Accueil

Carnage (Roman Polanski, 2011)


tags | , , , , , , , ,

0 comments

Le fils X a cassé 2 dents au fils Y... Les parents, en adultes responsables, se rencontrent donc pour gérer ce problème. Mais leur comportement sera-t-il à la hauteur de leurs ambitions ?

Fantaisie acide et illustration de la difficulté de vivre avec l'autre, Carnage prend l'apparence d'une pièce de théâtre en huis-clos, flirtant délicieusement avec un coté pièce de boulevard.

Roman Polanski, après son somptueux Ghost Writer, change de registre et lorgne du coté de la satire sociale, avec son sens de l'humour si particulier. Carnage n'est pas un monument de finesse, là n'est pas son but, il se construit et s'apprécie comme un exercice ludique et libératoire de jeu de massacre. Les ficelles sont visibles, la fin attendue, mais l'incroyable quatuor d'acteurs (Christoph Waltz en tête !) rendent la récréation jubilatoire !

Parce qu'il n'a d'autre ambition que de rire d'adultes qui se comportent en enfants, Carnage parvient à séduire et, sans que l'on s'en rende compte, trop occupés que nous sommes à rire des personnages, transfère les tares de ceux-ci sur les parents modèles que nous sommes tous.
Facile, certes, mais délicieusement bien exécuté. Ca vaut pas 8, mais on lui donne quand même !

A Lonely Place to Die (Julian Gilbey, 2011)


tags | , , , ,

0 comments

Le trip randonnée-escalade de 5 amis va se transformer en lutte pour la survie, dès lors qu'il découvriront une petite fille séquestrée dans une cache sous terre.

Entre The Descent, pour son coté "chic on va s'éclater" et Les Proies (El Rey De La Montana), Sans retour, voire même Délivrance, ce petit thriller sans grande originalité parvient pourtant à séduire.

A Lonely Place To Die, propose humblement sa vision du survival, sans en déjouer certains pièges (la petite fille en motivation centrale...), mais en exploitant ses atouts en terme de ressorts scénaristiques. Si aucun génie ne souffle sur le film, on lui reconnaitra une réalisation efficace et le mérite de tenir son rythme jusqu'au bout (même si son réalisateur a semble-t-il hésité, au point d'en balbutier, sur sa fin...).

Du coup, et surtout au vu du nombre de ratages qui pullulent en direct to DVD, ce Lonely Place To Die se place en sympathique et efficace série B. Simple divertissement, donc, il "fait le boulot" honorablement, proposant même quelques bon moments. C'est sans doute parce qu'il n'essaye pas de vous convaincre qu'il va bouleverser le genre que ce film emporte l'adhésion de Doorama.

Produit de commande ou non, original ou non, lorsque ce type de film fonctionne, il faut juste tout lâcher et se laisser aller : on verra du vrai cinéma plus tard, là on se détend  :-)


Le Casse de Central Park (Tower Heist, Brett Ratner2011)


tags | , , , , ,

0 comments

Des employés d'un immeuble de luxe se retrouvent victime d'un financier à la Madoff. Ils vont tout faire pour retrouver leur mise et tenter de plumer celui qui les a plumé !

Gentille comédie toute lisse et gonflée aux bon sentiments, Le Casse de Central Park répond, en écho politiquement correcte, à l’actualité mondiale.

A l'américaine, il raconte un casse monté par les victimes d'un affreux spéculateur pour se faire justice. Tout cela est fort convenu, très Robin des Bois, et ne révolutionnera en rien votre réflexion personnelle sur ce genre de fait de société.

Non sans évoquer Un Fauteuil Pour Deux, ce Casse de Central Park trouve son point d'équilibre entre le dénonciation et l'angle de la comédie. Hélas, sur aucun de ces deux axes le film ne s'aventure bien loin, faisant naitre en nous quelques sourires, mais pas de rires, et un brin d'intérêt égal à celui d'une brève d'actualité, mais pas article de fond.

Le Casse de Central Park est juste divertissant, calibré pour oublier quelques minutes ce dont il traite. Juste une "production ricaine" grand public sur laquelle tirer à boulet rouge serait davantage encore inutile que d'en avoir espéré un peu d'originalité.    

Tropa de Elite 2 (José Padilha, 2011)


tags | , , , , , , ,

0 comments

Débarqué de la brigade d'intervention dans les favelas, la BOPE, pour être promu à direction de la sécurité de la ville de Rio, le lieutenant Nascimento se retrouve de nouveau confronté à la corruption.

