ludique et libératoire de jeu de massacre. Les ficelles sont visibles, la fin attendue, mais l'incroyable quatuor d'acteurs (Christoph Waltz en tête !) rendent la récréation jubilatoire !

Parce qu'il n'a d'autre ambition que de rire d'adultes qui se comportent en enfants, Carnage parvient à séduire et, sans que l'on s'en rende compte, trop occupés que nous sommes à rire des personnages, transfère les tares de ceux-ci sur les parents modèles que nous sommes tous.
Facile, certes, mais délicieusement bien exécuté. Ca vaut pas 8, mais on lui donne quand même !

A Lonely Place to Die (Julian Gilbey, 2011)


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Le trip randonnée-escalade de 5 amis va se transformer en lutte pour la survie, dès lors qu'il découvriront une petite fille séquestrée dans une cache sous terre.

Entre The Descent, pour son coté "chic on va s'éclater" et Les Proies (El Rey De La Montana), Sans retour, voire même Délivrance, ce petit thriller sans grande originalité parvient pourtant à séduire.

A Lonely Place To Die, propose humblement sa vision du survival, sans en déjouer certains pièges (la petite fille en motivation centrale...), mais en exploitant ses atouts en terme de ressorts scénaristiques. Si aucun génie ne souffle sur le film, on lui reconnaitra une réalisation efficace et le mérite de tenir son rythme jusqu'au bout (même si son réalisateur a semble-t-il hésité, au point d'en balbutier, sur sa fin...).

Du coup, et surtout au vu du nombre de ratages qui pullulent en direct to DVD, ce Lonely Place To Die se place en sympathique et efficace série B. Simple divertissement, donc, il "fait le boulot" honorablement, proposant même quelques bon moments. C'est sans doute parce qu'il n'essaye pas de vous convaincre qu'il va bouleverser le genre que ce film emporte l'adhésion de Doorama.

Produit de commande ou non, original ou non, lorsque ce type de film fonctionne, il faut juste tout lâcher et se laisser aller : on verra du vrai cinéma plus tard, là on se détend  :-)


Le Casse de Central Park (Tower Heist, Brett Ratner2011)


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Des employés d'un immeuble de luxe se retrouvent victime d'un financier à la Madoff. Ils vont tout faire pour retrouver leur mise et tenter de plumer celui qui les a plumé !

Gentille comédie toute lisse et gonflée aux bon sentiments, Le Casse de Central Park répond, en écho politiquement correcte, à l’actualité mondiale.

A l'américaine, il raconte un casse monté par les victimes d'un affreux spéculateur pour se faire justice. Tout cela est fort convenu, très Robin des Bois, et ne révolutionnera en rien votre réflexion personnelle sur ce genre de fait de société.

Non sans évoquer Un Fauteuil Pour Deux, ce Casse de Central Park trouve son point d'équilibre entre le dénonciation et l'angle de la comédie. Hélas, sur aucun de ces deux axes le film ne s'aventure bien loin, faisant naitre en nous quelques sourires, mais pas de rires, et un brin d'intérêt égal à celui d'une brève d'actualité, mais pas article de fond.

Le Casse de Central Park est juste divertissant, calibré pour oublier quelques minutes ce dont il traite. Juste une "production ricaine" grand public sur laquelle tirer à boulet rouge serait davantage encore inutile que d'en avoir espéré un peu d'originalité.    

Tropa de Elite 2 (José Padilha, 2011)


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Débarqué de la brigade d'intervention dans les favelas, la BOPE, pour être promu à direction de la sécurité de la ville de Rio, le lieutenant Nascimento se retrouve de nouveau confronté à la corruption.

En 2007, José Padilha réalisait le premier Tropa de Elite, qui traitait de la corruption dans la police face au trafic de drogue. Ce second opus quitte le terrain des favelas pour poursuivre sa dénonciation du système, en montant d'un niveau pour atteindre cette fois-ci les sphères politiques.

Tropa de Elite est avant tout un film de divertissement, mais il tire un supplément d'âme en s'appuyant sur un fléau récurrent du Brésil, lui conférant ainsi un aspect vérité plutôt convaincant. Si le but principal est de vous tenir en haleine, il soigne l'analyse critique en proposant une limpide illustration d'un système qui se nourrit de ses propres problèmes pour satisfaire ses ambitions politiques.

Tropa de Elite trouve finalement son équilibre dans ce double objectif : procurer un bon thriller percutant et utiliser le genre pour faire écho à un problème social. C'est punchy, avec du contenu, on va pas faire la révolution avec, mais tout ça est rudement bien foutu. Un véritable petit cours de corruption, trop précis pour n'être que fiction...

