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Dark Skies (Scott Charles Stewart, 2013)


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Les Barrett et leurs deux enfants sont une famille comme tant d'autres dans une banlieue ordinaire. Mais lorsque chaque nuit il se produit de curieux événements à leur domicile, la petite vie tranquille des Barrett va basculer... Ils sont visités par quelque chose qui ne s'arrêtera pas à la simple blague de l'empilage mathématiques d'assiettes, mais semble s'orienter vers l'enlèvement d'un des membres de la famille...

Nos lecteurs les plus fidèles l'auront remarqué, en ce moment la rédaction est davantage orientée "genre" ou "grosses machines" que "classique" ou "ciné d'ailleurs" (patience, ça revient...)... Dark Skies en est notre récompense ! La voilà notre bonne surprise du mois, le voilà notre petit film qui nous a donné sa petite claque ! Dark Skies n'est pas la révolution d'un genre (ni un énième found-footage comme on pourrait hâtivement le penser !), mais son ambiance, son traitement et certains de ses choix ont emporté notre adhésion totale à sa proposition. Quelque part situé entre Poltergeist et Rencontre du Troisième Type, Dark Skies nous fait son petit numéro sans jamais céder aux pressions qui pèsent sur le traitement et le sort de la famille 'ricaine au cinéma, il réussit même à nous surprendre et nous faire gentiment flipper ! On vous dit ce qu'on a terriblement aimé dans Dark Skies...

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Mama (Andres Muschietti, 2013)


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Quand Lucas retrouve enfin les deux filles de son frère disparu, c'est presque rendues à l'état sauvage qu'elles lui sont retournées. Elles ont vécu dans une cabane au fond des bois, élevées par un démon qu'elles appellent "Mama". De retour à la civilisation, maintenant au sein d'une "vraie" famille, avec Lucas et sa compagne Annabel, ce n'est pourtant pas la fin de cet épisode malheureux, puisque Mama continue de garder un oeil sur elles... Et une mère comme Mama ne laisse pas s'éloigner ses enfants, juste "comme ça"...

On est loin de la Mama d'Aznavour... La Mama de Muschietti est un spectre vaporeux et décharné, une entité sauvage et protectrice avec ses fillettes qui comme toutes les mères se soucient de sa progéniture. Mama se paye une star en pleine ascension, en la présence de Jessica Chastain ( vue récemment dans Zero Dark Thirty ou Des Hommes Sans Loi) pour vendre ses deux Cosettes et prôner les valeurs de la famille américaine, mais cela ne suffit pas à pour faire intervenir un peu de qualité et d’originalité dans son sujet. Fantastique calibré, usé et prévisible, Mama est un film de drive-in déguisé en superproduction censée faire peur...

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Moi, Moche et Méchant (Dispecable Me - Chris Renaud, Pierre Coffin, 2010)


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Gru est méchant, très méchant, c'est sa nature, il aime être méchant. Pour regagner sa place de N°1 de méchants, il fomente un plan diabolique pour voler la lune. Mais il a pour cela besoin d'adopter, le temps d'accomplir son méfait, trois orphelines. Gru serait il en train de s'attacher à ses trois pensionnaires ?

Comment être méchant avec Moi, Moche et Méchant ? La rédaction, à ses heures, est plutôt consommatrice de Schrek, d'Age de Glâce, ou de quelques Pixar bien pesés, et ce nouvel animé 100% numériques a tout à fait réussi à emmener les adultes que nous sommes (paraît-il) dans le monde corrompu des enfants. On peut trouver à redire sur Moi, Moche et Méchant, ici à la rédaction, nous avons en tous cas trouvé quoi vous en dire...

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Citadel (Ciaran Foy, 2013)


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En Irlande, Tommy vit avec sa femme prête à accoucher, dans une ville sinistrée, presque désertée, en attente de rénovation. La brutale attaque dans laquelle Tommy pers sa compagne, le laisse seul avec son bébé,, et sujet à une puissante agoraphobie. Les agresseurs de sa femme, des individus capuchés et violents de la tour voisine s'attaquent à son domicile, Tommy comprend qu'ils veulent sa fille. Qui sont ces habitants de la tour, que la peur de Tommy  semble attirer comme un aimant ? Un gang ? Ou bien des démons, comme le prétend ce prêtre qui projette de brûler la tour ?