En 2007, José Padilha réalisait le premier Tropa de Elite, qui traitait de la corruption dans la police face au trafic de drogue. Ce second opus quitte le terrain des favelas pour poursuivre sa dénonciation du système, en montant d'un niveau pour atteindre cette fois-ci les sphères politiques.

Tropa de Elite est avant tout un film de divertissement, mais il tire un supplément d'âme en s'appuyant sur un fléau récurrent du Brésil, lui conférant ainsi un aspect vérité plutôt convaincant. Si le but principal est de vous tenir en haleine, il soigne l'analyse critique en proposant une limpide illustration d'un système qui se nourrit de ses propres problèmes pour satisfaire ses ambitions politiques.

Tropa de Elite trouve finalement son équilibre dans ce double objectif : procurer un bon thriller percutant et utiliser le genre pour faire écho à un problème social. C'est punchy, avec du contenu, on va pas faire la révolution avec, mais tout ça est rudement bien foutu. Un véritable petit cours de corruption, trop précis pour n'être que fiction...

Miss Bala (Gerardo Naranjo, 2011)


tags | , , , ,

0 comments

Tijuana, Mexique. Laura s'inscrit au concours de miss locale, sa vie va être bouleversée, suite à à sa rencontre avec un chef local du traffic de drogue.

Etonnant et percutant, Miss Bala est un thriller froid et lent qui invite les thèmes de la drogue et de la corruption dans la vie quotidienne d'une jeune (et belle !) mexicaine. Filmé de main de maître, cette lente descente aux enfer, s'avère fascinante.

A l'aide de longs plans séquence, de légers travellings et d'un travail sur le son absolument impressionnant (quasi dépouillé de toute musique), Gerardo Naranjo impose au spectateur l'immersion et la fusion totale avec le destin de Laura. Par une hyper concentration de la caméra sur le personnage (qu'ils sont rares les plans où Laura n'est pas dans l'image !), le réalisateur réussit le tour de force de nous faire "ressentir" véritablement le malaise sous toute ses formes (social, psychologique...), notamment par une puissante utilisation du hors champs !

Miss Bala ne mise pas sur ce qu'il montre, il suggère. Particulièrement beau visuellement, sa réalisation inspirée permet d'élever ce qui n'aurait dû être qu'un simple thriller au niveau d'un inquiétant constat sur le fonctionnement d'un système et d'une société. Il puise sa force et sa réussite totale en transformant le fait divers en une expérience sensuelle, à la limite de la suggestion, ajoutant ainsi la force du constat social à une histoire déjà sombre et puissante.
Miss Bala est une film original et inspiré, une superbe expérience de Cinéma.

Time Out (Andrew Niccol, 2011)


tags | , , , , , ,

0 comments

Dans la société de demain, le temps à remplacé l'argent. Dès la 25ème année, un compte à rebours s'enclenche. Ceux qui en ont peuvent consommer et continuer à vivre, ceux qui épuisent leurs crédit meurent...

Après Bienvenue à Gattaca, Andrew Niccol revient à la science fiction et se replonge dans l'opposition des classes. Time Out hérite de Gattaca son principal sujet, l'inégalité sociale, et y greffe une approche économique, confrontant ses personnage à la violence
d'un système ou les plus pauvres doivent choisir entre consommer ou vivre.

Time Out est tout à fait plaisant mais pêche par une psychologie de ses personnages plutôt minimale. Davantage calibré comme un divertissement grand public que Gattaca, Justin Timberlake (décidément à suivre) et Cilian Murphy se font la chasse, au détriment d'un traitement plus fin de la société dans laquelle ils évoluent.

Time Out, sans égaler l'intelligence, ni l'esthétisme de Gattaca, constitue donc un excellent divertissement, très abouti dans sa forme et tout à fait convaincant quand à son univers. Dommage que son auteur ait préféré privilégier le fun à la réflexion, remercions le quand même pour la saveur de son coktail, loin de ce qu'un Michael Bay ou un Roland Emmerich nous auraient livré avec les mêmes ingrédients ! 

Anonymous (Roland Emmerich, 2011)


tags | , , , , , ,

0 comments

Et si Shakespeare n'était pas le véritable auteur de oeuvres que nous lui connaissons ? Qui serait alors le véritable auteur de ces chef d'oeuvres ? Pourquoi sont elles passées à la postérité sans que son véritable auteur l'ait été ?