Miss Bala (Gerardo Naranjo, 2011)


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Tijuana, Mexique. Laura s'inscrit au concours de miss locale, sa vie va être bouleversée, suite à à sa rencontre avec un chef local du traffic de drogue.

Etonnant et percutant, Miss Bala est un thriller froid et lent qui invite les thèmes de la drogue et de la corruption dans la vie quotidienne d'une jeune (et belle !) mexicaine. Filmé de main de maître, cette lente descente aux enfer, s'avère fascinante.

A l'aide de longs plans séquence, de légers travellings et d'un travail sur le son absolument impressionnant (quasi dépouillé de toute musique), Gerardo Naranjo impose au spectateur l'immersion et la fusion totale avec le destin de Laura. Par une hyper concentration de la caméra sur le personnage (qu'ils sont rares les plans où Laura n'est pas dans l'image !), le réalisateur réussit le tour de force de nous faire "ressentir" véritablement le malaise sous toute ses formes (social, psychologique...), notamment par une puissante utilisation du hors champs !

Miss Bala ne mise pas sur ce qu'il montre, il suggère. Particulièrement beau visuellement, sa réalisation inspirée permet d'élever ce qui n'aurait dû être qu'un simple thriller au niveau d'un inquiétant constat sur le fonctionnement d'un système et d'une société. Il puise sa force et sa réussite totale en transformant le fait divers en une expérience sensuelle, à la limite de la suggestion, ajoutant ainsi la force du constat social à une histoire déjà sombre et puissante.
Miss Bala est une film original et inspiré, une superbe expérience de Cinéma.

Time Out (Andrew Niccol, 2011)


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Dans la société de demain, le temps à remplacé l'argent. Dès la 25ème année, un compte à rebours s'enclenche. Ceux qui en ont peuvent consommer et continuer à vivre, ceux qui épuisent leurs crédit meurent...

Après Bienvenue à Gattaca, Andrew Niccol revient à la science fiction et se replonge dans l'opposition des classes. Time Out hérite de Gattaca son principal sujet, l'inégalité sociale, et y greffe une approche économique, confrontant ses personnage à la violence
d'un système ou les plus pauvres doivent choisir entre consommer ou vivre.

Time Out est tout à fait plaisant mais pêche par une psychologie de ses personnages plutôt minimale. Davantage calibré comme un divertissement grand public que Gattaca, Justin Timberlake (décidément à suivre) et Cilian Murphy se font la chasse, au détriment d'un traitement plus fin de la société dans laquelle ils évoluent.

Time Out, sans égaler l'intelligence, ni l'esthétisme de Gattaca, constitue donc un excellent divertissement, très abouti dans sa forme et tout à fait convaincant quand à son univers. Dommage que son auteur ait préféré privilégier le fun à la réflexion, remercions le quand même pour la saveur de son coktail, loin de ce qu'un Michael Bay ou un Roland Emmerich nous auraient livré avec les mêmes ingrédients ! 

Anonymous (Roland Emmerich, 2011)


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Et si Shakespeare n'était pas le véritable auteur de oeuvres que nous lui connaissons ? Qui serait alors le véritable auteur de ces chef d'oeuvres ? Pourquoi sont elles passées à la postérité sans que son véritable auteur l'ait été ?

Le Roland Emmerich Nouveau arrive toujours avec son lot d'interrogations... Sera t'il plus ou moins mauvais que le précédant ? S'y amusera t-on autant qu'il sera raté ?
Pour ceux qui partagent ces question avec la rédaction de Doorama, cet Anonymous risque fort de les laisser sans voix.

Autant le dire tout de suite, Anonymous est un thriller historique, plutôt intéressant et voire même réussi. Si film tient la route et que l'on que Emmerich nous surprend, on ne peut aussi que constater que le réalisateur ne parvient pas à livrer des personnages convaincants et bien écrits. C'est là le principal défaut d'Anonymous.

Si Emmerich, dans sa perpétuelle quête de spectacle, réussit ici parfaitement à inhiber ses envie de grand spectacle et conserve au film un certain coté intimiste, il ne parvient cependant pas à s'interdire une révélation inutile, proche du twist psychologique, auquel il est difficile d'adhérer, ni de nous faire le petit catalogue façon "best of" du Shakespeare pour les Nuls !