Des jeunes à capuches, une ville frappée par la violence économique et un père seul, accablé par un drame personnel qui le laisse traumatisé et désemparé... On pourrait croire que Citadel propose un regard social et urbain sur les effets de la désertification économique sur les banlieues, et la violence qu'elle génère, mais c'est pourtant bien au genre fantastique qu'il s'attaque. Si le projet peut sembler léger avec ses gangs/démons et sa tour maléfique, Citadel à quand même quelques bons, voire excellents, moments à proposer au spectateur...

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Babycall (Pal Sletaune, 2011)


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 Anna vit avec son fils Anders. Mère inquiète et surprotectrice, son attitude est motivée par sa crainte que le père d'Anders, qui s'était rendu coupable de violence contre son fils, ne les retrouve. Elle achète même un Babyphone pour mieux surveiller son fils, dans sa chambre juste à côté de la sienne. Alors qu'Anders dit avoir vu son père à l'école, Anna entend un un enfant en détresse dans son appareil, mais ce n'est pas son fils ! Présage annonciateur ou interférences ?

Ca bouge en provenance du nord de l'Europe... ! Le froid et poétique Morse de Tomas Alfredson revisitait le vampirisme avec un formidable sang neuf, même le décevant Thale surprenait le spectateur par son ambiance atypique... Babycall est norvégien, il a décroché le grand prix à Gérardmer en 2012, et même s'il est loin d'avoir convaincu la rédaction, on ne peut décemment pas lui reprocher sa personnalité et ses ambitions...

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Les Amants du Cercle Polaire (Los Amantes del Círculo Polar - Julio Medem, 1998)


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 Otto et Ana sont amoureux depuis qu'ils sont enfants. Leur parcours familial respectif est ponctué d'abandons de la part des adultes, que ce soit par la séparation entre papa et maman ou la disparition d'un des deux. L'amour qui les lie ne suffira pourtant pas à unifier leur perception de ces drames et les séparera... Le destin qui les lie multipliera pourtant les occasions de se croiser et de se retrouver tout au long de leur vie, jusqu'à enfin se retrouver, peut être, en plein cercle polaire... comme ils l'ont toujours rêvé...

Le cinéma espagnol est bien loin de se résumer à son Fantastique que vous croisez souvent sur Doorama... En 1998, Julio Medem (L'Ecureuil Rouge) réalisait cette fable fragile, tendance conte moderne et tragique, tout empli de poésie et d'espoirs. Les Amants du Cercle Polaire est un de ces jolis films, à l'ambiance très travaillée, au climat délicat, qui enveloppe les rêveurs et les amoureux. Le voyage commence en Espagne...

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Fantastic Mr. Fox (Wes Anderson, 2009)


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Mr. Fox vit avec sa petite famille dans l'arbre qu'il vient d'acheter, juste en face des trois exploitations de trois fermiers peu aimables. Lorsque ses vieux démons de voleur de poules le reprennent, Mr. Fox, va mettre les animaux de la vallée et sa famille en danger. Mais il a plus d'une ruse dans son sac, et ensemble, ils vont affronter les fermiers.

La rédaction ne peu déjà pas cacher son goût pour le cinéma de Wes Anderson, mais alors celui-là, qu'est ce qu'on l'aime ! Fantastic Mr. Fox a beau revêtir tous les oripeaux du film pour enfants, il n'en est rien. Ou plutôt pourrait-on dire que les enfants seront ravis, mais que les adultes le seront encore plus : Fantastic M. Fox est capable de générer plaisir et admiration (si, si !) devant les plus réticents...

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Hansel et Gretel (Yim Pil-Sung, 2007)


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Après un accident, Eun-Soo est recueilli dans une maison où vit une  petite fille, avec son frère, sa soeur et leurs parents. Très vite, il s'aperçoit que ce qui ressemble à la maison du bonheur recèle aussi un terrifiant mystère, et qu'il est en fait le prisonnier des enfants.

Avant son récent Doomsday Book, Yim Pil-Sung nous avait donné cette inquiétante et très libre adaptation du fameux conte des frères Grimm. Hansel et Gretel n'est peut être pas le film coréen de 2007, mais la réussite est bien là et ses atouts bien visibles !