Le Roland Emmerich Nouveau arrive toujours avec son lot d'interrogations... Sera t'il plus ou moins mauvais que le précédant ? S'y amusera t-on autant qu'il sera raté ?
Pour ceux qui partagent ces question avec la rédaction de Doorama, cet Anonymous risque fort de les laisser sans voix.

Autant le dire tout de suite, Anonymous est un thriller historique, plutôt intéressant et voire même réussi. Si film tient la route et que l'on que Emmerich nous surprend, on ne peut aussi que constater que le réalisateur ne parvient pas à livrer des personnages convaincants et bien écrits. C'est là le principal défaut d'Anonymous.

Si Emmerich, dans sa perpétuelle quête de spectacle, réussit ici parfaitement à inhiber ses envie de grand spectacle et conserve au film un certain coté intimiste, il ne parvient cependant pas à s'interdire une révélation inutile, proche du twist psychologique, auquel il est difficile d'adhérer, ni de nous faire le petit catalogue façon "best of" du Shakespeare pour les Nuls !

Anonymous, n'est pas un film raté (loin de là), il souffre simplement d'un certain manque de rigueur. Il donne l'impression d'un grand sujet orphelin, d'un film né dans des mains encore inexpérimentées, d'un film qui aurait pu exploser avec un Auteur mais qui n'a rencontré qu'un brillant technicien : un supplément d'âme (de personnalité ?) aurait sans doute illuminé Anonymous.


La Taupe (Tinker, Tailor, Soldier, Spy, Tomas Alfredson, 2011)


tags | , , , ,

0 comments

Les services secrets britanniques cherchent à débusquer l'eventuelle taupe qui l'infiltrerait.

Tomas Alfredson nous avait déjà apporté Morse, réécrivant au sein d'un film quasi sans faute une nouvelle page du film de vampire. Avec La Taupe, il nous livre ici une nouvelle démonstration de son immense talent.

La Taupe nous livre une fabuleuse peinture de ce qu'il convient bien d'appeler un "nid d'espion". Précis, méticuleux, austère, sec et dégageant une paranoïa palpable, La Taupe est un film à l'écriture minutieuse (d'après un livre de John Le Carré, me direz-vous...), à la sobriété fascinante et à l'efficacité certaine.

Le film, dénué de toute action, décrit un monde d'homme, secret, renfermé sur lui même et fait évoluer ses protagonistes dans un univers calme, trouble et complexe où la mort semble pouvoir surgir à tout moment.

Avec un langage cinématographique proche de celui du sublime le Discours D'Un Roi (avec Colin Firth comme autre point commun), Tomas Alfredson signe une mise en scène chirurgicale et opte pour une esthétique aride, dépouillée et particulièrement séduisante. La reconstitution du début des 70's frôle l'intemporel... L’extrême froideur apparente fait perdre tout repère... Les choix du réalisateurs sont proche de l'idéal : l'écrin parfait pour illustrer son propos.

La Taupe est un film exigeant (tant pour son auteur que pour le spectateur), mais pour peu que l'on s'y immerge, l'expérience est particulièrement réjouissante.

Cat Run (2011)


tags | , , ,

0 comments

Deux apprentis détectives tentent de retrouver Cat, avant que les ennemis de celle-ci n'y parviennent par l'intermédiaire d'une redoutable tueuse à gages.

Cat Run est un de ces ersatz de mauvais goût de Guy Ritchie ou de Tarantino, qui mise sur sa "mise en scène nerveuse, fun et rythmée" pour vous emmener dans son aventure... Mais que tout celà est lourd, que tout celà sonne creux.

La principale faiblesse de Cat Run, ce sont ses personnages principaux, absolument dénués de tout charisme (à l'exception de sa redoutable et radicale tueuse à gage plutôt réussie et bien incarnée). L'autre faiblesse, c'est son scénario fade et sans faveur...

Mais là où Cat Run échoue, c'est dans ses tentatives de nous faire croire que son réalisateur à le talent de ses inspirateurs. Cat Run ressemble à un téléfilm haut de gamme pour lequel la seule chance de réhausser sa relative médiocrité aurait été de le maquiller façon "branché". Hélas, u lieu de réussir à doper le projet, le style Ritchiesqueimporté, achève d'en faire ressortir sa banalité.

Cat Run, s'il pourra néanmoins remplir son office pour certains des moins cinéphiles d'entre nous, est un film dont l'ambition et les moyens sont à la limite de la malhonnêteté ! Et ça, à Doorama, on aime pas !

