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Casque d'Or (Jean Becker, 1952)


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Georges Manda fait la connaissance de Marie, Casque d'Or. Entre le menuisier ancien voyou et la fille de joie, c'est le coup de foudre ! Mais le petit-copain de Marie, ne le voit pas comme ça, Félix Leca, le chef de la bande à laquelle il appartient, encore moins ! Georges va tuer un homme au cours d'un duel, et Félix utilisera cet épisode pour obtenir ce qu'il désire : Casque d'Or...

Encore un classique du cinéma français... Encore un de ces films qui offre un Paris populaire, cerné de guinguettes et peuplé de mauvais garçons dont les manières et le parler nous paraîtraient pourtant, aujourd'hui, bien polies ! Casque d'Or, malgré l'époque qu'il décrit, conserve une intemporalité délicieuse et une force dramatique toujours aussi imparable : Amour, carrefour de tous les possibles... Amour, "sac à embrouilles"...

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Camille Redouble (Noémie Lvovsky, 2012)


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Un jour de l'an, Camille quitte le présent pour se réveiller âgée de 16 ans, à l'époque de son lycée. La magie qui l'étreint lui permet de retrouver ses parents disparus, ses amies, mais aussi celui qui partagera sa vie. C'est bien là le problème, car dans le présent, Eric, l'homme de sa vie, la quitte, la séparation est douloureuse. Avec cette nouvelle possibilité d'écrire sa vie et d'éviter cette déception amoureuse, Camille fuit celui qui partagera sa vie...

Preuve que le spectateur n'est pas qu'un crétin sans goûts doté d'une Carte Bleue (bancaire ou commençant par un U...), Camille Redouble s'est attiré ses bonnes grâces, là où Les Seigneurs d'Olivier Dahan, n'a pas rencontré tout le succès qu'il s'auto-destinait. Vent frais du troisième trimestre 2012, Camille Redoubla avait créé la surprise et soulevé bien des enthousiasmes, à juste titre...

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La Femme de Villon (Villon's Wife / Viyon No Tsuma - Kichitaro Negishi, 2009)


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Sachi est une femme douce, fidèle, droite et habitée d'une perpétuelle énergie positive. Elle est l'épouse de Otani, un écrivain doté d'un caractère parfaitement opposé au sien. Un soir des aubergistes frappent à sa porte et lui annonce que son mari leur a volé une importante somme d'argent. Sachi décide de travailler dans leur auberge jusqu'à ce qu'ils ne récupèrent leur argent, ou qu'elle ne le rembourse...

C'est l'univers littéraire de l'écrivain Osamu Dazai qui est ici porté à l'écran. Au travers de l'amour Sachi pour son mari, dans le Tokyo d'après guerre, la Femme de Villon propose au spectateur le portrait de deux natures qui s'opposent, se confrontent et s'appellent.

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Twilight, Chapitre 1 Fascination (Catherine Hardwicke, 2008)


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 Bella vient vivre chez son père dans la petite ville de Fork. Elle est attirée par le bel Edward Cullen, membre d'une famille un peu à l'écart des autres étudiants. L'élu de son coeur s'avère être en fait un vampire. L'amour qui va naître entre les Bella et Edward attirera bien des problèmes à Bella, mais Edward est là, en puissant protecteur...

La rédaction de doorama, grande consommatrice de vampires,  avait envie de sa faire un avis sur le phénomène Twilight. Nous avons donc tenté le grand saut vers le monde magique, merveilleux et torturé des adolescents et avons pris sur nous pour vous ramener ces quelques morceaux de sucre...

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Thérèse Raquin (Marcel Carné, 1953)


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Fille adoptée, en épousant le fils de sa famille d'accueil, Thérèse marquait alors sa reconnaissance, mais son mariage ne lui offre qu'une vie triste et monotone.. Lorsque Camille invite Laurent, un camionneur italien, un amour naît immédiatement . Ils décident de s'enfuir ensemble, mais les choses tournent mal et Laurent tue Camille... La police mènera son enquête et un témoin du crime viendra les faire chanter et mettre leur amour en danger.

Drame sombre et passionnel, adapté du roman de Zola Thérèse Raquin rappelle un peu Les Diaboliques, tourné un an plus tard, avec Simone Signoret encore au centre d'une relation amoureuse meurtrière. Si Thérèse Raquin impose habilement son suspense, il reste cependant loin du fantastique et s'articule autour d'un couple au destin contrarié. Thérèse Raquin, c'est pas Les Enfants du Paradis, mais la tristesse qu'il exprime et l'empathie qu'il fait naître fonctionnent parfaitement.