Anonymous, n'est pas un film raté (loin de là), il souffre simplement d'un certain manque de rigueur. Il donne l'impression d'un grand sujet orphelin, d'un film né dans des mains encore inexpérimentées, d'un film qui aurait pu exploser avec un Auteur mais qui n'a rencontré qu'un brillant technicien : un supplément d'âme (de personnalité ?) aurait sans doute illuminé Anonymous.


La Taupe (Tinker, Tailor, Soldier, Spy, Tomas Alfredson, 2011)


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Les services secrets britanniques cherchent à débusquer l'eventuelle taupe qui l'infiltrerait.

Tomas Alfredson nous avait déjà apporté Morse, réécrivant au sein d'un film quasi sans faute une nouvelle page du film de vampire. Avec La Taupe, il nous livre ici une nouvelle démonstration de son immense talent.

La Taupe nous livre une fabuleuse peinture de ce qu'il convient bien d'appeler un "nid d'espion". Précis, méticuleux, austère, sec et dégageant une paranoïa palpable, La Taupe est un film à l'écriture minutieuse (d'après un livre de John Le Carré, me direz-vous...), à la sobriété fascinante et à l'efficacité certaine.

Le film, dénué de toute action, décrit un monde d'homme, secret, renfermé sur lui même et fait évoluer ses protagonistes dans un univers calme, trouble et complexe où la mort semble pouvoir surgir à tout moment.

Avec un langage cinématographique proche de celui du sublime le Discours D'Un Roi (avec Colin Firth comme autre point commun), Tomas Alfredson signe une mise en scène chirurgicale et opte pour une esthétique aride, dépouillée et particulièrement séduisante. La reconstitution du début des 70's frôle l'intemporel... L’extrême froideur apparente fait perdre tout repère... Les choix du réalisateurs sont proche de l'idéal : l'écrin parfait pour illustrer son propos.

La Taupe est un film exigeant (tant pour son auteur que pour le spectateur), mais pour peu que l'on s'y immerge, l'expérience est particulièrement réjouissante.

Cat Run (2011)


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Deux apprentis détectives tentent de retrouver Cat, avant que les ennemis de celle-ci n'y parviennent par l'intermédiaire d'une redoutable tueuse à gages.

Cat Run est un de ces ersatz de mauvais goût de Guy Ritchie ou de Tarantino, qui mise sur sa "mise en scène nerveuse, fun et rythmée" pour vous emmener dans son aventure... Mais que tout celà est lourd, que tout celà sonne creux.

La principale faiblesse de Cat Run, ce sont ses personnages principaux, absolument dénués de tout charisme (à l'exception de sa redoutable et radicale tueuse à gage plutôt réussie et bien incarnée). L'autre faiblesse, c'est son scénario fade et sans faveur...

Mais là où Cat Run échoue, c'est dans ses tentatives de nous faire croire que son réalisateur à le talent de ses inspirateurs. Cat Run ressemble à un téléfilm haut de gamme pour lequel la seule chance de réhausser sa relative médiocrité aurait été de le maquiller façon "branché". Hélas, u lieu de réussir à doper le projet, le style Ritchiesqueimporté, achève d'en faire ressortir sa banalité.

Cat Run, s'il pourra néanmoins remplir son office pour certains des moins cinéphiles d'entre nous, est un film dont l'ambition et les moyens sont à la limite de la malhonnêteté ! Et ça, à Doorama, on aime pas !

Dream House (Jim Sheridan, 2011)


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Un écrivain découvre que la maison qu'il habite avec sa femme et ses filles, a été le lieu d'un terrible massacre qui vit disparaitre une famille entière. Entière ? Peut être pas, le coupable semble se manifester.

Le moins que l'on puisse dire est que Jim Sheridan nous avait habitué à un tout autre niveau de cinéma ! Il nous livre ici une vague histoire, aux ressorts usés, oscillant entre thriller horrifique et thriller psychologique. Hélas la tension monte aussi haut que l’intérêt du spectateur, et ce n'est pas le lourd twist du scénario qui réussira à sauver l'entreprise.

Dream House se subit donc davantage qu'il s'apprécie, et ce n'est pas la gueule burinée d'un correct Daniel Craig ou la le jeu discret de la Rachel Weisz qui réussiront à faire tenir debout cette pataude histoire (mais on ne peut vous dire le vrai sujet, si l'on ne veut pas gâcher le twist du scénario...)

Pas de quoi avoir peur, pas de quoi se passionner, on retiendra juste que Sharidan n'était ni en forme, ni inspiré. Dream House pourra peut être mieux fonctionner auprès des spectateurs qui ne voient qu'un ou deux films par an.
 
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