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Saint-Ange (Pascal Laugier, 2003)


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A la fin des années 50, Anna débute son emploi qui consiste à nettoyer, avec deux autres employées, l'orphelinat Saint-Ange qui vient de fermer. Mais l'orphelinat n'est peut être pas si vide que ça, et Anna, ne vas pas tarder à chercher la vérité, malgré sa grossesse...

Premier film de Pascal Laugier, à qui l'on doit l'inégal mais dérangeant Martyrs et le récent The Secret, Saint-Ange s'inscrit dans cette aspiration du cinéma français à renouer avec le film de genre.


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Moonrise Kingdom (Wes Anderson, 2012)


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Sam, un scout kaki, et Suzy sont tous deux considérés comme des "enfants à problèmes" par les adultes. Sur une île de la Nouvelle-Angleterre, en 1965, ils tombent amoureux et décident de fuguer ensemble. Les adultes partent à leur recherche alors qu'une grande tempête s'approche de l'île...

Wes Anderson porte la bienveillance de sa  caméra sur la délicate histoire d'amour de deux enfants de 12 ans. Une fois de plus, il renoue avec une certaine nostalgie en plaçant son récit au milieu des 60's (on se souvient de La Famille Tenenbaum situé dans les 70's). Et toujours fidèle à lui même, il livre un film coloré, saturé de détails visuels et aux cadrages... comment dire... "hyper-cadrés" ! Moonrise Kingdom ressemble au final à un mix entre La Famille Tenenbaum et Le Fantastique Mr. Fox, mais malgré son univers très familier et parfaitement reconnaissable, parvient à surprendre et émouvoir le spectateur.

Véritable maniaque des images à composition géométriques et des travellings latéraux et verticaux, Wes Anderson conserve le style qu'on lui connait, et continue de transformer la réalité en miniatures un peu figées et artificielles... Mais ne vous y trompez pas, le style Anderson à un but bien précis : forcer l'observation du spectateur en transformant son film en livre d'images (de ceux que les enfants peuvent regarder des heures...). Même si rien ne change beaucoup, la méthode s'avère toujours aussi efficace et Moonrise Kingdom dégage le délicieux parfum des jolies histoires d'antan, et la simplicité des histoires pour enfants. Le décalage fonctionne à plein entre son apparence presque enfantine et la maturité de ses thèmes, et une fois de plus un univers se forme et finit par atteindre son but : construire une belle histoire, un "conte pour adultes" simple mais pas simpliste, naïf mais pas neuneu.

Cette avalanche d'effets et de style travaille à plein pour mettre en valeur l'histoire d'amour de Moonrise Kingdom. Autour de ces deux gamins amoureux et de leur joli projet d'être ensemble, le film fait graviter le monde grave et compliqué des adultes. Cette apparence naïve et enfantine que donne Anderson à son film nous permet de retrouver, comme par magie, une simplicité de lecture de son histoire et ressentir toute la beauté celle-ci, comme débarrassé de nos interprétations d'adultes. Sam et Suzy vivent une histoire d'amour aussi importante et vitale que des adultes le feraient. Wes Anderson, sans aucune autre volonté ou message, nous permet d'en percevoir la touchante beauté. On oublie alors son style, ses acteurs (pourtant excellents) et nos filtres intellectuels s'estompent, on s'abandonne alors complètement aux personnages et à leur psychologie.

Wes Anderson, on aime ou on aime pas ! Moonrise Kingdom n'échappera certainement pas à cette règle... A la Rédaction, on adore ! Tout est dit... Maintenant il ne nous reste plus qu'à vous dire comment la délicatesse, le décalage et la drôlerie donne à ce Moonrise Kingdom toute sa qualité et sa générosité. Nous avons été séduit par ses "coup de foudres" qui tombent sur des enfants... Nous avons adoré ses adultes équipés d'oeillères qui considèrent le naturel et la normalité du comportement de Sam & Sally comme des "difficultés"... Ses scouts bêtes et méchants, ses petits animaux qui nous observent, ses batailles sanglantes, ses enfants adultes, etc... etc... Alors c'est sûr, ce n'est pas avec Moonrise Kingdom qu'Anderson nous donnera de la nouveauté stylistique, mais en regard du plaisir et de la poésie qu'il nous offre encore cette fois-ci, nous attendrons encore tout le temps qu'il faudra, patiemment, sagement et avec un large sourire aux lèvres.