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Savages (Oliver Stone, 2012)


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Ben, l'idéaliste, et Chon, l'ancien Navy Seal, sont frères de sang depuis toujours, ils forment un ménage à trois avec O, la femme qu'ils aiment, et sont à la tête d'un business florissant, et légal, de cannabis. Le cartel de Baja, contôlé par Elena aidée de son homme de main Lado, pour contrôler leur juteux business, kidnappe O afin de les faire plier. Chon et Ben vont tout mettre en oeuvre pour récupérer O...

Après une petite décennie en mode sur place, Oliver Stone retrouve quelques recettes de sa grande époque en signant ce thriller chaud comme U-Turn et mâtiné s'une touche de Tueurs Nés... Ménage à trois qui tourne en une virée à l'issue mal engagée, Savages étale durant ses deux heures dix un scénario construit comme Stone en a le secret (scénariste de Scarface et Midnight Expres le bonhomme, quand même...) et, involontairement, rend hommage à feu Tony Scott...

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Rushmore (Wes Anderson, 1998)


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A l'université Rushmore, Max Fisher est un élève bien médiocre, alors qu'il dégage une intelligence et une maturité débordante dans ses nombreuses activités annexes. Il se lie d'amitié avec Hermann Blume, un chef d'entreprise et tombe amoureux de Rosemary Cross, une enseignante, tous deux séduits par l'étonnante personnalité du jeune homme...

Il y a ceux qui sont contre... à la rédaction nous adorons Wes Anderson pour son style, son ton et son sens du décalage et de la poésie. Son second film, réalisé après Bottle Rocket et avant La Famille Tenenbaum, réunit une fois de plus tous ces ingrédients et donne à voir au spectateur une curieuse histoire d'amour, construite autour d'un portrait drôle et attachant.

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Les Enfants du Paradis (Marcel Carné, 1945)


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Sur le Boulevard du Crime, cohabitent et se croisent Baptiste le mime, Frederick l'acteur, Lacenaire l'assassin, le Comte de Montray et Garance, libre et indépendante, qui fait chavirer les coeurs. Baptiste et Garance tombent amoureux, mais le vie n'écrira pas leur histoire comme ils l'auraient aimé...

Pour les 100 ans du cinéma, Les Enfants du Paradis avait été élu "meilleurs film de tous les temps"... Rien que ça ! Titre mérité ou non, revoir ses 3h02 donne bien envie d'aller dans de telles extrémités, tant Les Enfants du Paradis vous emporte.

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Moonrise Kingdom (Wes Anderson, 2012)


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Sam, un scout kaki, et Suzy sont tous deux considérés comme des "enfants à problèmes" par les adultes. Sur une île de la Nouvelle-Angleterre, en 1965, ils tombent amoureux et décident de fuguer ensemble. Les adultes partent à leur recherche alors qu'une grande tempête s'approche de l'île...

Wes Anderson porte la bienveillance de sa  caméra sur la délicate histoire d'amour de deux enfants de 12 ans. Une fois de plus, il renoue avec une certaine nostalgie en plaçant son récit au milieu des 60's (on se souvient de La Famille Tenenbaum situé dans les 70's). Et toujours fidèle à lui même, il livre un film coloré, saturé de détails visuels et aux cadrages... comment dire... "hyper-cadrés" ! Moonrise Kingdom ressemble au final à un mix entre La Famille Tenenbaum et Le Fantastique Mr. Fox, mais malgré son univers très familier et parfaitement reconnaissable, parvient à surprendre et émouvoir le spectateur.

Véritable maniaque des images à composition géométriques et des travellings latéraux et verticaux, Wes Anderson conserve le style qu'on lui connait, et continue de transformer la réalité en miniatures un peu figées et artificielles... Mais ne vous y trompez pas, le style Anderson à un but bien précis : forcer l'observation du spectateur en transformant son film en livre d'images (de ceux que les enfants peuvent regarder des heures...). Même si rien ne change beaucoup, la méthode s'avère toujours aussi efficace et Moonrise Kingdom dégage le délicieux parfum des jolies histoires d'antan, et la simplicité des histoires pour enfants. Le décalage fonctionne à plein entre son apparence presque enfantine et la maturité de ses thèmes, et une fois de plus un univers se forme et finit par atteindre son but : construire une belle histoire, un "conte pour adultes" simple mais pas simpliste, naïf mais pas neuneu.