Dream House (Jim Sheridan, 2011)


tags | , , , , ,

0 comments

Un écrivain découvre que la maison qu'il habite avec sa femme et ses filles, a été le lieu d'un terrible massacre qui vit disparaitre une famille entière. Entière ? Peut être pas, le coupable semble se manifester.

Le moins que l'on puisse dire est que Jim Sheridan nous avait habitué à un tout autre niveau de cinéma ! Il nous livre ici une vague histoire, aux ressorts usés, oscillant entre thriller horrifique et thriller psychologique. Hélas la tension monte aussi haut que l’intérêt du spectateur, et ce n'est pas le lourd twist du scénario qui réussira à sauver l'entreprise.

Dream House se subit donc davantage qu'il s'apprécie, et ce n'est pas la gueule burinée d'un correct Daniel Craig ou la le jeu discret de la Rachel Weisz qui réussiront à faire tenir debout cette pataude histoire (mais on ne peut vous dire le vrai sujet, si l'on ne veut pas gâcher le twist du scénario...)

Pas de quoi avoir peur, pas de quoi se passionner, on retiendra juste que Sharidan n'était ni en forme, ni inspiré. Dream House pourra peut être mieux fonctionner auprès des spectateurs qui ne voient qu'un ou deux films par an.
 
.

Pays de Cocagne (Pierre Etaix, 1971)


tags | , , ,

0 comments

 Documentaire, à la fois assassin et affectueux, sur la France du début des années 70, filmé autour du Tour de France...

Beaufs à bob, petites gens, intellos de province et abrutissement général sur fond de société de consommation, voilà le projet de Pierre Etaix, qui nous avait auparavant habitué à un tout autre style et humour que seul le mot "raffiné" semble le mieux résumer.

Si aujourd'hui Pays de Cocagne est une fabuleuse photo de 1972, au moment de sa sortie il fut assez largement rejeté, perçu comme une sorte d'attaque contre le français, les montrant sous des aspects bien moins valorisants que celui du "pays des droits de l'homme et des liberté" qui les abrite !

Si la peinture est effectivement cruelle et parfois à la limite de la moquerie, on y reconnait cependant une certaine tendresse de la part d'Etaix, nous montrant le meilleur comme le pire de nos concitoyens. A bien y regarder, on retrouve dans pays de Cocagne ce qui habitait ses précédents films : à savoir un une affection pour les gens et leurs tracasseries, ainsi qu'une société vorace qui abime les individus qui la composent.

Pays de Cocagne est un documentaire qui, malgré son apparente cruauté, démontre l'amour des autres de Etaix. En revanche, il trahit aussi l'inquiétude d'Etaix quand à l'aveugle acceptaion par ses contemporains des évolutions de leur société. pour apprécier pleinement pays de Cocagne, il conviendra donc de connaître le Bonhomme, autrement il ne restera qu'une trace amusante des jeunes années 70.

Le Chat Du Rabbin (Joann Sfar, 2011)


tags | , , , , ,

0 comments

Le rabbin vit avec sa fille et leur chat. Un jour, le chat se met à parler, il s'intéresse particulièrement aux croyances des hommes et par dessus tout à la fille de son maître.

Joann Sfar (certains se souviendront de son inégal Gainsbourg Vie Héroïque) porte donc sa bande dessinée éponyme sur le grand écran, et le résultat est visuellement fort élégant et poétique.

Au travers de son personnage félin, qui ne cesse de s'étonner des contradictions des hommes, et ne manque pas une occasion de "ramener sa fraise", le film s'axe principalement sur la religion (il serait même plus juste de dire les religions) mais ne manque pas cependant de s'attarder sur les rapports humains.

Mêlant avec goût remarques philosophiques, humour et émotion, Le Chat Du Rabbin s'avère particulièrement agréable et ludique à suivre. Il délivre avec une certaine finesse, des messages de tolérance et de compréhension, sans jamais abandonner sa malice et sa désinvolture.

Même si la fin laisse un peu sur sa faim, Le Chat Du Rabbin réussit à vous faire voyager sans stress entre son sujet sensible et son ambiance "bain de soleil colonial".

Enfin, on retiendra pour l'anecdote, la savoureuse apparition de Tintin (qui à elle seule pourrait résumer l'esprit de son auteur) et la fille du rabbin dont nous sommes tombés fou de désir à la Rédaction de Doorama !