Procurez-vous Moonrise Kingdom ou d'autres films de Wes Anderson ou avec Bill MurrayEdward NortonBruce WillisTilda Swinton ou Frances McDormand  

Du Silence et des Ombres (To Kill a Mockingbird, Robert Mulligan, 1962)


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 Dans les 30's, deux enfants sont élevés par leur père, un avocat, après le décès de leur mère. Au travers de leurs jeux d'enfants, et de l'affaire qu'à accepté leur père pour défendre un homme noir accusé du viol d'une blanche, les deux enfants confrontent leur vision du monde avec sa brutale réalité...

2h15 de pur bonheur. C'est à un véritable jeu de rôle que Robert Mulligan (Un été 42) invite le spectateur en faisant surgir en lui la vision d'un monde vu par des enfants (on peut d'ailleurs le rapprocher de Sa Majesté des Mouches). Naïf, mais jamais mièvre, Du Silence et des Ombres, 2 ans après une publication récompensée par un large succès populaire, est devenu un grande oeuvre cinématographique américaine.

Sous la forme du récit de ses souvenirs, la jeune Scout aborde ces années avec son frère, où sa vision de la vie a sans doute été modifiée à jamais. Les enfants qui jouent avec cet inquiétant voisin invisible, ces adultes qui ne semblent pas voir le monde comme eux, Gregory Peck (figure du père idéal) en guide rassurant dans un monde encore en découverte... Voilà la première heure, légère et insouciante, vue par les enfants. Un monde violent et brutal (la crise, la ségrégation...) où la vérité et les bonnes intentions ne triomphent pas toujours, l'étrange haine que les adultes peuvent parfois exprimer... Voilà ce que l'on découvre dans la seconde heure, lorsque l'on se risque dans le monde des adultes en sortant la nuit (aussi dangereux que celui de La Nuit Du Chasseur...), ou bien en assistant au procès que leur père leur avait interdit (froid et dépouillé, aussi intense que Témoin à Charge)

Au travers de leur compréhension du monde, souvent avec les explications d'un père représentant le meilleur des valeurs de la société américaine, Robert Mulligan dessine un monde très loin de ce que les parents enseignent aux enfants. C'est ce contraste qui frappe le spectateur, ce décalage entre la belle image que l'on se forme lorsque l'on est enfant, et le monde tel qu'il est réellement. Constellé de détails aussi doux que justes, Du Silence et des Ombres parvient sans trucs, ni artifices, à embrasser une infinité de thèmes de réflexion. Touche après touche, il décrit le monde qui entoure les enfants, définit sa complexité, lui donne une saveur, une sensation, et sans jamais y apporter de définition précise, parvient a dresser un vaste panorama de ses beautés, lumineuses, mais aussi de ses ombres...

Du Silence et des Ombres est simple, directe, émouvant et fort comme du Capra... Une certaine pureté se dégage du film de Robert Mulligan, il parle des choses sans les nommer, et parvient à les faire ressentir directement par le spectateur. La force évocatrice du Silence et des Ombres est puissante, précise et efficace. Elle amène le spectateur à redécouvrir ce qui l'entoure avec un nouveau regard (celui, oublié, de son enfance), et petit à petit dessine ce vers quoi il tend (en théorie), et ce qu'il à perdu : l'humanisme !

La rédaction a été "sabrée" par l'efficacité, la beauté et la simplicité du Silence et des Ombres. Nous y avons trouvé tout ce que nous attendons d'un film. De l'intelligence à l'émotion, de sa forme (pourtant simple) à son fond, de ses thèmes sociaux à sa poésie, de ses idéaux à ses critiques : Du Silence et des Ombres a été un formidable moment d'abandon, superbement récompensé. Bien sûr qu'on s'exalte un peu... 8 aurait été plus "raisonnable", mais nous aimerions tant vous le faire découvrir... !


Procurez-vous Du Silence et des Ombres ou d'autres films de Robert Mulligan ou avec Gregory Peck ou Robert Duvall