Cette avalanche d'effets et de style travaille à plein pour mettre en valeur l'histoire d'amour de Moonrise Kingdom. Autour de ces deux gamins amoureux et de leur joli projet d'être ensemble, le film fait graviter le monde grave et compliqué des adultes. Cette apparence naïve et enfantine que donne Anderson à son film nous permet de retrouver, comme par magie, une simplicité de lecture de son histoire et ressentir toute la beauté celle-ci, comme débarrassé de nos interprétations d'adultes. Sam et Suzy vivent une histoire d'amour aussi importante et vitale que des adultes le feraient. Wes Anderson, sans aucune autre volonté ou message, nous permet d'en percevoir la touchante beauté. On oublie alors son style, ses acteurs (pourtant excellents) et nos filtres intellectuels s'estompent, on s'abandonne alors complètement aux personnages et à leur psychologie.

Wes Anderson, on aime ou on aime pas ! Moonrise Kingdom n'échappera certainement pas à cette règle... A la Rédaction, on adore ! Tout est dit... Maintenant il ne nous reste plus qu'à vous dire comment la délicatesse, le décalage et la drôlerie donne à ce Moonrise Kingdom toute sa qualité et sa générosité. Nous avons été séduit par ses "coup de foudres" qui tombent sur des enfants... Nous avons adoré ses adultes équipés d'oeillères qui considèrent le naturel et la normalité du comportement de Sam & Sally comme des "difficultés"... Ses scouts bêtes et méchants, ses petits animaux qui nous observent, ses batailles sanglantes, ses enfants adultes, etc... etc... Alors c'est sûr, ce n'est pas avec Moonrise Kingdom qu'Anderson nous donnera de la nouveauté stylistique, mais en regard du plaisir et de la poésie qu'il nous offre encore cette fois-ci, nous attendrons encore tout le temps qu'il faudra, patiemment, sagement et avec un large sourire aux lèvres.

Procurez-vous Moonrise Kingdom ou d'autres films de Wes Anderson ou avec Bill MurrayEdward NortonBruce WillisTilda Swinton ou Frances McDormand  

L'Hôtel de la Plage (Michel Lang, 1978)


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Bretagne, Finistère, Locquirec, Hôtel de la Plage... Comme chaque été dans ce joli coin de la Bretagne, les habitués viennent passer leurs vacances, en quête de détente, de rencontres, d' "aventure"s pour les plus vieux, ou d'un premier amour pour les plus jeunes...

Submergé sous Un Eté de Porcelaine de Mort Shuman, L'Hôtel de la Plage divise la rédaction de Doorama... Après avoir, bien entendu, remis le film dans son contexte (et Wikipedia nous informe qu'il se place 10ème au box office cette année là !), on découvre un film aussi agaçant qu'agréable à regarder.

Film choral sur la petite vie dans un hôtel d'une charmante station balnéaire, L'Hôtel de la Plage ne brille pas par ses qualités cinématographiques ou sa force narrative. Simple succession de petites scénettes où adultes, adolescents et enfants se confrontent à l'Amour, on suit cette galerie de personnages un peu passivement, sans but, un peu comme un Plus Belle La Vie qui peut indifféremment durer 5 minutes ou 2 heures. Autant dire que dans le genre "on a rien à vous raconter, juste à vous montrer", il n'est pas difficile de trouver plus réussi. Infidélités, premiers amours, premiers émois, français moyens, vacances en familles, plages, parties de pêche, concours local de chansons, coquillages et crustacés... L'Hôtel de la Plage accumule les cartes postales, sans grand talent, ni but, sinon que de simplement évoquer.

Mais à force de "rien" où d'anodin, sa vision, aujourd'hui, dégage un très agréable petit parfum de madeleine ! En moyenne, la rédaction de Doorama avait 8 ans à la sortie du film, et comme les personnages du film, passait elle aussi leurs vacances en famille et en Bretagne. Et c'est bien là que l'Hôtel de la Plage trouve un supplément de vie : dans son regard simple, quasi documentaire, sur le quotidien des vacanciers 70's. Détail après détail, Michel Lang parvient à nous rappeler, tel des instantanés, des sensation de ces années là, très claires, attachantes et fortes. Mais si le charme fonctionne bel et bien aujourd'hui, plus de 30 ans plus tard, et que l'Hôtel de la Plage parvient à séduire grandement par la nostalgie qu'il dégage, on se demande quand même quel intérêt il pouvait bien avoir lors de sa sortie. Insignifiant hier, selon nous, il apparaît tout à fait attachant aujourd'hui, pourvu qu'on l'aborde comme un témoignage tendre de ces années là.

S'il contenait un but, une direction, ou une réelle intention de son auteur (ce dont nous doutons), s'il démontrait une finesse psychologique plus apte à représenter son époque, nous le rapprocherions volontiers des Galettes de Pont-Aven, ou même du Chaud Lapin de Pascal Thomas, pour le ranger dans la catégorie des chroniques attachantes, douces et tendres. Mais au lieu de cela l'Hôtel de la Plage trouble le spectateur en le confrontant à une dimension affective et nostalgique palpable et, dans un même temps, en lui donnant l'impression de consommer passivement du AB production... Un petit mystère donc qui réveille bien des souvenirs, et même un certain plaisir, alors que son ambition initiale et sa simplicité semblait le condamner à l'anecdotique et à l'oubli, tant il ne devait vivre que le temps d'un été...

L'Hôtel de la Plage se regarde comme une photo à peine réussie, mais que l'on ne veut pas jeter. Un film aussi peu indispensable qu'il peut se révéler (très) attachant, mais qui l'air de rien, en dit cependant long sur les moeurs et la France en K-way de l'époque ! A voir avec l'oeil de l'anthropologue plutôt que celui du cinéphile...

Procurez-vous L'Hôtel de la Plage ou d'autres films de Michel Lang ou avec Guy MarchandDaniel Ceccaldi, ou Anne Parillaud

Les Biches (Claude Chabrol, 1968)


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Frédérique, une riche et oisive bourgeoise, emmène 'Why', une artiste rencontrée à Paris, dans sa villa de Saint-Tropez. Leur aventure saphique sera troublée par Paul, l'équilibre précaire entre les deux femmes s'en trouvera bouleversé.

Souvent considéré comme le premier "vrai grand film" Chabrolien pour ses thèmes, Les Biches propose une triangulation amoureuse qui prend place dans une bourgeoisie désoeuvrée (pas si lointaine des Liaisons Dangereuses de Vadim...), et dans laquelle le désir et l'ennui conduisent inexorablement vers un drame final.
Construit en 4 actes -Intro, Frédérique, Why, Epilogue- Les Biches décrit l'emprise de la riche Frédérique (Stéphane Audran éblouissante et plus belle que jamais !) sur sa protégée et le dédaigneux mépris que peut exprimer la classe bourgeoise sur celles inférieures. La belle Why (c'est son nom...) se voit offert amour, sécurité et affection, qui lui seront cruellement repris avec l'apparition d'un homme et le revirement affectif de sa protectrice.

Chabrol s'amuse à montrer une classe bourgeoise superficielle et creuse, sans repères ni valeurs, et souligne sa violence et son indifférence envers les classes sociales inférieures. Chabrol dotera même de deux bouffons la reine Audran dans son grand château Tropézien, vide et haut perché au-dessus du village, comme pour souligner davantage encore le fossé qui la sépare des autres classes. Passant d'un jouet à l'autre, la bourgeoisie de Chabrol est cruelle et prédatrice, elle se nourrit des autres sans penser aux conséquences, à la manière d'un chat qui joue avec une souris jusqu'à la tuer, elle satisfait ses envies et pulsions sans empathie pour sa victime.

Drame psychologique, Les Biches rappelle Plein Soleil par la confrontation des classes qu'il décrit, son rythme "méditerranéen", et les motivations du drame (jalousie, envie...), mais opte pour drame plutôt que pour le thriller. Chabrol propose au spectateur une fable sociale, une étude psychologique, et par son approche froide et son style post nouvelle vague (ton déclaratif, observation des moeurs...) impose un univers oppressant, presque pervers et d'une grande cruauté. Même si Les Biches n'est pas aussi sulfureux qu'à son époque (un trio amoureux ? l'homosexualité ?), on sent sa force dans chacune de ses scènes, dans chacun de ses silences. Un peu suranné, son rythme lancinant laisse rapidement apparaître des craquelures dans son beau vernis, et Chabrol, tout doucement, nous force à observer leurs aggravations... jusqu'à leur destruction.

Soutenu par son formidable trio d'acteur, Les Biches distille encore d'anciennes et enivrantes essences. A la rédaction, on aime terriblement les lentes dérives dramatiques, et dans ce domaine Les Biches en propose un fort bel exemple, ciselé par l'oeil d'un très grand réalisateur au seuil de son âge d'or. Les Biches ont vieilli, n'ont plus la grâce d'avant, mais elles restent toujours aussi sauvages et belles et, quelque part, absolument fascinantes, le tout nimbé d'un élégant charme 60's. On aime !

Procurez-vous Les Biches ou d'autres films de Claude Chabrol ou  avec Stéphane Audran ou Jean-Louis Trintignant